THÉORÈME XX

Monade 17

Bien que nous ayons suffisamment démontré ci-dessus par une bonne raison hiéroglyphique que les Eléments sont représentés par les lignes droites, cependant nous donnerons une spéculation très exacte du point, qui est comme le centre de notre croix. Celui-ci ne peut en aucune manière être absent de notre Ternaire. Mais si quelqu’un, ignorant de la mathèse divine, soutenait que, dans cette position de notre binaire, il peut être absent, qu’il suppose donc un instant qu’il soit absent. Ce qui resterait alors ne serait pas notre Binaire ; mais le Quaternaire paraîtra par le retranchement de ce point et la discontinuation de l’unité des lignes. Or, notre adversaire a supposé avec nous que c’était le Binaire qui nous restait ; le Binaire et le Quaternaire seraient donc une seule chose, suivant la même considération. Ce qui, assez manifestement, est impossible. Donc ce point doit, de toute nécessité, être présent, puisque avec le binaire il constitue notre ternaire ; et rien ne peut être substitué à sa place. Cependant, il ne fait pas partie de la propriété hypostatique de ce Binaire et n’en est nullement une partie intégrante.

On démontre ainsi qu’il n’en fait pas partie. Toutes les parties d’une ligne sont des lignes. Or, celui-ci est un point, ce que confirme l’hypothèse. Donc il ne forme pas une partie de ce Binaire et encore moins fait-il partie de la propriété hypostatique de ce Binaire. Ensuite, il faut remarquer par-dessus tout qu’il possède lui-même son hypostase propre, et qu’il n’est nullement contenu dans les étendues linéaires de notre Binaire. Mais puisqu’on voit ainsi qu’il est commun à l’une et à l’autre (de ces étendues), il est censé recevoir une certaine image secrète de ce Binaire. D’où nous démontrons ici le Quaternaire se reposant (quiescens) dans le Ternaire. Pardonne-moi, ô mon Dieu ! si j’ai péché envers ta Majesté en révélant un si grand mystère à tous ! Mais j’espère que ceux-là seuls qui sont dignes le comprendront vraiment ! Continuons donc maintenant à traiter de ce quaternaire de notre Croix que nous avons indiqué. Recherchons donc ensuite si ce point peut être éloigné de l’endroit où il est représenté. Or, les Mathématiques nous enseignent qu’il peut être facilement déplacé. Car non seulement lorsqu’il est séparé, ce qui reste est notre quaternaire, mais il deviendra beaucoup plus clair et distinct aux yeux de tous. Ce n’est pas une partie de sa proportion substantielle, mais seulement le point superflu de confusion qui est rejeté et éloigné. [29] O Omnipotente Majesté Divine, combien nous sommes contraints, nous, mortels, de confesser quelle grande sapience et quelle ineffable infinité de mystères réside dans la loi que tu as disposée, par tous ses points et ses lettres, si les plus grands secrets et arcanes terrestres peuvent, par la multiple révélation de ce point unique, placé et examiné par moi (et dans ta lumière) être expliqués et démontrés très fidèlement ! De ce point qui n’est, certes, nullement superflu dans le ternaire divin, mais de ce point qui, par contre, considéré dans le règne des quatre éléments, est ténébreux alors, corruptible et bourbeux. [30] O trois et quatre fois heureux ceux qui peuvent atteindre ce point (presque copulatif) du ternaire, et rejeter et éloigner celui, sombre et superflu, du quaternaire ou du Principe des ténèbres. Ainsi nous parviendrons aux ornements des vêtements blancs, éclatants comme la neige, ô Maximilien ! que Dieu (par cette mystagogie) rende enfin le plus puissant de tous (ou quelque autre de la maison d’Autriche, tandis que moi, je me reposerai dans le Christ), afin de faire régner l’honneur de son nom redoutable dans ces ténèbres abominables et même intolérables (du point superflu sur la terre). Mais de peur que, moi-même, je me répande en paroles superflues (c’est-à-dire qui ne sont pas à leur place), je vais rentrer maintenant, tout de suite, dans les bornes de mon propos. Et puisque j’ai déjà terminé mon discours pour ceux qui placent leurs yeux dans leur cœur, il faut maintenant transformer ma parole pour ceux qui, au contraire, placent leur cœur dans leurs yeux [31]. Voici donc une figure de la croix qui peut, en quelque sorte, représenter ce que nous en avons dit ici. D’abord en deux lignes égales (également et inégalement croisées), par le point nécessaire, comme on le voit en A ; ensuite en quatre lignes droites distinctes comme en B (comme par une sorte de vacuité produite par le point retranché) séparées du point qui, avant, leur était commun, sans qu’il leur soit causé pour cela aucun préjudice. Ceci est la voie par laquelle notre Monade, progressant par le binaire et le TERNAIRE dans le QUATERNAIRE purifié, est restituée à elle-même, unie par la proportion de l’égalité (et que maintenant le tout est égal à toutes ses parties). Et tandis que ceci a lieu, notre monade n’admet cependant rien des unités ni des nombres externes, puisqu’elle se suffit très exactement à elle-même, absolutissime en tous ses nombres, dans l’amplitude desquels elle est diffusée, tant par des modes magiques que par un procédé peu vulgaire de l’artisan ensuite ; et pour le plus grand avantage (en dignité et en puissance) de cette monade elle-même, elle est restituée à sa propre matière première, cependant que tout ce qui ne se rapporte pas à sa proportion naturelle et héréditaire est retranché avec le plus grand soin et diligence, et rejeté pour toujours parmi les impuretés.

