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Introduction à la Kabbalah Denudata de Knorr von Rosenroth

Partie III

jeudi 6 décembre 2001, par Spartakus FreeMann

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 Les quatre Mondes

Dans leur totalité et leur unité, les Sephiroth sont une représentation de l’homme archétypal, ADM QDMVN, Adam Qadmon, le Protogonos. Si l’on regarde les Sephiroth qui constituent la première triade, il est évident qu’elles représentent l’intellect ; et donc, cette triade est nommée Monde Intellectuel, OVLM MVShKL, Olahm Mevshekal. La seconde triade correspond au Monde Moral, OVLM MVRGSh, Olahm Morgash. La troisième triade représente la pouvoir et la stabilité, et est donc appelée Monde Matériel, OVLM HMVTBO, Olahm Ha-Mavetbau, Ces trois aspects sont appelés Faces, ANPIN, Anpin. Ainsi est donc formé l’Arbre de la Vie, Otz ChIIM, Otz Chiim ; la première triade est placée au-dessus, la seconde et la troisième en dessous de telle manière que les trois Sephiroth masculines soient à droite et que les trois féminines soient à gauche, alors que les quatre Sephiroth d’union sont au centre. C’est l’Arbre de Vie Kabbalistique duquel toutes choses dépendent. Il y a une grande analogie entre celui-ci et l’arbre Yggdrasil des Scandinaves.

J’ai déjà fait remarquer qu’il existe une trinité qui comprend toutes les Sephiroth et qui consiste en la Couronne, le Roi et la Reine. (Dans un certain sens comparable à la trinité chrétienne du Père, du Fils et du Saint-Esprit qui, dans leur nature hautement divine, sont symbolisés par les trois premières Sephiroth, Kether, Chokmah et Binah.) C’est cette Trinité qui a créé le monde, ou, en langage kabbalistique, l’univers est né de l’union du Roi couronné et de la Reine. Selon la Qabalah, avant que la forme de l’homme céleste ne soit produite, certains mondes primordiaux avaient étés créés, mais ceux-ci ne pouvaient subsister car l’équilibre de la balance n’était pas parfait, et ils furent donc renversés et détruits par ces forces déséquilibrées. Ces mondes primordiaux sont appelés « Rois des Anciens Temps » et les « Roi d’Edom qui régnaient avant les rois d’Israël. » En ce sens, Edom est le monde des force déchaînées et Israël est l’ensemble des Sephiroth équilibrées. Ce fait important que des mondes furent créés et détruits avant cette présente création est encore rappelé par le Zohar.

Les Sephiroth sont encore appelées « Monde des Emanations » ou le Monde Atziluhtique, ou archétypal, encore appelé OVLM ATzILVTh, Olahm Atziloth ; et ce monde donna naissance aux trois autres mondes qui contiennent chacun une répétition des Sephiroth, mais dans une échelle dégressive de luminosité.

Le second monde est le Monde Briatique, OVLM HBRIAH, Olahm Ha-Briah, le Monde de la Création, aussi appelé KVRSIA, Khorsia, le Trône. C’est l’émanation directe d’Atziluth où les Sephiroth y sont reflétées et y sont donc plus limitées bien qu’étant de la plus pure nature et sans adjonction de matière.

Le troisième est le Monde Yetziratique, OVLM HITzIRH, Olahm Ha-Yetzirah, ou le Monde de la Formation et des anges qui procède de Briah, et, bien que de substance moins raffinée, toujours sans matière. C’est le monde angélique où ces intelligences et êtres incorporels résident drapés dans un habit de lumière et qui prennent forme pour apparaître aux hommes.

Le quatrième monde est le Monde Assiatique, OLVM HOShIH, Olahm Ha-Assiah, le Monde de l’Action également appelé le monde des Coques, OLVM HQLIPVTh, Olahm Ha-Qliphoth, qui est le monde de la matière constitué des éléments les plus grossiers du précédant arbre. C’est aussi le domicile des esprits démoniaques nommés « coques » par la Qabalah. Les démons sont répartis en dix classes.

