Les Miroirs Magiques 1

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Les Miroirs Magiques par Ernest Bosc (premiĂšre partie).

Avant-Propos

Une des plus belles facultĂ©s de l’homme, c’est la clairvoyance. Aujourd’hui peu de personnes sont douĂ©es de ce don, que certaines natures peuvent acquĂ©rir par divers entraĂźnements secondĂ©s par la bontĂ©, l’amour du prochain, et par l’altruisme.

Un jour, quand l’HumanitĂ© sera plus Ă©voluĂ©e, il existera quantitĂ© de Voyants ; tandis qu’à notre Ă©poque leur, nombre est encore fort restreint, si restreint mĂȘme, que la majoritĂ© des hommes ne connaĂźt pas, ne veut pas reconnaĂźtre ce don sacrĂ©.

Aujourd’hui, quand dans certains milieux on parle des beaux rĂ©sultats obtenus Ă  l’aide de la clairvoyance, on sourit, si l’on ne vous raille pas ; et cependant la clairvoyance est une chose toute naturelle, une simple extension d’un de nos sens physiques. Mais voilĂ  tant que l’homme voit et touche la matiĂšre solide, liquide ou gazeuse il y croit, il la comprend par ce qu’il la perçoit par ses sens matĂ©riels ; mais il doute de cette mĂȘme matiĂšre dĂšs que subtile, elle devient moins perceptible.

En effet, si l’homme essaie de voir la matiĂšre Ă  l’état fluide, Ă  l’état aithĂ©rique, Ă  l’état trĂšs subtil, cela devient plus difficile, parfois mĂȘme impossible, car dans l’état ordinaire, il nous faudra soutirer de nos yeux, toute la lumiĂšre physique qu’ils ont emmagasinĂ©e. Pour atteindre ce rĂ©sultat ; il faudra rester dans l’obscuritĂ© ; et alors cette matiĂšre aithĂ©rique pourra se colorer de diverses, nuances et nous apparaĂźtre mĂȘme Ă  l’état fluorescent, mais si nous sommes toutefois quelque peu sensitifs, comme l’ont dĂ©montrĂ© les expĂ©riences de Reichenbach pour l’od. et l’ob.

Cependant, si nous nous Ă©levons d’un degrĂ©, si nous montons un peu plus haut, nous augmentons, nos possibilitĂ©s rĂ©ceptives, parce qu’alors, nous ne faisons plus usage de nos sens physiques, mais de nos sens hyper physiques, de nos sens astraux, ceux-ci pourront dĂšs lors nous permettre -de voir la matiĂšre astrale ; c’est par une progression lente, continue et naturelle, que nous arrivons Ă  augmenter nos perceptions.

De ce qui prĂ©cĂšde, nous pouvons tirer cette conclusion : « C’est que pour percevoir l’invisible, il faut tout d’abord s’abstraire de l’ambiance visible ». Or, l’un des moyens les plus pratiques et des plus anciens, comme nous allons voir, c’est d’utiliser les Miroirs Magiques, qui permettent de soutirer de notre oeil le plus possible de lumiĂšre physique et pour obtenir ce rĂ©sultat, rien n’est plus utile qu’un miroir.

De tout temps, l’homme a cherchĂ© Ă  connaĂźtre l’avenir et certainement le miroir a dĂ» ĂȘtre utilisĂ© par lui dans une AntiquitĂ© extrĂȘmement Ă©loignĂ©e ; les Ă©tangs et les mares d’eau tranquilles ont dĂ» lui servir de premier miroir, soit que la surface brillante de l’eau eĂ»t hypnotisĂ© le Voyant, soit qu’elle ait servi Ă  centrer sa pensĂ©e sur un objet unique, quelque fĂ»t le moyen employĂ© la surface unie de l’eau amenait la voyance, la claire-vue du mĂ©dium. IndĂ©pendamment de leur emploi usuel et connu pour exercer la clairvoyance, on peut utiliser Ă©galement les miroirs magiques pour pratiquer des exercices de tĂ©lĂ©pathie comme le prouve la narration suivante que nous trouvons dans le ThĂ©osophiste.

