Du Nom de Dieu et de ses attributs

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Article publié le 24 juin 2009

Par Lazare Lenain

Les cabalistes expriment le nom de Dieu par une seule lettre nommée « iod », ainsi figurée י ; elle forme la dixième lettre hébraïque, et correspond également au nombre 10.

L’unité de ce nombre représente le premier principe, le zéro et un caractère hiéroglyphique qui forme l’emblème du monde.

La première proportion du compas, c’est-à-dire la première figure géométrique, donne pour résultat le nombre 10. Il faut nécessairement s’appuyer sur un point sans lequel on ne peut agir ; si vous prolongez ce point, vous en faites une ligne ; en prolongeant cette ligne, vous en faites une surface, et en parcourant cette surface, vous en faites un corps qui a la même forme que le zéro. Le point de centre forme l’unité qui donne le nombre 1 ; la valeur de ces deux chiffres donne la, symbole de Dieu et de l’univers.

Depuis un point jusqu’au nombre 1, etc., tout existe ; et au-delà du nombre 1, et de la forme d’un point, l’infini commence… Mais avant l’infini, avant le nombre 1, et avant la forme d’un point, il n’existe rien. Conséquemment, rien est le principe de toute chose avec lequel Dieu créa tout ce qui existe dans l’univers.

Les mages représentent les trois principaux attributs de la divinité par la lettre « iod », répétée trois fois, en forme de triangle renfermé dans un cercle.

Le premier attribut est le temps, symbole de l’éternité. C’est l’emblème du Père Éternel que l’on divise en trois parties à savoir : le passé, le présent et l’avenir.

Le deuxième est l’espace, qui représente l’infini, que l’on divise en longitude et en latitude ; c’est le symbole de la croix et du Christ. Le troisième est la matière, qui se divise et se subdivise à l’infini par le mouvement perpétuel et universel, symbole de l’esprit éternel, qui est l’âme du monde, ou le St-Esprit.

Tout ce qui existe dans la nature passe par ce triangle mystique, c’est-à-dire que tout croit, se détruit et se reproduit.

Le grand nom de Dieu, adoré par tous les sages philosophes de l’univers, est nommé Jehovah (יהוה) : ce nom sacré est connu de tous les savants ; il est composé de quatre lettres hébraïques.

Les anciens sages et les premiers fondateurs des nations du monde ont écrit ce nom, chacun en leur langue, avec quatre lettres, et tous ces noms divins désignent les différents attributs de la Divinité ; ils correspondent au grand nom quaternaire, qui préside à la terre, aux quatre points cardinaux, aux quatre éléments et aux quatre saisons qui nous représentent la croix.

La première lettre initiale « iod », du nom Jehovah יהוה, exprime le Père ou la première personne, les deux « he » (הה) symbolisent les deux natures du Fils, à la fois agent et patient, et la lettre « vau » (ו), qui les unit représente l’Esprit-Saint, le Rouach Élohim, c’est-à-dire l’esprit de Dieu qui débrouilla le chaos.

Voltaire, en parlant de ce nom, dit que « c’est en France seulement que l’on prononce Jehovah, et que l’on doit prononcer (ieve) ; c’est ainsi qu’il se trouve écrit dans Sanchoniaton. C’est du nom des quatre voyelles i, e, o, u, que se forma ce nom sacré dans l’Orient ; les uns prononçaient ieoh, en aspirant les autres yeaou, il fallait toujours quatre lettres, quoique nous en mettions ici cinq, faute de pouvoir exprimer ces quatre caractères. »

Il ajoute, d’après le rapport de Clément d’Alexandrie « qu’en saisissant la vraie prononciation de ce Nom, on pouvait donner la mort à un homme ; Clément en rapporte un exemple. » Et dans un autre endroit que « les juifs ne prononcent point ce nom depuis longtemps ; il était commun aux Phéniciens et aux Égyptiens. Il signifiait ce qui est et de là vient probablement l’inscription d’lsis : Je suis tout ce qui est » Les cabalistes hébreux disent que Dieu communiqua à Moise la véritable prononciation de son nom ineffable, sur le mont Sinaï, avec tous les principaux mystères de la loi : c’est alors que ce nom fut soigneusement caché par Moise dans les replis de la doublure des ornements sacerdotaux.

 Appel, fonds orientaux de la BNF, Allemagne, 1450-1470

Appel, fonds orientaux de la BNF, Allemagne, 1450-1470.

Suivant Kircher, le grand prêtre avait seul le droit et le secret de le prononcer par ces caractères, une seule fois dans la semaine. D’autres disent « que le grand prêtre le proférait dans le temple une seule fois l’année, le 10 du mois thishri (septembre), jour de jeûne et d’expiation ; c’était alors que Jehovah était dit Schem Hammephorasch שם המפורש, c’est-à-dire « nom bien prononcé et bien expliqué » ; mais on recommandait au peuple de faire un grand bruit pendant cette cérémonie afin que ce nom sacré ne fût entendu que de ceux qui avaient droit de l’entendre, car tout autre, disent les juifs, eût été incontinent frappé de mort. »

D’après les philosophes modernes, le nom de Jehovah désigne la parole universelle ou Je suis celui qui suis.

D’autres l’appellent le Dieu triple et générateur, parce que tous les autres noms divins procèdent de celui-ci, et qu’en lui est contenue l’essence de la divinité.

Les adeptes et les cabalistes nous représentent le tétragramme Jehovah ainsi figuré :

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Ils renferment ces caractères sacrés dans un triangle ou delta, et la décomposition de ce nom donne pour résultat trois autres noms qui sont donnés aux trois personnes de la Sainte-Trinité. (Voyez le talisman du frontispice) :

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Voici les explications de ces caractères mystiques et symboliques. La première lettre du triangle se nomme iod י ; c’est le nom du Dieu d’ Abraham qui exprime le Dieu vivant ; cette lettre est attribuée à Dieu le père, qui est la première personne et la première cause qui produit et n’est pas produite, c’est-à-dire que les autres personnes émanent de lui, parce qu’il est le premier principe de tout ce qui existe et qu’il n’a d’autre principe que lui-même.

Le deuxième nom est composé de deux lettres יה, qui signifient iah (Dieu) ; c’est le nom du Dieu d’Isaac. C’est-à-dire le vrai Dieu, attribué au Fils, seconde personne, qui a été produite et engendrée, dont la faculté est de produire.

Le troisième nom est composé de trois lettres יהו, qui signifient iaho, qui est le nom du Dieu de Jacob c’est-à-dire, le Dieu Saint, attribué au Saint-Esprit.

Ces trois personnes forment le triple triangle, symbole de l’union hypostatique, qui constitue l’unité et l’identité de l’essence divine, qui est communiquée à chaque personne ou nature sans partage, c’est-à-dire que le Saint-Esprit est produit par le Père et le Fils, et ne produit point ; mais il procède en toutes choses des deux personnes. Le quatrième nom se compose de quatre lettres יהוה, il renferme en lui tous les mystères de la sagesse ; voilà pourquoi les cabalistes appellent ce triangle mystique le sceau du Dieu vivant ; et remarquez que le nombre des lettres de la décomposition de ce nom revient au nombre 10.

Extrait de La Science Cabalistique, par Lazare Lenain, Paris, 1823.

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