Les Secrets du Grade de Maître par Jean Mallinger 

Si le grade de Maître est le plus beau et le plus enrichissant de nos divers degrés symboliques, il est, malheureusement, souvent mal compris, mal donné et ne réserve pas à ses néophytes les lumières qu’ils sont en droit d’en attendre.

Historiquement, il y a lieu d’observer : que dans la Maçonnerie « opérative », il n’existait traditionnellement que deux degrés – celui d’apprenti, où le débutant apprenait à tailler la pierre brute, avait le droit d’être admis dès l’âge de 14 ans et se formait pendant sept années – et ensuite celui de Compagnon, où les secrets du métier étaient approfondis, spécialement en matière d’arpentage, de géométrie, de sculpture et d’architecture, un seul mot de passe, un seul signe de reconnaissance y étaient enseignés et le mythe d’Hiram y était inconnu. Quant au « Maître », c’était à ce moment soit le seul chef de chantier, soit le patron lui-même, établi pour son compte. Puis, la crise économique appauvrit les communes libres de l’époque ; le métier décline ; on ne bâtit plus de cathédrales ni d’hôtels de ville ; pour sauver la profession, les tailleurs de pierre élisent des « membres d’honneur » ; ce seront leurs protecteurs, ils leur confieront l’édification de châteaux et de maisons de maître, puis, peu à peu, les « spéculatifs » remplaceront les « opératifs » ; déjà en 1663, une loge pouvait comporter un seul homme de métier et quatre « maçons libres et acceptés » ; à Aberdeen, en 1670, une loge de 40 maçons ne comportait déjà plus que 8 maçons de métier.

Les Secrets du Grade de Maître

Initialement : c’est bien autre chose que le grade de Maître nous apporte ! Il est d’une incroyable richesse ; encore est-il nécessaire de le rappeler !

a) Le cadre rituel d’abord : le passage du 2° au 3° degré est une grande « opération » et non un simple jeu de théâtre.

C’est le passage de l’ordre psychique à l’ordre spirituel ; une évolution importante ; une nouvelle étape de compréhension.

Pour comprendre ce mûrissement, il faut se rappeler encore la nature de l’être humain, que toutes les traditions initiatiques nous ont confirmée, de l’Égypte antique à la Grèce, de celle-ci à Rome et au judéo-christianisme.

L’homme est une matière unie à l’esprit par un médiateur psychique ; il est à la fois force, sagesse et beauté émotive ; un rituel psychomoteur doit donc frapper à la fois ces trois états de l’être.

Comment le cadre rituel du grade résoud-t-il [sic] ce programme ? II le fait en trois stades :

  • Premier stade : Préparation du psycho-drame ; deuil et tristesse. C’est l’épreuve du seuil. On interroge le néophyte, on le suspecte, on le vérifie. L’enquête se termine par la reconnaissance de son innocence dans le meurtre du Maître.
  • Deuxième stade : Épreuve de l’abandon, de l’errance, de la recherche. Nous sommes tous orphelins ; le Maître est mort et on ignore même où se cachent ses pauvres restes.
  • Troisième stade : Épreuve suprême : voyage par l’élément TERRE et jaillissement du germe de VIE. La mort sera vaincue ! HIRAM sort des ténèbres de la mort, des profondeurs de la terre ; il re-naît dans le néophyte ; la Vie a triomphé à jamais de la mort.

Le RITUEL le montre, l’enseigne :

LA MARCHE DU MAÎTRE triomphe trois fois de la mort car on enjambe trois fois le douloureux emblème qu’est le Cénotaphe.

L’homme étant un être TRIPLE, doit donc triompher trois fois de la mort (sinon un seul enjambement suffirait !)

La lumière rouge est symbole de chaleur vivifiante ; 1’infrarouge annonce la lumière intégrale et mûrit le germe de vie par sa bienfaisante radiation.

Les 5 POINTS DE PERFECTION complètent cette renaissance de la vie : si à l’origine on fixait sur le sol un piquet à chacun des quatre angles de la construction future, puis un cinquième au centre, point de rencontre des diagonales du Temple à construire, on retrouve ces « cinq landmarks » essentiels dans l’initiation au grade de Maître, où le néophyte doit, lui aussi, devenir un TEMPLE VIVANT à construire par sa revivification.