« Ce fut (Ă©crit le correspondant de cette Revue) en dĂ©cembre 1800 que, mon frĂšre s’étant Ă©tabli Ă  Londres, je pris la rĂ©solution d’essayer de communiquer Ă  lui si possible, au moyen de la tĂ©lĂ©pathie. Me trouvant dans une ville, Ă©loignĂ©e de Londres de 113 lieues, je me mis au travail pour exĂ©cuter mon projet. Je m’assis sur une chaise dans ma chambre Ă  coucher, devant un miroir concave noirci et je m’efforçai de former une image mentale de mon frĂšre. Il m’avait dit que si j’arrivais Ă  lui faire faire un mouvement quelconque, aprĂšs que j’eusse bien visualisĂ© son image, je serais alors suffisamment en rapport avec lui pour lui communiquer mon message. Je continuai donc jusqu’à ce que je le visse aussi clairement avec l’oeil de mon esprit ou de mon mental, qu’avec mon organe optique physique.

« Lorsque je l’eus ainsi visualisĂ©, je lui dis mentalement de tourner la tĂȘte et de me regarder, ce qu’il fit. Alors je voulus qu’il leva le bras droit et qu’il prit sa montre dans sa poche, ce qui fĂ»t fait aussi. Il se produisit alors quelque chose de particulier. Bien que je pusse le voir, lui, il m’était cependant impossible, selon moi, de voir la montre qu’il devait tenir Ă  la main. J’eus alors l’idĂ©e que si je pouvais occuper sa position, je serais capable de, la percevoir. Je me glissai donc Ă  sa place et vis en effet sa montre. DĂšs que j’eus notĂ© l’heure (huit heures moins dix), la montre disparut Ă  mes yeux, et, je me trouvai de nouveau dans ma conscience normale, trĂšs fatiguĂ© par cet effort mental soutenu. Bien que les Ă©vĂ©nements fussent clairement conservĂ©s dans ma mĂ©moire, je ne trouvai pas qu’il y eut encore assez de preuve dĂ©cisive avec un contact direct avec lui. MalgrĂ© ma conviction intĂ©rieure que je l’avais atteint rĂ©ellement, ce que j’avais obtenu pouvait selon moi, ĂȘtre attribuĂ© au seul fait de la vivacitĂ© de mon imagination. J’étais lĂ  depuis sept heures, et il Ă©tait maintenant huit heures moins dix, sans avoir obtenu apparemment, quoi que ce soit. Je ressentais beaucoup de fatigue et un grand dĂ©sappointement, mais avant d’aller me coucher, je rĂ©solus d’essayer de nouveau, pensant pouvoir obtenir beaucoup plus facilement pendant mon sommeil ce que je voulais, plus que par la mĂ©thode que je venais d’expĂ©rimenter.

« Vers huit heures et demie, je me mis donc au lit, mais pas comme d’habitude. Cette fois-ci pour une certaine raison, j’avais mis l’oreiller au pied du lit, et me couchai alors sur la poitrine, Ă©tendant les bras Ă  angles droits de mon corps et appuyant le, menton sur l’oreiller. Il me semblait Ăątre dans cette position Ă  peine une minute, me rappelant l’image de mon frĂšre que j’avais vue, lorsque je sentis tout Ă  coup une vibration d’une Ă©nergie Ă©lectrique intense monter le long de la moelle Ă©piniĂšre et aboutir Ă  un point de la grosseur d’une tĂȘte d’épingle au centre de ma tĂȘte. Je ne pourrais dire si ce courant Ă©tait chaud ou froid, mais en tout cas, il Ă©tait excessivement douloureux. Il parut ensuite Ă©clater, et je fus conscient de me trouver au milieu de la chambre, observant une masse dorĂ©e lumineuse au milieu de laquelle Ă©tait une montre. C’était une montre de GenĂšve, trĂšs mince, le dessus couvert d’un verre, le boĂźtier Ă©tait en argent gravĂ© partout et portant trois empreintes de coups. Le cadran Ă©tait en argent avec des chiffres et des aiguilles dorĂ©es. Je savais instinctivement que c’était la montre de mon frĂšre et aussi que si j’avais besoin de savoir quelque chose sur elle, je n’aurais qu’à diriger mon esprit sur l’objet et que toute chose me serait dĂ©couverte. En la regardant, je m’aperçus qu’elle marquait huit heures moins dix, et dĂšs que je l’eus remarquĂ©, j’étais retournĂ© dans mon corps et rĂ©veillĂ©. Je changeai alors de position et m’endormis. Le matin en me rĂ©veillant, je mis la main sous l’oreiller et cherchai ma montre, Je ne fus pas surpris de constater qu’elle marquait aussi huit heures moins dix. C’est une expĂ©rience, commune Ă  beaucoup de personnes que si elles s’endorment en pensant Ă  l’heure Ă  laquelle elles doivent se rĂ©veiller, elles se rĂ©veilleront sans faute Ă  cette heure. »

