Article publié par EzoOccult le Webzine d'Hermès et mis à jour le : 19 août 2019

Le Mutus Liber – Planche 4 par Serge Hutin. 

Dans cette planche au fond, nous voyons la rosée céleste qui descend des cieux pour être récoltée par l’alchimiste.

Nous devons comprendre que cette rosée a une relation intime avec les bains de purification des alchimistes médiévaux. Cette rosée ou vapeur divine n’est autre que le produit de la transmutation alchimique de nos sécrétions sexuelles ; pour cette raison, ladite rosée descend entre le soleil et la lune.

Le Mutus Liber – Planche 4

Ces deux astres, comme nous l’avons déjà dit antérieurement, sont la représentation de l’alchimie macrocosmique réalisée par les deux éléments primordiaux ; soleil = soufre, lune = mercure.

Dans le « microcosme », cette transmutation se réalise grâce à l’action des deux éléments de base (soufre et mercure) symbolisés par le bélier et le taureau. Ces deux éléments animaux symboles astrologiques de l’action printanière, nous invitent à penser que le travail alchimique se réalise avec un feu érotique semblable à la force que possède le printemps, dans son influence sur la nature.

Il est intéressant d’observer les deux personnages de cette figure habillés en paysans, car ceci nous rappelle que beaucoup d’alchimistes médiévaux parlèrent au sujet du travail du Grand-Oeuvre (intérieur) en termes « d’agriculture céleste ».

Il est évident que pour atteindre l’Auto-Réalisation intime de l’Être, nous devons travailler très durement notre terre philosophale (corps physique).

Pour cette raison, le livre du Deutéronome biblique a dit : « changez votre nature et vous atteindrez ce que vous cherchez ».

Il est intéressant d’observer que pour fabriquer nos corps internes ésotériques de base (astral, mental et causal), nous devons travailler intensivement dans le sacrement de l’amour. Ces véhicules (que doit posséder tout véritable adepte) constituent les véhicules de manifestation de l’Être profond intérieur.

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Ces véhicules sont symbolisés dans cette planche par les cultures protégées par 5 toiles. Ces toiles sont en elles-mêmes la structure des corps suivants : physique, vital, astral, mental et causal ; pour cette raison nous voyons deux paysans en train d’essorer une de ces toiles pour en extraire la rosée qui y a été accumulée.

Ceci veut dire que chaque corps doit s’imprégner de ladite rosée (ens seminis transmutée) pendant la pratique de la Magie Sexuelle. Il est intéressant d’observer que le sol est dénudé, car le travail alchimique sexuel s’accomplit dans le silence des sages, corps contre corps (nu) entre l’homme et la femme.

Sous l’effet de la chaleur (feu érotique bien conduit), nous obtenons la rosée céleste (la vapeur sublime) qui nous transporte à la hauteur de l’Être.

Il est important de ne pas perdre une seule goutte de cette rosée céleste (mercure ens seminis) ; l’alchimiste perd sa rosée quand il commet l’abominable crime de l’éjaculation sexuelle ; c’est la raison pour laquelle les paysans de cette planche font en sorte que toute la rosée soit recueillie dans le récipient (les organes créateurs).

Le Mutus Liber – Planche 4

Au fond de cette planche à droite, nous distinguons, jaillissant du paysage la croix de Lorraine. La croix est un symbole antique qui représente les quatre éléments de base, sans lesquels il est impossible d’atteindre l’Auto-Réalisation.

Le véritable alchimiste est celui qui sait combiner dans son laboratoire (le corps physique) la terre, l’eau et le feu.

La croix en elle-même est le symbole du martyr ; elle nous fait penser que la voie qui nous amène à la haute initiation est pleine de souffrances conscientes et de sacrifices volontaires.

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Celui qui ne sait pas souffrir, qui ne sait pas se résigner et qui ne sait pas se taire n’est pas encore prêt pour le magistère du feu.

Finalement, la croix nous invite à mourir psychologiquement, à réduire en cendre l’Ego animal. Il est d’ailleurs bon de signaler, comme l’indiquait le V. Maître Samaël, que pour naître une deuxième fois (sans risque de déviation), il est indispensable de mourir d’instant en instant, de moment en moment.

La mort ne peut se consumer sans l’aide de la croix (sexuelle), car sans elle, nous ne pouvons pas invoquer Stella Maris, la Vierge de la mer, notre Divine Mère Intérieure particulière, pour qu’elle détruise les éléments infra-humains qui nous maintiennent prisonniers dans ce monde des illusions.

Rappelons-nous que la parole croix est similaire aux paroles crisol, creuset, crucifixion, etc.

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Le Mutus Liber – Planche 4, Serge Hutin, Extrait de Commentaires sur le Mutus Liber, éditions Le Lien, 1966.