Alphabet magique du Transitus Fluvii

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Article publié le 12 fév 2011

Par Spartakus FreeMann

Après avoir étudié l’alphabet céleste, nous allons à présent passer au second alphabet que l’on retrouve dans le De occulta philosophia d’Agrippa : le transitus fluvii ou « de la traversée du fleuve ».

Figure 1 - De occulta philosophia

Figure 1 – De occulta philosophia

De semblables alphabets se trouvent à la fin de manuscrits syriaques (par exemple, mss. Sachau 53, 70, 116, dans la collection de Berlin) ; et l’un d’entre eux s’est même « infiltré » dans la grammaire hébraïque d’Abraham de Balmes[1] où il est expressément donné comme un alphabet mésopotamien. Il se trouve aussi dans le livre cabalistique Sepher Raziel.

Duret l’appelle « alphabet d’Abraham », que les Juifs assurent avoir été donné au patriarche lorsqu’il quitta la Chaldée pour venir habiter le pays de Chanaan[2]. Goeffroy Tory, rapportant les dires de Sigismond Fante, le fait remonter, quant à lui, à Moïse : « caractères utilisés par les Hébreux lors de leur passage dans le désert » (voir figure 8 en annexe). Rappelons que son ouvrage, le Champs Fleury[3], est paru en 1529, soit 4 ans avant la parution de la version définitive du De occulta d’Agrippa.

Cet alphabet est encore présent chez Guillaume Postel, dans un ouvrage publié en 1538 et décrivant 12 alphabets dont le chaldéen où Postel range notre transitus fluvii[4].

Figure 2 - Postel : alphabet chaladaïque,fol 17.

Figure 2 – Postel : alphabet chaladaïque,fol 17.

Nous ne saurions être complets sans citer les liens que certains ont tissés entre cet alphabet et le célèbre langage énochien de John Dee. Cet alphabet apparaît dans le Liber Loagaeth, connu aussi sous le nom de Livre d’Enoch, qui fut révélé à Dee et à Kelly en mars 1583 et qui est consignée dans le Liber Mysteriorum Quintus.

L’Ange Galvah déclare à son propos : « Concernant le Livre, il doit être appelé Logah : ce qui dans votre langue signifie Parole de Dieu. Écris-le de la sorte : LOAGAETH, il doit être prononcé Logah. Ce mot est d’une grande signification, je veux dire en respect de la profondeur qu’il renferme. La première feuille (comme tu l’appelles) est la dernière du Livre. Et comme la première feuille est un fatras sans ordre, elle signifie donc le désordre du monde, et est la Parole de ce désordre ou prophétie. »

La première feuille de ce manuscrit donnée à Dee et à Kelly contenait l’alphabet dit « angélique » (voir figure 10 en annexe). Les noms des lettres, le sens de l’écriture et leurs équivalents en anglais ont été donnés aux deux hommes, et il leur a été dit de les mémoriser avant de continuer.

Figure 3 - Alphabet angélique sous une forme typographique

Figure 3 – Alphabet angélique sous une forme typographique

Certains chercheurs on voulu voir comme origine, ou source, de cet alphabet la Voarchadumia de Pantheus qui contient notamment notre « transitus fluvii » (voir figure 4),  et un « alphabet d’Enoch ». Dee possédait un exemplaire de ce livre, qu’il a fortement annotée, et qui a pu lui servir de source d’inspiration, entre autre, pour sa Monas Hieroglyphica. L’origine de l’énochien dont nous ne pouvons traiter ici a été étudié par Hiramash (voir son site hiramash.net) qui soulève avec intérêt qu’« une hypothèse historique avait été avancée que le Moïse historique devait écrire en alphabet samaritain. Si cette homme avait eu une quelconque expérience avec le monde divin, peut-être l’énochien ne serait-il qu’une forme déviée du samaritain ? La graphie samaritaine n’a pas la rondeur de celle de l’énochien, toutefois les ornements et inflexions du tracé peuvent avoir des points communs ». Si on le suit, cette source ne pourrait-elle être cette écriture chaldéenne que les grammairiens des langues sémitiques du 16e siècle appelaient chaldaïque et que les mages nomment « transitus fluvii » ?

Quoiqu’il en soit, la postérité de cet alphabet perdure jusqu’à nos jours, où les chercheurs de mystères le relient aux événements « réels » ayant inspiré le film Blair Witch…

Spartakus FreeMann, octobre2010 – février 2011 e.v.

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Bibliographie :

—     Egidius Cardinalis, Lib. de hebraicis elementis ;

—     Paulus Riccius, Thalmud des Juifs ;

—     Pic de la Mirandole, Lettre aux amis inconnus.

—     P. Crinitus, De honesta disciplina, liv. xxv, ch. 3.

—     Cornelius Agrippa, De la vanité des sciences, ch. ii, et le De occulta philosophia.

—     Arius, Montanus, t. iii, Apparatus , cap. de Cyclo.

—     Teseo Ambrogio (Theseus Ambrosius), Introductio in Chaldaicam linguam, Syriacam atque Armenicam et decem alias linguas characterum differentium (1539)

—     Postel, Guillaume (1510-1581), Linguarum duodecim characteribus differentium alphabetum : introductio ac legendi modus, longe facilimus, linguarum nomina sequens proxime pagella offeret, 1538.

—     F. Louis Vivez, liv. 1, de son Globe des Canons et secrets de la langue sainte, et divine Ecriture, ch. 1.

—     Duret, Trésor des langues, p. 123.

—     Reuchlin, De arte caballistica.

—     Legendre. Traité de l’opinion, liv. iii.


Notes :

[1] Miknêh Abraham, Venise, 1523, fol. 10.

[2] Duret, Thresor des langues de cest univers, p. 124, et Theseus Ambrosius, Appendix multarum diverserumque linguarum. Teseo Ambrosio est né à Pavie en 1469, savant augustin, d’un talent éclectique, il fit imprimer dans l’abbaye de St. Pierre in Coelo Aureo, dont il était l’abbé, cette première introduction concise aux langues proches-orientales.

[3] Voir la reproduction de la planche en annexe.

[4] Postel, Guillaume (1510-1581), Linguarum duodecim characteribus differentium alphabetum : introductio ac legendi modus, longe facilimus, linguarum nomina sequens proxime pagella offeret, 1538.

Karmic Oil, Horacio Cardozo, 2006.

Karmic Oil, Horacio Cardozo, 2006.

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2 Commentaires to “Alphabet magique du Transitus Fluvii”

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