L’expĂ©rience ci-dessus relatĂ©e dĂ©montre que la vision dans le miroir n’est pas un simple cas de tĂ©lĂ©pathie. De plus, la vive douleur, l’impression d’explosion et l’état subsĂ©quent Ă  celle-ci dĂ©montrent que l’individu, la personnalitĂ© peut sortir de son corps (se dĂ©gager) en pleine conscience ; on peut regretter toutefois que l’esprit de l’expĂ©rimentateur n’ait Ă©tĂ© occupĂ© que d’un objet insignifiant.

Nous ajouterons que des expĂ©riences isolĂ©es, qui ne sont pas le rĂ©sultat direct d’un entraĂźnement et qui ne conduisent Ă  rien de particulier ne sont pas rares. Ainsi donc l’Homme peut encore voir par tĂ©lĂ©pathie, par clairvoyance et Ă  l’aide des miroirs ; il n’a donc pas besoin de son oeil, de sa vue physique pour voir, il possĂšde encore un meilleur organe, sa vue interne, sa vision mentale. La Nature du reste, s’est chargĂ©e de nous dĂ©montrer que les divers organes de l’Homme peuvent se substituer l’un Ă  l’autre et avoir des facultĂ©s multiples. Il, faut pour dĂ©velopper celles-ci, entraĂźner ces organes Ă  de nouvelles destinations.

En ce qui concerne plus particuliĂšrement la vue, la Nature supplĂ©e Ă  cet organe par la surface mĂȘme du corps, par la peau, chez certains animalcules et cela par sensation, comme nous allons voir.

L’Homme lui-mĂȘme (certains hommes du moins), ayant les yeux fermĂ©s, bandĂ©s par un mouchoir peuvent fort bien savoir, s’ils sont dans la lumiĂšre ou dans l’obscuritĂ©, et quand ils sont dans un milieu quelconque ; ces natures sentent fort bien oĂč elles sont et ceci par sensation ; tout homme peut distinguer, s’il se trouve dans un milieu chauffĂ© par le soleil par exemple, dans ce cas, la sensation remplace la vision.

Les travaux de Raymond Dubois et de J. Renaud ont Ă©tabli d’une façon indubitable que le phĂ©nomĂšne de la vision peut en derniĂšre analyse se rĂ©duire Ă  un simple phĂ©nomĂšne tactile R. Dubois et Darwin ont dĂ©montrĂ©, le premier chez les mollusques et le second chez les vers, que le passage de l’obscuritĂ© Ă  la lumiĂšre et la durĂ©e de l’excitation lumineuse provoquent des contractions sui generis, chez des espĂšces animales, alors mĂȘme qu’elles ne comportent dans leur organisme, aucun rudiment d’oeil. Celui-ci est remplacĂ© par ce qu’on dĂ©nomme les fonctions photodermatiques qui apparaissent ainsi comme Ă©tant les plus anciennes du sens des la vue. Sous l’influence des rayons lumineux, la peau agit comme une sorte de rĂ©tine et la lumiĂšre dĂ©termine sur elle des contractions rĂ©flexes analogues, Ă  celles qui se produisent sur l’iris de l’oeil. Ceci peut dĂ©montrer que le clairvoyant n’a nullement besoin de son oeil physique pour voir, nous dirons plus, il le gĂȘne, c’est pourquoi il a recours au Miroir.

Il fixe ses yeux, sur celui-ci, afin de ne rien voir d’autre et il arrive qu’en centrant ses yeux sur le miroir, il ne voit plus rien ni dans son ambiance, ni dans son cerveau. S’isolant ainsi, il ne se sert plus que de sa vue interne, qui alors lui aide Ă  percevoir sur le miroir les scĂšnes diverses : vraies ou symboliques qui lui permettent de voir le prĂ©sent, le passĂ© et le futur et le prophĂ©tiser. Tel est le mĂ©canisme de la Voyance par l’intermĂ©diaire des miroirs magiques ; on peut l’expliquer par deux mots : abstraction et extĂ©riorisation de la personne : d’oĂč clairvoyance.