THÉORÈME XXI

Si ce qui était caché intérieurement dans les profondeurs de notre Monade était mis au jour, et que, par contre, les parties premières, et comme extérieures de cette monade fussent enfermées au centre, vous avez vu plus haut quelle transformation philosophique de la Monade se produirait alors. Nous vous exposerons donc maintenant une autre commutation locale de la Monade mystique, par ces parties d’où nos caractères hiéroglyphiques des planètes supérieures se sont d’abord offertes à nous. Chacune des autres planètes, étant, pour cette raison, retournée en haut, chacune à son tour, et recevant cette position que nous voyons souvent leur être assignée par Platon, si donc elles sont prises convenablement dans cette position, dans cette pointe du Bêlier se rassemblent Saturne, Jupiter. Mais, en descendant, la croix représente Vénus et Mercure ; s’ensuivent enfin le Soleil lui-même, et en bas la Lune.

Monade 18

Mais ceci sera discuté dans un autre endroit ; cependant, comme je n’ai pas voulu cacher ces trésors philosophiques de notre Monade, nous avons pris la résolution de donner une raison pour laquelle la situation de la Monade est ainsi déplacée. Mais voyez et écoutez les autres secrets plus grands encore que je sais exister pour votre utilité, touchant cette situation, et que j’expliquerai en peu de mots, Nous distribuons donc la Monade (placée de cette nouvelle manière) dans les membres anatomiques B, D, C, où dans ce nouveau Ternaire les figures C et D sont connues même des paysans. Mais la troisième figure qui est désignée par B, n’est pas si facile à connaître de tous. Et il faut considérer très attentivement que ces formes connues, D et C, se montrent comme des essences séparées et distinctes de cette figure B ; et deuxièmement, que nous voyons les cornes de la figure C, tournées en bas comme vers la terre ; et que cette partie de D qui illumine ce même C est tournée également vers la terre, c’est-à-dire en bas, dans le centre duquel seul est visible le point vraiment terrestre ; et qu’enfin ces deux figures D et C, tournées vers les parties inférieures, forment, mieux que B, son indice hiéroglyphique (de la Terre). Donc la terre peut nous représenter hiéroglyphiquement la stabilité et la fixation. Je laisse donc à conclure de là ce que sont C et D. D’où l’on peut noter maintenant un grand secret : savoir comment toutes les choses que nous avons dites en premier lieu du Soleil et de la Lune peuvent recevoir ici une interprétation plus parfaite et tout à fait nécessaire, ces deux astres ayant été jusqu’alors placés à la partie supérieure, et les cornes lunaires dressées en haut. Mais nous avons assez parlé sur ce sujet.