Les Démons sont les plus grossières et les plus déficientes de toutes les formes. Leur dix degrés correspondent à la décade Sephirothique, mais dans un degré inverse, ainsi, les ténèbres et l’impureté augmentent avec la descente de chaque degré. Les deux premiers ne sont rien qu’absence de forme visible et d’organisation. Le troisième est le domicile des ténèbres. Les sept Enfers suivants représentent les vices humains incarnés, où sont torturés ceux qui se sont adonnés à ces vice durant leur existence terrestre. Leur prince est SMAL, Samael, l’ange du poison et de la mort. Sa femme est la Prostituée, AshTh ZNVNIM, Isheth Zenunim ; et unis, ils sont appelés Bête, CHIVA, Chioa. Ainsi est complétée la trinité infernale qui est, pour ainsi dire, l’avers et la caricature de la Supernelle. Samaël est considéré identique à Satan.

 IHVH

Le nom de la Déité que nous nommons Jéhovah est en hébreu un nom de quatre lettres I H V H ; et la véritable prononciation n’en est connue que de très peu. Je connais moi-même quelques variantes de sa prononciation mystique. La véritable prononciation est l’arcane secrète, le secret des secrets. « Celui qui peut le prononcer correctement fait trembler la terre et le ciel car c’est le nom qui traverse l’univers. » Ainsi, quand un juif pieux tombe sur le nom pendant la lecture des textes sacrés, il évite d’essayer de le prononcer mais, à la place, il fait une courte pause ou bien il lui substitue le nom Adonai, ADNI, Seigneur. Le radical d’IHVH est « être » et donc semblable à AHIH, Eheieh. On peut opérer 12 permutations qui toutes portent le sens d« être » ; c’est le seul mot qui supporte autant de permutations sans en avoir le sens altéré. On les nomme les « Douze Bannières du Tout-Puissant, » et elles dirigeraient les douze signes du Zodiaque. Ces douze bannières sont : IHVH, IHHV, IVHH, HVHI, HVIH, HHIV, VIHH, VHIH, HIHV, HIVH, HHVI. Il y a trois autres noms Tétragrammatiques qui sont AHIH, Eheieh, existence ; ADNI, Adonai, Seigneur ; et AGLA, Agla. Ce dernier n’est pas à proprement parler un mot, mais un notariqon de la phrase « AThH GBVR LOVLM ADNI, Ateh Gebor Le-Olahm Adonai : »A Toi Seigneur la puissance à jamais !" Une interprétation arbitraire d’Agla est celle-ci : A, le premier ; A le dernier ; G, la Trinité dans l’Unité ; L, l’accomplissement du Grand-Oeuvre.

La première chose à noter est qu’à la fois AHIH et IHVH portent l’idée d’existence ; c’est la première analogie. La seconde est que chaque lettre H vient en seconde et en quatrième position ; et la quatrième est que par la gématrie AHIH équivaut à IHY sans le H (qui, comme nous le verrons, est le symbole de Malkuth, la dixième Sephirah). Mais, si on les écrit l’un au dessus de l’autre, entre les bras d’une croix, cela donne :

AH IH IH VH

On lit de haut en bas et au travers, AHIH, IHVH.

Maintenant, si l’on analyse ce problème de manière kabbalistique, on trouve les raison de ces analogies. Car Eheieh, AHIH, est le Grand Visage, l’Ancien, le Macroprosopus, Kether, la première Sephira, la Couronne de la Trinité Sephirothique kabbalistique supérieure (qui consiste en la Couronne, le roi et la Reine ; ou le Macroprosopus, le Microprosopus et la Promise), et le Père dans l’acceptation chrétienne de la Trinité.

Mais, IHVH, le Tétragrammaton, comme nous allons le voir, contient toutes les Sephiroth à l’exception de Kether, et représente donc le Petit Visage, le Microprosopus, le Roi de la Trinité Sephirothique supérieure, et le Fils dans Son incarnation humaine, dans le sens d’une interprétation chrétienne de la Trinité.

Ainsi, comme le Fils révèle le Père, IHVH révèle AHIH.

ADNI est la Reine « seule par qui on peut appréhender Tétragrammaton, » dont l’exaltation qui est en Binah peut être assimilée à la Vierge chrétienne.