Les plus anciens miroirs magiques connus et dĂ©crits sont l’Urim et le Thumin, dont a parlĂ© MoĂŻse. On a Ă©crit sur ce sujet bien des commentaires. Philon le Juif n’y voyait que l’image de quatre, animaux symboliques ; ainsi parlant de l’histoire cachĂ©e dans le chapitre des Juges, Philon nous dit que Nichas fit en or et en argent fus, trois figures de jeunes garçons et trois jeunes veaux, puis un lion, un aigle, une colombe et un dragon : de sorte que si quelqu’un allait le trouver pour connaĂźtre quelque secret touchant sa femme, il interrogeait la colombe ; si, touchant ses enfants, le jeune garçon ; si, touchant la richesse, l’aigle ; si pour la force et la puissance, le lion ; si pour la fĂ©conditĂ©, le veau ; si pour la longueur des jours et des ans, le dragon.

Historique

L’emploi des miroirs dits Magiques, des Miroirs constellĂ©s (Ainsi dĂ©signĂ©s parce qu’ils portent souvent gravĂ©s Ă  leur revers des figures d’Ă©toiles), remontent Ă  une haute, trĂšs haute AntiquitĂ©, antiquitĂ© si reculĂ©e qu’elle se perd dans la nuit des temps et des trĂšs anciennes civilisations connues et inconnues.

L’antiquitĂ© a connu une grande variĂ©tĂ© de miroirs mĂ©talliques en usage pour la magie (Les instruments magiques Ă©taient nombreux dans Aphrodite (Ill. XIV, 225) ; la Baguette d’HermĂšs Psychopompe (Ill. XXIV, 343 et Odys. V, 4) ; le Breuvage consolateur d’HĂ©lĂšne (Odys. IV, 220) ; la Baguette et le Breuvage de CircĂ© (Odys. X, 210, 450) ; le Chant des SyrĂšnes (Odys. XII, 40) ; les Formules curatives des fils d’Autalycos (Odys. XIX, 457); etc.); aujourd’hui; dans l’Inde, les ChĂ©las utilisent encore dans les cryptes des temples des miroirs en or et en argent.

Au Japon, les miroirs magiques les plus employĂ©s sont d’assez grande dimension, ils sont en jade, en pierre de lard, ou en autres pierres de valeur, on peut en voir au MusĂ©e des Religions de l’avenue du TrocadĂ©ro, Ă  Paris, de beaux spĂ©cimens.

Des commentateurs identifiaient l’Urim et le Thumin avec les douze pierres de l’Ephod du Grand PrĂȘtre des HĂ©breux; il est vrai que d’autres ont cru y voir le nom incommunicable et celui des douze tribus d’IsraĂ«l. Varron (Dans Saint-Augustin, De civitaie, VII, 35) prĂ©tend que leur emploi est originaire de la Perse, ce qui tendrait Ă  faire supposer que ce sont les Mages, qui sont bien les inventeurs de ce mode de divination, qu’on dĂ©nomme aussi Catoptromancie (dĂ©rivĂ© du grec katoptron, miroir, et mancein, deviner) terme employĂ© par Pausanias, Spartien et d’autres auteurs de l’AntiquitĂ© (Cf. Glossaire raisonnĂ© de la Divination, de la Magie et de l’Occultisme, et Dictionnaire de l’Orientalisme, d’occultisme et de Psychologie).

Didius Julianus eĂ»t recours aux miroirs magiques pour connaĂźtre l’issue de la bataille que devait livrer contre SevĂšre, Lullius Crispinus, son compĂ©titeur Ă  l’empire. Or, comme dans l’AntiquitĂ©, on avait grande confiance Ă  la claire-vue des enfants, pour dĂ©voiler l’avenir, Didius Julianus, aprĂšs avoir attirĂ© sur la tĂȘte d’un enfant, Ă  l’aide de Conjurations, la Clairvoyance, le fit lire dans un miroir fatidique.

