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Fais ce que tu veux sera le tout de la Loi
Dans le domaine de l’ésotérisme, voilà bien un grade qui fait fantasmer, le XI° degré de l’Ordo Templi Orientis. Que n’a-t-on écrit sur celui-ci, que ne lui a-t-on prêté comme pratiques étranges et « amorales » ?
Aucun autre rites que ceux du IX° et du XI° de l’OTO ne sont considérés comme ayant autant de pouvoir. Il y a un concept tantrique de la rétention de la semence et de la chaleur interne qu’elle crée par l’union de Hadit et de Nuit, car comme l’enseignent les hindous, cette énergie remonte l’épine dorsale afin d’atteindre le Sahasrara Cakra. La femme dans les réunions sexuelles n’est pas amenée à l’orgasme ; créant en son intimité une chaleur qui initie sa propre expérience de la Kundalini. Aucun Enfant Magicke n’est produit mais le Moi est détruit. Nous pouvons alors obtenir une Formule fonctionnant à un niveau alchimique avec la polarité de la destruction interne. On peut appeler cela de la chasteté, qui n’est pas la formule de l’ancien Eon par la voie de la prohibition sexuelle de l’Eglise romaine. Mais plutôt c’est une œuvre intime qui est « invisible et qui réside en son propre lieu ».
Parmi ses mérites, il y a le fait qu’aucun Enfant Magicke n’est à nourrir. La grossesse est honnie car l’acte sexuel doit se faire avec de nombreux partenaires au sein du cercle afin de donner l’opportunité d’accroître la puissance et l’efficacité du Cercle sans en craindre une brisure potentielle.
Nous avons donc décidé de publier ce court travail largement basé sur des travaux anglais (puisque nous ne possédons pas ce grade). Nous espérons qu’il permettra au moins de dégager le vrai du brouillard des ragots et des rumeurs.
Les sources disponibles sur le XI° degré sont très rares, et c’est Crowley lui-même qui nous en parle dans son journal de 1916 :
« Je suis incliné à penser que le XI° degré est meilleurs que le IX°... O, combien est supérieur l’Oeil d’Horus dans la Bouche d’Isis ! »
Et dans le Liber CXCIV :
« Du XI° degré, de ses pouvoirs, privilèges et qualifications, rien n’en est jamais dit dans aucun grade. Il n’a aucune relation avec le plan général de l’Ordre, il est impossible à scruter et réside dans son propre lieu. »
Et dans le Liber ABA, nous pouvons lire le passage suivant :
« L’initié au XI° de l’OTO remarquera qu’il y a une formule totalement différente de ALIM, complémentaire à celle dont nous avons parlé. 81 peut être considéré comme le nombre de Yesod plutôt que celui de la Lune. La signification véritable du mot peut être obtenu comme une indication de la formule. On peut se référer à Aleph en tant qu’Harpocrate avec une allusion au poème bien connu de Catulle. Lamed peut impliquer une exaltation de Saturne et suggère le Trois d’Epée d’une manière particulière. Yod nous rappellera alors Hermès et Mem le « Pendu ». Nous avons ainsi un Tétragramme qui ne contient aucune composante féminine. La Force initiale est ici le Saint Esprit et son véhicule ou arme « l’Epée et la Balance ». La Justice est alors faite sur la Vierge mercurielle avec le résultat que l’Homme est « Pendu » ou étendu. Une telle opération rend la création impossible - comme dans le cas précédant ; mais, ici il n’est pas question de réarrangement ; la force créatrice est employée délibérément pour la destruction et est entièrement absorbée en sa propre sphère (ou cylindre selon les équations d’Einstein) d’action. Cette Œuvre doit être considérée comme « Sainteté du Seigneur ». Les hébreux, en fait, conféraient le titre de Qadosh (Saint) à ses adeptes. Ses effets sont de consacrer les Magiciens qui entreprennent cette voie particulière. Nous pouvons également prendre note de la correspondance du Neuf, Teth XI, Lion et Serpent. Les grands mérites de cette formule sont qu’elle évite le contact avec les plans inférieurs, qu’elle est elle-même auto suffisante, qu’elle n’implique aucune responsabilité et qu’elle laisse ses maîtres plus forts en eux-mêmes, mais totalement libres de remplir leur Nature essentielle. Son abus est une abomination ».
