Partie II
jeudi 6 décembre 2001, par Spartakus FreeMann
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La Qabalah dogmatique contient la partie doctrinale. Il y a un grand nombre de traités qui furent écrits à des dates diverses et de très grandes valeurs et qui composent ensemble la Qabalah écrite, on peut toutefois les réduire en 4 parties majeures :
(a) Le Sepher Yetsirah et ses annexes.
(b) Le Zohar et ses développements et commentaires
(c) Le Sepher Sephiroth et ses extensions.
(d) Le Ash Metzareph et son symbolisme.
Le SPR ITzIRH, Sepher Yetsirah, ou le « Livre de la Formation », est attribué au patriarche Abraham. Il traite de la cosmogonie symbolisée par les 10 nombres et les 22 lettres de l’alphabet, qu’il nomme « Trente-deux sentiers ». Sur ceux-ci, Rabbi Abraham Ben Dior a écrit un commentaire mystique. Le terme « sentier » est utilisé tout au long de la Qabalah pour signifier des idées hiéroglyphiques, ou plutôt la sphère des idées, qui peut être rattachée à un symbole ou à un glyphe.
Le SPR ZHR, Sepher HaZohar, ou le « Livre de la Splendeur », à côté d’autres traités de moins d’importance, contient les livres inestimables suivants :
(a) Le SPRA DTzNIOVThA, Siphra Dzenioutha, ou le ’Livre du Mystère Caché" qui est la racine et le fondement du Zohar. (b) Le ADRA RBA QDIShA, Idra Rabba Qadisa, ou « La Grande Assemblée Sainte » qui est un développement du précédant. (c) Le ADRA ZVTA QDIShA, Idra Zuta Qadisha, ou « La Petite Assemblée Sainte » qui est dans sa nature, un supplément du Idra Rabba. Ces trois livres traitent du développement progressif du Dieu créateur et avec Lui de la Création. Le texte de ces travaux a été annoté par Knorr von Rosenroth (l’auteur de la « Qabalah Denudata ») à partir des Codices de Mantoue, Cremone et Lublin qui en sont les copies corrigées. Une sorte de commentaire est également donné qui est distingué du texte original par des parenthèses. (d) Le traité « pneumatique » appelé BITh ALHIM, Beth Elohim, ou « La Maison de Elohim » édité par Rabbi Abraham Cohen Irira, à partir des doctrines de Rabbi Yitzchaq Luria. Il traite des anges, des démons, des esprits élémentaires et des âmes. (e) « Le Livre de la Révolution des Ames » qui est un traité discursif et particulier qui se présente comme une expansion des idées de Rabbi Luria.
Le SPR SPIRVTh, Sepher Sephiroth, ou « Le Livre des Emanations » décrit, pour parler ainsi, l’évolution graduelle de Dieu à partir du négatif vers l’existence positive. (sic)
Le Ash MTzRP, Ash Metzareph, ou « le Feu Purificateur » est d’essence hermétique et alchimique et seulement connu de peu et compris encore par moins de personnes.
Les doctrines principales de la Qabalah sont destinées à résoudre les problèmes suivants :
(a) L’Etre Suprême, Sa Nature et Ses Attributs.
(b) La cosmogonie.
(c) La création des anges et de l’homme.
(d) La destinée de l’homme et des anges.
(e) La nature des âmes.
(f) La nature des anges, des démons et des élémentaires.
(g) La communication de la Loi révélée.
(h) Le symbolisme transcendantal des nombres.
(i) Le mystère contenu dans les lettres hébraïques.
(j) L’équilibre des contraires.