Le Tétragrammaton IHVH se réfère aux Sephiroth, ainsi, le point supérieur de la lettre Yod, I, est censée se référer à Kether ; le lettre I elle-même à Chokmah, le père du Microprosopus ; le lettre H, ou le supernel Hé, à Binah et à la mère supernelle ; la lettre V aux six autres Sephiroth, que l’on nomme les six membres du Microprosopus (et 6 est la valeur numérique de V, l’hébreu Vau) ; enfin, la lettre H, le Hé inférieur, se réfère à Malkuth la dixième Sephira, la fiancée du Microprosopus.

Il y a quatre noms secrets qui se réfèrent aux quatre mondes d’Atziluth, de Briah, de Yetzirah et d’Assiah ; et enfin, le Tétragrammaton est censé s’écrire d’une certaine manière dans chacun de ces mondes. Le nom secret d’Atziluth est OB, Aub ; celui de Briah est SG, Seg ; celui de Yetzirah est MH, Mah ; et celui d’Assiah est BN, Ben.

Ces noms opèrent ensemble avec les Sephiroth au travers des « 231 portes, »ainsi que les combinaison de l’alphabet sont appelées ; mais prendrait trop de place ici que d’entrer trop profondément dans ce sujet.

Comme je l’ai déjà dit, en parlant de la première Sephira, les quatre Kerubim sont fortement associés à ce problème des lettres du Tétragrammaton. Maintenant, il ne doit pas être oublié que ces formes dans les visions d’Ezechiel supportent le trône de la Divinité, sur lequel l’Homme Céleste est assis - l’Adam Qadmon, l’image Sephirothique ; et qu’entre le trône et les créatures vivantes, il y a le firmament. Ici, nous avons donc les quatre mondes - Atziluth, la forme déifiée ; Briah, le trône ; Yetzirah, le firmament ; Assiah, les Kerubim. Donc, les Kerubim représentent le pouvoir des lettres du Tétragrammaton sur la plan matériel ; et tous quatre représentent l’opération des quatre lettres dans chacun des quatre mondes. Donc, les Kerubim sont les formes vivantes des lettres, symbolisés dans le Zodiaque par le Taureau, le Lion, le Poisson et le Scorpion, comme remarqué précédemment.

Et "le mystère de l’homme terrestre et mortel suit le mystère du Surpernel et Immortel, et ainsi fut créée l’image de Dieu sur la terre. Dans la forme du corps trouve-t-on le Tétragrammaton. La tête est Yod, les bras et les épaules sont Hé, le corps est Vau et les jambes représentent le Hé final. Donc, comme la forme extérieure de l’homme correspond au Tétragrammaton, ainsi l’âme animée correspondra-t-elle aux dix Sephiroth ; et comme celles-ci trouvent leur expression dans la trinité de la Couronne, du Roi et de la Reine, ainsi, la division principale de l’âme sera-t-elle. La première est NShMH, Neshamah, qui est le plus haut degré de l’être, correspondant à la Couronne. Le second est RVCh, Ruach, le siège du bien et du mal, correspondant à Tiphareth, le monde moral. Et la troisième à NPSh, Nephesh, la vie animale et les désires, correspondant à Yesod, le monde matériel et sensuel. Toutes les âmes préexistaient dans le monde des émanations et ont leur état originel dans l’androgynat, mais, en descendant sur terre ils se séparent en mâles et femelles et habitent différents corps ; ainsi, si dans cette vie mortelle, la moitié masculine rencontre sa moitié féminine, un grand attachement naît entre eux et ils est dit que dans le mariage les moitiés séparées sont conjointes ; et les formes cachées s’apparentent alors aux Kerubim.

Mais cette vision triple de l’âme est seulement applicable aux trois formes de l’intellectuel, du moral et du matériel. Ne perdons pas de vue la grande idée kabbalistique que la trinité est toujours complétée et trouve sa réalisation dans le quaternaire ; d’où, IHV est complété et réalisé dans IHVH - le trinité de...

Couronne Roi Reine Père Fils Esprit Absolu Formation Réalisation

Est complétée par le quaternaire de —

Absolu Père et Mère Fils Fiancée Macroprosopus Père et Mère Microprosopus Malkuth, la Reine et Fiancée Atziluth - Archétype Briah - Créatif Yetzirah - Formatif Assiah - Matériel

Et à ces quatre, l’âme répond dans les quatre formes suivantes :

- Chiah à Atziluth.

- Neshamah à Briah.

