Traduction de l’introduction de Mathers
jeudi 6 décembre 2001, par Spartakus FreeMann
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Note : ce texte est l’introduction de Mathers à sa traduction anglaise de la « Qabalah Denudata » de Knorr von Rosenroth, traduction latine, publiée en 1684, d’un ouvrage original en hébreu, le Sefer Ha Zohar.
La présente pseudo-traduction ainsi que les intertitres et notes de bas de pages et adaptations sont du traducteur, Spartakus Freemann.
Les premières questions que le lecteur non initié à la Qabalah va certainement poser sont : Qu’est la Qabalah ? Quelles en sont les diverses branches ? Quels en sont les enseignements ? Et pourquoi une traduction est-elle nécessaire à l’époque actuelle ? ...
Je répondrai tout d’abord à la dernière question. A notre époque, se répand au sein de la société le puissant courant de la philosophie occulte ; Les hommes qui réfléchissent commencent à s’éveiller au fait qu’« il y a plus de choses dans les cieux et sur la terre que ce qui peut être rêvé par leur philosophie ; » Et, surtout, il est ressenti que la Bible, qui fut sans aucun doute plus mal comprise que n’importe quel autre livre jamais écrit, contient de nombreux passages obscurs et mystérieux qui sont inintelligibles sans quelque clé pour en dévoiler le sens. CETTE CLE EST DONNEE PAR LA QABALAH. Ainsi, ce travail devrait être d’un certain intérêt à tous les étudiants en biblologie ou en théologie. Chaque chrétien doit se poser la question : « Comment puis-je prétendre comprendre l’Ancien Testament si je suis ignorant de la méthode de construction appliquée par ce peuple dont les livres sacrés en constituent le fondement ; et si je ne connais pas la signification de l’Ancien Testament, comment puis-je m’attendre à comprendre le Nouveau ? » Si la véritable et sublime philosophie de la Bible pouvait être mieux appréhendée, il y aurait sans doute moins de fanatiques et de sectaires. Et qui peut calculer l’étendue des dégâts occasionnés aux personnes impressionnables et excitables par les bigots qui se présentent toujours en tant qu’éducateurs du peuple ? Combien de suicides ne sont pas le résultat de manies et de dépressions religieuses ? Quelle quantité de non-sens sacrilèges n’a pas été promulguée comme véritable sens aux livres des Prophètes et de l’Apocalypse ? Si l’on prend la traduction des textes sacrés hébreux - qui est incorrecte sous bien des aspects - comme fondement, et un esprit déséquilibré et enflammé comme maître d’oeuvre, à quelle sorte d’édifice peut-on s’attendre comme résultat ? Je le dis sans crainte aux fanatiques et aux bigots de notre époque : vous avez fait choir le Sublime et l’Infini de son trône, et à Sa place vous avez placé des forces maléfiques infinies ; vous avez substitué un dieu de désordre et de jalousie à un Dieu d’ordre et d’amour ; vous avez perverti les enseignements du Crucifié. De sorte qu’à l’époque actuelle, une traduction en anglais de la Qabalah est absolument nécessaire, car le Zohar n’a jamais été traduit dans la langue de ce pays, ni, pour autant que j’en sois conscient, dans tout autre langage vernaculaire d’Europe.
La Qabalah peut être définie comme étant une doctrine ésotérique juive. On la nomme en hébreu KBLH, Qabalah, qui est dérivé de la racine KBL, Qibel, signifiant « recevoir ». Cette appellation se réfère à la coutume de transmettre la tradition ésotérique oralement, et est très proche de « tradition ».