Le « Livre du Mystère Caché » s’ouvre sur ces mots : « Le Livre du Mystère Caché et le livre de l’équilibre de la balance. » Ce qui est signifié par « équilibre de la balance » ? L’équilibre est cette harmonie qui résulte de l’analogie des contraires, c’est le centre mort où, l’opposition des forces contraires s’équivalent en puissance. C’est le point central. C’est le « point à l’intérieur du cercle » de l’antique symbolisme. C’est la synthèse vivante du contrebalancement des forces. Ainsi, la forme peut être décrite comme l’équilibre de la lumière et de l’ombre ; ôtez un de ces facteurs et la forme devient invisible. Le terme « balance » est appliqué aux deux forces opposées dans chaque Triade Sephirotique, leur équilibre formant la troisième Sephirah dans chaque ternaire. Je reviendrai à nouveau sur ce sujet lorsque j’expliquerai les Sephiroth. Cette doctrine de l’équilibre et de la balance est une idée kabbalistique fondamentale.
« Le Livre du Mystère Caché » continue en affirmant que « l’Equilibre réside dans cette région qui existe négativement. » Qu’est-ce que l’existence négative ? Qu’est-ce que l’existence positive ? La distinction entre les deux est une autre idée fondamentale. Définir l’existence négative, est clairement impossible, car lorsque c’est distinctement défini cela cesse d’être une existence négative ; c’est alors une existence négative qui passe à un état statique. De cette manière, les Kabbalistes ont sagement fermé la compréhension des mortels sur le AIN, Ain, le Néant, et le AIN SVP, Ain Soph, l’expansion sans limite ; et de même sur le AIN SVP AVR, Ain Soph Aur, la Lumière sans limite, seule une vague conception peut être acquise. Déjà, si nous réfléchissons intensément, nous verrons qu’il doit en être ainsi de la forme primordiale de l’Inconnaissable et Innommable, que nous appelons Dieu dans sa forme la plus manifeste. Il est l’Absolu. Mais comment pouvons-nous définir l’Absolu ? Car lorsque nous le définissons, Il glisse hors de notre portée, car cela cesse d’être Absolu une fois défini. Doit-on dire alors que le Néant, le Sans Limite, l’Absolu sont, logiquement parlant, absurdes car ils ne sont que des concepts que notre raison ne peut définir ? Non ; car si nous pouvions les définir, nous devrions les inclure, pour ainsi dire, dans notre raison, et donc, pas supérieur à elle ; car un sujet pour être défini doit se voir assigné certaines limites. Comment alors pouvons nous limiter Ce Qui Ne Peut Etre Limité ?
Le premier principe ou axiome de la Qabalah est le nom de dieu, traduit dans notre version de la Bible, « Je suis ce que je suis, » AHIH AshR AHIH, Eheieh Asher Eheieh. Une meilleur traduction est , « Existence est existence, ou Je suis celui qui est. »
Eliphas Levi Zahed, ce grand philosophe et Kabbaliste de ce siècle, dit dans son « Histoire de la Magie » : « Les Kabbalistes ont en horreur tout ce qui ressemble à de l’idolâtrie ; cependant, ils attribuent une forme humaine à Dieu, mais cette figure est purement hiéroglyphique. Ils considèrent Dieu comme étant l’Intelligent, le Vivant et l’Aimant. Pour eux, Il n’est ni une »collection« d’autres êtres ni une abstraction de l’existence ni un être philosophiquement définissable. Il est en tout, distinct de tout et plus grand que tout. Son nom est ineffable ; et ce nom exprime l’idéal humain pour cette Divinité. Ce que dieu est en Lui-même, il n’est pas donné à l’homme de le savoir. Dieu est l’absolu de la foi ; l’existence est l’absolu de la raison, l’existence existe par elle-même car elle existe. Le raison de l’existence de l’existence est l’existence elle-même. Nous pouvons demander, »Pourquoi chaque chose existe ?« c’est à dire, »Pourquoi telle ou telle chose existe ?« Mais nous ne pouvons demander, sans être absurde en agissant de la sorte, »Pourquoi l’existence existe-t-elle ?« Car cela supposerait l’existence avant l’existence. » Le même auteur dit de la même manière : « Pour dire »Je croirai quand la vérité du dogme me sera prouvée scientifiquement« , c’est la même chose que de dire »Je croirai quand je n’aurai rien d’autre en quoi croire, et quand le dogme sera détruit en tant que dogme en devenant un théorème scientifique.« C’est à dire, en d’autres mots : »J’admettrai l’Infini quand il aura été expliqué, déterminé, circonscrit et défini pour mon seul bénéfice ; en un mot, quand Cela sera devenu fini. Je croirai alors dans l’Infini quand je serai sûr que l’Infini n’existe pas. Je croirai en l’étendue sans fin de l’océan quand je l’aurai mis en bouteille." Mais quand une chose vous a été clairement prouvée et rendue compréhensible, vous n’y croirez plus, vous la connaîtrez.
