Qabbale du Beith par Emmanuel Levyne, Cirdec, Samy et Spartakus.
1. Qabbale du Beith – Lecture et traduction mot Ă mot du premier verset de la GenĂšse.
ŚÖ°ÖŒ ; dans, par, avec (le) commencement
ŚšÖ”ŚŚ©ÖŽŚŚŚȘ berĂšchite
ŚÖžÖŒŚšÖžŚ crĂ©a
bara
ŚÖ±ŚÖčŚÖŽŚŚ dieu(x)
élohime
ŚÖ”ŚȘ (ne se traduit pas)
ett
ŚÖ·Ś©ÖžÖŒŚŚÖ·Ś les cieux
hachamayime
ŚÖ°ŚÖ”ŚȘ et
veett
ŚÖžŚÖžŚšÖ¶Ś„ la terre
haaretz
2. Qabbale du Beith – Ătymologies
ŚÖ°ÖŒâŚšŚŚ©ÖŽŚŚŚȘ dans, par, avec (le) commencement BerĂšchite. Ce mot vient de ŚšŚŚ© tĂȘte. LittĂ©ralement donc « en tĂȘte ». Lâallemand en a fait le mot rash, qui veut dire impĂ©tueux, coup de tĂȘte, Ă moins quâil ne vienne de ŚšŚ©Śą mĂ©chant. Les latins qui prononcent le chin comme le sin en ont formĂ© le mot « res », la chose, le commencement, cause premiĂšre, de la respublica, la chose publique.
ŚÖžÖŒŚšÖžŚ crĂ©a
bara
Le verbe crĂ©er a pour racine le substantif Â«ŚŚŚš », « Aur », lumiĂšre, en dâautres termes, mettre en lumiĂšre.
ŚÖ±ŚÖčŚÖŽŚŚ dieu(x)
élohime
Se traduit littéralement par « dieux », car la terminaison : « im »,
« ŚŚ », indique le masculin pluriel. Mais alors lâidĂ©e de monothĂ©isme pur se trouve niĂ©e Ă sa source mĂȘme.
ŚÖ”ŚȘ (ne se traduit pas)
ett
Le latin et le français en ont fait « et ».
ŚÖ·Ś©ÖžÖŒŚŚÖ·ŚŚ les cieux
Hachamayime
ŚÖ· article : le, la, les
Ś©ÖžÖŒŚŚÖ·ŚÖŽŚ chamayime cieux
Ce mot veut dire en hébreu : « là sont les cieux, de là vient la pluie ».
Le terme est mis au pluriel pour indiquer que D. a créé tous les cieux, toutes les planĂštes, et quâil nâexiste ni Ă cĂŽtĂ© de Lui, ni au-dessus de Lui, une autre force crĂ©atrice autonome. D. Ă©tant le CrĂ©ateur de tout ce qui est au-dessus de la terre et sur la terre.
ŚÖžŚÖžŚšÖ¶Ś„ la terre
haaretz
ŚÖž article : le, la, les
ŚÖžŚšÖ¶Ś„ Aretz Ce mot vient du verbe : Â«ŚšŚŚ„ », « routz », courir.
En allemand Erd.
Erz en allemand, veut dire minerai, en latin « aéris », et airain en français.
Lâauteur de ce verset a donc su que la terre courait, quâelle tournait, car ce mot dit littĂ©ralement : « ce qui court ».
LECTURES KABBALISTIQUES TRADITIONNELLES DU PREMIER VERSET DE LA GENĂSE
1. LâACTE DE LA CRĂATION
Le texte de la GenĂšse dans son sens exotĂ©rique dĂ©crit la crĂ©ation du monde et dans son sens Ă©sotĂ©rique lâĂ©manation de la DivinitĂ©. Le processus de la crĂ©ation correspond au processus de lâĂ©manation et le reflĂšte.
La cosmologie cache â et rĂ©vĂšle â une thĂ©ogonie (ou une psychogonie, dâaprĂšs Carlo SuarĂšs).
En vérité, le texte de la GenÚse parle des mondes inférieurs et fait allusion aux mondes supérieurs.
Lâacte crĂ©ateur est double, il se produit sur deux plans : en haut et en bas. Câest pourquoi le texte de la GenĂšse commence par Beith, dont la valeur numĂ©rique est « deux ».
Lâacte qui se dĂ©roule en bas correspond Ă lâacte qui se dĂ©roule en haut. En haut, il a donnĂ© naissance aux SĂ©phiroth ; en bas, il a créé le monde (Sepher HaZohar, I, 240b).
