Article publié par EzoOccult le Webzine d'Hermès et mis à jour le : 7 décembre 2019

AGLA, ARARITA, IAO et autres Mots de Pouvoirs dans la Magie Cérémonielle par Spartakus FreeMann.

Nous désirons offrir à l’étudiant ou au curieux qui pénètre sur le chemin de la Magie Cérémonielle quelques clés relatives aux Mots de Pouvoirs qu’il peut rencontrer dans les divers Rituels qu’il aura à étudier et à pratiquer. Certains mots peuvent sembler insensés ou mystérieux, alors qu’un examen permet d’ouvrir la compréhension de leur signification réelle, ainsi le pourquoi de leur utilisation dans les rituels. Ce qui suit est davantage une ébauche qu’une étude exhaustive. Pour ce présent travail, nous nous sommes basés sur les œuvres de Israël Regardie.

AGLA

Dans le Rituel de Bannissement du Pentagramme, on utilise le Mot de Pouvoir AGLA אגלא. Ce Mot est en réalité un Notariqon de la phrase « Atah Guibor Leolam Adonaï » (A Toi la Puissance pour toujours, Seigneur !). Il est étonnant d’apprendre dès lors que les Wiccans utilisent ce mot de pouvoir dans leurs évocations ! Adonaï est implicitement invoqué. Cependant, comme nous le verrons plus loin dans cet article, le symbolisme d’Adonaï peut se révéler différent de celui qu’on lui attribue habituellement dans le cadre religieux.

ARARITA

Un autre mot de Pouvoir souvent utilisé est celui d’ARARITA אראריתא que l’on trouve plus particulièrement dans le Rituel de l’Hexagramme, que l’on vibre aux quatre angles lors du traçage des hexagrammes que l’on associe aux forces des sept planètes. ARARITA est également un Notariqon de 7 lettres de la phrase « Achad raysheethoh ; achad resh yechidatoth temourathoh achod » (« Un est son commencement ; une est son individualité ; sa permutation est une »). Le mot achad (אחד) signifie « un » ; Raysheet (ראשׁית) signifie « commencement », rosh (רששׁ) signifie « tête » ou « début » ; yechidah (יחידה) fait référence à l’âme humaine supérieure qui est associée à Kether ; temourah (תמורה) signifie « permutation ».

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Dans la tradition de la Magick de Théléma, ARARITA est une formule liée au macrocosme, puissante dans certaines Opérations de la Magick de la Lumière Intime ou intérieure (Voir à ce sujet le Liber 813).

Notons enfin que ARARITA (אראריתא) a pour valeur numérique 813 qui est identique à la numération de Genèse I:3 : « Vayomer Elohim Yehi Aur, Vihi Aur » (Et Dieu dit que la lumière soit et la lumière fut).

ABRACADABRA

Un autre mot de pouvoir souvent rencontré dans la Magie Cérémonielle est ABRACADABRA. On ne trouve pas ce nom dans les livres des mystères kabbalistiques, par contre, le Sépher Raziel fait allusion à l’Abraxas, qui est un nom dérivé d’Abracadabra. Dans sa section 37b, le Raziel substitue Abraxas par le nom “Abragag” (אברגג), en lui donnant le sens de “divin” et en nommant de cette manière le nez du corps divin. Mais il l’utilise dans sa forme normale comme nom à invoquer pour faire apparaître une lueur dans les ténèbres, de cette manière : « Yeir Abraksas » (יאיר אברשׁכס), ce qui veut dire “Il éclaire divinement”. Les noms magiques sont obtenus par des associations, des dénaturations, des abréviations ou des combinaisons, selon des règles établies (Kabbale Extatique, chap.8).

Selon M-A Ouaknin, Abracadabra est né de la confusion entre le dibour et la amira. Abracadabra signifie littéralement, selon lui, « il a créé comme il a parlé » (hou bara kémo chedibère), et c’est donc l’expression de la Kabbale chrétienne qui assimile la création par la parole au terme de dibour et non au terme de amira. Car, Dieu créé par la AMIRA comme il est écrit « vayomèr Elohim » dix fois dans la Genèse. Il est donc probable que Abracadabra ne soit que l’expression d’une dérive occulteuse de la Kabbale chrétienne et non l’expression de la véritable Kabbale, fût-elle pratique. Son étude n’en reste pas moins utile dans l’émergence du mot de la loi de l’Eon d’Horus, Kabbale thélémite cette fois, Abrahadabra.

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Abrahadabra signifie “Je bénis les morts”, qui est un des trois mots utilisé pour bénir une épée, et ce mot semble dériver de l’hébreu “ha brachah dabarah” or “Parle la bénédiction”.

Il existe une relation entre Abracadabra et la déité gnostique Abrasax, ou dieu suprême inconnu, source des 365 émanations de la théologie perse. Dans ce contexte, Abrasax est le médiateur entre la création et la divinité. La version de Crowley a une valeur numérique de 418 en guématria ou de 22 si l’on utilise la Kabbale des Neuf Chambres.

En tant que symbole de double puissance ou d’unité du Pentagramme et de l’Hexagramme, Abrahadabra symbolise le « mariage mystique » du microcosme et du macrocosme, du monde intérieur et du monde extérieur.

On peut donc dire que Abrahadabra est le mot sacré invoquant l’union des mondes inférieurs et supérieurs au sein de l’étudiant. Utilisé correctement, ce mot a donc le pouvoir d’élever l’étudiant vers des sphères plus hautes de l’initiation. On retrouve d’ailleurs cette idée dans le Rituel Mineur du Pentagramme, au sein duquel les forces des éléments et des planètes sont combinées et équilibrées.

Selon Stavich, « en tant que médiateur, Abrahadabra suggère que puisque l’humanité est une Divinité incarnée, ‘Il n’y a pas d’autre Dieu que l’homme, et l’Homme est le Fils de Dieu, Dieu est Homme’, nous pouvons expérimenter cet état selon des étapes progressives ou selon des degrés d’expansion de la conscience. Nous pouvons être divins, mais le fossé entre la conscience mondaine du monde terrestre et la conscience cosmique de Kether est radical. C’est pourquoi nous progressons lentement et avec l’aide de différents médiateurs afin de nous assister. »

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À cette fin, nous pouvons utiliser ce mot, Abrahadabra, comme mantra, en le vibrant comme un mot sacré chargé de puissance, nous pouvons replacer son énergie dans sa puissance originelle, comme expression divine. Lorsque nous vibrons ce mot, nous devons ressentir et imaginer que les mondes inférieurs et supérieurs sont unis en nous, que nous sommes le centre du monde et de l’univers, expression de Tiphereth…

Dans son Liber IV, Aleister Crowley écrit au sujet d’ABRAHADABRA : « ABRAHADABRA est un mot à étudier in Equinox I, “The Temple of Solomon the King”. Il symbolise le Grand Œuvre achevé, et il est donc un archétype de toutes les opérations magiques mineures. Il est dans un sens trop parfait pour être appliqué par avance à quelqu’une d’entre elles. Mais un exemple d’une telle opération peut être étudié in Equinox I, “The Temple of Solomon the King”, où une invocation d’Horus basée sur cette formule est donnée en entier. Notez la réverbération des idées les unes contre les autres. La formule d’Horus n’a pas encore été suffisamment travaillée dans tous ses détails pour justifier un traité sur sa théorie et sa pratique exotériques ; mais l’on peut dire qu’elle est à la formule d’Osiris ce qu’est la turbine au moteur alternatif ».