Dans la « Bhagavadgîtâ », Ch. IX, il est dit, « Je suis l’immortalité et aussi la mort ; et Moi, ô Arjuna ! je suis celui qui n’est pas. » Et « Et, ô descendant des Bharata ! vois les merveilles sans nombres, qui non encore jamais été vues à ce jours. Dans mon corps, ô Gudâkesa ! vois aujourd’hui l’univers dans son entier, incluant tous ce qui bouge et tout ce qui ne bouge pas, tout en un. » Et Arjuna dit « O Seigneur Infini des Dieux ! O toi qui anime l’univers ! Toi qui es le Dieu Primordial, l’Ancien ; Tu es le plus haut support de cet univers. Par Toi c’est univers est animé, ô Toi des formes infinies... Tu es puissance infinie, et gloire immesurée ; Tu anime tout et donc Tu est tout ! »
L’idée d’une existence négative peut alors exister en tant qu’idée, mais sans avoir de définition puisque l’idée d’une définition est complètement incompatible avec sa nature. « Mais », diront certains de mes lecteurs, « votre terme d’existence négative est sûrement un mauvais terme ; l’état que vous décrivez serait mieux rendu par le terme de substance négative. » Non, répondrais-je ; car une substance négative reste une substance négative ; cela ne peut varier, ça ne se développe pas ; car la substance négative est littéralement et véritablement « rien ». Par conséquent, une substance négative ne peut pas être du tout ; ça n’a jamais existé, ça n’existe jamais et ça n’existera jamais. Par contre, l’existence négative porte cachée en elle-même, la vie positive ; car dans les profondeurs sans fins des abysses de sa négativité réside le pouvoir de s’élever, le pouvoir de projeter l’étincelle de la pensée jusqu’à l’extérieur, le pouvoir de réintégrer le syntagma en soi.
Mais entre ces deux idées aussi différentes de celles de l’existence négative et positive un certain nexus ou une interconnexion est requise, et comme nous arrivons à la forme qui est appelée existence potentielle, qui bien que s’approchant plus de l’existence positive, reste sans définition claire. C’est l’existence dans sa forme potentielle. Par exemple, dans une graine, l’arbre qui peut en résulter est caché ; c’est dans une condition d’existence potentielle ; c’est là mais cela n’admet pas encore de définition. Combien, plus moins, cet arbre issu de cette graine, produira-t-il ? Pourtant cette production est dans une condition qui, bien qu’analogue à une existence potentielle, n’est reste pas moins au stade d’une existence négative.
D’un autre côté, l’existence positive est toujours capable de définition ; c’est dynamique ; ça possède un certain pouvoir, et c’est donc l’antithèse de l’existence négative, et encore plus de la substance négative. C’est l’arbre, non plus caché dans la graine, mais développé à l’extérieur. L’existence positive a un commencement et une fin, et cela requière donc une forme dont elle dépend car sans c’est autre idéal négatif caché derrière elle, elle est instable et insatisfaisante.
Ainsi, ai-je succinctement et en toute révérence tenté de souligner dans l’esprit de mes lecteurs l’idée de l’Illimitable (Non Limité). Et de cette idée, je ne puis que le dire suivant les mots de l’ancien oracle : "En Lui est un abîme sans fin de gloire, et de cet abîme jaillit l’étincelle qui donne toute sa gloire au soleil, et à la lune et aux étoiles. Mortel ! vois combien peu je connais de Dieu ; ne cherche pas à connaître plus de Dieu, car c’est bien au-delà de ta compréhension, quelque sage que tu sois ; tout comme pour nous, qui sommes Ses ministres, quelle petite partie de lui ne sommes-nous pas ?