Le poème de Catulle (le n° 102) dont nous parle ici Crowley parle de la confiance dans le silence et aux amis loyaux dont le silence est réciproque.
Ici, Crowley transforme la formule d’ALIM qui possède une valeur numérique de 81 comme symbole du XI° degré qui se voit attribuer Yesod et ses pouvoirs destructeurs.
Une note de Grant dans le Magie en Théorie et Pratique nous dit ceci au sujet de la Formule d’ALHIM et d’ALIM (nous reproduisons ci-après cette Formule traduite par P. Pisser) :
« Le XI° de l’OTO est un rite qui emploie la sodomie (avec un homme ou une femme). La signification du mot Yesod en est le fondement et le point fondamental. Alors que la Formule de ALIM (81) implique l’utilisation du courrant lunaire, celui de Yesod implique, dans ce contexte, le XI°. Harpocrate est la « graine vagabonde », c’est-à-dire ce dieu du silence qui exemplifie la gestation. La colombe dans le poème de Catulle se connecte de la même manière à Aleph, l’air ou l’esprit, c’est-à-dire la graine. Crowley utilise des symboles astrologiques et tarotiques afin d’indiquer une voie occulte de l’acte sexuel, mais une voie dans laquelle la création est bannie. L’utilisation de cette formule pour d’autres but que magickes était interdite par Crowley ; d’où sa dénonciation de celle-ci comme abomination ».
Les Emblèmes du XI° sont :
1. L’Oeil d’Horus - l’Anus :
L’Oeil d’Horus est identifié par Crowley à l’Oeil de Shiva qui détruit l’univers lorsqu’il s’ouvre. La destruction est consistante avec l’idée que la perfection ultime est néant ; en nous donnant une référence à l’Aïn Sof Aur, ou quatrième puissance du Sphynx. L’attribution par King de l’anus à cet emblème nous offre quelque chose qui valide l’idée que le sexe anal était d’importance pour Crowley, comme cela nous l’est déjà proposé dans son œuvre Bagh-I-Muattar. Dans le IX° gradré, Yesod est la vulve et l’énergie s’y écoule vers le haut et Tipheret, par le Chemin de Samek. Cependant, dans le XI° degré, Yesod est l’anus qui se meut vers le bas, vers Malkhut.
2. L’Oeil Aveugle qui Pleure - le Phallus :
Le Phallus devient l’Oeil d’Horus et la semence émise de lui sont comme les hommes chutant de la Tour d’Atu. Ils tombent de Yesod et font leur chemin vers Malkhut par la Voie de Tav. La « matière » de l’anus commence par un processus alchimique de putréfaction. C’est pourquoi le produit de l’anus est utilisé comme fertilisant et en sa décomposition, il offre la chaleur qui détruit la graine.
Crowley affirme dans son essai sur la Tour Atu :
« A côté de cela, il y a une technique magique spéciale qui est expliquée ouvertement seulement aux initiés du XI° degré de l’OTO ; un grade si secret qu’il n’est même pas donné dans les documents officiels. Il ne doit même pas être compris par l’étude de l’Oeil dans Atu XV. Peut-être est-ce légitime de mentionner que les sages arabes et les poètes perses ont écrit sur le sujet ».
Voici ce que l’on peut déduire des notes de Crowley dans le Liber Samekh, aidé en cela par le Liber 805, formule AD de Magie en Théorie et en Pratique :
AD-ON-A-I = 65 EQ = 6 AD est la formule paternelle ; Hadit ON est son complément ; Nuit A est le Saint Esprit ; l’Enfant dans l’œuf qui précède toujours l’apparence de : I, le Yod final ; l’Hermite (qui signifie « mien » étymologiquement et selon le symbole EQ il signifie le Mercure, transmis par la graine virginale hermaphrodite).
AD ce sont les deux chemins qui possèdent en commun Hockmah et l’essence de Hokhmah est Abrahadabra qui révèle Hadit, le Magicien.