On nommait Specularii, ceux qui consultaient l’avenir Ă  l’aide de miroirs. C’est Ă©videmment l’emploi de l’eau en un bassin, en un rĂ©cipient quelconque, qui a dĂ» amener Ă  la catoptromancie, c’est le mĂ©dium au verre d’eau de nos jours.

Les Magiciens du Moyen-Age utilisĂšrent principalement les miroirs, mĂ©talliques, en cuivre et en Ă©tain. Ils employĂšrent Ă©galement le cristal dit de Sainte-HĂ©lĂšne, qui sert Ă  construire un miroir sous ce vocable. Nostradamus n’Ă©tait ni un Astrologue, ni un Voyant par le miroir, c’Ă©tait un grand Voyant, comme plus tard Swedenborg, cependant divers auteurs prĂ©tendent que Nostradamus s’est servi des miroirs pour diverses prophĂ©ties.

Pic de la Mirandole avait une grande confiance dans les Miroirs constellĂ©s. Il affirmait mĂȘme, qu’il suffisait d’en fabriquer un, sous une constellation favorable et de donner Ă  son corps une tempĂ©rature convenable pour lire dans ces miroirs, le passĂ©, le prĂ©sent et l’avenir. Cette derniĂšre observation est importante, nous savons, en effet, que si un mĂ©dium voyant Ă©prouve du froid, il lui est difficile d’ĂȘtre extrĂȘmement lucide.

Jean Fernel (Abditis reram causis, I, XI.) affirme avoir vu dans un miroir diverses figures, qui exĂ©cutaient des mouvements qu’il leur commandait et les gestes de ces figures Ă©taient si expressifs, que chacun des assistants, qui voyaient comme lui dans le miroir, pouvait fort bien comprendre leur mimique.

Reinaud (Description du Cabinet Blacas, p. 401, 402), nous dit : « les Orientaux ont aussi des miroirs magiques dans lesquels ils s’imaginent pouvoir faire apparaĂźtre les anges, les archanges ; en parfumant le miroir, en jeĂ»nant pendant sept jours et en gardant la plus sĂ©vĂšre retraite, on devient en Ă©tat de voir, soit de ses propres yeux, soit par ceux d’une vierge ou d’un enfant, les anges que l’on dĂ©sire Ă©voquer ; il n’y aura qu’Ă  rĂ©citer les priĂšres sacramentelles; l’esprit de lumiĂšre se montrera Ă  vous et vous pourrez lui adresser vos voeux ».

Les Chinois et les Hindous possĂšdent des Miroirs Magiques mĂ©talliques dans lesquels ils lisent clairement l’avenir ou dĂ©crivent des scĂšnes qui se passent au loin.

La fabrication des Miroirs Magiques Ă©tait connue des Romains; qui en faisaient un frĂ©quent usage.

CornĂ©lius Agrippa nous Ă©dit que de pareils miroirs trouvĂ©s dans les mains des certaines personnes, les ont fait accuser de magie et de sortilĂšges, et que leur possession mit souvent en pĂ©ril, la vie des sorciers.

De son cĂŽtĂ©, Muratori nous apprend que Martin Della Scala, fit mettre Ă  mont l’Ă©vĂȘque de VĂ©rone, sous l’oreiller duquel, on avait trouvĂ© un miroir magique ; il portait comme inscription : Fiore (fleur), que les sorciers appliquent au diable ; ce qui est confirmĂ© par la confession de saint Cyprien, qui nous dit son effet, que le dĂ©mon apparaissait souvent sous la forme d’une fleur.

On trouva un pareil miroir dans la maison de Colas de Rienzi.

Le Mercure Français de 1609 (p. 348), nous apprend qu’en 1609, on brĂ»la, en place de GrĂšve, un sorcier normand : Saint Germain, pour avoir fait usage de miroirs magiques, en compagnie d’une femme et d’un mĂ©decin.

Dans un ouvrage anglais anonyme, Magie Art, nous lisons une curieuse relation sur le sujet qui nous occupe ; elle nous apprend, que la plus ancienne mĂ©thode et la meilleure pour la divination, est celle du cristal ou de l’Urim et du Thumin ; que l’origine de celui-ci est divine, ou cĂ©leste et que les inspirations, communications et visions reçues par l’intermĂ©diaire du cristal par un saint personnage, Ă©taient absolument divines et dĂ©gagĂ©es de toute influence humaine.

