L’Âme dans la Kabbale

L’Âme dans la Kabbale par Spartakus FreeMann

En hébreu, si nous cherchons le corps, nous risquons fort d’être désappointés, car il existe trois termes différents : gouph, guerem et étsem. Les deux derniers se rapportent aux ossements tandis que gouph désigne le corps proprement dit. Mais ce terme ne se trouve nulle part dans la Bible. Cela signifie-t-il dire que les humains dont nous parle la Bible n’ont point de corps ? Certainement pas. La Bible s’étend à décrire, en divers passages, toutes les parties du corps physique et l’on nous parle souvent de la main de Moïse ou des tares physiques de tel personnage biblique. Le Talmud évoque longuement les soins du corps et nous lisons dans le traité Sanhédrin 91a-b : « De même dans l’au-delà le Saint Unique, béni soit-Il, prendra l’âme, l’enfermera dans le corps et les jugera ensemble ». Donc, point de dichotomie gnostique corps-âme, tous deux seront jugés simultanément à la fin des temps. En d’autres traités du Talmud, ce sont les règles hygiéniques et les soins à apporter au corps qui sont décrits. Le juif ne se désintéresse pas de son corps, bien au contraire.

La Bible toutefois nous parle en termes voilés du corps dans l’épisode de la création de l’Adam : « L’Éternel Dieu forma l’homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l’homme devint un être vivant » (Genèse II, 7). Adam, et par conséquent son corps, sont formés à partir de la poussière (afar) de la terre. Ce corps est inanimé, sans vie et Dieu lui insuffle l’existence par son Souffle, neshamah, נשמה. De ce fait, la vie de l’homme sera toujours liée à l’Esprit que Dieu lui a inoculé. Cet esprit est Hay, חי, la vie animant l’inanimé. Le corps selon le Talmud est le « fourreau de l’âme »[1].

La Bible nous dit ensuite que ce corps de l’Adam est créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, sans le décrire plus avant. Il nous est donc signifié que le corps est un écrin précieux, puisque façonné à l’image de Dieu, devant contenir un dépôt tout aussi précieux, le Souffle de Dieu. Une description physique supplémentaire serait par conséquent inutile.

[1] Sanhédrin 108a.

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