Les Secrets du Grade de Maître

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Article publié le 15 avr 2007

Par Jean Mallinger

Si le grade de Maître est le plus beau et le plus enrichissant de nos divers degrés symboliques, il est, malheureusement, souvent mal compris, mal donné et ne réserve pas à ses néophytes les lumières qu’ils sont en droit d’en attendre.

Historiquement, il y a lieu d’observer : que dans la Maçonnerie « opérative », il n’existait traditionnellement que deux degrés – celui d’apprenti, où le débutant apprenait à tailler la pierre brute, avait le droit d’être admis dès l’âge de 14 ans et se formait pendant sept années – et ensuite celui de Compagnon, où les secrets du métier étaient approfondis, spécialement en matière d’arpentage, de géométrie, de sculpture et d’architecture, un seul mot de passe, un seul signe de reconnaissance y étaient enseignés et le mythe d’Hiram y était inconnu. Quant au « Maître », c’était à ce moment soit le seul chef de chantier, soit le patron lui-même, établi pour son compte. Puis, la crise économique appauvrit les communes libres de l’époque ; le métier décline ; on ne bâtit plus de cathédrales ni d’hôtels de ville ; pour sauver la profession, les tailleurs de pierre élisent des « membres d’honneur » ; ce seront leurs protecteurs, ils leur confieront l’édification de châteaux et de maisons de maître, puis, peu à peu, les « spéculatifs » remplaceront les « opératifs » ; déjà en 1663, une loge pouvait comporter un seul homme de métier et quatre « maçons libres et acceptés » ; à Aberdeen, en 1670, une loge de 40 maçons ne comportait déjà plus que 8 maçons de métier.

Initialement : c’est bien autre chose que le grade de Maître nous apporte ! Il est d’une incroyable richesse ; encore est-il nécessaire de le rappeler !

a) Le cadre rituel d’abord : le passage du 2° au 3° degré est une grande « opération » et non un simple jeu de théâtre.

C’est le passage de l’ordre psychique à l’ordre spirituel ; une évolution importante ; une nouvelle étape de compréhension.

Pour comprendre ce mûrissement, il faut se rappeler encore la nature de l’être humain, que toutes les traditions initiatiques nous ont confirmée, de l’Égypte antique à la Grèce, de celle-ci à Rome et au judéo-christianisme.

L’homme est une matière unie à l’esprit par un médiateur psychique ; il est à la fois force, sagesse et beauté émotive ; un rituel psychomoteur doit donc frapper à la fois ces trois états de l’être.

— Comment le cadre rituel du grade résoud-t-il [sic] ce programme ? II le fait en trois stades :

Premier stade : Préparation du psycho-drame ; deuil et tristesse. C’est l’épreuve du seuil. On interroge le néophyte, on le suspecte, on le vérifie. L’enquête se termine par la reconnaissance de son innocence dans le meurtre du Maître.

Deuxième stade : Épreuve de l’abandon, de l’errance, de la recherche. Nous sommes tous orphelins ; le Maître est mort et on ignore même où se cachent ses pauvres restes.

Troisième stade : Épreuve suprême : voyage par l’élément TERRE et jaillissement du germe de VIE. La mort sera vaincue ! HIRAM sort des ténèbres de la mort, des profondeurs de la terre ; il re-naît dans le néophyte ; la Vie a triomphé à jamais de la mort.

Le RITUEL le montre, l’enseigne :

LA MARCHE DU MAÎTRE triomphe trois fois de la mort car on enjambe trois fois le douloureux emblème qu’est le Cénotaphe.

L’homme étant un être TRIPLE, doit donc triompher trois fois de la mort (sinon un seul enjambement suffirait !)

La lumière rouge est symbole de chaleur vivifiante ; 1’infrarouge annonce la lumière intégrale et mûrit le germe de vie par sa bienfaisante radiation.

Les 5 POINTS DE PERFECTION complètent cette renaissance de la vie : si à l’origine on fixait sur le sol un piquet à chacun des quatre angles de la construction future, puis un cinquième au centre, point de rencontre des diagonales du Temple à construire, on retrouve ces « cinq landmarks » essentiels dans l’initiation au grade de Maître, où le néophyte doit, lui aussi, devenir un TEMPLE VIVANT à construire par sa revivification.

La jonction des pieds, l’inflexion des genoux, la jonction des mains, le serrement de la main gauche sur l’épaule droite et finalement le Baiser de Paix infusent dans le récipiendaire toutes les vertus de son nouvel état de conscience : l’amour fraternel, le dévouement affectueux, la confiance totale, la collaboration éclairée, la douce union initiatique – points sacrés unissant à la fois les cœurs, les pensées, les volontés dans un idéal partagé. Oui, désormais nous ne faisons plus qu’un, car nous nous comprenons, nous nous entendons ; être Maître, c’est atteindre un palier nouveau.