Il y a trois voiles qui cachent l’existence négative, et en eux se formulent l’idée occultée des Sephiroth qui ne sont pas encore appelées à exister, et ils sont concentrés en Kether, qui, en un sens, est la Malkuth des idées occultées des Sephiroth. J’expliquerai ceci. Le premier voile est AIN, Ain, Néant. Ce mot consiste en trois lettres, qui font référence aux trois premières Sephiroth ou nombres. Le second voile est AIN SVP, Ain Soph, Sans Limite. Ce titre est constitué de six lettres qui se réfèrent aux six premières Sephiroth ou nombres. Et le troisième voile est AIN SVP AUR, Ain Soph Aur, Lumière sans Limite. Formé de neuf lettres qui symbolisent les neuf premières Sephiroth ou nombres. Mais lorsque nous atteignons le nombre neuf, nous ne pouvons plus progresser sans retourner à l’unité, au nombre un, car le nombre dix n’est que la répétition de l’unité qui dérive du négatif, comme cela est évident d’un simple coup d’œil dans sa représentation en chiffres arabes, où le cercle 0 représente le négatif et le 1 l’unité. Ainsi, l’océan infini de la lumière négative ne procède pas d’un centre, car elle est sans centre, mais elle concentre un centre, qui est le nombre un des Sephitoth manifestées, Kether, la couronne, la Première Sephira ; qui peut être ainsi appelée Malkuth ou nombre dix des Sephiroth occultées. Ainsi, « Kether est dans Malkuth et Malkuth est dans Kether. » Ou, comme un auteur alchimiste de grande réputation (Thomas Vaughan, mieux connu sous le nom d’Eugène Philalèthe) dit, suivant une phrase de Proclus : « Que les cieux sont sur la terre et que la terre est dans les cieux. »
Je me dois maintenant d’expliquer la signification réelle des termes Sephira et Sephiroth. Le premier est le singulier, le second le pluriel. Ce rend le mieux le sens du mot est « émanation numérique. » Il y a dix Sephiroth, qui sont une abstraction des dix premiers nombres, c’est à dire, la forme abstraite des dix nombres 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10. Ainsi, comme dans les hautes mathématiques, raisonnons-nous par le sens abstrait des nombres, ainsi dans la Qabalah raisonnons-nous au sujet de la Déité par les formes abstraites des nombres ; en d’autres mots, par les SPIRVTh, Sephiroth. C’est des anciennes théories orientales que Pythagore a fait dériver ses idées numérales symboliques.
Parmi ces Sephiroth, conjointement et individuellement, trouvons-nous le développement des personnes et attributs de Dieu. Certains sont masculins et d’autres sont féminins. Maintenant, pour quelque raison connue d’eux-mêmes, les traducteurs de la Bible ont soigneusement expurgé et adoucis toutes les références au fait que la Déité est à la fois masculine et féminine. Ils ont traduit un féminin pluriel par un masculin singulier dans le cas du mot Elohim. Ils ont, cependant, admis par inadvertance le fait qu’ils connaissaient la vérité quant au pluriel dans Gen. IV. 26 : « Et Elohim dit : Faisons l’homme. » De même (Gen. V. 27), comment Adam peut-il être fait à l’image d’Elohim, mâle et femelle, à moins que Elohim soit également mâle et femelle ? Le mot Elohim est un pluriel formé à partir du féminin singulier ALH, Eloh, et en ajoutant IM. Mais, comme IM est habituellement la terminaison d’un masculin pluriel, et est ajoutée à un nom féminin, cela donne au mot Elohim le sens d’une puissance féminine unie à une idée masculine, et par-là capable de donner naissance à une progéniture. Maintenant, nous entendons beaucoup parler du Père et du Fils, mais rien quant à la Mère au sein des religions actuelles. Mais dans la Qabalah, nous découvrons que l’Ancien des Jours se confond Lui-même dans le Père et dans la Mère, et donc, procrée le Fils. Maintenant, cette Mère est Elohim. De même, on nous dit souvent que le Saint Esprit est masculin, mais le mot RVCh, Ruach, Esprit, est féminin, comme il apparaît dans le passage suivant du Sepher Yetsirah : « AchTh RVCh ALHIM ChIIM, Achath Ruach Elohim Chiim, L’Unique (féminin) est l’Esprit de l’Elohim de la Vie. »
Maintenant, nous découvrons qu’avant que la Déité ne se soit formée Elle-même, comme mâle et femelle, le monde et l’univers ne pouvaient subsister, ou selon les mots de la Genèse : « La Terre était sans forme et vide. » Ces mondes antérieurs sont sensés être symbolisés par « le roi qui règne à Edom avant qu’il ne règne un roi en Israël, » et on en parle donc dans la Qabalah comme des « Rois Edomites. » Ceci sera entièrement expliqué dans diverses parties de ce travail.