ALIM :
Aleph : Alpha, le Fou et le commencement. Le nœud de la Lune, Caput Draconis, la tête, le futur, le Bon Oeil. Lamed : ajustement et jugement par Saturne exalté, Cauda Draconis, la passé, le Mauvais Oeil. Yod : Aleph extrait en tant que Yod, le candidat au Plérôme, l’ouverture de l’Oeil. Mem : Yod absorbé par les eaux sans fin.
« O, mon Fils apprend ceci concernant la Magick, que le Yang se meut et donc se donne lui-même Eternellement ; mais le Yin ne se meut point, cherchant toujours à enclore et à restreindre, reproduisant en sa mémeté les Impressions par elle produites, cependant sans Rémission. Le Tao absorbe tout sans Reproduction, ainsi laisse le Yang y retourner et ne le laisse point retourner au Yin. Et de ce que tu peux comprendre de ceci, je dis : « c’est un Mystère de l’OTO. Car le Soleil ne se lève pas et entre afin de frapper l’Autel du Ministre par les Grandes Portes de l’Occident, mais, par la Rose Oriel se fait-Il une Voie et une Avancée en Sa Cérémonie. O, mon Fils, les Portes d’Argent sont grandes ouvertes et elles te tentent apar leur Beauté : mais par la Porte Etroite d’Or Pur entreras-tu dans le Sanctuaire. Vois ! Tu ne connais combien parfaite est cette Magick ; elle est la plus précieuse et la plus sainte Arcana. Qu’est-ce qui est alors semblable à mon Amour pour Toi, qui j’accorde ce Trésor de ma Sagesse ? Mon Fils, ne le néglige point ; car c’est l’Excorcisme des Exorcismes, et l’Enchantement des Enchantements ».
Spartakus FreeMann, Nadir de Libertalia, juin 2004 e.v.
ALHIM (Elohim) est le mot exotérique pour Dieux (1). Il s’agit du masculin pluriel d’un nom féminin, mais sa nature est principalement féminine (2). C’est un parfait hiéroglyphe du chiffre 5. Cela devrait être étudié dans « Un Commentaire sur la Genèse » (Equinox I(2)).
Les Eléments sont ici tous représentés, comme dans le Tétragrammaton, mais il n’y a ici aucun développement de l’un via les autres. Ils sont pour ainsi dire assemblés à la hâte - indomptés, ne sympathisant qu’en vertu de leur énergie orageuse et sauvage mais dénuée de résistance autre que l’élasticité. La lettre Centrale est hé - la lettre du souffle - et symbolise l’Esprit. La première lettre aleph est la lettre naturelle de l’Air, comme le mem Final est la lettre naturelle de l’Eau. Réunis, aleph et mem donnent AM - la mère à l’intérieur de la matrice de laquelle le Cosmos est conçu. Mais yod n’est pas la lettre naturelle du Feu. Sa juxtaposition au hé consacre ce feu au yod du Tétragrammaton. Pareillement, nous trouvons lamed pour la Terre, là où nous serions en droit d’attendre tau - afin de mettre en relief l’influence de Vénus, qui gouverne la Balance.
ALHIM représente donc plus une formule de Consécration qu’une cérémonie complète. C’est le souffle de la bénédiction, d’une puissance cependant capable de donner vie à l’argile et d’illuminer les ténèbres.
Lors de la consécration d’une arme, aleph est la force tournoyante de la foudre, l’éclair qui embrase tout depuis l’Est jusqu’à l’Ouest. C’est le don de manier la foudre de Zeus ou Indra, le Dieu de l’Air. Lamed est l’aiguillon, la force de propulsion ; et c’est aussi la Balance, symbolisant la vérité et l’amour du Magicien. Il s’agit de l’attention affectueuse qu’il accorde au perfectionnement de ses instruments, et de l’équilibrage de cette force ardente qui amorce la cérémonie (3).
Yod est l’énergie créatrice - le pouvoir procréateur ; et cependant yod est la solitude et le silence de l’ermitage dans lequel s’est retiré le Magicien. Mem est la lettre de l’eau, et nous avons ici affaire au mem final, dont les lignes droites et calmes suggèrent la Mer au repos M ; non au mem ordinaire (initial et médial) dont l’hiéroglyphe est une vague m (4). Et là, au Centre de tout, couve l’Esprit, qui réunit la douceur de l’Agneau aux cornes du Bélier, et est la lettre de Bacchus ou « Christ » (5).