Le processus de lâĂ©manation se rĂ©vĂšle dans les premiers versets de la GenĂšse si lâon sait dĂ©couvrir leur sens secret. A la lumiĂšre de lâinterprĂ©tation mystique, que lâon trouve exposĂ©e dans le livre du Zohar, le sens de ces premiers versets apparaĂźt tout autre que celui quâon lui donne couramment.
Par exemple, voici la lecture audacieuse du Zohar, des trois premiers mots de la GenĂšse :
« Par le RĂšchith (be-rĂšchith) le CachĂ© qui ne peut pas ĂȘtre connu, crĂ©a (bara) le Palais ; ce Palais est appelĂ© « Elohim ». Tel est le secret des mots: « BerĂšchith bara Elohim » (Zohar I, 15a).
Câest-Ă -dire : par lâintermĂ©diaire de la sephira âHoâhma, qui est appelĂ©e RĂšchith, parce quâelle est le commencement de lâĂ©manation, la Cause premiĂšre, qui ne peut pas ĂȘtre nommĂ©e tellement elle est cachĂ©, « crĂ©a » (bara) la sephira Bina, qui est comme un Palais et est appelĂ©e Elohim. Il ressort que lâElohim de ce verset nâest pas le CrĂ©ateur, mais un ĂȘtre créé. Mais il ne sâagit pas dâune vĂ©ritable crĂ©ation : Bara, dans son sens Ă©sotĂ©rique, dĂ©signe une Ă©manation, comme lâexplique dans la suite du texte du Zohar :
« Bara, dĂ©veloppement Ă partir du point dâen-haut (âHoâmah) ».
2. TEXTES DU ZOHAR
Bereschith dĂ©signe le mystĂšre de âHoâhma; Bara dĂ©signe le degrĂ© suprĂȘme, voilĂ©, impĂ©nĂ©trable appelĂ© KĂ©ther. Elohim dĂ©signe Bina. Eth embrasse HĂ©sed et Gueboura, ClĂ©mence et Rigueur Ă la fois. Ha-chamaĂŻm dĂ©signe TiphĂ©reth. Ve-eth embrasse Netsaâh et Hod ensemble. Le Vav du mot Ve-eth dĂ©signe « le juste ».
Enfin, Ha-aretz dĂ©signe « La CommunautĂ© dâIsraĂ«l » qui constitue « La terre de la vie » (ertz ha-hayim).
Ce nâest quâaprĂšs Ă©numĂ©ration de ces degrĂ©s que lâEcriture procĂšde au rĂ©cit de la crĂ©ation opĂ©rĂ©e dans chaque jour.
Bereschith dĂ©signe le Verbe qui correspond au degrĂ© de âHoâhma, et il est appelĂ© « Commencement » (Bereschith) (Zohar, I,26,3a).
***
La lettre Beith rappelle par sa forme « ŚÂ » la formation de lâhomme qui, par lâeffet de la sagesse divine, a lieu dans un corps fermĂ© de toutes parts et ouvert par devant. La lettre Aleph est ouverte par dessous Ă©galement Â«Â Ś Â Â» pour nous apprendre quâelle reçoit la semence de KĂ©ther et la transmet aux autres par lâautre porte. (Zohar I,2.66a.)
***
DâoĂč savons-nous que le mot « chamaĂŻm » (ciel) dĂ©signe le Saint bĂ©ni soit-il? Des paroles suivantes de lâEcriture (I Rois, VIII,32) :
« exauce-nous, chamaïm »
Or, peut-on admettre que Salomon priait le firmament ? Non. Il invoqua D. Qui porte le nom de ChamaĂŻm.
Pourquoi porte-t-il ce nom ? Parce que le firmament Ă©tant rond, a la forme de la tĂȘte. Nous infĂ©rons en outre de cette dĂ©nomination que D. a lâeau Ă sa droite et le feu Ă sa gauche, de sorte quâIl rĂ©side au milieu.
Le mot « chamaĂŻm » se prononce « cha maĂŻm », (feu et eau). Or, si lâon intervertit lâordre des lettres du mot « cha », on obtient « echmaĂŻm » (feu et eau).
D. fait ainsi la paix entre le feu et lâeau ; quand le feu sâapproche, il trouve le degrĂ© du feu, et quand lâeau sâapproche,elle trouve le degrĂ© de lâeau.