Monade 19

Nous examinerons donc maintenant selon les fondements de notre art hiéroglyphique, la nature de cette troisième figure (B). Premièrement, nous la voyons porter au sommet un double croissant de la Lune, ce qui est notre Bélier (mais retourné mystiquement). Ensuite le signe hiéroglyphique des Éléments lui est annexé. Quant à ce qui a trait à la Lune redoublée, ceci peut s’expliquer (selon la matière proposée) : un double degré (gradus) de la Lune. Parlons donc de ces grades que les Physiciens expérimentés ne peuvent trouver qu’au nombre de quatre entre toutes les substances créées ; savoir : être, vivre, sentir et comprendre (esse, vivere, sentire et intelligere). Et remarquant que les deux premiers de ces grades se trouvent ici, nous dirons ainsi : la Lune existante et vivante. Certains déterminent toute vie par le mouvement ; or, il y a six espèces principales de mouvement. Et la Croix qui est ajoutée indique que l’artifice des Éléments est requis ici. En outre, puisque nous avons rapporté très souvent dans nos théories que l’hiéroglyphe de la Lune est comme un demi-cercle, par contre, le cercle entier signifie le Soleil. Or, ici, nous avons deux demi-cercles, mais séparés (réunis cependant au point commun) et qui, s’ils sont conjugués (comme ils le peuvent être par un certain art), peuvent nous représenter la plénitude circulaire du Soleil. De toutes ces choses considérées ensemble, il ressort que nous pouvons ici, sommairement et hiéroglyphiquement, proférer la sentence suivante : La Lune existante et vivante qui doit être traitée (tractanda) par le magistère des Éléments possédant la puissance de représenter la plénitude solaire par ses deux demi-cercles réunis ensemble par un art secret [32].

Que ce cercle (dont nous avons parlé) que nous désignons dans la figure par la lettre E, soit donc achevé et formé. Rappelons-nous donc d’abord que ce degré solaire ne nous a pas été présenté par la nature ; mais qu’il est artificiel et factice, et qu’il s’est d’abord offert à nous dans son aspect premier et suivant sa nature propre (comme en B) en deux parties séparées et dissoutes, et non solidement réunies sous la forme solaire. Enfin le semi-diamètre de ces demi-cercles n’est pas égal au semi-diamètre de D et C (tels que nous les avons formés et comme chacun peut le voir), mais beaucoup plus petit. D’où il est clair que ce même B n’est pas d’une amplitude si grande que le sont D et C. Et E lui-même nous le confirme très bien, s’étant, par ce moyen, transformé en cercle, de B en la figure E. Alors donc surgit à nos yeux le caractère seul de Vénus. Nous avons déjà démontré par ces syllogismes hiéroglyphiques que de B nous ne pouvons pas obtenir le vrai D, et que la vraie C n’a pu non plus être complètement dans la nature de B ; d’où celui-ci n’a pu être la vraie lune vivante. Tu peux donc déjà douter au sujet de cette vie et de ce mouvement, s’ils les possèdent véritablement et naturellement ; cependant, comme nous l’avons déjà expliqué aux sages, toutes les choses qui sont dites (sur B) d’une semblable manière, seront au moins analogiques ; et tout ce que nous avons brièvement enseigné touchant C et D convient très bien, mais analogiquement, à ce même B, accompagné de ses éléments. Et même ce que nous ajoutons sur la nature du Bélier doit exactement convenir a celui-ci ; puisqu’il porte (B) cette figure (bien que renversée) à son sommet, et qu’elle est ajoutée à ce même B qui est la figure mystique des Eléments.

Puisque nous voyons par cette Anatomie que, du corps unique de notre Monade (ainsi séparé par notre art), ce nouveau ternaire se trouve formé, nous ne pouvons douter, pour cette raison, que les membres qui le composent ne renferment et admettent entre eux, et comme de leur plein gré, une sympathie et une union monadique très absolue. Ainsi, dans ces membres se trouve une force magnétique active.

Enfin j’ai trouvé bon de faire remarquer ici (par manière de récréation) que ce même B nous présente très clairement autant de lettres rustiques et informes qu’il porte de points visibles en haut, au sommet et comme à son front, et ces lettres sont ainsi :

Monade 20

Au nombre de trois, ou autrement au nombre de six (ou sommairement trois fois trois), et qui sont très grossières et informes, peu stables et inconstantes, faites de telle sorte qu’elles semblent formées d’un ou plusieurs demi-cercles. Mais le moyen de former ces lettres d’une façon plus stable et plus ferme est dans les mains des littérateurs experts. J’ai eu ici devant les yeux une infinité de mystères ; mais j’ai voulu, par ce jeu, interrompre cette théorie. Je ne comprends cependant pas les efforts de certains qui s’élèvent contre moi, bien que (notre Monade étant restituée en sa première situation mystique et chacun de ses membres étant ordonné avec art) je les avertisse et les exhorte au moins une fois de retrouver avec soin maintenant quel fut ce Feu du Bélier (Ignis Aretinus) de la Triplicité première. Qu’est-ce que notre feu æquinoxial ? Qui fut cause que le Soleil pouvait être exalté au-dessus de son grade vulgaire ? Et beaucoup d’autres choses plus excellentes qui devront être étudiées par d’heureuses et sapientissimes méditations. Mais, nous hâtant maintenant de passer à autre chose, nous avons voulu uniquement indiquer du doigt, non seulement amicalement, mais très fidèlement, le chemin qui conduit à d’autres secrets (sur lesquels il convient d’insister) en passant cependant sous silence (comme nous l’avons dit) une infinité remarquable d’autres mystères.