Mais attention cependant : il ne suffit pas de re-lever le candidat par les cinq points de la Maçonnerie pour que d’office il soit devenu HIRAM lui-même !

On ne devient pas Maître en un seul instant. Un enfant, mis au jour, doit encore grandir. Un nouveau Maître doit se rendre compte :

1) Qu’il a sans doute « 7 ans et plus », c’est surtout « et plus » qui comptent ici, c’est-à-dire le temps de la maturation.

2) De ce que la Parole est « perdue » et doit être retrouvée un jour, c’est toute une évolution, tout un programme ; tout un travail intérieur !

Le Maître devra mûrir pour donner un jour tout son fruit.

L’ACACIA symbolise cette bataille pour la Vérité ; son bois est dur et solide car un Maître doit être stable et robuste ; mais il est hérissé d’épines, car il est apotropaïque : le pouvoir des pointes qu’il recèle ainsi rejette au loin les forces des ténèbres.

« L’acacia m’est connu » : je suis en mesure de me défendre et de rejeter au loin tout préjugé, toute erreur, toute sujétion à des images préfabriquées par une société imparfaite.

QUANT AUX SIGNES DU MAÎTRE et des deux premiers degrés, combien ils ont été mal compris ! Ils sont tous les précurseurs de « l’acacia m’est connu », car l’initiation est une bataille continuelle et progressive contre les puissances des ténèbres.

L’Apprenti se coupe la gorge ; celle-ci est à la fois le véhicule de la nourriture et l’organe de la parole. L’Apprenti enlève ainsi en lui l’esclavage des appétits physiques et l’imprudence des vaines paroles ; il apprend les vertus du silence, de la retenue, de la prudence verbale.

Le Compagnon s’arrache le cœur, en ce sens qu’il se défait des excès du sentiment et des liaisons sentimentales qui peuvent annihiler sa volonté ; il se libère de l’esclavage charnel et sentimental, si entaché d’égoïsme effréné ; il bride ainsi ses passions et atteint un équilibre rationnel.

Le Maître enfin se coupe le ventre. PLATON enseignait que tout est hiérarchie dans l’être humain ; la tête doit dominer le cœur et celui-ci doit dominer le ventre, symbole de tous les appétits terrestres et de toutes les passions inférieures. Etre sans désir est le grand secret du Maître, qui peut par la puissance de sa volonté, triompher de toutes les faiblesses. Un Maître se domine entièrement et sans effort.

Il a triomphé de ses derniers sursauts d’égoïsme. Ainsi libéré de lui-même, il pourra remplir son devoir social et libérer les autres.

Le Maître agit. Se placer à l’ordre de Maître, c’est dire : « Me voici. Je suis prêt à agir ». Le Maître est toujours en alerte, prêt à l’action

Quelle action ? Celle qui est sa raison d’être, la raison d’être de notre Ordre. La libération de l’humanité de son état d’indignité et de méchanceté, Le signe d’horreur le révèle. Le monde est rempli de haine, d’iniquités ; le meurtre d’HIRAM en est l’affreuse image ; il révolte notre conscience ; il provoque notre juste courroux. On se réfugie alors dans le Temple des mystères, on s’écrie : « Ah ! Seigneur, mon Dieu ! » pour signifier qu’on appelle à soi toutes les puissances bénéfiques de la Nature, toutes les vertus de bonté humaine, tous les ressorts de la générosité, pour mettre fin au règne des ténèbres, qui égare et asservit les hommes.

b) Après ce « Cadre rituel », sachons trouver le symbole vivant de la Maîtrise, dont tout l’enseignement, tout le suc initiatique est condensé en un seul geste : la précieuse « GRIFFE DE MAÎTRE » qui est généralement si mal enseignée, si mal pratiquée et si mal comprise, au point qu’elle est en fait dépourvue de ce qui fait l’essence même de sa révélation.

Sans doute, la Griffe de Maître nous rappelle que chaque Maître est pour les autres un MAILLON de la Chaîne des Maîtres.

Elle est un signe d’ALLIANCE éternelle, dans un but élevé commun. « Nous nous comprenons, nous nous aimons ». Mais, bien, pratiquée, elle est bien plus que cela ; elle est te secret de lu. Maîtrise elle-même !

Car, quel est le secret essentiel du Grade ? La renaissance du Maître HIRAM en chacun des Maîtres.

Pour venir au jour, pour naître, il faut inévitablement et préalablement être conçu !

Pour être conçu, il faut qu’un générateur dépose la semence de vie dans un milieu favorable et réceptif ; la Mère a en elle une « Chambre du Milieu » où cette précieuse opération de création de la Vie pourra se faire.

Il faut donc que le néophyte ferme sa main en griffe pour symboliser la cavité réceptive du germe de vie et que l’Initiateur pousse son doigt médius au sein de cette cavité au moment où il ferme sa main en griffe sur la main du néophyte Cela signifie : « Je te crée Maître ».

