La Gnose moderne par Joanny Bricaud.

La Gnose est cette doctrine religieuse traditionnelle qui dans l’antiquité jusqu’au 5e siècle de notre ère resta secrète, c’est-à-dire fut enseignée oralement à certaines personnes choisies. Après la mort de Jésus, cette doctrine prit le nom de chrétienne. En effet, plusieurs pères de l’Église tels qu’Origène et Saint-Clément d’Alexandrie appelaient leur doctrine Gnose. À cette époque les intellectuels accumulaient à Alexandrie tous les livres scientifiques et philosophiques de l’Orient et de l’Occident, cherchant à faire la synthèse philosophique de toutes les connaissances contenues dans ces livres. Plusieurs savants chrétiens essayèrent alors d’expliquer et développer la doctrine chrétienne ou gnose à l’aide de ces connaissances. Il s’établit alors un double courant : ceux qui ne voulaient trouver les antécédents de la doctrine chrétienne que dans la Bible hébraïque et ceux qui reconnaissaient les antécédents du christianisme dans les traditions des divers peuples.

Les premiers abandonnaient la dénomination de gnostiques pour se désigner uniquement par le nom de chrétiens et les seconds conservèrent le nom de gnostiques.

Dans la suite le courant chrétien grâce à son alliance avec les princes de ce monde, triompha du courant gnostique. Les gnostiques furent obligés de disparaître ou de se cacher. Ils se réunirent alors en secret sous les noms de Templiers, Albigeois, Rose-Croix dont les descendants en 1743 fondèrent la Franc-Maçonnerie.

Le but de toutes ces sociétés était de substituer au christianisme sémitisé et dégénéré de l’occident un christianisme ésotérique que leurs membres avaient appris à connaître en lisant les livres hermétiques de l’Orient.

Aujourd’hui la Franc-Maçonnerie française paraît avoir oublié son véritable but, n’agissant plus guère qu’au point de vue politique et n’adoptant pour ses croyances que le positivisme et le matérialisme.

Ce que la Maçonnerie française a abandonné, des ésotéristes et des maçons instruits le reprennent. Ils reviennent à la Gnose entendue comme aux premiers jours du christianisme. Armés, en outre, des magnifiques découvertes de la science moderne, ils reprennent avec plus d’espoir de succès le travail que les gnostiques avaient entrepris. Ils veulent reconstituer la doctrine chrétienne intégrale, l’appuyer sur la tradition universelle et les sciences d’observation. C’est la doctrine chrétienne ainsi exposée, qu’ils nomment gnose moderne.

Les gnostiques modernes forment une société, une assemblée ou église. Cette église est tolérante et libérale. Ses dogmes ne se présentent pas comme objets de foi, mais comme objets de démonstration philosophique et scientifique. Ses membres se divisent en parfaits qui acceptent sa doctrine intégralement et en associés à qui elle ne demande que la croyance en Dieu, en l’immortalité de l’âme, en la morale évangélique et la résolution de faire leurs efforts pour l’établissement du royaume de Dieu sur terre, de la justice et du bien.

L’église gnostique ne combat pas la civilisation moderne, elle s’interdit toute politique et respectueuse des lois civiles elle admet le divorce dans les limites fixées par les lois.

Elle est dirigée par un Patriarche, des évêques et des diacres qui s’efforcent de répandre la Gnose, c’est-à-dire une religion chrétienne qui ne soit pas en contradiction avec la science et qui tienne compte de la critique moderne.

Ses moyens d’action sont en outre du culte, les conférences et les livres. Parmi ceux-ci nous pouvons citer : la Pistis Sophia de Valentin ; le Nouveau traité gnostique de Turin d’Amelineau, L’âme humaine avant sa naissance et après la mort de Papus, L’Arbre Gnostique, petite histoire de la Gnose par Synésius et enfin le Catéchisme de l’Église Gnostique de Sophronius où est exposé tout l’enseignement de l’Église Gnostique.

+ JOHANNÈS (Joanny Bricaud), Évêque Gnostique de Lyon.

La Gnose moderne, In Le Monde Occulte, n° 3, juillet 1903.

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