L’Androgyne de Khunrath .pdf EzoOccult

Article publié par EzoOccult le Webzine d'Hermès et mis à jour le : 29 décembre 2015

Par Stanislas de Guaita

Annexe d’Essais de Sciences Maudites

Nous rendant au désir de notre ami et frère, Stanislas de Guaita, nous allons exposer en quelques lignes le sens purement alchimique de la figure pantaculaire de Khunrath. Le cadre que nous nous traçons est ainsi strictement limité et nous devons borner notre ambition à l’exposé des grandes généralités que révèle cette magnifique synthèse symbolique.

La Pierre Philosophale a donné de son existence d’irréfutables preuves : c’est ce que nous nous sommes jadis efforcés de démontrer, histoire en main l.

Mon Dieu, oui, lecteur sceptique, vous souriez en vain au récit de toutes ces légendes de vieux alchimistes usant leur vie et dilapidant leur fortune dans la poursuite du Grand Œuvre ; ce ne sont pas là brillantes chimères ; au fond de tout cela se cache un éclatant rayon de vérité et les dix mille volumes qui traitent de ces matières ne sont pas l’œuvre de jongleurs indignes ou d’impudents faussaires. Les livres d’alchimie sont écrits de telle sorte que vous pourrez, le plus facilement du monde, vous rendre compte de tous les phénomènes qui se succèdent dans la préparation de la Pierre Philosophale, sans jamais parvenir vous-même à la préparer.

La raison en est bien simple. Les maîtres cachent toujours le nom de la matière première requise pour l’œuvre et le moyen d’élaborer et d’évertuer cette matière première par l’emploi du feu philosophique ou lumière astrale humanisée.

Or il est indispensable de dire deux mots des phénomènes qui marquent la préparation de la Pierre Philo-sophale, sous peine de ne jamais rien comprendre à l’explication que nous allons donner de la planche symbolique de Khunrath, considérée alchimiquement.

Quand vous avez placé les deux produits, sur l’origine desquels les alchimistes gardent un prudent silence, dans l’œuf de verre de l’athanor et que vous faites agir le feu secret sur ce mélange, divers phénomènes fort intéressants prennent naissance sous vos yeux. La matière contenue dans l’athanor devient tout d’abord absolument noire. Elle semble putréfiée et complètement perdue. C’est alors cependant que l’alchimiste se réjouit ; car il reconnaît le premier stade de l’évolution du Grand Œuvre, stade désigné sous les noms de Tête de Corbeau et de Chaos.

Cette couleur persiste plusieurs jours ou plusieurs heures selon l’habileté de l’artiste – et à sa suite, presque sans transition, la matière prend une coloration blanche assez éclatante. Cette couleur indique- que la combinaison entre les deux produits placés dans l’athanor est effectuée et la moitié du travail accomplie.

À cette couleur blanche, succèdent des couleurs variées, suivant une progression ascendante par rapport au spectre solaire, c’est-à-dire commençant au violet pour s’élever par des nuances diverses au rouge pourpre qui indique la fin de l’Œuvre.

À ces phénomènes de coloration se rattachent d’autres faits purement physiques : alternatives de volatilisation et de fixation, de solidification et de demi-liquéfaction de la matière ; faits qui ont conduit les alchimistes à comparer la création de la Pierre Philosophale par l’homme à la création de l’Univers par Dieu (phénoménalement parlant). La grande loi de la Science occulte, l’Analogie, donne la raison d’être de toutes ces déductions, mais ce serait sortir de notre cadre que de nous étendre davantage sur ces choses.

Retenons simplement les trois grands états par où passe la matière : le noir, le blanc, le rouge – et abordons, munis de ces données, l’explication de notre figure.

La suite du texte au format .pdf :

L’androgyne de Kunrath

Heinrich Khunrath. Amphitheatrum sapientiae aeternae, Hamburg, 1595.Image extraite du site University of Wisconsin-Madison.