Considérons maintenant la première Sephira, ou le Nombre 1, la Monade de Pythagore. En ce nombre, les neuf autres sont cachés. Il est invisible et incapable de multiplication ; divisez 1 par lui-même, il reste toujours 1 ; multipliez 1 par lui-même et vous avez toujours 1. C’est ainsi un symbole représentatif du Père Immuable. Ce nombre de l’unité à une nature double, et forme ainsi le lien entre le négatif et le positif. Dans son unité immuable, c’est à peine un nombre ; mais dans sa capacité d’addition on peut l’appeler le premier nombre d’une série. Le zéro, 0, est incapable d’addition, tout comme l’existence négative. Comment alors, si 1 ne peut être ni multiplié ni divisé, obtient-on un autre 1 pour lui ajouter ; en d’autres mots, comment peut-on obtenir le nombre 2 ? Par réflexion de lui-même. Bien que 0 est incapable de définition, 1 est définissable. Et l’effet d’une définition est de former un Eidolon, un duplicata ou une image de la chose définie. Ainsi, obtient-on une dyade composée de 1 et de sa réflexion. Maintenant, nous avons également le début d’une vibration qui est établie, car le nombre 1 vibres alternativement de lui-même à la définition et de la définition à lui-même. Ainsi, il est le père de tous les nombres et l’attribut du Père de toutes choses.
Le nom de la première Sephirah est KThR, Kether, la Couronne.
Le Nom Divin qui lui est attribué est le Nom du Père qui est donnée dans Exode III, 4 : AHIH, Eheieh, Je suis. Qui signifie existence.
Parmi les épithètes qui sont lui attribuées, contenant en elle-même l’idée d’une existence négative, on peut citer :
TMIRA DTMIRIN, Temira De Temirin, Le Caché des Cachés.
OThIQA DOThIQIN, Authiqa De Authiqun, l’Ancien des Anciens.
OThIQA QDShA, Authiqa Qadisha, le plus Saint des Anciens.
OThIQA, Authiqa, l’Ancien.
OthIQ IVMIN, Authiq Iomin, l’Ancien des Jours.
NQDH RAShVNH, Nequdah Rashunah, le Point Primordial.
NQDH PShVTh, Nequdah Peshutah, le Point Lisse.
RIShA HVVRH, Risha Havurah, la Tête Blanche.
RVM MOLH, Rom Meolah, la Hauteur Inscrutable.
A côté de toutes ces appellations il en existe une autre qui est appliquée à cette Sephira pour représenter le Père de toutes choses. C’est ARIK ANPIN, Arikh Anpin, le Grand Visage, le Macroprosopus. De lui, il est dit qu’il est en partie occulté et en partie manifeste.
L’ensemble des dix Sephiroth représente l’Homme Céleste ou l’Etre Primordial, ADM OILAH, Adam Auilah.