La jonction des pieds, l’inflexion des genoux, la jonction des mains, le serrement de la main gauche sur l’épaule droite et finalement le Baiser de Paix infusent dans le récipiendaire toutes les vertus de son nouvel état de conscience : l’amour fraternel, le dévouement affectueux, la confiance totale, la collaboration éclairée, la douce union initiatique – points sacrés unissant à la fois les cœurs, les pensées, les volontés dans un idéal partagé. Oui, désormais nous ne faisons plus qu’un, car nous nous comprenons, nous nous entendons ; être Maître, c’est atteindre un palier nouveau.

Mais attention cependant : il ne suffit pas de re-lever le candidat par les cinq points de la Maçonnerie pour que d’office il soit devenu HIRAM lui-même !

On ne devient pas Maître en un seul instant. Un enfant, mis au jour, doit encore grandir. Un nouveau Maître doit se rendre compte :

1) Qu’il a sans doute « 7 ans et plus », c’est surtout « et plus » qui comptent ici, c’est-à-dire le temps de la maturation.

2) De ce que la Parole est « perdue » et doit être retrouvée un jour, c’est toute une évolution, tout un programme ; tout un travail intérieur !

Le Maître devra mûrir pour donner un jour tout son fruit.

L’ACACIA symbolise cette bataille pour la Vérité ; son bois est dur et solide car un Maître doit être stable et robuste ; mais il est hérissé d’épines, car il est apotropaïque : le pouvoir des pointes qu’il recèle ainsi rejette au loin les forces des ténèbres.

« L’acacia m’est connu » : je suis en mesure de me défendre et de rejeter au loin tout préjugé, toute erreur, toute sujétion à des images préfabriquées par une société imparfaite.

QUANT AUX SIGNES DU MAÎTRE et des deux premiers degrés, combien ils ont été mal compris ! Ils sont tous les précurseurs de « l’acacia m’est connu », car l’initiation est une bataille continuelle et progressive contre les puissances des ténèbres.

L’Apprenti se coupe la gorge ; celle-ci est à la fois le véhicule de la nourriture et l’organe de la parole. L’Apprenti enlève ainsi en lui l’esclavage des appétits physiques et l’imprudence des vaines paroles ; il apprend les vertus du silence, de la retenue, de la prudence verbale.

Le Compagnon s’arrache le cœur, en ce sens qu’il se défait des excès du sentiment et des liaisons sentimentales qui peuvent annihiler sa volonté ; il se libère de l’esclavage charnel et sentimental, si entaché d’égoïsme effréné ; il bride ainsi ses passions et atteint un équilibre rationnel.

Le Maître enfin se coupe le ventre. PLATON enseignait que tout est hiérarchie dans l’être humain ; la tête doit dominer le cœur et celui-ci doit dominer le ventre, symbole de tous les appétits terrestres et de toutes les passions inférieures. Etre sans désir est le grand secret du Maître, qui peut par la puissance de sa volonté, triompher de toutes les faiblesses. Un Maître se domine entièrement et sans effort.

Il a triomphé de ses derniers sursauts d’égoïsme. Ainsi libéré de lui-même, il pourra remplir son devoir social et libérer les autres.

Le Maître agit. Se placer à l’ordre de Maître, c’est dire : « Me voici. Je suis prêt à agir ». Le Maître est toujours en alerte, prêt à l’action

Quelle action ? Celle qui est sa raison d’être, la raison d’être de notre Ordre. La libération de l’humanité de son état d’indignité et de méchanceté, Le signe d’horreur le révèle. Le monde est rempli de haine, d’iniquités ; le meurtre d’HIRAM en est l’affreuse image ; il révolte notre conscience ; il provoque notre juste courroux. On se réfugie alors dans le Temple des mystères, on s’écrie : « Ah ! Seigneur, mon Dieu ! » pour signifier qu’on appelle à soi toutes les puissances bénéfiques de la Nature, toutes les vertus de bonté humaine, tous les ressorts de la générosité, pour mettre fin au règne des ténèbres, qui égare et asservit les hommes.

b) Après ce « Cadre rituel », sachons trouver le symbole vivant de la Maîtrise, dont tout l’enseignement, tout le suc initiatique est condensé en un seul geste : la précieuse « GRIFFE DE MAÎTRE » qui est généralement si mal enseignée, si mal pratiquée et si mal comprise, au point qu’elle est en fait dépourvue de ce qui fait l’essence même de sa révélation.

