Théories et symboles de la Philosophie Hermétique – chapitre 6

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Article publié le 9 juil 2012

CHAPITRE VI - LE MAGISTERE DU SOLEIL

L’Illumination. — La Maîtrise. — La Réintégration dans l’Unité. — L’or philosophique. — La Sagesse. — Le Pélican. — L’Etoile de Salomon.

Selon les rites initiatiques, le bandeau de l’ignorance profane tombe des yeux du Récipiendaire dès que celui-ci a été purifié par les Éléments. Cette quadruple purification a pour effet de rendre l’écorce terrestre perméable et transparente ; aussi désormais la lumière extérieure peut être aperçue du dedans. Mais il ne suffit pas à l’Initié de voir la Lumière il lui incombe de l’attirer, pour la concentrer sur le foyer radical de sa personnalité. C’est ce qui s’appelle coaguler le Mercure.

En vue de cette opération le Feu intérieur doit tout d’abord être exalté. L’ardeur centrale extériorise ainsi l’humidité animique, qui transforme l’atmosphère individuelle en un milieu réfringent, propre à recueillir et à condenser la clarté diffuse de l’Azoth. Grâce à cette réfraction, la personnalité finit par s’imprégner intégralement de Lumière coagulée.

Il importe alors de rendre permanent l’état qui a. su être atteint. On ne peut y parvenir qu’en induisant une circulation vitale nouvelle et plus transcendante que celle qui s’effectue dans le domaine ordinaire des Eléments.

Mais la conquête d’une vie plus élevée suppose toujours une mort préalable. Or, ce n’est plus cette fois le Profane qui périt au sein des ténèbres pour renaître à la Lumière, c’est l’Initié qui meurt élevé au-dessus de terre et cloué sur la croix, en vue d’accomplir le Grand Oeuvre.

Cette mort représente le sacrifice total de soi-même. Elle exige le renoncement à tout désir personnel. C’est l’extinction de l’égoïsme radical, et par suite l’effacement du péché originel. Le moi étroit disparaît, absorbé dans le soi de la Divinité.

Une semblable absorption investit l’Homme de la souveraine puissance. L’être qui n’est plus esclave de rien devient par ce seul fait maître de tout. Sa volonté ne formule que les intentions même de Dieu et à ce titre elle s’impose irrésistiblement.

Mais, en réalisant l’idéal chrétien le sage parfait ne saurait plus s’adonner à aucune entreprise arbitraire. Sa mission de rédempteur le détache de toute mesquinerie. Il ne peut être question pour lui de fabriquer de l’or vulgaire, susceptible de tenter les avares. Lorsque la pierre philosophale est projetée sur les métaux en fusion, c’est en or philosophique qu’elle les transmue, c’est-à-dire en un trésor inaliénable, dont la valeur est absolue et non de simple convention.

Cet or se rapporte à la plus haute somme de perfection dont un être soit susceptible du triple point de vue intellectuel, moral et physique. C’est ainsi que la pierre philosophale devient la suprême médecine à la fois de l’esprit, de l’âme et du corps. Elle procure la santé parfaite et rétablit la créature déchue dans les droits primitifs de sa création.

Mais, pour rendre autrui parfait il faudrait être parfait soi-même. Or, qui oserait prétendre à la perfection ? N’est-elle pas un modèle que l’on peut suivre, mais qu’on n’atteint jamais ? Il en est ainsi lorsque l’on parle de la perfection absolue. Mais ce n’est pas à elle que fait allusion l’or philosophique, qui ne représente que le degré de perfection compatible avec la nature de chaque être. Dès que l’on a soi-même atteint ce degré on peut efficacement remplir le rôle de sauveur. La plus modeste lumière contribue à dissiper les ténèbres, et pour guérir les autres il suffit d’être sain.

