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Une lettre de Serge Hutin à Philippe Pissier

samedi 18 décembre 2004

Serge Hutin, c/o Madame Gilberte Durand, 32 allée Arago, 66500 PRADES.

Prades, le 28 septembre 1987.

Cher Philippe Pissier,

je fais mes plus humbles excuses pour mon si long silence – qui ne correspondait nullement à une indifférence dédaigneuse. Simplement, j’ai eu une période très meublée (en travaux et en déplacements) et… cela coïncidait aussi avec une période (cela m’arrive parfois) où je tombe dans la paresse d’écriture.

J’ai été très touché, dans vos envois, par la lettre de Paul Gregor – auquel je vous prie de transmettre mon amitié fraternelle, et mes excuses (id. que pour vous) nécessitées par mon silence prolongé. Je m’étais déjà réjoui de le savoir bien vivant.

A propos, figurez-vous qu’un mauvais plaisant s’était amusé en début d’été à téléphoner en divers endroits… la nouvelle de ma mort ! La rumeur populaire dit que, si l’on est victime d’une farce de ce genre, cela vous vaut un sursis supplémentaire de dix années avant de vraiment passer de l’autre côté.

Contrairement à ce que semble penser Paul Gregor, je ne possède malheureusement pas de ‘poids’ réel auprès des grandes maisons parisiennes d’édition. C’est le moins qu’on puisse dire. Il m’est arrivé à diverses reprises la mésaventure cuisante de chaudement recommander le manuscrit d’un ami – et de constater le retour à celui-ci, plusieurs mois après, du dit manuscrit, accompagné de la lettre impersonnelle standard de ‘rejet par le comité de lecture’. Ce qui prouvait que… ma recommandation n’avait servi absolument à rien (1) !

Voici toujours (ci-joint) une petite présentation de ‘Flingue-Grimoire’. Et vous pouvez l’utiliser donc à votre guise (2).

Où vous conseiller de tenter votre chance (3) ? Sûrement pas aux Presses Universitaires de France – qui, comme leur nom l’indique, ne font que de ‘l’universitaire’ ! Ni Fayard, ni le Seuil… Essayez, à tout hasard : J’ai Lu, 31 rue de Tournon, 75006 Paris ; Robert Laffont, place Saint-Sulpice, 75006 Paris.

J’allais vous dire d’écrire, de ma part aussi, aux Editions du Rocher (à Monaco). Mais… je crois qu’elles ont publié un livre de Jean-Paul Bourre !

Avec toutes mes excuses encore, bien cordialement vôtre.

Serge Hutin

PS : Peut-être pourriez-vous essayer du côté des Editions OPTA (je ne connais pas leur nouvelle adresse, mais elle doit être à l’annuaire) – ainsi que de celui de la revue mensuelle Fiction (je crois qu’elle existe toujours).

DES IMAGES CHOC !

Le collage fut, chacun le sait, une technique chère aux surréalistes, particulièrement entre les deux guerres mondiales. Aurait-il disparu depuis ? Certes non. Avec pourtant une réelle mutation : une progressive prédominance des collages photographiques sur ceux qui naguère utilisaient plus volontiers les gravures soignées du Magasin Pittoresque et autres publications populaires du siècle dernier.

Notre ami Philippe Pissier, tenté à son tour par cette technique fascinante – mais pas toujours sûre de réussir –, nous donne, sous le titre Flingue-Grimoire, ce recueil osé d’impressionnants collages réalisés à partir de photographies.

Remarquez bien le double titre insolite. Nullement gratuit, il décrit fort bien la volonté interne de l’œuvre.

Flingue (nom populaire de l’arme à feu) ? Oui, certes ! Les images que Pissier nous donne à voir (pour paraphraser une expression de Paul Eluard) font choc, ‘elles nous tirent dessus’ ; par leur agencement, par leur agressivité volontaire aussi, ce sont toujours de vrais ‘coups’ assénés à la vue du spectateur.

Grimoire (l’autre moitié du titre) ? La violence, la cruauté, le déchaînement de l’image ne sont jamais gratuits. Le choc se veut magique…

Mais l’imagination n’est-elle pas, en chacun de nous, une puissante magicienne qui ne demande qu’à se déchaîner (pour le meilleur et pour le pire) ? Au spectateur – car il s’agit bel et bien de voir, non de ‘lire’ – d’en juger par lui-même !…

NOTES DE PHILIPPE PISSIER (2004 E.V.)

(1) J’effectuais à l’époque des démarches visant à éditer et rééditer en France des ouvrages de Paul Gregor. J’avais demandé conseil à Serge.

(2) Serge saute ici du coq à l’âne et mentionne la préface jointe en annexe : laquelle était destinée à un recueil de collages intitulé ‘Flingue-Grimoire’ (antérieur aux ‘Rendez-Vous de la Mort Aveugle’), lequel ne vit jamais le jour.

(3) Les travaux originaux furent dispersés çà et là.

(4) Serge revient à la question des ouvrages de Paul Gregor.

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2 Messages de forum

  • > Une lettre de Serge Hutin à Philippe Pissier

    8 avril 2005 16:59, par Franky
    Je voulais savoir si serge Hutin avait réellement était le président d’honneur de l’ordre maçonnique hermétique et si ce dernier n’a pas dérivé depuis la mort de sont président d’honneur ? Car l’OMH utilise le nom de Hutin comme garantie de son sérieux... Tout en vendant chère des monographies de Serge Hutin d’une qualité bien moindre que les ouvrages de Serge Hutin. (exemple 13euros la monographie sur les sociétés secrètes, alors que serge hutin a écrit un livre moin chère et bien plus complet). Car je suis intéressé par les enseignements de l’OMH tout en étant gêner par certaines choses. Je pense que Mr Pissier qui connaissait Mr Hutin pourrait m’éclairer en ce qui concerne la relation de Serge Hutin et de L ’OMH ainsi que l’attitute de l’OMH après la mort de Mr Hutin. Merci

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  • Une lettre de Serge Hutin à Philippe Pissier

    21 août 2007 21:11, par philippe pissier

    Le voilà, l’éclairage de Philippe Pissier : l’OMH est une simple pompe à fric dirigée par des trous du cul. Maintenant que Serge est crevé, ils se servent de sa notoriété pour se faire du pognon, de la même manière que les tarlouzes qui ont réédité son livre sur Crowley. Point barre.

    Philippe Pissier.

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