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Liber Gaia - un manuel de Géomancie

dimanche 23 mars 2008, par Aleister Crowley

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 Introduction sur la géomancie

La géomancie est une technique divinatoire basée sur le tirage au hasard de figures, chacune composée de quatre étages pouvant comporter un ou deux points. Si l’on en dénombre 16, on ignore à quelle époque ni comment ce nombre s’est fixé, le cousin Yi-king admettant, lui, 64 hexagrammes sur le même principe.

Le terme vient du bas latin geomantia, lui-même issu du grec « géo-mantéia ». Il signifie littéralement « divination par la terre ». Dans l’Antiquité, il réfère à l’interprétation des signes naturels liés à la terre : éruptions volcaniques, tremblements de terre, etc. Son emploi pour désigner « l’art de faire des points dans le sable » daterait du Moyen Âge, époque où l’on prend l’habitude de classer les méthodes de divination suivant les 4 éléments. Puisqu’on a l’hydromancie, la pyromancie et aéromancie, il peut sembler commode d’ajouter un quatrième compère avec rime en –mancie.

À la Renaissance, le terme « géomancie » ne s’appliquera désormais plus qu’à la technique orientale de divination par les points. Exit les secousses sismiques.

Si les origines de cet art continuent à alimenter les querelles d’historiens, certains la souhaitant chinoise, indienne, perse ou grecque, on sait par contre avec certitude qu’elle a trouvé sa théorisation et son développement dans le monde arabe.

Au XIIe siècle, elle arrive en Europe avec les sarrazins. Les figures prennent alors des noms latins. Ces appellations demeurent, parallèlement avec leur traduction dans la langue en usage dans chaque pays : fortuna, cauda draconis, etc.

Désormais, les textes se multiplient, des traités souvent recompilés à partir des mêmes sources qui seront imprimés et traduits dans presque toutes les langues européennes.

Aux textes arabes va ainsi s’ajouter un énorme corpus de traités en latin et en langue vulgaire. Les plus connus : l’Ars geomancie d’Hugues de Santalla, le traité Estimaverunt Indi, les écrits de Gérard de Crémone, ceux Barthelémy de Parme & de Roland l’Écrivain, le De geomantia de Robert Fludd, etc.

À la renaissance elle devient très populaire, avant de tomber en en désuétude supplantée par d’autres arts divinatoires, notamment l’astrologie. Il faudra attendre les cercles occultistes du début du XXe siècle pour la voir revenir à la mode et finalement, gagner le grand public.

Elle est à l’heure, de tous les arts divinatoires, le plus répandu en Afrique et dans la péninsule Arabique. On la retrouve également en Europe et même au Brésil, avec des variations d’appellations et de pratiques selon les cultures.

Un parallèle est traditionnellement effectué avec l’astrologie, au point que certains n’hésitent pas à qualifier la géomancie « d’astrologie de la terre ». S’il est impossible de dater les premières étapes de ce rapprochement, il s’est surtout déployé à la Renaissance, en même temps que des occultistes comme Cornelius Agrippa inauguraient une utilisation magique des figures géomantiques en les intégrant dans des sceaux et des talismans.

Rapidement le rapprochement avec l’astrologie devient constitutif du domaine, au point qu’il est difficile à l’heure actuelle, en Europe, de parler de géomancie sans évoquer les domifications, aspects, etc. empruntés à sa parente.

Lysianne Detey

 NOTES DU TRANSCRIPTEUR

Ce texte fut publié pour la première fois dans Equinox I (2) en 1909. Cette publication fut précédée par une note de lecture :

« Ce manuscrit est maintenant imprimé pour la première fois à partir de copies privées de certains adeptes, après un examen scrupuleux. Il est imprimé pour l’information des érudits et pour l’instruction des chercheurs. Par ordre de l’A.’.A.’. certaines formules y ont été introduites, et des omissions furent faites, afin de rebuter ceux qui veulent le prostituer afin de satisfaire la curiosité ou afin de tromper. Son utilisation pratique et la méthode pour éviter ces épieux seront divulguées aux étudiants approuvés par l’autorité spéciale de V.V.V.V.V. ou de ses délégués. »

Cette œuvre provient tout d’abord d’une conférence sur la Géomancie qui a circulé au sein de la Golden Dawn. Une autre version fut publiée par F.I. Regardie dans deux versions des papiers de la G.D. qu’il a édités ; toutes deux, cependant, omirent les tables des Témoins et du Juge, bien qu’elles inclurent du matériel omis par Crowley. La méthode est, à bien des égards, similaire à celle enseignée dans la « Geomantica disciplina lectura » d’Henri Cornelius Agrippa qui apparut dans le Volume I de l’édition de Lyon de l’Œuvre d’Agrippa et qui fut l’un des six textes dédiés à la magie et à la divination à partir de ce volume traduit en anglais par Robert Turner (Le Quatrième Livre de la Philosophie Occulte et de la Géomancie, Londres, 1655) bien que des éléments semblent avoir été tirés d’œuvres médiévales et de la Renaissance (les sceaux des esprits planétaires et les tables du témoin et du juge, par exemple, ne sont pas d’Agrippa ou de cette autre courte œuvre de la Géomancie, attribuée à Gérard de Crémone, qui fut incorporée dans l’œuvre d’Agrippa ; les attributions des figures aux signes du Zodiaque diffèrent dans certains cas).

La divination géomantique est d’origine africaine ou moyen-orientale : des systèmes de divination employant le même ensemble de figures ont été enregistrés en Afrique occidentale et à Malagasy, bien que ceux-ci manquent de l’élaboration de la méthode d’Agrippa. Traditionnellement, les figures étaient obtenues en faisant des marques dans le sable ou sur la terre sèche avec l’aide d’un bâton, plutôt que sur du papier.

Le Liber Gaia en PDF :

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Liber Gaia
Liber Gaia ou Liber 96, un manuel de géomancie

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