Etant donné que, dans ce présent travail un grand nombre de mots en hébreu ou en chaldéen doit être utilisé dans les textes, et que le nombre de personnes ayant une culture du langage sémitique est réduit, j’ai pensé qu’il serait préférable d’en donner une version en caractères romains, en respectant scrupuleusement l’orthographe. Je joins donc une table montrant de manière synoptique les alphabets usuels hébreu et chaldéen (commun aux deux langues) avec les caractères romains par lesquels j’ai exprimé ces lettres dans ce travail ; ainsi que leurs noms, leurs pouvoirs et leurs valeurs numériques. Il n’y a pas de caractère numérique distinct en hébreu et en chaldéen ; par conséquent, comme c’est également le cas en grec, chaque lettre à une valeur numérique propre et il en résulte le fait important que chaque mot est un nombre, et chaque nombre est un mot. Il y est fait allusion dans l’Apocalypse où le nombre de la bête est mentionné et c’est sur cette correspondance entre les mots et les nombres qu’est basée la science de la Guematria (la première branche de la Qabalah littérale). Je reviendrai sur ce sujet ensuite. J’ai choisi la lettre romaine Q pour représenter la lettre hébraïque Qoph ou Koph, dont on peut trouver le précédant pour l’utilisation dans le « Livres Sacrés de l’Orient » de Max Müller. Le lecteur doit se rappeler que l’hébreu est presque entièrement un alphabet à consonnes, les voyelles étant pour la majeure partie fournies par des points et des marques placées habituellement sous certaines lettres - par ex. V (Vau), Z (Zaïn) et le N (Noun) final.
En ce qui concerne l’auteur et l’origine de la Qabalah, je ne puis faire mieux que de fournir le passage suivant tiré de « Essai sur la Qabalah » du Docteur Christian Ginsburg, en mentionnant que ce mot a été écrit de diverses manières - Cabala, Kabalah, Kabbala, etc. J’ai adopté Qabalah, car c’est plus en consonance avec l’écriture hébraïque du mot.
« Un système de philosophie religieuse, ou, plus proprement, de théosophie, qui a non seulement exercé pendant des milliers d’années une extraordinaire influence sur le développement mental d’un peuple aussi frustre que les Juifs, mais a captivé l’esprit des plus grands penseurs de la Chrétienté des XVIe et XVIIe siècles, doit attirer la plus grande attention des théologiens et des philosophes. Quand on ajoute que parmi ses captifs, il y eut Raymond Lulle, le célèbre métaphysicien scolastique et chimiste (mort en 1315) ; Jean Reuchlin, le scolastique renommé et résurrecteur de la littérature orientale en Europe (1455-1522) ; Jean Pic de la Mirandole, le fameux philosophe et scolastique classique (1463-1494) ; Henri Corneille Agrippa, le distingué philosophe et physicien (1486-1535) ; Jean Baptiste von Helmont, un remarquable physicien et philosophe (1574-1637) ; le Docteur Henry More (1614-1687) ; et tous ces hommes, qui après des recherches sans aucun répits quant à un système scientifique qui leur dévoilerait les plus profonds des insondables secrets de la nature, et leur montrerait les liens réels qui unissent toutes choses entre elles, ont été satisfaits par cette théosophie, l’attraction par la Qabalah de l’attention des étudiants en littérature et en philosophie sera facilement admise. Cette attraction de la Qabalah n’est cependant pas limitée à ces hommes de littératures et à ces philosophes ; le poète également trouvera en elle le matériel suffisant pour l’exercice de son génie. Comment pourrait-il en être autrement d’une théosophie qui, nous en sommes sûr, est née de Dieu au sein du Paradis, fut élevée et protégée par les hôtes les plus choisis des cieux, et seulement tenue XXX avec les plus saints des enfants des hommes sur la terre. Ecoutez l’histoire de sa naissance, de son développement et de sa maturité selon ses adeptes. »La Qabalah fut enseignée par Dieu Lui-même à une compagnie choisie d’anges, qui formait une école théosophique au Paradis. Après la Chute des anges, la plupart communiqua cette doctrine céleste aux enfants obéissants de la terre afin de fournir aux protoplasmes les moyens de retourner à leur noblesse et félicité pristine. D’Adam elle passa à Noé et puis à Abraham, l’ami de Dieu, qui émigra avec en Egypte où les patriarches autorisèrent qu’une parcelle de cette doctrine mystérieuse soit communiquée à l’extérieur. C’est de cette manière que les Egyptiens obtinrent une connaissance de la Qabalah et que les autres nations orientales purent l’introduire dans leurs propres systèmes philosophiques. Moïse, à qui fut enseigné toute la sagesse de l’Egypte, fut d’abord initié à la Qabalah dans le pays de sa naissance, mais il devint encore plus efficace lors de la marche dans le désert, quand non seulement il se voua à la Qabalah pendant les heures de loisirs pendant les 40 années, mais encore reçu des leçons d’un des anges. Par l’aide de cette science mystérieuse, celui qui donna la Loi au peuple Hébreu, fut capable de résoudre les difficultés qui surgirent lors de la conduite des Israélites, et ce en dépit des guerres et de la misère de la nation. Il cacha les principes de cette doctrine secrète dans les quatre premiers livres du Pentateuque. Moïse initia également les 70 Anciens aux secrets de cette doctrine et ils la transmirent à leur tour de mains en mains. De tous ceux qui formèrent la chaîne continue de la tradition, David et Salomon furent les plus profondément initiés à la Qabalah. Aucun, cependant, n’osa la coucher sur le papier, jusqu’à Simeon Bar Jochai, qui vivait aux temps de la destruction du second Temple... Après sa mort, son fils, Rabbi Eleazar et son secrétaire, Rabbi Abba, ainsi que ses disciples, collectèrent les traités de Simeon Bar Jochai et composèrent le célèbre ouvrage ZHR, Zohar, la Splendeur, qui est le grand dépôt du Kabbalisme."