Câest pourquoi lâEcriture dit : (Job, XXV,2) « Il fait rĂ©gner la paix dans ses hauts lieux »
ŚÖ·ŚÖ°Ś©Ö”ŚŚ ŚÖžŚ€Ö·ŚÖ·Ś ŚąÖŽŚÖŒŚÖč ŚąÖčŚ©Ö¶ŚŚ Ś©ÖžŚŚŚÖčŚ ŚÖŽÖŒŚÖ°ŚšŚÖčŚÖžŚ;
Ainsi, nous concluons du mot « ChamaĂŻm » que le Saint bĂ©ni soit-il, a uni le feu Ă lâeau en les pĂ©trissant ensemble, et en fit le principe de ses paroles, ainsi quâil est Ă©crit (Ps CXIX, 160) : « La vĂ©ritĂ© est le principe de tes paroles ». Zohar I, 266b.
âŽ
Une variante à cette lecture du « Commencement » :
Ś Śš Ś Ś© Ś ŚȘ Ś Śš Ś
Ś Śš choisi, Ă©lu / pur/ vide/ fils/ puretĂ©, innocence
Ś Śš Ś crĂ©er du nĂ©ant, faire naĂźtre, produire
Śš Ś Ś© tĂȘte, personne, homme / chef, sommet, chose principale/commencement
Śš Ś Ś© Ś ŚȘ premier Ă©tat
Ś Ś© Ś ŚȘ ( retrouvĂ© dans : Ś Ś© Ś Ś : chald. souvent au pluriel : « fondements », « bases », » piliers »)
Ś ŚȘ : tu, toi ; auprĂšs de…; lui-mĂȘme.
Ś Ś© Ś : femme ; offrande
Ś ŚȘ Ś : « toi » fĂ©minin
Ś Ś Ś Ś ) Ś Ś Ś Ś Ś ) : D. renfermant toutes les forces, tous les attributs ; dieux, anges…
Ś Ś Ś fatiguĂ©, accablĂ© ( triste?)
Ś Ś Ś permutĂ© en : Ś Ś Ś languir ; chald. Rien
 » fatigué du vide »?
Ś Ś Ś permutĂ© en : Ś Ś Ś Ă©mouvoir, agiter, troubler ; se lamenter
Ś Ś dans
Ś ŚȘ Ś toi fĂ©minin ; venir arriver /
Mich. 4.8 « elle viendra à toi »
et l’extension : Ś Ś ŚȘ -Ś ŚȘ l’avenir
(*Quand Aragon chante : « la femme est l’avenir de l’homme » , il ne se doutait pas que l’idĂ©e pouvait dĂ©jĂ avoir germĂ© dans les premiers souhaits formulĂ©s par D.)
(Ś Ś© Ś Śą Ś ŚȘ ( Ś Ś© Ś Ś Ś :
Ś Ś Ś permutĂ© en Ś Ś Ś : cri de joie / bon ; je vois!
( Śš ŚŠ ( Ś se plaire, trouver plaisir / vouloir, aimer
( * les derniers mots m’Ă©voquent le titre de la chanson de Florent Pagny…)
Ś ŚŠ fragment, piĂšce
Ś Śš Ś„ terre
Et lĂ j’ai eu un problĂšme : je cherchais en quoi le groupe : Ś Ś ŚȘ pouvait ĂȘtre traduit par « les cieux » comme on le trouve dans les traductions officielles… Or, en interchangeant la place des lettres, on peut avoir :
( ŚȘ Ś Ś (Ś limite extrĂȘme ; dĂ©sir, souhait
ŚȘ Ś Ś marquer les limites, tracer par des signes
Autre positionnement : Ś Ś ŚȘ signe, symbole, miracle
Or, dans : (Ś Ś (Śš
nous avons « lumiĂšre » et « soleil » et Ś Śš crĂ©er
Ś Śš rien
Ś Ś Śš ĂȘtre Ă©clairĂ©
… que l’on rencontre dans le souhait formulĂ© :
Ś Ś Śš Ś Ś Ś Ś Ś Śš Ś Ś Ś
traduit par : « Que la lumiÚre soit, et la lumiÚre fut. »
Cirdec.
âŽ
L’histoire qui se dessine derriĂšre l’Histoire exprimerait-elle l’Ă©tat d’esprit de D. Ă l’origine de la crĂ©ation ?