Sans doute, la Griffe de Maître nous rappelle que chaque Maître est pour les autres un MAILLON de la Chaîne des Maîtres.

Elle est un signe d’ALLIANCE éternelle, dans un but élevé commun. « Nous nous comprenons, nous nous aimons ». Mais, bien, pratiquée, elle est bien plus que cela ; elle est te secret de lu. Maîtrise elle-même !

Car, quel est le secret essentiel du Grade ? La renaissance du Maître HIRAM en chacun des Maîtres.

Pour venir au jour, pour naître, il faut inévitablement et préalablement être conçu !

Pour être conçu, il faut qu’un générateur dépose la semence de vie dans un milieu favorable et réceptif ; la Mère a en elle une « Chambre du Milieu » où cette précieuse opération de création de la Vie pourra se faire.

Il faut donc que le néophyte ferme sa main en griffe pour symboliser la cavité réceptive du germe de vie et que l’Initiateur pousse son doigt médius au sein de cette cavité au moment où il ferme sa main en griffe sur la main du néophyte Cela signifie : « Je te crée Maître ».

Et ceci perçu, le néophyte à son tour pousse son médius dans le creux de la main de son Initiateur en disant mentalement : « Oui, je viens de naître. Me voici ! »

Il y a donc deux temps dans cette action :

1) Création, fécondation.

2) Naissance et manifestation.

Le Maître Initiateur doit donc émettre une flamme spirituelle, qui favorisera la naissance du néophyte à un nouvel état supérieur de conscience et de spiritualité.

La paternité est un échange de vitalité.

Initier, c’est éveiller en autrui une sorte de « courant induit » volontairement bénéfique et qui le rend meilleur pour l’avenir, de façon indélébile.

On conçoit dès lors combien est émouvante la GRIFFE DE MAÎTRE que l’on échange de façon soignée : elle rappelle ces deux grands moments de l’initiation de l’HIRAM nouveau :

« Je t’ai créé Je suis ton fils ? »

Notons au passage que la Griffe était connue des Anciens et que les Orphiques et les Gnostiques, le pratiquant couramment, ont été de ce fait, l’objet des attaques perfides des Pères de l’Église, sophistes ayant toujours la bave aux lèvres, voulant attaquer la « griffe initiatique » où l’on se « chatouille le creux de la main », les polémistes chrétiens y voyaient un mariage avec les démons. Les mots « chatouiller le creux de la main » montrent bien que la Griffe n’étaient pas simplement le fait de se donner la main comme le font les profanes, niais un moyen rituel de se faire reconnaître par des actes précis que l’on échangeait à cette occasion.

Tel est le résumé suggestif et vivace de ce degré sublime.

Les anciens Grecs enseignaient que tout est immortel et impérissable dans l’Univers, dans le Kosmos vivant. La mort physique n’est pour eux qu’un passage naturel d’un état à un autre ; aucun de nos atomes ne peut se perdre ou s’anéantir ; tout vit à jamais, c’est là l’image d’une Maîtrise éternelle. Puisse chacun de nos FF∴ s’en souvenir, le jour où son corps périssable sera livré au froid, aux ténèbres et au silence du sépulcre ; alors que comme Hiram, il verra « sa chair quitter les os » (MAC BENAC). Mais Hiram, c’est lui ; comme lui, il est impérissable et il sera toujours vivant, chargé d’une immortelle Espérance.

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Les Secrets du Grade de Maître par Jean Mallinger.

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20 réflexions sur “Les Secrets du Grade de Maître”

  1. Bonjour, depuis longtemps, je cherche à savoir et comprendre pourquoi ce sont justement ces 5 points parfaits et non d’autres qui ont été choisi ? Pourquoi le pied, le genoux, la griffe( ou la main), l’épaule et la main gauche ? Seraient-ce 5 points de fusion particuliers ? Merci, Serge.

    1. Fr Cambry Jefferson

      Parce que la plupart des freres oublient que la franc maconnerie est une science divine sauf l’etude qui peut nous aider à essayer de saisir son essence

  2. Bonjour, je suis heureux de cette planche, qui nous ramène au jour de notre élévation. Nous sommes tous heureux de porter le tablier du grade: mais est-ce que notre comportement quotidien est celui de notre grade? Plus que jamais, en appliquant les enseignements de ce grade, et ceux des autres grades, nous avons le devoir d’apporter notre pierre à l’édifice. Merci

    1. Spartakus FreeMann

      Mon TCF, je ne puis répondre, n’ayant pas l’âge pour cela. Mais, d’un point de vue général, je te dirais que notre comportement dans le monde profane ne dépend pas du grade, mais de ce que l’on est au jour le jour.

