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Rose-Croix par Jean Carteret

jeudi 3 novembre 2005

La rose est le domaine de l’harmonie et du juste. La croix est le domaine de l’équilibre et du vrai : d’où le nom des roses croix qui ne peuvent que prétendre seulement – et non pas accéder – à la toute-connaissance, capable de clarté, et à l’amour absolu, capable de tendresse ultime – tous deux universels et singuliers.

La femme – par principe – est domaine du beau, n’ayant pas connu la chute, et de l’harmonie d’abord – mais pas de l’équilibre.

Donc, éventuellement, toutes les femmes sont capables de folies, tandis que l’homme – par principe, laid, puisque lui a connu la chute – connaît d’abord l’équilibre, mais ne connaît pas l’harmonie – sauf, exceptionnellement, à son terme.

Donc l’homme n’est pas capable de folie, en principe, mais de démence – qui est le passage de la positivité de l’équilibre à sa négativité : la démence.

Le Dragon est la démence, mais n’est pas dément ; la Bête est la folie, mais pas folle.

La Bête est double, le Dragon est duel – comme on voit sur le Tarot.

Le Dragon est la sexualité à l’état duel, donc éventuellement au neutre : il en est le bourreau dont la Bête est la victime.

Mais la Bête est le domaine de l’érotisme, dont elle est le domaine à l’état double, en en étant le bourreau. Erotisme dont le Dragon est l’éventuelle victime.

Mais la Bête – qui est érotisme – n’est jamais érotique, et le Dragon – qui est la sexualité en dualisme – n’est jamais sexuel, sauf lorsqu’il s’incarne momentanément dans l’existence où il est mortel.

Pour tout ceci témoignent la mythologie, la femme et la réalité dans l’intemporel contenant éventuellement l’histoire et la non-histoire.

Le Diable, le Dragon et la Bête sont capables d’alchimie, mais subissent l’être et le non-être et le transforment ou le transmutent en avoir, si bien que le Diable de Goethe peut offrir au Docteur Faust toute la jeunesse en avoir, tous les bijoux et toutes les armes en avoir et pas en être, toute la connaissance et la toute-connaissance en avoir, et le tout exceptionnellement en être momentané, mais jamais le moindre amour, mais éventuellement la haine ou l’affection jusqu’à la démesure – même incidemment amoureuse – mais pas l’amour, ni la tendresse, ni la clarté de la lumière absolue, chez lui négative, et momentanément positive.

Mais l’amour – jusqu’au degré de l’amour absolu et de la tendresse ultime et universelle et singulière à la fois – peut vaincre le Dragon et la Bête et l’intemporel, comme aussi la lumière de la toute-connaissance – lorsqu’elle accède à la clarté – peut vaincre le Dragon et la Bête qui exercent chacun leur singulière fascination – ce qui fait que Satan a essayé de tenter Jésus le Christ sur la montagne, mais le Christ n’en a jamais été la victime : il a vaincu Satan par son refus.

Jean Carteret

[carnet 19, pages 67 à 82]

© The Estate of Jean Carteret

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