Et contiendrait-elle dĂšs les premiers mots du v.1 les germes Ă venir ?…
Au commencement, D. fatigué du vide, fit entendre une plainte qui ébranla le vide ; puis Il (poussa) un cri de joie :
« Bon ! Je vois ! »
Or, prenant un fragment de sa LumiĂšre, Il en traça les limites par des signes et des symboles dans le vide qui fut alors Ă©clairĂ© ; et Il crĂ©a, par ce miracle, le soleil et la terre â les piliers du monde naissant. Il y fit naĂźtre l’homme qu’Il plaça au sommet de toutes choses.
Et lui dit :
« Toi, (mon fils), l’Ă©lu, (sois) plein de puretĂ© et d’innocence ; je ferai venir auprĂšs de toi une femme » ; et Ă la femme : « Toi, le femme, reste auprĂšs de lui et offre lui ton amour. ( Car ) mon souhait est que vous vous aimiez. »
On peut certes remettre en question cette variante, grammaticalement parlant… Mais il y a sĂ»rement d’autres possibles encore symboliquement parlant…
La lettre BEITH.
Nos sages se sont posĂ©s la question : Pourquoi avoir commencĂ© le rĂ©cit de la crĂ©ation par la lettre Beith qui n’est pas la premiĂšre lettre de l’alphabet ? Parce que Beith s’inscrit dans un carrĂ©, avec un cotĂ© ouvert Ă l’avant. Il est fermĂ© en haut, en bas, et en arriĂšre. Ceci pour indiquer que l’homme, ne doit pas chercher Ă savoir ce qui se passe au ciel. Ce qui se passe dans le monde d’en bas. Ni ce qui existait avant la crĂ©ation.
La seule maniĂšre intelligente de vivre, est d’avancer dans la seule direction qui lui soit ouverte, vers l’avant.
Et puis :
L’origine graphique du Beith est le dessin d’une Maison = BaĂŻth (ŚŚŚȘ).
Cette demeure, ce foyer, reprĂ©sentĂ© par Beith est le matĂ©riel indispensable Ă l’homme.
Puis encore ; la lettre Beith est la préposition par laquelle Dieu commença la création ;
– BĂ© RĂ©chith = Au Commencement – Mais si on inverse les termes, on obtient les mots ;
– RĂ©chith Beith = D’abord la Maison – La maison est un fondement du monde physique.
La premiĂšre et la deuxiĂšme lettre de l’alphabet Ă©crivent le mot Av (Aleph-Beith) = PĂšre. C’est le pĂšre spirituel qui allie la sagesse Ă l’intelligence. Mais c’est aussi le Aleph Beith Nom gĂ©nĂ©rique de l’alphabet HĂ©breu, qui a servi Ă la crĂ©ation du monde.
Dans Beith (Beith-Yod-Thav) écrit en pleines lettres, sont contenus les mots :
– Bei (Beith-Yod) – qui se traduit par – chez ou Ă©cole
– Bi (Beith-Yod) – qui se traduit par – de grĂące ou s’il vous plaĂźt
– Bath (Beith-Thav) – qui se traduit par – fille
– BaĂŻth (Beith-Yod-Thav) – qui se traduit par – maison
Alors quand l’Ăternel commence son rĂ©cit de la crĂ©ation par un Beith c’est qu’il veut que celui ci soit, sa maison, son Ă©cole, sa fille. Beith ne peut ĂȘtre autre chose que : Le corps en puissance d’ĂȘtre, un contenant de vie (animal ou vĂ©gĂ©tal).
Il était normal que Beith soit choisi pour la création du monde.
C’est Ă©galement l’initiale du mot Baroukh, bĂ©nir, et BĂ©rakhah, bĂ©nĂ©diction. Et comme l’Ăternel voulut que sa crĂ©ation soit une bĂ©nĂ©diction, il fit commencer les deux premiers mots de la bible par un Beith (BĂ©rĂ©chith Bara). La valeur numĂ©rique de Beith est deux. Les deux premiers mots de la bible commencent par un Beith. Ceci pour nous indiquer que la crĂ©ation est divisĂ©e en deux parties, une visible, l’autre invisible, et qu’ici bas toute chose Ă son contraire.
Le bien le mal. Le bon le méchant.
Le chaud le froid. Le jour la nuit.
Le riche le pauvre. Le fort le faible.
Le dur le mou. etc. etc.