Une étincelle divine brille d’ailleurs en tout homme. Elle étouffe le plus souvent sous l’épaisseur de la matière. L’initiation allège celle-ci et avive la flamme sacrée. Dans l’être humain elle développe l’Homme-Principe en faisant éclore le germe des potentialités latentes que nous portons en nous. On ne saurait rien demander de plus; car toute construction est parfaite dès qu’elle est conforme au plan conçu par l’architecte. Or, il ,s’agit ici de l’Architecte souverain ordonnateur de toutes choses.

D’un autre côté, l’homme n’est rien par lui-même : tout lui vient du dehors ; c’est ce qui lui permet de participer à la toute-puissance dans la mesure où il se rapproche de sa source. Or, pour se rapprocher de Dieu, il suffit de faire sa volonté et de l’aimer.

Faire la volonté de Dieu, c’est travailler à la réalisation du plan divin et, comme une tâche déterminée est assignée à chaque être, tout le devoir consiste à la remplir fidèlement. Le mérite ne réside pas dans les oeuvres grandioses, mais dans celles qui répondent aux exigences de l’harmonie générale. Dans le concert universel, les exécutants doivent s’appliquer non pas à faire beaucoup de bruit, mais à fournir strictement la note qui leur est demandée.

 Chapitre 6

Remplir rigoureusement sa destinée, telle est donc toute líambition du sage. Gloire, honneurs, richesses, plaisir et satisfactions, rien à ses yeux ne peut avoir du ,y prix. Il ne voit dans le monde qu’un théâtre où les personnalités se donnent en spectacle. Les acteurs paraissent sur scène affublés d’accoutrements d’emprunt, et ils jouent leur rôle avec conviction, oubliant qu’à la chute du rideau, ils dépouilleront leurs y oripeaux pour redevenir eux-mêmes.

Dans ces conditions, le personnage que l’on incarne importe assez peu. Prince ou mendiant, héros ou traître, l’essentiel est de bien jouer, en répondant exactement aux intentions de l’auteur.

Cependant, si la crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse, la simple docilité n’en est pas la fin. La soumission et l’obéissance sont indispensables, mais, à elles seules, elles ne suffisent pas pour élever vers Dieu : notre élévation se proportionne au degré d’Amour dont nous sommes capables.

Le Pélican est, de ce point de vue, l’emblème de cette charité sans laquelle on ne saurait être qu’un airain qui résonne ou une cymbale retentissante. Cet oiseau blanc alimente ses petits de son propre sang. Il est l’image de l’âme qui se dévoue sans réserve. C’est dans le sentiment qui unit l’individu à tous les êtres que réside la suprême vertu, la « force forte » de toute force.

Chapitre 6

L’adepte qui brûle de cet amour infini obtient le Sceau de Salomon. Ce signe de la puissance magique par excellence, se compose de deux triangles entrelacés, qui sont les symboles alchimiques du Feu et de l’Eau. Ils représentent plus particulièrement ici la nature humaine unie à la nature divine.

L’Hexagramme ou l’Etoile du Macrocosme est ainsi l’emblème de la théurgie, qui s’appuie sur l’alliance de la Volonté et du Sentiment, alors que la Magie simple se base sur la seule Volonté de l’adepte portée à sa plus haute puissance. Son pantacle est en cela le Pentagramme ou l’Etoile du Microcosme.

chapitre 6

Le mage développe son individualité, il exalte son Soufre et devient un centre puissant d’initiative personnelle. Il se rattache à l’initiation masculine ou dorienne, à l’encontre du mystique, qui se conforme aux principes de l’initiation féminine ou ionienne lorsqu’il s’efface devant une puissance extérieure à lui-même (Mercure). Quant au théurge, sa supériorité consiste à concilier l’activité du mage et la passivité du mystique. C’est un chaînon de la suprême hiérarchie : il commande et il obéit, il transmet l’ordre reçu d’en haut à ce qui est placé sous lui, maître dirigeant le travail d’autrui il assure la réalisation du plan de l’éternel Architecte.

Chapitre 6

Oswald Wirth, Théorie et symbole de la Philosophie Hermétique.

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3 Commentaires to “Théories et symboles de la Philosophie Hermétique – chapitre 6”

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