L’emploi du cristal Ă  notre Ă©poque est presque aussi puissant que l’Urim et le Thumin des Juifs ; entre les mains d’un bon clairvoyant, les rĂ©vĂ©lations faites par son intermĂ©diaire sont des plus sĂ»res ; les esprits peuvent bien ne pas apparaĂźtre dans le cristal « mais le Voyant reçoit un secours magnĂ©tique pour interpĂ©nĂ©trer le monde spirituel au travers du translucide de, cristal et par cette voie le voyant entre en contact intime avec les Esprits qui peuvent converser volontairement avec des mortels. »

Disques Magnétiques

Dans une Ă©tude sur les Miroirs Magiques nous devons dire tout d’abord quelques mots sur les Disques magnĂ©tiques, car un expĂ©rimentateur habile peut les faire servir Ă  des expĂ©riences de clairvoyance.

Ces, disques sont en carton, recouverts de papiers colorĂ©s. Au centre de chacun d’eux se trouve le numĂ©ro d’ordre que la couleur du disque occupe dans le rayon solaire. Du cĂŽtĂ© gauche, on peut lire l’action que les couleurs doivent produire sur le sujet tandis qu’Ă  droite on voit le signe de la planĂšte protectrice du disque.

Les disques magiques sont au nombre de neuf : sept reprĂ©sentent les couleurs primitives. Le disque n° 8 est blanc et le n° 6 est noir, ces deux disques indiquent le commencement et la fin.

L’action de chacun de ces disques consiste Ă  frapper avec force l’imagination du sujet soumis aux Ă©preuves, chacun d’eux produit des effets diffĂ©rents les uns des autres; en voici une Ă©numĂ©ration succincte :

– Le disque n° 1, Violet, est reprĂ©sentĂ© par les plantes : Ilydrociamus nigra; Datura stramonium, Cannabis indica, etc., produit comme effet : mouvement continuel des bras et des jambes; dĂ©sir de toucher Ă  quelque chose, cris, aboiements imitant ceux du chien ; envie de mordre; ivresse complĂšte; apparitions de toute sorte de bonheur, etc.

– Le disque, n° 2, Indigo; Piper nigra produit excitation fĂ©brile, faiblesse des membres abdominaux; perte de vue; tremblement des paupiĂšres, sommeil profond.

– Le disque n° 3, Bleu; Piper cubeba, laurus camphora, assa fatida; excitation gĂ©nĂ©rale, mouvements convulsifs, envie de dormir, somnolence; abattement.

– Le disque n° 4, Vert; larmes abondantes; l’individu joue avec ses mains comme un enfant, a envie de courir; tressaillement de tous les muscles du corps; engourdissement gĂ©nĂ©ral, lĂ©thargie.

– Le disque n° 5, Jaune; strichnine, asparagus officinalis, etc.; balancement de la tĂȘte en avant et en arriĂšre; engourdissement gĂ©nĂ©ral, sommeil, somnambulisme, etc.

– Le disque n° 6, Orange; valĂ©riane officinale, tabac, etc.; agitation, Ă©nervement.

– Le disque n° 7, Rouge; prunelle vulgaire, lavande, digitale pourprĂ©e, etc.; cris aigus et intermittents, cris de frayeur.

Cf. Dictionnaire d’Orientalisme, d’Occultisme et de psychologie, Cf. Dictionnaire 2 vol. in-12 illustrĂ©, Paris.

Théorie

Pour bien comprendre ce qui se passe, lorsqu’un sensitif porte ses regards sur un Miroir Magique et le fixe d’une maniĂšre intensive, il faut se remĂ©morer, ce qu’est le Corps Astral ; nous savons qu’il comporte sept centres de forces (Chacras) qui correspondent aux plexus, et l’un d’eux Ă  la glande pinĂ©ale (trou de Brahma, Brahmarundhra) ce serait dans celle-ci, que les forces physiques se sublimeraient (au dire de certains occultistes) pour alimenter et nourrir en quelque sorte le corps subtil (corps aithĂ©rique).

Aussi cette glande a une grande importance, c’est pourquoi nous en parlons un peu plus loin.