Cette création a été basée sur une alliance. Alliance incluse dans le premier mot Béréchith (Beith-Reich-Aleph-Chin-Yod-Thav). Pour la trouver, faut prendre :
– Les deux premiĂšres lettres Beith-Reich = Ber ;
– Et les deux derniĂšres lettres Yod-Thav = Ith ;
– Ces quatre lettres Forment le mot BĂ©rith (Beith-Reich-Yod-Thav) = Alliance ;
– Les deux lettres centrales restantes Aleph-Chin forment le mot Ech = feu ;
Ainsi BĂ©rĂ©chith peut s’interprĂ©ter par « L’alliance du feu » ;
Faut noter aussi que l’orthographe de BĂ©rĂ©chith forment la locution : YarĂ© Bocheth (Yod-Reich-Aleph / Beith-Chin-Thav) = « Il a honte » ou « Il a peur ».
Alexandre Safran, dans son livre La Qabale nous explique qu’ici :
« La honte, n’est pas considĂ©rĂ©e comme un sentiment pĂ©nible de dĂ©shonneur, mais plutĂŽt comme un sentiment de gĂȘne, causĂ© par l’incapacitĂ© de connaĂźtre Dieu.
Le Zohar nous dit : Celui qui ne connaĂźt point la honte, n’a pas assistĂ© Ă la rĂ©vĂ©lation sur le mont SinaĂŻ.
Ce sentiment de gĂȘne est considĂ©rĂ© comme un sentiment de future vertu. La peur de la turpitude empĂȘche que le pĂ©chĂ© ne se produise. L’effet de l’infamie, provoque l’abandon du pĂ©chĂ©, et hĂąte le repentir. »
Quelques mots commençant par un Beith :
– BĂ©riyouth (Beith-Reich-Yod-Aleph-Vav-Thav) = la santĂ© ;
– Bari (Beith-Reich-Yod-Aleph) = Sain (au masculin) ;
– BĂ©ria (Beith-Reich-Yod-Aleph-HĂ©) = Sain (au fĂ©minin) ;
– BĂ©riya – se traduit par « crĂ©ation » ;
– Bara – se traduit par « crĂ©er » ;
Ainsi, ĂȘtre en bonne santĂ©, c’est se situer en position de crĂ©ation et de re-crĂ©ation incessante. Etre en bonne – SantĂ© = BĂ©ria, c’est aussi ĂȘtre une CrĂ©ation = BĂ©riya se percevant et se vivant en naissance et re-naissance incessante.
C’est dans cette perspective que les Rabbins qabalistes ont mis en place la dialectique de Ani et Ayin. Soit du « Je » et du « Rien » :
– « Je » se traduisant par Ani ( Aleph-Noun-Yod) – Ces mĂȘme lettres formant le mot :
– « Rien » qui se traduit par Ayin (Aleph-Yod-Noun).
Il faut comprendre que Aleph est la pulsation Divine, qui anime Beith la création. Nous nous en rendons encore mieux compte avec :
– Im (Aleph-Mem) = La mĂšre – – Av (Aleph-Beith) = Le pĂšre.
Tous deux commencent par un Aleph – Tandis que :
– Bath (Beith-Thav) = La fille – – Ben (Beith-Noun) = Le fils.
Commencent tous deux par un Beith.
Encore quelques mots qui commencent par un Beith.
BĂ©yitsah (Beith-Yod-Tsadi-HĂ©) = Ćuf ;
Béyitsith (Beith-Yod-Tsadi-Yod-Thav) = Ovule ;
Balouth (Beith-Lamed-Vav-Teith) = Gland.
Remarquons que si ces mots commencent par la lettre Beith c’est que leurs significations est bien prĂ©cises. Ils ne sont que des corps en puissance d’ĂȘtre, des contenants de vie (animal ou vĂ©gĂ©tal)
Samy.
âŽ
Beth â Maison.
Valeur de la lettre 2
Sa guématria est de 412 et par cette valeur la lettre Beth se rapproche de Aryeh, le Lion.
La Sephira qui lui est associĂ©e est âHessed, lâaspect de compassion de la DivinitĂ©.
La lettre Beth fait partie des 7 Kafouloth ou lettres doubles de lâalephbeth hĂ©braĂŻque et comme le dit Virya en son ouvrage Kabbale et DestinĂ©e : « Les 7 doubles sont construites Ă lâimage de lâunivers, en dualitĂ© : en Force-Faiblesse, Jour-Nuit, LumiĂšre-TĂ©nĂšbre. Câest le mouvement de lamanifestation duelle. Les 7 Kafouloth servent Ă dĂ©signer la formation de lâespace et du temps : 7 directions, 7 planĂštes, 7 jours dans la semaine, 7 couleurs, 7 ouvertures de la tĂȘte, 7 palais cĂ©lestes, 7 degrĂ©s de perfection, lâhexagramme plus le point en son centre, etc… Tous les aspects de la symbolique du 7 y sont rĂ©sumĂ©s » (p. 38).