La Qabalah est habituellement classée sous 4 intitulés :
(a) La Qabalah pratique. (b) La Qabalah littérale. (c) La Qabalah non-écrite. (d) La Qabalah dogmatique.
La Qabalah pratique s’occupe de la magie cérémonielle et talismanique et sort de l’objet de ce travail...
La Qabalah littérale est citée en plusieurs endroits et ainsi, la connaissance des principes généraux est nécessaire. Elle est divisée en trois partie : GMTRIA, Gematria ; NVTRIQVN, Notariqon et ThMVRH, Temura.
La Gematria est une métathèse du mot grec . Elle est basée sur la valeur numérique des mots, comme je l’ai fait remarquer auparavant. Les mots d’une valeur numérique identique sont considérés comme étant une explication l’un de l’autre, et cette théorie est étendue aux phrases. Ainsi, la lettre shin, Sh, est 300 et est l’équivalent du nombre obtenu par la somme des valeurs numériques des lettres des mots RVCh ALHIM, Ruach Elohim, l’esprit d’Elohim ; et est ainsi un symbole de l’esprit d’Elohim. R=200, V=6, Ch=8, A=1, L=30, H=5, I=10, M=40 ; total = 300. De la même manière les mots AChD, Achad, Unité, un et AHBH, Ahebah, amour ont chacun pour valeur 13 ; A=1, Ch=8, D=4 et A=1, H=5, B=2, H=5. Le nom de l’ange MTTRVN, Metatron et le nom de la Déité, ShDI, Shaddai, font tous les deux 314 ; ainsi, le premier est pris comme symbole de l’autre. L’ange Metatron est considéré comme étant celui qui a conduit les enfants d’Israël au travers du désert, d’où Dieu dit : « Mon nom est en lui. » Quant à la Gematria des phrases, (Gen. XLIX. 10), IBA ShILH, Yeba Shiloh, « Shiloh viendra » qui équivaut à 358, qui est le nombre de MshICh, Messiah. Ainsi, et le passage Gen. XVII 2, VHNV ShLShH, Vehevva Shalisha, « Voici trois hommes. » Equivaut à la valeur numérique ALV MIKAL GBRIAL VRPAL, Elo Mikhael Gabriel veRaphael, « Ce sont Mikhaël, Gabriel et Raphaël ; » car chaque phrase équivaut à 701. Je pense que ces exemples suffisent pour rendre claire la nature de la Guematria, particulièrement du fait que d’autres exemples peuvent être trouvés dans la suite de ce travail.