En outre, le centre qui correspond au plexus caverneux est le siĂšge de la vision psychique (oeil de Siva) ; c’est pourquoi, pour arriver Ă  la clairvoyance, il faut concentrer toute la force nerveuse de l’organisme entre les deux sourcils, oĂč se trouve le siĂšge de la vision, pour faire arriver Ă  la conscience les impressions subies par le plexus caverneux.

Enfin, pour atteindre le but final (la claire vue), il faudra concentrer en un point de l’espace, une partie de la lumiĂšre hyperphysique (lumiĂšre astrale), afin que nos sens astraux, surtout au commencement de leur dĂ©veloppement, ne se noient pas dans ce milieu astral, ce qui arriverait fatalement, s’ils n’Ă©taient pas mis en communication avec un point spĂ©cial du plan astral.

Or les miroirs magiques rĂ©alisent cette condition surtout les miroirs concaves qui sont de beaucoup les plus puissants, car ils centrent le fluide considĂ©rable que le consultant envoie par les yeux.

Qu’est-ce que la glande PinĂ©ale ? Nous n’en savons pas grand chose, presque rien. Nous allons cependant donner Ă  son sujet quelques explications et commentaires vrais ou lĂ©gendaires.

Pascal a dit le premier je crois, dans ces temps modernes, que cette fameuse glande servait de rĂ©sidence Ă  l’Ăąme humaine. Voici donc un de ses emplois, mais qui ne nous dit pas ce que c’est que cette glande qui a Ă©tĂ© dĂ©nommĂ©e trĂšs anciennement : l’oeil unique, l’oeil cyclopĂ©en, le troisiĂšme oeil, etc.

On l’a dĂ©nommĂ©e oeil cyclopĂ©en parce que les cyclopes n’ayant qu’un oeil au milieu du front auraient Ă©tĂ© cause de son origine; en effet, quand les hommes eurent deux yeux, l’oeil unique frontal s’enferma dans le cerveau et devint la glande pinĂ©ale, qui est considĂ©rĂ©e aujourd’hui comme l’oeil de la vision intĂ©rieure ou Claire-vue.

Avec le temps, la glande pinĂ©ale est destinĂ©e Ă  devenir l’organe physique de la tĂ©lĂ©pathie, c’est-Ă -dire de la transmission de la pensĂ©e d’un cerveau Ă  un autre. En effet, dĂšs qu’une Forme-pensĂ©e naĂźt dans un cerveau, la vibration de celle-ci peut se communiquer Ă  un autre cerveau si le propriĂ©taire du premier cerveau sait se recueillir, s’isoler, se concentrer tant soit peu. La communication par ondes mentales intellectuelles s’Ă©tablit facilement si le penseur pense, nous nous plaisons Ă  le rĂ©pĂ©ter, avec fixitĂ© et ferme volontĂ© et si le lecteur de pensĂ©e (le rĂ©cepteur) s’isole suffisamment de son entourage, de son ambiance pour n’ĂȘtre pas dĂ©tournĂ© dans la rĂ©ception des ondes mentales, par toute autre rĂ©ception d’ondes, nĂ©es de formes-pensĂ©es d’autres cerveaux.

La tĂ©lĂ©graphie sans fil, par les ondes Hertziennes, peut faciliter l’intelligence des lignes qui prĂ©cĂšdent ; nous devons ajouter qu’il y a lieu de pratiquer une sorte d’entraĂźnement pour pouvoir recevoir efficacement des vibrations cĂ©rĂ©brales d’Ă©metteur au rĂ©cepteur, maison y arrive toujours avec un peu de pratique et d’expĂ©rience.

On voit par ce qui prĂ©cĂšde que la glande pinĂ©ale est un merveilleux appareil qui n’est pas sans analogie ou que du moins on pourrait comparer au phonographe; que se passe-t-il dans celui-ci ? Des sons sont Ă©mis, la pellicule qui les enregistre est impressionnĂ©e par le stylet qui fonctionne sous les ondes sonores. Vous arrĂȘtez la marche de l’appareil, on n’entend plus rien; on pourrait croire envolĂ©e Ă  jamais l’impression du son. Il n’en est rien, dĂšs que l’appareil est remis en marche, la voix, qu’on croyait perdue, renaĂźt, se fait entendre Ă  nouveau, les vibrations venues d’un autre centre se rĂ©veillent et l’on retrouve les sons entendus.

