Article publié par EzoOccult le Webzine d'Hermès et mis à jour le : 29 juin 2019

Rituel opératif et général martiniste

Préliminaires :

  1. Régime alimentaire : Le jour de l’opération, on devra observer une sobriété raisonnable. Il sera bon de dîner légèrement et de ne boire que de l’eau pure durant le repas. Proscrire, si possible, ce jour-là, le tabac et les excitants tels le café.
  2. Régime sexuel : Il est bien évident que tous les excès devront être totalement prohibés dans les jours précédant l’Opération. Le nombre de ces jours en fonction de l’âge et du tempérament de l’opérant. Mais ce dernier ne devra avoir eu, si possible, aucune conjonction sexuelle depuis au moins vingt-quatre heures. Si l’opérant est une femme, elle ne devra jamais opérer durant la période de son impureté mensuelle.
  3. Lieu de l’opération : L’idéal est assurément une pièce exclusivement consacrée à l’étude, la méditation et la prière, cabinet de travail, salon…
  4. Vêtements : Le mieux est de revêtir l’aube de lin ou de toile blanche. C’est là le vêtement traditionnel. Elle sera complétée d’une cordelière de coton ou de soir, de couleur rouge, et devra faire deux fois le tour de la taille et retomber en deux brins sur la jambe gauche, d’une longueur de soixante centimètres au plus pour chaque brin. Ceux-ci seront terminés par un gland de même nature (soie ou coton). L’aube devra tomber à environ quatre doigts du sol.

Rituel opératif et général martiniste

On aura aux pieds des sandales de raphia en été, des chaussons de laine en hiver, intérieurement garnis d’une semelle isolante, en liège ou en caoutchouc.

La tête sera nue, les mains non gantées. On aura préalablement quitté tous les objets métalliques habituels : bagues, montres, clefs…

L’opérateur qui oeuvrera en vêtements de ville doit savoir qu’il se prive ainsi d’une part importante de son efficience dans les « plans » immédiats, et qu’il s’expose à être pénétré par des courants psychiques qui peuvent lui retirer une partie de sa puissance spirituelle.

5. Nappe d’Opération : Elle sera entièrement constituée d’une nappe de toile de lin ou de soie, rouge cramoisie, de forme carrée, aux dimension de la coudée pyramidale ou coudée sacrée de l’ancienne Égypte (ayant servi aux mesures lors de la construction du Temple de Salomon), soit Om, 635 de côté. Ce qui est, à peu près la section dorée du mètre.

Sur la nappe, au centre, et d’environ Om, 29 de diamètre, on fera broder, peindre, ou galonner, le Pentacle Martiniste Traditionnel, de couleur blanche et noire. On posera, en place, le Bijou de l’ordre, en métal doré, à côté du Flambeau central. Si la nappe est de toile ou de soie blanche, le Pentacle sera brodé en rouge et noir. La nappe sera ourlée sans aucune garniture.

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6. Objets accessoires : On se procurera un chandelier de métal, assez haut, destiné à porter le flambeau central, qui sera posé le moment venu au centre du Pentacle. Il sera complété d’un second chandelier, plus petit, destiné à recevoir la bougie ordinaire avec laquelle il enflammera le flambeau central.

Les bougies utilisées seront de cire pure (cire d’abeille brute, ou cire liturgique, à 30% de cire d’abeille) que l’on trouve chez les marchands spécialisés.

L’encens sera de l’encens d’oliban, dit encore encens mâle, sous forme de larmes, que l’on abritera dans une boîte de métal ou une navette classique. On proscrira les encens dits d’église, pulvérisés et composés de résines fort diverses.

Le poignard (ou glaive) sera du type à garde cruciale, à lame plate à deux tranchants, pointue, droite ou flamboyante. Les ornements de la poignée ou de la garde et du pommeau, représenteront le Pentacle Martiniste, les emblèmes du Temple de Salomon. Il est préférable que la fusée soit en bois, en corne, ou si elle est en métal, recouverte d’une ligature isolante, en laine ou en soie.

L’autel sera érigé sur une table de bois face à l’orient réel. On y posera la nappe d’Opérations, le Pentacle convenablement orienté. L’encensoir sera posé à la droite du Pentacle, c’est-à-dire à la gauche de l’Opérant. Au centre du Pentacle, le Flambeau central. À droite de l’Opérant, la bougie ordinaire. Devant lui, le rituel.

7. Attitudes : L’Opérant opère debout. S’il peut le faire, il tiendra durant ses oraisons ses mains en coupe ouverte face au ciel, les coudes serrés contre le corps, et il lira le rituel posé devant lui. Si la place lui est mesurée, il tiendra le dit rituel posé devant lui, dans sa main droite et le chandelier avec la bougie ordinaire dans la main gauche.

8. Luminaire : On aura préalablement éteint tous les luminaires profanes, en particulier les lampes électriques. Il ne doit demeurer que deux luminaires du rituel, ceci en vertu d’une loi occulte qui fera venir une troisième « lumière » du fait de la présence des deux autres.

9. Généralités : L’Opérant devra faire entretenir l’aube et la cordelière dans un état de propreté parfaite. Elles ne devront pas être mélangées, lors du lavage, avec des linges souillés. Il y aura intérêt à opérer debout sur un tapis de laine assez épais, si petit soit-il.

En dehors du temps des opérations, les accessoires rituels seront enfermés, hors des mains profanes, à l’abri de toute souillure.