      1. Serge M NEF - LechevalierKadosh

        L’ Homme qui marche, ne puit puiser sa ferveur et justifier sa motivation par l’engouement à l’obtention de grade, ou reconnaissance particulière ou prestige, non, il doit au contraire nourrir Patience, Humilité, Silence dans sa démarche et se concentrer sur l’intégration en soi, de valeurs cardinales et principes fondamentaux. La démarche de l’homme de chantier est descendante puis ascendante, on introspecte, on « travaille, à façonner, transcender, sublimer…Il est donc à proscrire toute empressement ou attachement excessif à l’obtention de grade envers et contre tout. C’est comme la pratique martiale du JUDO et la voie du BUDO. On n’imagine mal quelqu’un s’empresser d’obtenir la ceinture noire pour dire, j’ai la ceinture noire. C’est précisément l’un des points essentiels,  » le non attachement aux choses ou sentiments de surface ». On travaille sur l’intrinsèque, on porte le « Vulgaire » vers l’ « Excellent », le « Sublime », çà ne peut se faire en un jour quand le monde se serait fait en « 7 jours »…7 Mène à 9 Oeuvre mais 1) Originel, Arcane des Arcanes intègre 2 Binaire Universel et devient 3 Ternaire de création qui intègre 4 Les Forces de la quadratures pour devenir 5 Pentagramme humain agissant puis 7 temple humain. L’œuvre qui mène à l’hypothétique ou « absolue » PERFECTION impose l’épreuve du FEU ARDENT. Ce n’est pas pour çà qu’on brulera les étapes. LOL………Humilité, Silence, Introspection, Ecoute

    1. Diffuser des « secrets » ? Je n’en vois aucun, tout a été publié depuis bien longtemps dans divers Tuileurs disponibles en librairie ou sur internet. Le curieux n’y trouvera rien, le cherchant aura matière à travail, celui qui vit les rituel passera sa route.

    2. Serge M NEF - LechevalierKadosh

      Il n’y a aucune divulgation de « Secret » ici. On parle de fondamentaux. Ce sont des éclairages, des éléments guides, mais aucuns secrets ici

  3. franck alain kouame

    bonjour a tous ! . depuis bien longtemps j’ais cherche. une porte un guide. j’ai besoin d’etre epaule. tout comme vous l’av.ez ete. pour en arrive a ce stade merci de me compprendre. au me soutenir.

  4. Serge M NEF - LechevalierKadosh

    l’aveuglement de celui qui dit connaitre et croit connaitre n’a d’égal que son ignorance, le danger est qu’il aveugle autrui..C’est le piège qui attend les néophytes, les apprentis impatients qui s’illuminent de rien et en font quelque-chose. C’est une hérésie en FM. Vous devez tout  » Vérifier, éprouver, travailler »..avant que l’ouvre ne soit, il a bien fallu façonner, manipuler la matière…selon les règles de l’Art…Aussi, le phare qui guide dans les turbulences de la mer déchainée ne doit pas être un mirage…

  5. Merci pour ce travail. Pourrais tu, s’il te plaît, préciser les sources de ces informations intéressantes « déjà en 1663, une loge pouvait comporter un seul homme de métier et quatre « maçons libres et acceptés » ; à Aberdeen, en 1670, une loge de 40 maçons ne comportait déjà plus que 8 maçons de métier. »
    Merci.

