Le Temple par Willermoz

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Le Temple, par Jean-Baptiste Willermoz. Quelles sont les raisons qui nous font nous retrouver dans ce cadre rituel d’initiation et d’échanges fraternels, dans ce Temple consacrĂ©, oĂč nous puisons (et nous le croyons) aux sources vives de la tradition ?

Le Temple par Jean-Baptiste Willermoz

Je vais essayer, avec l’aide du Phil. Inc., de rĂ©pondre Ă  cette importante question, car elle est Ă  mon avis fondamentale. Nos prĂ©dĂ©cesseurs ont ouvert la voie et nous pouvons penser en effet que si l’homme s’était conservĂ© dans la puretĂ© de sa premiĂšre origine, l’initiation n’aurait jamais eu lieu pour lui et la vĂ©ritĂ© s’offrirait encore sans voile Ă  ses regards, puisqu’il Ă©tait nĂ© pour la contempler et pour lui rendre un continuel hommage. Mais, depuis qu’il est malheureusement descendu dans une rĂ©gion opposĂ©e Ă  la lumiĂšre, c’est la vĂ©ritĂ© elle-mĂȘme qui l’a assujetti au travail de l’initiation en se refusant Ă  ses recherches.

« La premiĂšre initiation, fondĂ©e sur la dĂ©gradation de l’homme et exigĂ©e par la nature mĂȘme, fut le modĂšle et la rĂšgle de celle qu’établirent les anciens Sages. La Science dont ils Ă©taient dĂ©positaires Ă©tant d’un ordre bien supĂ©rieur aux connaissances naturelles, ils ne purent la dĂ©voiler Ă  l’homme profane qu’aprĂšs l’avoir affermi dans la voie de l’intelligence et de la vertu. C’est dans ce but qu’ils soumirent leurs disciples Ă  des Ă©preuves rigoureuses et qu’ils s’assurĂšrent de leur constance et de leur amour pour la vĂ©ritĂ© en n’offrant Ă  leur intelligence que des hiĂ©roglyphes, des symboles et des emblĂšmes difficiles Ă  pĂ©nĂ©trer.

Ce ne fut qu’aprĂšs les avoir ainsi prĂ©parĂ©s qu’ils leur dĂ©couvraient la seule route qui peut conduire l’homme Ă  son Ă©tat primitif et le rĂ©tablir dans les droits qu’il a perdus ».

VoilĂ , mes chĂšres SƓurs et mes chers FrĂšres, le vrai, le seul but des initiations. Telle est cette science mystĂ©rieuse et sacrĂ©e, dont la connaissance est un crime pour ceux qui nĂ©gligent d’en faire usage et qui Ă©gare ceux qui ne se seront pas Ă©levĂ©s au-dessus des choses sensibles.

« Dans l’état actuel de l’homme privĂ© de la lumiĂšre, ce qui peut lui arriver de plus funeste, c’est d’oublier ou de nier cette lumiĂšre. Aussi l’objet principal des Sages Instructeurs de l’Initiation ne fut pas prĂ©cisĂ©ment de faire connaĂźtre la vĂ©ritĂ© aux peuples, mais de porter par leur exemple et par leur doctrine Ă  faire croire en cette vĂ©ritĂ© avec confiance et de lui rendre un sincĂšre hommage. Dans cette optique ils Ă©levĂšrent un Temple cĂ©lĂšbre, dont toutes les parties, depuis le Porche jusqu’au Sanctuaire, Ă©taient remplies d’initiĂ©s de divers rangs et fonctions. C’est ainsi qu’on prĂ©sentait Ă  l’Homme de DĂ©sir un tableau parfait de l’Univers et des agents prĂ©posĂ©s Ă  le diriger ».

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GenĂšse du Temple

Tout dĂ©bute avec le livre biblique l’Exode aux chapitres 24 Ă  30, oĂč MoĂŻse, le conducteur, reçoit, sur le SinaĂŻ, les ordres pour la construction ; « MoĂŻse redescend du SinaĂŻ et la peau de son visage rayonnait. Il convoqua toute l’assemblĂ©e et transmit au peuple les ordonnances de l’Éternel : travail pendant 6 jours, repos le 7e ; les offrandes, la confection de l’arche, du tabernacle, du chandelier, de l’autel, des toiles du parvis, des colonnes… toutes Ɠuvres pour la tente d’assignation, pour son service et pour les vĂȘtements sacrĂ©s ».