- Ruach à Yetzirah.

- Nephesh à Assiah.

Mis, Chiah est, en l’âme, une forme archétypale analogue au Macroprosopus. Alors que Neshamah, Ruach et Nephesh représentent en elles-mêmes le Tétragrammaton, sans Chiah, qui néanmoins symbolisée « dans le point le plus haut du Yod, » ; comme le Macroprosopus est censé être symbolisé par le point la haut du Yod de IHVH. Car, « Yod est l’Ancien caché et occulté. »

J’ai sélectionné le résumé suivant dans les enseignements qabalistiques d’Eliphas Levi dans sa « Clés des mystères. » Il donne l’essence des idées de Rabbi Moïse Cordoverro et de Rabbi Yitzchaq Luria. « L’âme est une lumière voilée. Cette lumière est triple : ’Neshamah = pur esprit ; Ruach = esprit ou âme ; Nephesh = médiateur plastique.’ »Le voile de l’âme est la coque de l’image. ’L’image est double car elle reflète à la fois l’ange bien et du mal de l’âme. Nephesh est immortelle car elle se renouvelle elle-même par la destruction des formes ; Ruach est progresse au travers de l’évolution des idées ; Neshamah progresse sans destruction .’

« Il y a trois demeures à l’âme : ’l’Abîme de la Vie ; Le Paradis supérieur ; Le Paradis inférieur.’ »L’image Tzelem est un sphinx qui propose une énigme de vie. ’L’image fatale (c-à-d, à laquelle on succombe à l’extérieur) dote Nephesh de ses attributs, mais Ruach peut substituer l’image conquise par l’inspiration de Neshamah. Le corps est le voile de Nephesh, Nephesh est le voile de Ruach qui est le voile de Neshamah. La lumière se personnifie elle-même en se voilant, et la personnification est stable uniquement quand le voile est parfait. Cette perfection sur terre est relative à l’âme universelle de la terre (c-à-d comme macrocosme, donc le microcosme est l’homme.)’

« Il y a trois atmosphères pour les âmes. La troisième finit là où l’attraction planétaire des autres mondes commence. Les âmes qui se sont perfectionnées sur cette terre passent alors à un autre plan. Après avoir traversé les planètes elle arrivent au soleil ; puis, elles montent dans un autre univers et recommencent leurs évolutions planétaires de mondes en mondes et de soleils en soleils. »Dans les soleils elles se rappellent et dans les planètes, elles oublient. Les vies solaires sont les jours de la vie éternelle, et les vies planétaires sont les nuits avec leurs rêves.

« Les anges sont de lumineuses émanations personnifiées, pas par jugement ni voile, mais par l’influence divine. Les anges aspirent à devenir des hommes, car l’homme parfait, l’homme-Dieu, (pour le distinguer du Dieu-homme) est au-dessus de tous les anges. »Les vies planétaires sont composées de dix rêves d’une centaine d’années chacun, et chaque vie solaire est d’un millier d’années ; ainsi, il est dit qu’un millier d’années sont à la vue de dieu comme un jour.

« Chaque semaine - c’est à dire chaque 14.000 ans - l’âme se baigne et se repose dans un rêve jubilatoire d’oubli. En se réveillant de là, elle a oublié le mal et ne s’est rappelée que le bien. »

De Ruach et de Nephesh, influencées par les bonnes aspirations de Neshamah, procède Michaël, l’ange bénéfique de l’âme ; c’est à dire, le hiéroglyphe synthétique des bonnes idées, ou, dans une phraséologie bouddhiste ésotérique, le « Bon Karma » de l’homme. De Nephesh dominant Ruach et sans l’influence bénéfique de Neshamah, procède Samaël, l’ange maléfique de l’âme ; c’est à dire, le hiéroglyphe synthétique des idées mauvaises, le "mauvais Karma de l’homme. Et le Tzelem, ou image, est double car elle reflète et Michaël et Samaël.

 Analyse du Dr. Jellinek.

Ce qui suit est tiré de l’analyse du Dr. Jellinek (« Beiträge zau Geschichte der Qabalah, Eerste Heft. » Leipzig 1852.) sur les idées sephirothiques suivant l’éthique de Spinoza :—

(1) DEFINITION. Par l’Etre qui est source de toutes chose je comprends Ain Soph, c’est à dire un Etre infini, sans lien, absolument identique à lui-même, unis à lui-même, sans attribut, volonté, intention, désire, pensée, mot ou fait.