Notariqon est dérivé du mot latin notarius, un écrivain. Il y a deux formes du Notariqon. Chaque première lettre d’un mot est prise pour l’initiale ou l’abréviation d’un autre mot, ainsi, à partir des lettres d’un mot, on peut former une phrase. Ainsi, chaque lettre du mot BRAShITh, Bereshith, le premier mot de la Genèse, est prise comme initiale d’un mot pour former BRAShITh RAH ALHIM ShIQBLV IShRAL ThVRH, Berashith Rahi Elohim Sheyequebelo Israel Torah : « Au commencement, Elohim vit qu’Israël accepterait la Loi. » Dans le même sens, je peux donner six exemples réellement intéressants de Notariqon formés à partir du même mot BRAShITh par Solomon Mei Ben Moïse, un qabaliste juif, qui embrassa la foi chrétienne en 1665 et pris le nom de Prosper Rugers. Ils ont tous une tendance chrétienne et par leur moyen, Prosper convertit un autre Juif qui était auparavant farouchement opposé à la chrétienté. Le premier exemple est BN RVCh AB ShLVShThM IChD ThMIM, Ben Ruach Ab Shaloshethem Yechad Themim, « Le Fils, l’Esprit, le Père, Leur Trinité, Parfaite Unité. » Le second est, BN RVCh AB ShLVShThM IChD ThOBVDV, Ben Ruach Ab Shaloshethem Yechad Thaubodo : « Le fils, l’Esprit, le Père, vous adorerez La Trinité de la même manière. » Le troisième, BKVRI RAShVNI AShR ShMV IShVO ThOBVDV, Bekori Rashuni Asher Shamo Yeshuah Thaubado, « Vous adorerez Mon premier-né, Mon aîné, dont le nom est Jésus. » Le quatrième, BBVA RBN AshR ShMV IshVO ThOBVDV, Bedoa Rabban Asher Shamo Yeshuah Thaubado, « Quand le Maître viendra dont le nom est Jésus, vous l’adorerez. » Le cinquième, BThVLH RAVIH ABChR ShThLD IShVO ThAShRVH, Bethulah Raviah Abachar Shethaled Yeshuah Thrashroah, « Je choisirai une vierge qui puisse donner Jésus, et vous l’appellerez bénie. » Le sixième est BOVGTh RTzPIM ASThThR ShGVPI IshVO ThAKLV, Beaugoth Ratzephim Assattar Shegopi Yeshuah Thakelo, « Je me cacherai dans des gâteaux cuits au charbon, et vous mangerez Jésus, Mon Corps. » L’importance kabbalistique de ces phrases comme porteuses de doctrines chrétiennes ne peut être que difficilement éludée.
La seconde forme de Notariqon est l’inverse de la première. Par celle-ci, les initiales ou les finales ou les deux ou encore les lettres médianes d’une phrase sont prises pour former un ou des mots nouveaux. Ainsi la Qabalah est appelée ChKMh NSThRH, Chokhma Nesthora, « la sagesse secrète ; » et si nous prenons les initiales de ces deux mots, Ch et N, nous formons, par la deuxième forme de Notariqon, le mot ChN, Chen, « grâce. » De la même manière, des initiales et finales des mots MI IOLH LNV HShMIMH, Mi Iaulah Leno Ha-Shamayimah, « qui ira au ciel pour nous ? » (Deut XXX, 12) sont formés MILH, Milah, circoncision et IHVH, le Tétragrammaton, ce qui implique que Dieu a institué la circoncision comme moyen d’atteindre le ciel.
La Temura est la permutation. Selon certaines règles, une lettre est substituée à une autre lettre précédante ou suivante dans l’alphabet et on forme ainsi un nouveau mot orthographié totalement différemment. Donc, l’alphabet est divisé en deux parties égales, placée l’une au-dessus de l’autre ; et alors, en changeant alternativement la première lettre ou les deux premières lettres au début de la deuxième ligne, 22 commutations sont produites. Elles sont appelées les « Tables de Combinaisons de TzIRVP », Tziruph.