Au chapitre 36, la construction des meubles, autels et ornements s’opĂšre sous l’impulsion de l’habile BetsalĂ©el grĂące aux offrandes du peuple sous forme d’or, d’argent, de tissus, d’aromates, de bois prĂ©cieux, de pierreries… Au Ch. 40, enfin, l’Éternel demande Ă  MoĂŻse de dresser le tabernacle et la tente d’assignation le 1er jour du 1er mois de la 2e annĂ©e selon un ordre prĂ©cis. Puis MoĂŻse oindra tout ce que renferme le tabernacle, la cuve et l’autel ; il oindra de mĂȘme Aaron et ses fils pour qu’ils soient au service de l’Éternel par leur sacerdoce. Alors la nuĂ©e couvrit la tente et la gloire de l’Éternel remplit le tabernacle. Cela se passait en 1444 av. J.-C.

« Ainsi il y eut d’abord le premier temple, si l’on peut dire, l’arche du dĂ©luge, qui fut errante et flottait sur les eaux, pour nous peindre l’incertitude et les tĂ©nĂšbres des premiers temps : (GenĂšse VI Ă  VIII). Le deuxiĂšme temple, le tabernacle Ă©tait alternativement en mouvement et en repos, et de plus, c’était l’homme lui-mĂȘme qui le transportait et le fixait dans les lieux choisis ; cela afin de nous montrer les droits accordĂ©s Ă  l’homme dans sa seconde Ă©poque, droits sur lesquels il peut aspirer par intervalle Ă  la possession de la lumiĂšre. Enfin le troisiĂšme temple, celui de Salomon, Ă©tait stable et adhĂ©rent Ă  la terre, pour nous apprendre sensiblement quels sont les privilĂšges auxquels l’homme peut prĂ©tendre un jour ; privilĂšges qui s’étendent jusqu’à fixer Ă  jamais sa demeure dans le sĂ©jour de la VĂ©ritĂ© » (Louis-Claude de Saint-Martin).

Remarquons que malgrĂ© la stabilitĂ© apparente du temple de Salomon, celui-ci souffrit en subissant les affres des armĂ©es des tĂ©nĂšbres et la colĂšre des ennemis de la VĂ©ritĂ© et de la LumiĂšre : il fut renversĂ© ! Zorobabel le fit reconstruire Ă  JĂ©rusalem entre 536 et 516 av. J.-C. Zorobabel, qui signifie « adversaire de la confusion » Ă©tait de lignĂ©e royale et fit armer les ouvriers de truelles (initiation de mĂ©tier) et d’épĂ©es (initiation chevaleresque) pour se dĂ©fendre des populations locales hostiles aux IsraĂ©lites, les errants. HĂ©rode agrandit le Temple (vers -18) mais il fut anĂ©anti dĂ©finitivement par Titus (en + 70).

Car, Ă  cette mĂȘme Ă©poque, il y eut l’édification du plus merveilleux des temples, de l’arche la plus universelle non faite de mains d’hommes ; ce Temple, cette Arche sont le Christ lui-mĂȘme en qui habite en permanence le Verbe divin.

Le Christ Ă©tait, est, et reste Ă  jamais le seul et vrai « pont » jetĂ© entre l’homme et Dieu.

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Temple et QuĂȘte Initiatique

Dans sa quĂȘte initiatique l’homme recherche la parole perdue, car, retrouver cette parole, en l’occurrence le Nom incommunicable IEOVAH force active de l’Ancienne Alliance, c’est rĂ©unifier et harmoniser en soi toutes les potentialitĂ©s, toutes les manifestations de tous les niveaux de l’ĂȘtre : physique, psychique et spirituel. C’est reconstruire, en « rassemblant ce qui est Ă©pars », l’homme total ; c’est la réédification mystique du temple intĂ©rieur (le sanctuaire du CƓur) dans lequel pourra descendre (puisque devenu « vierge » par les diffĂ©rentes purifications) le Verbe, dont le Nom est IEOCHOUAH.

Retrouver la Parole perdue, c’est se recouvrir de la puissance de l’Éternel, aller vers l’unification et l’identification entre la lumiĂšre intĂ©rieure (celle qui luit dans nos tĂ©nĂšbres) et la lumiĂšre universelle extĂ©rieure. Par le Nom, Dieu se rĂ©vĂšle Ă  l’homme.

Dans ce contexte, le temple de Salomon, jusqu’à ce jour inĂ©galĂ© sauf par le Christ, est l’image, l’emblĂšme de l’homme Ă©manĂ© de Dieu dans toute sa splendeur et dans ses privilĂšges originels.