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L’Opérant soit savoir que les textes utilisés en ce rituel sont des textes anciens du Martinisme traditionnel du 18ème siècle, ou des textes rituéliques provenant de cérémoniaires plus anciens. Comme tels, ils sont donc déjà vitalisés par l’usage. Ceux venant du Martinisme primitif ont eu pour auteur Martinez de Pasqually lui-même. C’est le cas de la plupart des oraisons, d’ailleurs.

10. Temps de l’Opération : Pâques étant, dans l’année, avec la commémoration de la Résurrection du Christ et de sa victoire sur la mort, l’image de la réintégration de l’Humanité toute entière et de sa Réssurection, il est utile d’opérer en tenant compte d’un cycle répercutant, par une sorte d’écho psychique et spirituel, dans l’invisible, cette commémoration solennelle.

C’est pourquoi l’époque mensuelle de cette Opération générale a été fixée au dimanche suivant chaque pleine lune (Pâques étant fixée au dimanche suivant la pleine lune de l’équinoxe de printemps.)

L’heure est déterminée ainsi : de vingt-trois heures à minuit, heure réelle.

On devra tenir compte de l’heure locale, qui, souvent, avance d’une heure sur l’heure réelle. En ce cas, l’Opération aura lieu de minuit à une heure du matin.

11. Tav tracés ( + ) au cours des Oraisons : Le signe + ou encore x était le Tav hébraïque cursif, dès avant notre ère et bien après, c’était le « signe des élus » dans l’Ancien Testament, avant que l’apocalypse en fasse mention à ce titre, et bien avant que les chrétiens n’en fassent le rappel de la passion du Christ. Dans ces textes (Ezechiel notamment), il est censé être tracé sur le front des dits Elus par l’ange de YHVH.

À ce titre, il peut être utilisé par tous les initiés de toute appartenance religieuse ou philosophique, car l’ancienne Égypte, les mystères d’Eleusis, de Dionysos, les Gnostiques, ont tous connu le Tav au même titre que l’Israël ancien et ses Kabbalistes. Il était tracé à l’huile d’onction sur le front du Pontife d’Israël à l’instant de son sacre.

Enfin, pour le chrétien, quelle que soit sa confession, il est le signe du salut, celui par lequel tous les démons sont mis en fuite et dispersés. Il rappelle le triomphe du Christ sur la Mort. Les chrétiens d’Afrique du nord, aux premiers siècles, le portaient peint et tatoué sur le front. Il était l’abréviation du Tétragramme divin et les Rabbins médiévaux, dans les flammes des bûchers, s’efforçaient de la visualiser flamboyant au centre de leur front, en une sorte de vision intérieure.

L’Opérant se bornera donc à le tracer, chaque fois, avec le pouce droit, au centre de son propre front. Il pourra également, autre formule, le tracer devant lui avec la flamme de la bougie ordinaire (qui le représente dans le rituel), soit en montant de bas en haut, soit en descendant de haut en bas pour la tige verticale du dit Tav. Ce qui consiste, en fait, à tracer dans l’espace un chiffre 4, droit ou inversé. Et l’on sait l’importance de ce glyphe pour le Martinisme de tradition. Droit, il symbolise la Réssurection. Inversé, il symbolise l’Incarnation.

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Rituélie préliminaire :

Prière en revêtant l’aube et la cordelière : « Blanchis-moi, Seigneur, et purifie mon cœur, afin qu’étant lavé dans le sang de l’Agneau, je jouisse un jour des joies éternelles, mon âme enfin réconciliée. Daigne donc, O Seigneur Miséricordieux, éteindre en moi l’ardeur des passions mauvaises, afin que par la vertu de force et de pureté que tu fais demeurer en moi, je sois digne de ta Miséricorde. Par Yehshouah, notre Seigneur. Amen ( + ). »

Prière en chaussant les sandales : « Heureux ceux qui sont intègres dans leurs voies, et qui marchent selon toi, Seigneur. Puissent donc mes actions être réglées ainsi que mes pas, afin que je conserve fidèlement tes ordonnances et tes commandements, O Dieu Tout Puissant. Et que les unes et les autres me conduisent victorieux, au terme de cette vie terrestre, dans la sphère primitive dont je suis sorti par ma faute. Par Yehshouah, notre Seigneur. Amen ( + ). »

Prière en arborant le baudrier ou le sautoir de grade : « Accorde-moi, Seigneur des armées du ciel, de pouvoir toujours conserver dans l’honneur et la fidélité cet ornement précieux de ma réconciliation, et que, baudrier des combats vengeurs, il demeure par mes actes le symbole de Tes victoires. Par Yehshouah, notre Seigneur. Amen ( + ). »

Prière en déroulant le Tapis Opératoire : « Dieu éternel, Sage et fort, daigne descendre en ce lieu : sanctifie-le par ta Présence et par ta Majesté, afin que la pureté, la chasteté et la plénitude de ta Loi y résident. Et fais, selon ta parole, que « en quelque lieu que ce soit, où sera faite commémoration de mon Nom, je viendrai à vous et je vous bénirai… » (Exode 20 : 21 ). Par Yehshouah, notre Seigneur. Amen ( + ). »

Prière en disposant le Flambeau central de l’Encensoir : « Que tout soit disposé selon ta parole, O Seigneur Tout-Puissant, Toi qui règle toutes choses avec mesure, nombre et poids, car la souveraine puissance est à Toi seul et tu demeures à toujours… » Par Yehshouah, notre Seigneur. Amen ( + ). »