A titre d’exemple, je donnerai la méthode appelée ALBTh, Albath, d’où :
11 10 9 8 7 6 5 4 3 2 1
K I T Ch Z V H D G B A
M N S O P Tz Q R Sh Th L
Chaque méthode prend son nom des deux paires qui la composent, le système de paires de lettres étant la base de tout, comme chaque lettre d’une paire est substitués par l’autre lettre. Ainsi, par Albath, de RVCh, Ruach, est formé DtzO, Detzau. Les noms des 21 autres méthodes sont : ABGTh, AHDTh, ADBG, AHBD, AVBH, AZBV, AchBZ, ATBCh, AIBT, AKBI, ALBK, AMBL, ANBM, ASBN, AOBS, APBO, AtzBP, AQBTz, ARBQ, AshBR, AthBS. A celles-ci doivent être ajoutées les modes ABGD et ALBM. On arrive alors à la « Table rationnelle de Tziruph », un autre ensemble de 22 combinaisons. Il y a également trois « Tables des Commutations » connues respectivement comme Droite, Avers et Irrégulière. Pour travailler avec l’une d’elles, on doit faire un carré de 484 cases remplies de lettres. Pour la « Table Droite », on écrit l’alphabet de droite à gauche dans le second rang, on commence avec B et on termine avec A ; dans le troisième, on commence avec G et on termine avec B ; et ainsi de suite. Pour la « Table Avers », on écrit l’alphabet de droite à gauche à l’envers, en commençant avec Th, etc. La « Table Irrégulière » et trop longue à décrire. A côté de toutes celles-là, il y a la méthode appelée ThShRQ, Thashraq, qui consiste simplement à écrire un mot à l’envers.
Il y a encore une autre forme importante appelée « Qabalah des Neuf Chambres » ou AIQ BKR, Aiq Bekar. Elle est formée ainsi :
300, 30, 3 Sh, L, G 200, 20, 2 R, K, B 100, 10, 1 Q, I, A
600, 60, 6 M (final), S, V 500, 50, 5 K (final), N, H 400, 40, 4 Th, M, D
900, 90, 9 Tz (final), Tz, T 800, 80, 8 P (final), P, Ch 700, 70, 7 N (final), O, Z
J’ai inscrit la numération de chaque lettre au-dessus pour montrer les affinités entre les lettres dans chaque chambre. Parfois, elle est utilisée comme code en prenant les chiffres pour montrer les lettres qu’elles contiennent, en mettant un point pour la première lettre, deux pour la deuxième, etc. Ainsi, l’angle droit, contenant AIQ, répondra pour la lettre Q s’il y a trois points dedans. De la même manière, un carré répondra pour H, N ou K final selon qu’il y ait un, deux ou trois points placés respectivement dedans. Mais il y a bien d’autres façons d’utiliser la Qabalah des Neuf Chambres que je n’ai pas le temps de décrire ici. Je mentionnerai seulement, comme exemple, que par le mode de Temura appelé AThBSh, Athbash, on découvre que dans Jérémie XXV 26, le mot ShShK, Sheshakh, symbolise BBL, Babel.
A côté de ces règles, il y a d’autres moyens qui résident dans la forme elle-même des lettres de l’alphabet hébreu ; dans la forme d’une lettre donnée à la fin d’un mot qui diffère de celle généralement utilisée quand elle est finale, ou dans une lettre qui est écrite au milieu d’un mot dans un caractère utilisé seulement à la fin ; dans chaque lettre qui est écrite dans une taille plus grande ou plus petite que le reste du manuscrit, ou dans une lettre qui est écrite à l’envers ; dans une variation que l’on trouve dans l’orthographe de certains mots, qui ont une lettre de plus à certains endroits par rapport à d’autres ; dans des particularités observées dans la position de points ou d’accents, et dans certaines expressions supposées être elliptiques ou redondantes.
Par exemple, le forme de la lettre Aleph, A, est sensée symboliser un Vau, V, entre Yod, I, et un Daleth, D ; et donc, la lettre elle-même représente le mot IVD, Yod. De la même manière, la forme de la lettre He, H représente le mot Daleth, D avec Yod, I, écrit au coin en bas à gauche, etc...
Dans Isaie IX 6, 7, le mot LMRBH, Lemarbah, pour multiplication est écrit avec le caractère pour le M final au milieu du mot au lieu de l’original M initial et médian. La conséquence de cela est que la valeur numérique du mot, au lieu d’être 30+40+200+2+5=277 est 30+600+200+2+5=837. Par Guematria, ThThZL, Tat Zal, celui qui donne « à profusion ». Ainsi, en écrivant le M final au lieu du caractère ordinaire, le mot est construit pour avoir un sens kabbalistique différent.