Une fois que le Magicien a créé son arme, l’a véritablement équilibrée, et l’a chargée des éclairs de sa Volonté, il la laisse alors reposer au loin ; et dans ce Silence survient une authentique Consécration.
La Formule d’Alim
Il est extrêmement intéressant de contraster avec la formule précédente celle des Dieux élémentaires privés de l’esprit créateur. L’on pourrait supposer qu’ALIM étant le masculin pluriel du nom masculin AL, sa formule serait plus virile que celle d’ALHIM, qui est le masculin pluriel du nom féminin ALH. Un instant de réflexion suffit à dissiper l’illusion. Le mot masculin n’a de sens qu’en relation à quelque corrélatif féminin.
Le mot ALIM peut de fait être considéré comme neutre. Par une convention plutôt absurde, les objets neutres sont traités comme féminins en raison de leur ressemblance superficielle avec la passivité et l’inertie de la femelle non fécondée. Mais la femelle produit la vie grâce à l’intervention du mâle, tandis que le neutre ne le peut qu’à condition d’être fécondé par l’Esprit. Ainsi, nous voyons la féminine AMA devenir AIMA (6) par l’opération du yod phallique, tandis qu’ALIM, le congrès des éléments morts, ne peut fructifier que couvé par l’Esprit.
Les choses étant ainsi, comment pouvons-nous dire ALIM dépositaire d’une Formule Magique ? L’enquête nous révèle que cette formule est d’une nature très spéciale.
Le mot lui-même est de valeur numérique 81, ce qui est un nombre de la lune. Nous voici de fait en présence de la formule de la sorcellerie, placée sous l’égide d’Hécate (7). C’est seulement la perversion romantico-médiévale de la science qui nous montre des jeunes femmes se livrant à la sorcellerie, dont l’usage proprement dit est réservé à des femmes qui n’en sont plus vraiment au sens Magique du mot, n’étant plus à même de répondre à la formule du mâle, et se révélant par-là même plus neutres que féminines. C’est pour cette raison que leurs procédés ont toujours été rattachés à la lune, celle-ci n’étant pas envisagée sous son aspect de compagne du soleil mais sous celui du satellite terrestre calciné, mort, privé d’air.
Aucune véritable opération Magique ne peut être réalisée via la formule d’ALlM. Toutes les oeuvres de la sorcellerie sont illusoires, et leurs effets apparents reposent sur l’idée d’après laquelle il est possible de modifier les choses par leur simple réagencement. Inutile de compter sur la fausse analogie des Xylènes (8) pour réfuter cet argument. Il est tout à fait vrai que les isomères géométriques agissent de différentes manières selon les substances avec lesquelles ils sont mis en relation. Et il est bien sûr parfois nécessaire de réagencer les éléments d’une molécule avant que celle-ci ne puisse devenir l’élément masculin ou féminin d’une véritable combinaison Magique avec telle autre molécule.
Il est donc parfois inévitable au Magicien de réorganiser la structure de certains éléments avant de procéder à son opération proprement dite. Bien qu’un tel travail relève, techniquement parlant, de la sorcellerie, il ne devra pas être considéré comme indésirable pour autant, car toutes les opérations qui ne transmutent pas la matière ressortissent à proprement parler de ce domaine.
La véritable objection à cette formule n’est pas inhérente à sa nature propre. La Sorcellerie réside dans le fait de la tenir pour l’exclusive préoccupation de la Magick, spécialement en déniant au Saint-Esprit son droit à prendre possession de son Temple (9).
NOTES
(1) NDAC : Les « Dieux » sont les Forces de la Nature, leurs « Noms » sont les Lois de la Nature. Ainsi sont-Ils éternels, omnipotents, omniprésents, etc. ; et ainsi leurs « Volontés » sont-elles immuables et absolues.
(2) NDAC : Elle correspond à la Shakti, ou au Te ; la féminité implique toujours la forme, la manifestation. Le masculin Shiva, ou Tao, est toujours une force cachée.