  6. Bonjour,
    Permettez quelques mots sur les grades de Maître.
    Je me permets également de vous transmettre, ci-dessous, l’adresse de l’article de mon blog dont est extrait ce texte, au cas où vous souhaiteriez y consacrer quelques secondes de votre précieux temps.
    La mort de la Reine Daud (devenue depuis le Roi David) n’avait pas interrompu la célébration des Mystères ; on continuait à donner dans le Temple l’enseignement qu’elle avait fondé. Mais le désordre qui s’était produit pendant le règne de Salomon avait créé des circonstances nouvelles contre lesquelles il fallait réagir.
    Il est bien certain que, malgré toutes les précautions prises pour empêcher les trahisons, les défections, on eut des inquiétudes, des méfiances sur la valeur et la sincérité de quelques adeptes, car nous voyons que les Directrices de la Religion secrète se concertent et décident de créer de nouveaux grades dans lesquels on n’admettra que les hommes d’élite dont on sera absolument sûr.
    C’est pour cela que nous voyons ajouter, aux anciens grades, des grades nouveaux plus secrets que les premiers et répondant aux événements du temps, aux besoins de la lutte dans ses phases nouvelles.
    Depuis la mort de Daud jusqu’à l’époque des prophètes, on institue cinq nouveaux grades, qui sont intitulés :
    – Le Maître secret
    – Le Maître parfait
    – Le Secrétaire intime
    – Le Prévôt et Juge
    – L’Intendant des bâtiments

    LE MAÎTRE SECRET
    Les événements qui viennent de s’accomplir ont plongé les femmes dans la douleur. C’est pour le rappeler que le temple est orné de tentures noires parsemées de lames d’argent.
    Ce grade a pour objet de réagir contre les deux grandes violations du « droit naturel », introduites dans le monde par Salomon :
    – La première en donnant le titre Divin à des personnifications masculines en même temps que l’autorité suprême, alors que ces personnalités mâles ne représentent pas le bien, mais le mal.
    – La seconde question est celle qui consiste à disputer l’enfant à sa Mère, ce qui est une violation du Droit maternel. Les initiés déclarent qu’ils ne veulent parmi eux aucun outil de fer, parce que l’homme a tué par le fer. Salomon ayant introduit des Dieux nouveaux chez les Israélites et leur ayant construit des temples en face du Temple de la Déesse d’Israël IVAH, on institua ce nouveau Mystère pour protester contre cette profanation.
    Nous voyons ici introduire, dans les luttes de sexes, une lettre de l’alphabet hébreu, le iod (I), qui symboliquement représente le sexe mâle.
    Les hommes vont créer l’hermaphrodisme divin en mettant cette lettre devant le nom de HEVAH, qui va devenir IAHVEH. C’est cela que, dans ce grade nouveau, on explique et combat.
    Le nom sacré HVH, qui résume la Divinité féminine, était donc déjà méconnu dans sa signification sexuelle Divine, bientôt il sera parodié, puis supprimé, et les Maçons modernes nous enseignent que c’est dans ce grade qu’on explique que, chez les Juifs, le Grand-Prêtre seul avait la permission de prononcer ce nom, et cela une seule fois dans l’année, le jour de l’expiation. Les lévites, par le bruit qu’ils faisaient dans ce moment, empêchaient qu’il fût entendu de la multitude.
    Les masculinistes avaient aussi tenté d’introduire un nouveau dieu mâle, Adonaï, qu’on allait essayer de substituer à la Déesse, mais dont on ne s’occupera que beaucoup plus tard. C’est le polythéisme qui commence et que les rituels masculins résument dans le mot Dii, pluriel latin qui signifie les dieux.
    Le 4e degré nous montre que, dans l’œuvre de la génération, l’être humain n’est que le metteur en acte d’un principe de vie élevé qui est en lui et non en dehors de lui. Il n’y a donc pas un Dieu créateur extraterrestre, la Nature est éternelle, et il n’y a pas de création dans le sens que les religions masculines donnent à ce mot ; ce n’est pas un Dieu qui crée, c’est la Mère qui accomplit l’œuvre de la génération. C’est elle qui est la créatrice, et c’est pour cela que l’enfant qui est sa chair et son sang lui appartient et que l’homme n’a pas le droit de l’en séparer. On fait appel à sa conscience pour lui faire comprendre son devoir vis-à-vis de la Mère et de l’Enfant.
    Cette prétention de l’homme de prendre le titre divin a comme conséquence de donner au père les droits de la Mère sur l’enfant ; c’est ce qu’on a caché dans le Jugement de Salomon, la lutte pour la possession de l’Enfant.
    L’idée fondamentale que renferme la philosophie des Hébreux était que la Divinité (Hevah) contenait toutes choses en elle-même (les Dieux se suffisent) et que l’homme était son image (image physique dans l’enfant), sa reproduction (image spirituelle dans l’homme qui l’imite).
    La femme semblait pour eux une Androgyne.
    Si la cause primordiale était inconnaissable pour l’homme, elle devenait une manifestation compréhensible dans la vie sexuelle. Alors un symbole explique tout, le cercle, organe femelle, avec son diamètre, organe mâle.
    De ce phallicisme, les Kabbalistes masculinistes firent naître l’idée de géométrie et d’astronomie.
    On sait que l’œuf est un symbole sacré dans les Mystères de l’antiquité parce qu’il représente l’action maternelle, le commencement de la vie. Il est la virtualité, l’existence potentielle, comme la semence d’un arbre. C’est pourquoi le cercle (zéro) qui le représente est le commencement de toute l’échelle numérique dans l’ancien système duodécimal des Kaldéens.
    Le zéro est un cercle sans centre ; en hébreu, on l’appelle Kether, mot qui signifie « la couronne », parce que l’ovule est considéré comme résultat d’une fonction sacrée, laquelle donne comme réaction la sagesse, Hokmah, et l’intelligence, Binah.
    C’est cette loi du sexe féminin qu’on explique dans ce Mystère pour l’opposer à la loi du sexe masculin et en montrer les conséquences sociales.
    Kether, « la couronne », symbolise la lumière de l’Esprit qui monte en vertu de la polarité féminine ; c’est pour cela qu’on la représente d’abord comme un cercle d’où sortent des rayons en forme de pointes.
    La couronne devint le symbole du pouvoir de rayonnement des astres, parce qu’elle atteint la tête dirigée vers le ciel et dans le ciel brillent le soleil et les étoiles ; c’était l’hiéroglyphe du soleil rayonnant.
    Plus tard, la couronne lumineuse qui représente l’Esprit qui monte sera un cercle de lumière placé au-dessus de la tête des saintes. On mettait ce symbolisme en opposition avec la double nature du sexe masculin qui fait descendre son esprit (son principe de vie) vers les régions basses de son être, d’où la dualité qui le divise nécessairement pour donner la vie à l’Eidolon (idole en grec), (l’enfant) qui le reproduira.
    C’est cette loi des sexes, expliquée dans le plus grand secret, qui sera cachée dans les livres de la Kabbalah et dans le mystère des nombres.