Dans le Deutéronome VI, 4 il y a la prière connue comme Shema Ysrael. Cela commence, « ShMO IShRAL IHVH ALHINV IHVH AchD, Shemaa Iisrael, Tetragrammaton Elohino Tetragrammaton Achad : » Ecoute, ô Israël, Tétragrammaton notre Dieu est Tétragrammaton l’Unique." Dans ce vers, la lettre finale O de ShMO et le D de AChD sont écrit plus large que les autres lettres du texte. Le symbolisme kabbalistique contenu dans ce fait est expliqué comme suit. La lettre O, étant de valeur 70, montre que la loi peut être expliquée de 70 manières différentes et le D=4=les quatre points cardinaux et les lettre du Saint Nom. Le premier mot ShMO a une valeur numérique de 410, le nombre d’années qu’a perduré le premier Temple, ... il y a beaucoup d’autres points qui mériteraient considérations dans cette prière, mais le temps ne nous permet pas de nous attarder sur eux.
D’autres exemples d’orthographes déficientes et redondantes, de particularités d’accents et de points seront abordés plus loin au travers de ce travail.
On doit, en outre, noter au regard du premier mot de la Bible, BRAShITh, Bereshith, que les trois premières lettres, BRA, sont les initiales du nom des trois personnes de la Trinité : BN, Ben, le fils ; RVCh, Ruach, l’Esprit ; et AB, Ab, le Père. De plus, la première lettre de la Bible est B, qui est l’initiale de BRKH, Barakhah, bénir ; et non pas A, qui est l’initiale de ARR, Arar, maudire. De nouveau, en prenant la valeur numérique des lettres de Bereshith, on obtient le nombre d’années entre la Création et la naissance du Christ : B=2000, R=200, A=1000, SH=3000, I=10 et TH=400, donc un total de 3910 années. Pic de la Mirandole donne ce qui suit en travaillant sur BRAShITh. En reliant la troisième lettre, A, à la première lettre B, on obtient AB, Ab, le Père. Si, on double la première lettre B et qu’on ajoute la seconde R, cela donne BBR, Bebar, dans ou au travers du Fils. Si on lit toutes les lettres sauf la première, cela donne RAShITh, Rashith, le commencement. Si on relie la quatrième lettre, Sh, la première B et la dernière Th, cela donne ShBTh, Shkebeth, la fin ou le repos. Si on prend les trois premières lettres cela fait BRA, Bera, créé. Si l’on omet la première, les trois suivantes donnent RASh, Rash, tête. Si on omet les deux premières, les deux suivantes donnent ASh, Ash, feu. Si on prend la quatrième et la dernière, cela donne ShTh, Sheth, fondation. Si on met la deuxième lettre avant la première, cela donne RB, Rab, grand. Si après la troisième on place la cinquième et la quatrième, cela fait AISh, Aish, homme. Si aux deux premières lettres on joint les deux dernières, elles donnent BRITh, Berith, alliance. Et si la première est unie à la dernière, cela donne ThB, Theb, qui est parfois utilisé pour TVB, Thob, bon.
En prenant l’ensemble de ces anagrammes mystiques dans l’ordre adéquat, Pic constitue la phrase suivante à partir du mot BRAShTh : Pater in filio (aut per filium) principium et finem (sive quietum) creavit caput, ignem, et fundamentum magni hominis foedere bono : "Au travers de son fils le Père a créé cette Tête qui est le commencement et la fin, le feu-vie et la fondation de l’homme Supernel (l’Adam Qadmon) par Son Alliance bénéfique. Cette note sur la Qabalah littérale s’est déjà étendue au-delà de ses propres limites. Il était toutefois nécessaire d’être explicite sur le raisonnement métaphysique d’autant que le reste de ce travail tourne autour de ses applications.
La Qabalah Non-Ecrite (occultée)
Elle s’applique à certaines connaissances qui ne sont jamais confiées à l’écriture mais communiquées oralement. Je ne peux dire plus sur ce point, pas même si je l’ai ou non reçu personnellement. Bien sûr, depuis l’époque de Rabbi Shimeon Ben Jochai rien de la Qabalah n’a plus été écrit.

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