Je vous propose Ă  prĂ©sent une visite guidĂ©e du temple et le but ultime du « voyage » consiste Ă  dĂ©couvrir le NOM, au cƓur mĂȘme de l’édifice. Il faut pour cela suivre le « labyrinthe de la parole perdue et franchir »la triple enceinte ». Faut-il prĂ©ciser que ce chemin initiatique est calquĂ© sur les pĂ©rĂ©grinations des IsraĂ©lites en recherche d’une terre d’accueil, la recherche de la terre promise ?

Pour suivre cet itinĂ©raire et ses Ă©tapes cruciales, je tracerai un parallĂšle schĂ©matique entre le modĂšle du Temple, les mondes classĂ©s selon la tradition kabbalistique et la constitution de l’homme.

Le schĂ©ma parlera de lui-mĂȘme.

En Franc-Maçonnerie, thĂ©oriquement, l’apprenti, lors de son initiation, reçoit la lumiĂšre et passe du parvis dans la premiĂšre enceinte du temple : le Porche. C’est lĂ  que se tient la Loge. Il vient de mourir au monde profane et de subir sa seconde naissance, naissance Ă  un monde spirituel et initiatique. Dans le Porche il aperçoit les 4 outils nĂ©cessaires Ă  son perfectionnement physique, moral et intellectuel l’amenant progressivement Ă  la maĂźtrise et Ă  la connaissance de l’Étoile flamboyante et de la lettre G. Jusqu’à son Ă©lĂ©vation au grade de MaĂźtre-Maçon il aura Ă  cƓur de se perfectionner dans l’Art Royal, Ɠuvrant toujours et partout, autour de lui comme en lui-mĂȘme, avec justice et Ă©quitĂ©.

Dans le dĂ©roulement du rituel du 4e grade du R.É.R, le MaĂźtre-Maçon est reçu sur les ruines du premier temple (celui de Salomon) et, pour accĂ©der Ă  la seconde enceinte, c’est-Ă -dire le Sanctuaire, il lui faut passer symboliquement par la mer d’airain et s’y purifier. Cela n’est pas sans rappeler St. Jean Baptiste baptisant d’eau ceux qui sont appelĂ©s Ă  aplanir le sentier et Ă  gravir la montagne pour entendre la parole vivante du Christ. La conscience de l’initiĂ© est dĂšs lors portĂ©e sur le monde psychique, le monde de l’ñme (symbolisĂ©e par l’eau) et il devient actif sur deux plans simultanĂ©ment : le plan terrestre ou hylique et le plan psychique.

Si l’entrĂ©e dans le Sanctuaire n’est qu’un passage obligĂ©, c’est maintenant que commence rĂ©ellement la carriĂšre de sa rĂ©gĂ©nĂ©ration, dont le chandelier, l’autel des parfums et la table des pains de proposition lui indiquent les Ă©tapes. L’initiĂ© s’attache dĂšs lors au service du Temple et devient ministre du culte ; il accĂšde Ă  la cour des LĂ©vites. Devant lui il aperçoit l’étoile Ă  six branches, le sceau de Salomon, le sceau de l’union et de l’harmonie.

L’initiation Martiniste au premier degrĂ© d’ « AssociĂ© » dĂ©bute Ă  ce niveau, directement, et suppose que l’Homme de DĂ©sir ait accompli, par lui-mĂȘme, tout le cheminement dĂ©crit ci-dessus.

À force de courage, de persĂ©vĂ©rance et de priĂšres nous dĂ©couvrons dans toute sa splendeur le Nom sacrĂ© Ă©crit en lettres de feu. Il est la racine de toute chose, la vie de tout l’univers. La vision et la reconnaissance de ce Nom Ă©lĂšve notre conscience jusque dans le plan spirituel ou pneumatique ; lĂ  l’homme est dĂ©livrĂ© Ă  jamais des renaissances mortelles et multiformes puisqu’il est parvenu Ă  s’identifier Ă  l’esprit immortel universel.

BientĂŽt peut-ĂȘtre, aprĂšs cette extraordinaire dĂ©couverte, l’initiĂ© aura-t-il connaissance de la prononciation du Nom sacrĂ©… Celle-ci lui procurera le baptĂȘme de l’Esprit, la 3e naissance, naissance au monde divin et l’entrĂ©e dans la troisiĂšme enceinte : le Saint des Saints. LĂ  se trouvent l’arche et la nuĂ©e au-delĂ  de laquelle se tient l’Éternel. La 3e naissance, procurĂ©e par la prononciation du NOM central, ouvre la derniĂšre Ă©tape conduisant l’ĂȘtre Ă  sa rĂ©intĂ©gration finale.