THÉORÈME XXII

On comprendra facilement que les mystères de notre monade ne soient pas encore épuisés, si j’offre ici à contempler à votre Sérénité Royale les vases de l’Art Sacré (ceux-ci vraiment et complètement kabbalistiques), habilement tirés de l’officine de cette même Monade et qui ne doivent être révélés qu’aux seuls initiés. Donc, tous les liens qui réunissaient les diverses parties de notre Monade étant savamment rompus, nous donnerons à chacune d’elles (pour les distinguer) une lettre spéciale, comme on le voit ci-contre.

Monade 21

Nous avertirons donc qu’en alpha se trouve un certain vase artificiel, formé de A et de B, avec (et en extériorisant ainsi le diamètre qui est commun [33] à l’un et à autre) la ligne M, et qui n’est différent, comme on le voit, de cette première lettre de l’alphabet grec, que par une seule transposition locale des parties [34]. Car nous enseignons les premiers par la droite, le cercle et le demi-cercle, la véritable symétrie mystique de celle-ci (quoique nous ayons averti précédemment que cette symétrie pouvait être formée seulement du cercle et du demi-cercle, ce qui aboutit néanmoins au même propos mystique). Ensuite l et d sont eux-mêmes comme les images des autres vases (savoir : celui de verre et celui de terre). Mais en second lieu l et d peuvent nous rappeler quelque chose du Pilon et du Mortier qui doivent être préparés (vraiment) d’une telle matière, que nous puissions broyer avec eux, en poudres subtilissimes, les perles artificielles non perforées, les lamelles de cristal et de béryl, les chrysolithes, puis les rubis précieux, les escarboucles et autres rarissimes pierres artificielles. Enfin ce que l’on voit indiqué par la lettre w est un petit vase rempli de Mystères [35] et qui ne s’éloigne de cette dernière lettre de l’Alphabet grec (restituée maintenant à sa primitive mystagogie) que par une seule transposition apparente des parties, celle-ci consistant également en deux demi-cercles. Quant aux figures vulgaires et nécessaires ensuite de ces vases, et la matière (de laquelle ils doivent être faits) il n’est pas utile que nous en traitions ici. Cependant a devra être considéré comme cherchant l’occasion d’exercer son office par un très secret et rapide artifice de respiration (spiraculum), et le sel incorruptible par lequel se conserve le principe premier des choses, au bien ce qui surnage dans le vitriol après la dissolution [36] offrira aux débutants un spécimen primordial et très bref de notre œuvre ; en attendant qu’une voie plus subtile et plus habile de préparer cet œuvre vienne se révéler à eux. Mais dans l, le vase de verre (dans l’exercice de sa fonction particulière), tout air, ou vent extérieur apportera un grand dommage.

Le corollaire de w est l’homme agréable à voir paraître en tout temps (omnium horarum homo). Qui donc déjà ne peut pressentir les fruits suavissimes et très salutaires de la science sacrée, qui naissent (dis-je), du mystère de ces deux lettres seulement ? Quelques-uns desquels nous tirerons (de notre jardin des Hespérides) et nous ferons voir d’un peu plus près comme dans un miroir ; et l’on constatera qu’ils ne sont formés d’autre chose que de notre Monade. Car la ligne droite , qui apparaît dans Alpha est homologue de celle qui, dans cette séparation de l’anatomie finale de notre Croix, est déjà désignée par la lettre M. On peut découvrir ainsi d’où proviennent les autres. (Voir le tableau schématique ci-contre.)

Par ces quelques paroles, je sais que je donne non seulement des principes, mais des démonstrations à ceux au dedans desquels vit et se fortifie la vigueur ignée et l’origine céleste, afin qu’ils prêtent désormais l’oreille au grand Démocrite facilement : c’est un dogme non mythique, mais mystique et secret, selon lui, que le remède de l’âme et libérateur de toute souffrance a été préparé à ceux qui veulent (boulomenoiz), et, comme il l’a enseigné, qu’il est recherché à la voix du Créateur de l’Univers, afin que l’homme inspiré de Dieu et engendré divinement apprenne au moyen du discours parfait et des langages mystiques.

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