Selon le Sefer Yetsirah et le Serfer Kitouri, la lettre Beth est associée aux éléments suivants :
– planĂšte : Saturne
– jour : samedi
– oeil droit dans le corps
– qualitĂ© : sagesse
– direction : haut.
– Tarot : la Papesse
Bethestla lettre de la dualitĂ© et de la demeure qui supporte les mots Besod â dans le secret – et BemitsotaĂŻv â dans ses commandements. Cela nousrappelle que la crĂ©ation doit se plier aux lois afindâexister harmonieusement.
Nous ne rappellerons pas ici que lepremier mot de la Torah â Bereshit – commence par cette lettre et nousrenvoyons le lecteur au texte de Samy.
Le Bahir, chapitre 14, dit: «Pourquoi la lettre Beth est-elle fermĂ©e de tous les cĂŽtĂ©s et nâest ouverte que par devant ? Câest pour tâapprendre quâelle est la maison pour le monde ». En effet, la lettre Beth sâouvre sur le texte de la Torah et cela nous enseigne donc quâelle est bien la lettre de la demeure du Texte comme il est dit dans le Zohar : « Ainsi la Torah rĂ©side dans le Beth, la maison du commencement » (Zohar I, 50b).
Terminons cette courte intervention en citant Roland Bermann : « Le Beth contient donc lâĆuvre de la crĂ©ation, il est la maison, le temple et le sanctuaire, demeure du Principe et demeure de lâĂcriture, le chemin du PĂšre vers le Fils ; il est le lieu du cĆur et par lui viennent et la bĂ©nĂ©diction et lâalliance » (R. Bermann, Voie des Lettres, voie de Sagesse, p 62, Dervy Ă©ditions).
Spartakus
âŽ
Midrash Rabba sur le Beth :
Rabbi Yonadit au nom de Rabbi Levy : Pourquoi le monde fut-il créé avec la lettre »Beth » (Ś) ? (La Thora dĂ©bute par la deuxiĂšme lettre de l’alphabet « Berechit Bara »)
RĂ©ponse : De mĂȘme que le « Beth » est fermĂ© de tousles cĂŽtĂ©s et ne s’ouvre que vers l’avant, tu n’es pasautorisĂ© Ă demander: Qu’y a-t-il au-dessous, au-dessus (du monde),avant et apreslui? Tu t’interrogeras uniquement sur ce qui est posterieur au jour de la creation du monde.
Commentaire de Bar Quappara : « Sonde les premiers jours qui t’ont prĂ©cĂ©dĂ©, Ă partir du jour oĂč Dieu les a créés » (Deut.4:32).
Tu peuxsonder ce qui est « à partir du jour » ou ils furent crees, mais non ce qui est anterieur Ă ce jour. »ce qui est depuis les debuts des cieux jusqu’Ă leur fin » (ibid). interroge et scrute, mais n’interroge ni ne scrute ce qui leur est anterieur.
Rabbi Yehouda ben Paazi commenta l’oeuvre du commencement dans les mĂȘmes termes que Bar Quappara.
Pourquoi le monde fut-il créé avec la lettre « Beth » ? Pour t’apprendre qu’il y a deux mondes : (la valeur numĂ©rique de la lettre « Beth » est deux) ce monde-ci et le monde Ă venir.
Autre interprĂ©tation. Pourquoi le « beth » (Ś) ? Parce qu’il est signe de bĂ©nĂ©diction « Berakha ». Pourquoi pas « l’Aleph » (Ś) ? (premiĂšre lettre de l’alphabet) Parce qu’il est signe de malĂ©diction « Arira ».
Autre interprĂ©tation. Pourquoi le « Beth » ? Parce qu’il a deux pointes, l’une en haut, l’autre en bas et en arriĂšre .
De sorte qu’Ă la question « qui t’a créé ? » il montre sa pointe du haut en disant: Celui qui est la-haut m’a créé.(et Ă la question) « quel est son nom » il montre sa pointe de derriĂšre en disant « Y-H-V-H » est son nom. (la pointe arriĂšre est dirigĂ©e vers la lettre qui la prĂ©cĂšde dans l’alphabet, c’est-Ă -dire le « Aleph« , qui par sa valeur numĂ©rique – l’unitĂ©- dĂ©signe Dieu.)
Plus sur le sujet :
Qabbale du Beith par Emmanuel Levyne, Cirdec, Samy et Spartakus.