(2) DEFINITION. Par Sephiroth je comprends les potentialités qui émanent de l’Absolu, Ain Soph, toutes les entités limités en quantité, qui, comme la volonté, sans changer sa nature, déversent divers objets qui sont des possibilités d’une multitude de choses.

I. PROPOSITION. La première cause et le gouverneur du monde est Ain Soph, qui est à la fois immanent et transcendant.

(a) PREUVE. Chaque effet a une cause et tout ce qui a un ordre ou une forme à un gouverneur.

(b) PREUVE. Chaque chose visible a une limite, ce qui est limité est fini, ce qui est fini n’est pas absolument identique ; la première cause du monde est invisible, donc illimitée, infinie, absolument identique - c’est à dire elle est Ain Soph.

(c) PREUVE. Comme la première cause du monde est infinie, rien ne peut exister sans elle ; puisqu’elle est immanente.

Scholion. Comme Ain Soph est invisible et exaltée, elle est la racine de la foi et de l’incroyance.

II. PROPOSITION. Les Sephiroth sont les médiums entre l’absolu Ain Soph et le monde réel.

PREUVE. Comme le monde réel est limité et imparfait, il ne peut procéder directement de Ain Soph : Ain Soph doit exercer son influence dessus, ou bien sa perfection cesserait. D’où, les Sephiroth, qui, dans leurs connexions les plus intimes avec Ain Soph, sont parfaites, et dans leurs séparations sont imparfaites, doivent donc en être le médium.

Scholion. Comme toutes les choses qui existent ont été générées par les Sephiroth, il y a donc un degré supérieur, médian et inférieur dans le monde réel. (Vide infra, Proposition VI.)

III. PROPOSITION. Il y a dix Sephiroth.

PREUVE. Tous les corps ont trois dimensions, chacune répétant les autres (3 x 3) ; et en y ajoutant l’espace en général, nous obtenons le nombre 10. Comme les Sephiroth sont des potentialités de tout ce qui est limité, elles doivent être dix.

(a) Scholion. Le nombre 10 ne contredit absolument pas l’unité de Ain Soph ; comme un est la base de tous les nombres, la pluralité procède de l’unité, les germes contiennent le développement, juste comme le feu, la flamme, l’étincelle et la couleur ont une base, bien qu’ils diffèrent les uns des autres.

(b) Scholion. Comme la pensée, et même comme l’esprit en tant qu’objet pensé, et limité, devient concret, et a une mesure, bien qu’une pensée pure procède de Ain Soph ; donc, limite, mesure et concrétion sont des attributs des Sephitoth.

IV. PROPOSITION. Les Sephiroth sont des émanations et non des créations.

1. PREUVE. Comme l’Absolu, Ain Soph est parfait, les Sephiroth qui en procèdent doivent également être parfaites puisque non créées.

2. PREUVE. Tous les objets créés diminuent par abstraction ; les Sephiroth ne diminuent pas, comme leurs activités ne cessent jamais ; donc elles ne peuvent avoir été créées.

Scholion. La première Sephira était en Ain Soph comme pouvoir avant d’atteindre à la réalité ; puis la deuxième Sephira émana de la puissance pour le monde intellectuel ; et ensuite, les autres Sephiroth émanèrent pour le monde moral et matériel. Ceci, cependant, n’implique pas un prius et un posterius, ou une graduation dans l’Ain Soph, mais simplement une lumière dont les lumières qui en émanent tôt ou tard et de manière variable ne font qu’une.

V. PROPOSITION. Les Sephiroth sont tout à la fois passives et actives (MQBIL VMThQBL, Meqabil Va-Metheqabel.)

PREUVE. Comme les Sephiroth ne sont pas en dehors de l’unité d’Ain Soph, chacune d’elle doit recevoir de ses prédécesseurs et transmettre à ceux qui suivent.