Les Miroirs Magiques
The Baleful Head (détail), par Edward Burne-Jones, 1886-1887

Il en est de mĂȘme pour la transmission de la pensĂ©e. Le cerveau s’impressionne (comme la pellicule) des vibrations du cerveau penseur et le cerveau rĂ©cepteur peut alors parfaitement synthĂ©tiser les actes et les pensĂ©es du cerveau Ă©metteur et l’Ă©change des pensĂ©es s’accomplit par la glande pinĂ©ale. Ajoutons, ici que la mise en communication de l’Ă©metteur et du rĂ©cepteur aide considĂ©rablement Ă  l’enregistrement de la pensĂ©e du transmetteur. L’attouchement entre individus c’est la mise en communication des corps dans des cerveaux.

C’est ce rapport entre individus qui explique les mouvements symboliques, fibrillaires et autres thĂ©ories Ă©mises pour interprĂ©ter la transmission des pensĂ©es. On comprend en effet que dans la vibration de la pensĂ©e, le corps ne reste pas inactif et dĂ©tachĂ© de ce qui se passe. NĂ©cessairement, il est lui-mĂȘme impressionnĂ©, mis en vibration comme appareil conducteur des ondes mentales qui fatalement parcourent des corps, qui sont en contact par la pression des mains. Ce moyen peut aider Ă  la transmission de pensĂ©e ; un autre moyen est la suggestion mentale. Nous le voulons bien ! Un fort magnĂ©tiseur peut exercer son pouvoir et impressionner le cerveau du sujet, mais comment et par quoi ? Par l’intermĂ©diaire de la glande pinĂ©ale. Sans celle-ci, le, cerveau ne pourrait probablement rien recevoir, rien percevoir, ni, ressentir.

La tĂ©lĂ©psychie (moyen de communiquer Ă  distance) sans autre objet que sa pensĂ©e, peut apporter une preuve Ă  ce que nous venons de dĂ©velopper ci-dessus ; mais la tĂ©lĂ©pathie et la tĂ©lĂ©psychie sont grandement secondĂ©es par un objet mis entre les mains du transmetteur Ă  la façon d’un objet qu’on donne Ă  un PsychomĂštre, pour exercer son art.

Le corps pituitaire aide et seconde le travail, de la glande pinĂ©ale dans la clairvoyance astrale; plus tard, au fur et Ă  mesure que l’Ă©volution humaine progressera et que les Chakras (centres astraux) se vivifieront de plus en plus, ce mĂȘme organe (corps pituitaire) deviendra l’organe de la clairvoyance mentale.

On suppose gĂ©nĂ©ralement que le corps pituitaire s’est dĂ©veloppĂ© lui, d’une bouche, chez les vertĂ©brĂ©s primitifs Ă©tait la continuation de leur canal alimentaire ; plus tard, le corps pituitaire cessa chez les vertĂ©brĂ©s primitifs de fonctionner comme une bouche et se transforma en un organe rudimentaire.

La glande pinĂ©ale et le corps pituitaire jouent un grand rĂŽle dans l’hypnotisme, quand celui-ci provient du regard que le magnĂ©tiseur projette sur son sujet Ă  la portion frontale situĂ©e entre les deux yeux, Ă  la racine du nez.

En rĂ©sumĂ©, la thĂ©orie des miroirs magiques que nous venons d’exposer, consiste Ă  soutirer en premier lieu, la lumiĂšre physique contenue dans notre mil ; secondement Ă  concentrer au foyer de nos yeux et, dans la glande pinĂ©ale, un point spĂ©cial de la lumiĂšre astrale, afin de permettre d’impressionner facilement nos sens astraux; de sorte qu’on pourrait dĂ©finir le miroir magique d’un seul mot : ‘Condensateur de lumiĂšre astrale’.

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Plus sur le sujet :

Les Miroirs Magiques 1, par Ernest Bosc : Miroirs arabes, des Battahs, Cabalistiques, Galvaniques, MagnĂ©tiques, des Sept MĂ©taux, Narcotiques, ThĂ©urgiques, des Sorciers, de Swedenborg, de Cagliostro, du Baron de Potet, EntraĂźnement et Rituel. Edition : BibliothĂšque des curiositĂ©s – 58, Rue Beaunier, Paris – 1912.

Image by CeeMon from Pixabay

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