(3) NDAC : Les lettres aleph et lamed sont infiniment importantes dans cet Eon d’Horus ; elles constituent de fait la Clé du Livre de la Loi. Tout ce que l’on en peut dire ici, c’est qu’aleph est Harpocrate, Bacchus Diphues, le Saint-Esprit, le « Pur Fou » ou l’Enfant Innocent qui est aussi le Ménestrel Ambulant fécondant la Fille du Roi, Lui-Même étant Son Enfant ; lamed est la Fille du Roi, satisfaite par Lui, détenant Son « Epée et les Fléaux de Sa Balance » en son giron. Ces armes sont le Juge, doté du pouvoir d’exécuter Sa Volonté, et Deux Témoins« en lesquels toute Vérité sera établie » conformément aux témoignages desquels il délivre son jugement.
(4) NDAC : Dans le symbolisme esquissé ci-dessus, yod est la « Parole Vierge » Mercurielle, le Spermatozoïde cachant sa lumière sous la bure ; et mem est le fluide amniotique, le déluge au sein duquel se trouve l’Arche porteuse de Vie. Consulter « The Ship », d’A. Crowley, Equinox I(10).
(5) NDAC : La lettre hé est la formule de Nuit, qui rend possible le processus décrit lors des notes précédentes. Mais il serait inadmissible d’ici entièrement expliquer le sujet ou le mode précis de cet ajustement. J’ai préféré livrer les attributions exotériques, suffisamment instructives pour le débutant.
(6) NDAC : AMA est 42, le nombre de la stérilité ; AIMA, 52, est celui de la fertilité, de BN, le FILS.
(7) NDAC : Consulter Orpheus d’A. Crowley pour une superbe Invocation de cette Déesse.
(8) NDT : Trois carbures benzéniques, les diméthylbenzènes C6 H4(CH3)2. Tous trois existent dans les produits de distillation de la houille passant de 136° à 141°, leur mélange brut est appelé xylol. Ils servent surtout à préparer les xylidines dont dérivent un certain nombre de colorants. L’orthoxylène sert à préparer l’anhydride phtalique. (9) NDAC : L’initié du Xl° de l’O.T.O. remarquera qu’il existe une formule d’ALlM totalement différente, complémentaire de celle ici discutée. 81 peut être perçu comme un nombre de Yesod plus que de Luna. L’on peut dire que le véritable sens du mot indique sa formule. Aleph peut être attribué à Harpocrate, avec allusion au poème bien connu de Catulle. Lamed peut impliquer l’exaltation de Saturne, et suggérer le Trois d’Epées d’une manière bien spéciale. Yod évoquera alors Hermès, et mem « Le Pendu ». Nous obtenons ainsi un Tetragrammaton ne contenant aucun élément féminin. La Force initiale est ici le Saint-Esprit et son véhicule ou son arme « l’Epée et les Fléaux de la Balance ». Justice est donc faite de la « Vierge » Mercurielle, avec pour résultat que l’Homme est « Pendu » ou crucifié, et assassiné de cette manière. Une telle opération rend la création impossible - comme dans le cas précédent ; mais ici il n’est pas question de réagencement, la force créatrice est délibérément employée pour la destruction et se trouve entièrement absorbée par sa propre sphère (ou cylindre, selon les équations d’Einstein) d’activité. Cette Oeuvre doit être considérée comme « Sainteté pour le Seigneur ». De fait, les Hébreux conféraient le titre de Qadosh (saint) à ses adeptes. Son résultat est de consacrer d’une manière très spéciale les Magiciens qui l’accomplissent. Nous noterons également la correspondance du Neuf avec teth, XI, Leo, et le Serpent. Les grands mérites de cette formule sont qu’elle évite le contact avec les plans inférieurs, se suffit à elle-même, n’implique pas de responsabilités, et laisse ceux qui la maîtrisent non seulement affermis en eux-mêmes, mais complètement libres de satisfaire leurs Natures essentielles. Son abus est une abomination.
« The Formula of ALHIM, and that of ALIM, » chapitre IV de « Magick in Theory and Practice » : première publication par Lecram Press (Paris, 1929-30). © Philippe Pissier pour la traduction française - (5 rue Clémenceau, F-46170 CASTELNAU-MONTRATIER) & © Ordo Templi Orientis (JAF BOX 7666 / New York, NY 10116-4632 / USA) pour le texte anglais.

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