Sous cette Sephira sont classés l’ordre angélique des ChIVTh HQDSh, Chioth Ha-Qadesh, les êtres vivants sacrés, les Kérubim ou les sphinx des visions d’Ezechiel et de l’Apocalypse de Jean. Ils représentent le zodiaque par les quatre signes, Taureau, Lion, Scorpion et Poisson - le Bœuf, le Lion, l’Aigle et l’Homme. Le Scorpion, symbole bénéfique quand il est représenté par un aigle et maléfique quand il est représenté par un scorpion. Et de nature mixte lorsqu’il est signifié par un serpent.
Le première Sephira contient les neuf autres et les produit successivement.
Le nombre 2, la dyade. Le nom de cette seconde Sephira est ChKMH, Chokmah, la Sagesse, puissance mâle, reflétée de Kether, comme expliqué plus haut. Cette Sephira est le Père actif et présent, à qui la Mère est unie, qui est le nombre 3. Cette seconde Sephira est représentée par les Noms Divins IH, Yah et IHVH ; et parmi les anges par AVPNIM, Auphanim, la Roue. La seconde Sephirah est également appelée AB, Ab, le Père.
La troisième Sephira, ou Triade, est une puissance féminine passive, appelée BINH, Binah, Compréhension, elle est sur le même pied que Chokmah. Car Chokmah, le nombre 2 est comme deux lignes droites qui ne peuvent jamais circonscrire un espace et donc, sans pouvoir jusqu’à ce que le nombre 3, forme le triangle. Cette Sephira complète donc et évidence la Trinité supernelle. Elle est également appelée AMA, Ama, la Mère, et AIMA, Aima, la grande Mère féconde, qui est éternellement conjointe à AB, le Père, et ce afin de maintenir l’univers en place. Ainsi, elle est la forme la plus accessible grâce à laquelle on peut connaître le Père et donc, elle mérite tous les honneurs. Elle est la mère supernelle, égale de Chokmah, et la grande forme féminine de Dieu, l’Elohim, à l’image duquel l’homme et la femme furent créés, selon les enseignements de la Qabalah, égale devant Dieu. La Femme est l’égale de l’homme et certainement pas inférieure à lui, comme la tentative persistante des soi-disant chrétiens tendrait à le faire croire. Aima est la femme décrite dans l’Apocalypse (ch. XII.). Cette troisième Sephira est parfois appelée la « Grande Mer ». On lui attribue les Noms Divins, ARALIM, Aralim, les Trônes. Elle est la Mère supernelle, à distinguer de Malkuth la Mère inférieure, la Promise et la Reine.
Le nombre 4. L’union de la seconde et de la troisième Sephira produit ChSD, Chesed, Amour ou Grâce, appelée aussi GDVLAH, Gedulah, Grandeur ou Magnificence ; puissance masculine représenté par le Nom Divin AL, El, le Puissant. Et le nom angélique ChShMLIM, Chashmalim, Flammes Scintillantes (Ezech. IV, 4).
Le nombre 5. De cette puissance féminine émane, GBVRH, Geburah, Force ; ou DIN, Deen, Justice ; représenté par les Noms Divins ALHIM GBVR et ALH, Eloh, et le nom angélique ShRPIM, Seraphim (Isa. VI, 6). Cette Sephira est appelée aussi PChD, Pachad, Peur.
Le nombre 6. Et de ces deux Sephiroth, naît ThPARTh, Tiphareth, Beauté, représenté par le Nom Divin ALVH VDOTh, Eloah Va-Daath, et le nom angélique, ShNANIM, Shinanim, (Ps. LXVIII, 18) ou MLKIM, Melakim, Rois. Ainsi, de l’union de la Justice et de la Grâce, on obtient la Beauté ou la Clémence, et la seconde trinité des Sephiroth est ainsi complétée. Cette Sephira ou « sentier » ou « numération » - comme on appelle parfois ces émanations - ensemble, avec la quatrième, la cinquième, la septième, la huitième et la neuvième Sephiroth, constitue le ZOIR ANPIN, Zauir Anpin, le Petit Visage, le Microprosopus. Les six Sephiroth qui composent le Zauir Anpin sont nommées « Ses six membres ». Il est aussi connu comme MLK, Melek, le Roi.