Et ceci perçu, le néophyte à son tour pousse son médius dans le creux de la main de son Initiateur en disant mentalement : « Oui, je viens de naître. Me voici ! »

Il y a donc deux temps dans cette action :

1) Création, fécondation.

2) Naissance et manifestation.

Le Maître Initiateur doit donc émettre une flamme spirituelle, qui favorisera la naissance du néophyte à un nouvel état supérieur de conscience et de spiritualité.

La paternité est un échange de vitalité.

Initier, c’est éveiller en autrui une sorte de « courant induit » volontairement bénéfique et qui le rend meilleur pour l’avenir, de façon indélébile.

On conçoit dès lors combien est émouvante la GRIFFE DE MAÎTRE que l’on échange de façon soignée : elle rappelle ces deux grands moments de l’initiation de l’HIRAM nouveau :

« Je t’ai créé Je suis ton fils ? »

Notons au passage que la Griffe était connue des Anciens et que les Orphiques et les Gnostiques, le pratiquant couramment, ont été de ce fait, l’objet des attaques perfides des Pères de l’Église, sophistes ayant toujours la bave aux lèvres, voulant attaquer la « griffe initiatique » où l’on se « chatouille le creux de la main », les polémistes chrétiens y voyaient un mariage avec les démons. Les mots « chatouiller le creux de la main » montrent bien que la Griffe n’étaient pas simplement le fait de se donner la main comme le font les profanes, niais un moyen rituel de se faire reconnaître par des actes précis que l’on échangeait à cette occasion.

Tel est le résumé suggestif et vivace de ce degré sublime.

Les anciens Grecs enseignaient que tout est immortel et impérissable dans l’Univers, dans le Kosmos vivant. La mort physique n’est pour eux qu’un passage naturel d’un état à un autre ; aucun de nos atomes ne peut se perdre ou s’anéantir ; tout vit à jamais, c’est là l’image d’une Maîtrise éternelle. Puisse chacun de nos FF s’en souvenir, le jour où son corps périssable sera livré au froid, aux ténèbres et au silence du sépulcre ; alors que comme Hiram, il verra « sa chair quitter les os » (MAC BENAC). Mais Hiram, c’est lui ; comme lui, il est impérissable et il sera toujours vivant, chargé d’une immortelle Espérance.

Jean Mallinger

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13 Commentaires to “Les Secrets du Grade de Maître”

  1. Serge dit :

    Bonjour, depuis longtemps, je cherche à savoir et comprendre pourquoi ce sont justement ces 5 points parfaits et non d’autres qui ont été choisi ? Pourquoi le pied, le genoux, la griffe( ou la main), l’épaule et la main gauche ? Seraient-ce 5 points de fusion particuliers ? Merci, Serge.

  2. fr maghend raymond:. dit :

    pourquoi de nos jours certains de nos freres n utilisent pasle symbole de la maitrise

  3. MONABEKA dit :

    Bonjour, je suis heureux de cette planche, qui nous ramène au jour de notre élévation. Nous sommes tous heureux de porter le tablier du grade: mais est-ce que notre comportement quotidien est celui de notre grade? Plus que jamais, en appliquant les enseignements de ce grade, et ceux des autres grades, nous avons le devoir d’apporter notre pierre à l’édifice. Merci

    • Spartakus FreeMann dit :

      Mon TCF, je ne puis répondre, n’ayant pas l’âge pour cela. Mais, d’un point de vue général, je te dirais que notre comportement dans le monde profane ne dépend pas du grade, mais de ce que l’on est au jour le jour.

    • gadlu dit :

      pour répondre à monabeka . sache que comme dans tout , il y a beaucoup d’appelés et peu d’élu ! .

  4. alain castor dit :

    Pourquoi vous etes obliges de difuser tous ces secrets

    • Spartakus FreeMann dit :

      Diffuser des « secrets » ? Je n’en vois aucun, tout a été publié depuis bien longtemps dans divers Tuileurs disponibles en librairie ou sur internet. Le curieux n’y trouvera rien, le cherchant aura matière à travail, celui qui vit les rituel passera sa route.

  5. […] Par Jean Mallinger Si le grade de Maître est le plus beau et le plus enrichissant de nos divers degrés symboliques, il est, malheureusement, souvent mal……  […]

  6. Joseph WADELSON Gaetan dit :

    En vérité en vérité si le grain de blé ne meurt pas il n’apportera pas de fruit .j’ai dit

  7. Jean Pierre Brunet dit :

    et le passage au 4eme, comment l’expliques tu , par un passage de la plénitude des droits à la plénitude des devoirs?

  8. JAKIN dit :

    Vive La Maçonnerie !

  9. franck alain kouame dit :

    bonjour a tous ! . depuis bien longtemps j’ais cherche. une porte un guide. j’ai besoin d’etre epaule. tout comme vous l’av.ez ete. pour en arrive a ce stade merci de me compprendre. au me soutenir.

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