VI. PROPOSITION. La première Sephira est appelée , RVM MOLH, Rom Maaulah, la seconde, Sagesse, ChKMH, Chokmah ; la troisième, Intelligence, BINH, Binah ; la quatrième, Amour, ChSD, Chesed ; la cinquième Justice, PChD, Pachad ; la sixième, Beauté, ThPARTh, Tiphereth ; la septième, Fermeté, NTzCh, Netzach ; la huitième, Splendeur, HVD, Hod ; la neuvième, Fondation, TzDIQ ISVD OLM, Tzediq Yesod Olahm ; et la dixième, le Royaume, MLKTh, Malkuth.

(a) Scholion. Les trois premières Sephiroth forment le monde de la pensée ; les trois suivantes le monde de l’âme et les quatre dernières le monde du corps ; donc, correspondant aux mondes, intellectuel, moral et matériel.

(b) Scholion. La première Sephira est en relation avec l’âme, d’où elle est appelée Unité, IChIDH, Yechidah ; la seconde, est dénommée ChIH, Chiah, vivante ; la troisième, RVCh, Ruach, esprit ; la quatrième, NPSh, Nephesh, principe vital ; la cinquième, NShMH, Neshamah, âme ; la sixième opère sur le sang, la septième sur les os, la huitième sur les veines, la neuvième sur la chaire et la dixième sur la peau.

(c) Scholion. La première Sephira est comme la lumière occultée, la seconde comme le bleu du ciel, la troisième jaune, la quatrième blanche, la cinquième rouge, la sixième blanc-rouge, la septième rouge blanchâtre, la huitième d’un blanc rougeâtre, la neuvième blanc rouge, rouge blanchâtre, blanc-rougeâre et la dixième est comme la lumière reflétant toutes les couleurs.

Je revient maintenant sur le sujet d’Arikh Anpin et de Zauir Anpin, la Macroprosopus et le Microprosopus, ou le Grand et le Petit Visage. Le Macroprosopus est, faut-il le rappeler, la première Sephira ou Couronne, Kether ; le Microprosopus est composé des six avant dernières Sephiroth. Dans le Macroprosopus toute lumière est brillante ; mais le Microprosopus brille seulement des reflets de la splendeur du Macroprosopus. Les six jours de la création correspondent aux six formes du Microprosopus. D’où, le symbole de triangle entrelacés formant une étoile à six branches est appelé Signe du Macrocosme, ou de la création du monde supérieur, et en conséquence, en analogie avec les deux Visages du Zohar. Ceci, cependant, n’est pas la raison occulte pour laquelle j’ai placé ce symbole sur la couverture du livre, mais cela signifie d’autres raisons que je citerais pas ici. « Le Livre du Mystère Caché » discourt pleinement sur le symbolisme du Macroprosopus et du Microprosopus ; donc, il serait bien, avant de la lire d’en connaître les similarités et les différences. L’un est AHIH, l’autre est le Vau du Tétragrammaton. Les deux premières lettres, I et H, Yod et Hé sont le Père et la Mère du Microprosopus et le Hé final est sa Fiancée. Mais, dans ces formes est exprimé l’équilibre de Rigueur et Miséricorde ; Rigueur étant symbolisée par les deux Hé, la Mère et la Fiancée, mais tout particulièrement par cette dernière. Mais, alors que l’excès de Miséricorde n’est pas une tendance maléfique, l’excès de sévérité appelle l’exécution d’un jugement, les force du mal et oppressives, force qui sont symbolisées par le Leviathan. Là où il est écrit « Derrière les épaules de la Fiancée le Serpent dresse sa tête : » à propos de la Fiancée, mais pas à propos de la Mère, car elle est le supernelle H, et qui écrase sa tête. « Mais sa tête est brisée par les eaux de la grande mer. » La mer est Binah, le Supernelle H, la Mère. Le Serpent est la force centripète, qui cherche toujours à pénétrer au Paradis (les Sephiroth) et essaye de tenter l’Eve Supernelle (la Fiancée), pour qu’elle puisse à son tour tenter l’Adam Supernel (Microprosopus).

Il est bien au-delà de cette introduction d’examiner le symbolisme à fond comme cela est déjà le sujet de ce livre ; donc, je vais simplement renvoyer mon lecteur au texte original pour plus d’éclaircissement en espérant, par cette introduction, l’avoir mieux armé pour comprendre et suivre le cours de l’enseignement kabbalistique ici donné.

NO(c) Spartakus Freemann, 2000 e.v.

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