Le nombre 7. La septième Sephira est NTzCh, Netzach, ou Victoire, correspondant au Nom Divin, IHVH TzBAVTh, IHVH Tzabaoth, le Seigneur des Armées et aux noms angéliques ALHIM, Elohim, dieux et ThRShIShIM, Tharshisim, le Brillant (Dan. X 6).
Le nombre 8. On arrive alors à la puissance féminine HVD, Hod, la Splendeur, répondant au Nom Divin ALHIM TzBAVTh, Elohim Tzabaoth, les Dieux des Armées, et parmi les anges à BNI ALHIM, Beni Elohim, Fils des Dieux (Gen. VI 4).
Le nombre 9. Ces deux dernières Sephiroth produisent ISVD, Yesod, Fondement, représenté par AL ChI, El Chai, le Puissant et ShDI, Shaddai, et parmi les anges, par AshIM, Ashim, les Flammes (Ps. CIV 4) produisant ainsi la troisième Trinité des Sephiroth.
Le nombre 10. De cette neuvième Sephira, émane la dixième et dernière, accomplissant ainsi la décade numérale. Son nom est MLKVTh, Malkuth, le Royaume et aussi la Reine, Matrona, la Mère inférieure, la Promise du Microprosopus ; et ShKINH, Shekinah, représentée par le Nom Divin, ADNI, Adonai et parmi les anges par KRVBIM, Kerubim.
Maintenant, chacune de ces Sephiroth sera, à un certain degré, androgyne car elle sera féminine ou réceptive du fait de la Sephira qui la précède dans l’échelle Sephirotique, et masculine ou transmissive du fait de la Sephira qui la suit. Mais, il n’y a pas de Sephira avant Kether ni après Malkuth. On comprendra alors, pourquoi Chokmah est un nom féminin alors qu’elle se présente comme une Sephirah masculine. Le lien, le courant entre les Sephiroth est le Ruach, l’Esprit, l’influence cachée.
J’ajouterai maintenant quelques remarques supplémentaires quant à la signification du terme MthQLA, Metheqela, balance. Dans chacune des trois trinités sephirothiques, il y a une dyade de sexes opposés, et une intelligence qui en résulte. Les puissances masculines et féminines sont regardées comme les deux plateaux de la balance, et la Sephira qui en résulte est le fléau qui les unit. Ainsi, le terme de balance peut symboliser la Trinité dans l’Unité, la Trine essence, et l’Unité le point central du fléau de la balance. Mais, au sein des Sephiroth, il y a une triple Trinité, la supérieure, l’inférieure et la médiane. Maintenant, on peut les représenter : le Supernel par la Couronne, le milieu par le Roi et l’inférieur par la Reine qui sera la plus grande trinité. La corrélation terrestre de celles-ci sera le premium mobile, la Soleil et la Lune. Nous trouvons encore ici le symbolisme alchimique.
Dans notre univers, les Sephiroth seront représentée par :
(1) RAShITh HGLGLIM, Rashit Ha-Galgalim, le commencement du tourbillon, le Premium Mobile.
(2) MSLVTh, Masloth, la sphère du Zodiaque.
(3) ShBThAI, Shabbathai, repos, Saturn.
(4) TzDQ, Tzadeq, rigueur, Jupiter.
(5) MADIM, Madim, force véhémente, Mars.
(6) ShMSh, Shemesh, la lumière solaire, le Soleil.
(7) NVGH, Nogah, splendeur brillante, Vénus.
(8) KVKB, Kokab, la lumière stellaire, Mercure.
(9) LBNH, Levanah, la flamme lunaire, la Lune.
(10) ChLM ISVDVTh, Cholom Yesodoth, le briseur de fondation, les éléments.
Les Sephiroth sont également réparties en trois piliers : le Pilier de la Miséricorde à droite, qui est constitué par les deuxième, quatrième et septième émanations ; le Pilier du Jugement, qui est constitué des troisième, cinquième et huitièmes émanations ; et le Pilier du Milieu, qui est constitué des première, sixième, neuvième et dixième émanations.

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