    LE MAÎTRE PARFAIT
    Dans ce second grade ajouté, une des questions dont on s’occupe, c’est de rechercher quels furent les traîtres meurtriers de Myriam, c’est-à-dire le commencement de la révolte dont les effets sont devenus si désastreux. C’est l’histoire rétrospective qu’on semble vouloir fixer.
    Après cela, on enseigne un chapitre de la science secrète, celui qui se rapporte à la Genèse primitive, l’origine végétale.
    On montre le Soleil générant l’Arbre de vie qui évolue vers le genre humain, lequel se reproduira, plus tard, par génération sexuelle.
    La génération s’explique par un symbole : la quadrature du cercle. Les deux sexes sont représentés par deux triangles, qui unis forment un cube ; c’est en réunissant les deux sexes (les deux triangles) qu’on réalise la quadrature du cercle, figure qui représente la génération sexuée.
    Cette science des origines expliquée est une occasion de rappeler à l’homme qu’il est un être fini, qui ne peut pas trouver par lui-même les lois de la Nature, et que son intelligence a besoin d’être éclairée par l’Ange de lumière qui lui a révélé les vérités cachées ; c’est elle qui éclaire le monde malgré la lutte soutenue contre elle ; aussi un des mots de passe de ce grade est cette phrase : « Je suis celle-là qui suis », rappelant que Hevah représente l’être intégral.
    J’ai déjà expliqué comment cette phrase a été altérée, devenant d’abord : « Je suis cela qui suis », puis, plus tard, « je suis celui qui suis ».
    C’est parce que dans ce grade on a rappelé l’Arbre de vie qu’un des mots de passe est « Acacia ».
    Nous allons mieux comprendre maintenant l’histoire relatée dans la Bible, puisque nous pourrons la suivre parallèlement dans les Sociétés secrètes qui en seront la contrepartie.
    L’Ancien Testament, dans sa forme altérée, c’est le livre de la justification des prêtres dans les luttes de sexes.
    Lien sur les hébreux : https://livresdefemmeslivresdeverites.blogspot.com/2017/07/histoire-des-israelites.html
    Cordialement.

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