La dĂ©couverte du Nom transpose l’homme vers l’état sacerdotal figurĂ© par l’autel des parfums. Dans cet Ă©tat aussi, l’homme sera revĂȘtu du corps de lumiĂšre et rĂ©tabli dans ses premiĂšres fonctions et prĂ©rogatives. Le Verbe divin a Ă©clos dans le temple de son cƓur.

Mais avant d’aspirer Ă  une si haute destination, attachons-nous d’abord Ă  dĂ©gager les sens symboliques de la mer d’airain, du chandelier, de la table des pains de proposition et de l’autel des parfums.

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Ornements Symboliques

La Mer d’Airain. I Rois 7 v.23.

Hiram fit faire la mer de fonte ; elle avait dix coudĂ©es ( h ) = 10, d’un bord Ă  l’autre, une forme entiĂšrement ronde, cinq coudĂ©es de haut ( v ) = 5 et une circonfĂ©rence que mesurait un cordon de trente coudĂ©es ( k ) = 30… son Ă©paisseur Ă©tait d’une palme ( t ) = 1 et contenait 2000 baths.

[une coudée 50 cm. et une palme 75mm]

· Si (iod) = la force divine, le divin créateur ;

· si (hĂ©) = le souffle de l’existence, germe de la vie ;

· si (lamed) = mouvement, dynamisme ;

· si (aleph) = principe, …

nous pourrions conclure, en ce qui concerne les dimensions de cette cuve d’airain que le Divin CrĂ©ateur souffle sur l’eau et y infuse la racine de l’existence, que de ce fait l’eau est dynamisĂ©e et que celui qui s’y plonge peut retourner au principe. De lĂ  Ă  dire que la mer d’airain contenait une eau expiatoire, une eau lustrale et purificatrice, il n’y a qu’un pas.

Souvenons-nous aussi de l’ange qui agite l’eau de la piscine qui s’appelait BĂ©thesda et qui acquĂ©rait le pouvoir de guĂ©rir le premier qui s’y plongeait, quelle que fĂ»t sa maladie. (Jean V,2)

L’eau de la cuve d’airain servait Ă  la purification des prĂȘtres du Temple, premiĂšre Ă©tape, Ă©tape primordiale sur laquelle s’enchaĂźnent les autres et qui, cependant, les dĂ©termine toutes. La mer d’airain fait aussi penser aux eaux primordiales et vierges sur lesquelles vint se poser l’Esprit divin, pour les fĂ©conder, et engendrer ainsi toute forme de vie et d’existence ultĂ©rieure. La purification est l’étape initiale et nĂ©cessaire au-delĂ  de laquelle toute entreprise sera agrĂ©able au Grand Architecte de l’Univers (abandon des mĂ©taux, des prĂ©jugĂ©s, fuite devant les vices…ne pas mĂ©dire.).

Celui qui s’y plonge est affranchi de toute souillure terrestre, il retourne aux sources vives et peut communiquer sensiblement avec les plans supĂ©rieurs. Aussi ai-je placĂ© cette mer d’airain sur la ligne charniĂšre donnant accĂšs aux plans supĂ©rieurs de l’ñme et de l’esprit.

Notons aussi que la mer repose sur 4 x 3 bƓufs (symbole des forces fructifiantes) et qu’il y a Ă©galement 12 portes permettant de passer de la cour des Gentils Ă  la cour des IsraĂ©lites. C’est maintenant, aprĂšs les ablutions, que l’initiĂ© va faire fructifier le dĂ©pĂŽt sacrĂ© qui lui fut confiĂ©. Le baptĂȘme d’eau prĂ©figure le baptĂȘme en esprit et le prĂ©cĂšde…

Le Chandelier d’Or Ă  Sept branches

Le chandelier fait allusion Ă  l’activitĂ© crĂ©atrice de Dieu durant 6 jours, puis au repos du 7e jour, quand tout Ă©tait juste et parfait. MalgrĂ© les 7 branches, malgrĂ© la diversitĂ© des aspects, c’est la mĂȘme lumiĂšre qui rayonne, c’est l’expression de l’unitĂ© dans la multiplicitĂ© des formes et dans la diversitĂ© des manifestations.

LumiÚre est ici synonyme de Vérité.

La lumiÚre luit dans les ténÚbres, symbole de la présence divine.

C’est le feu du chandelier qui rappelle aussi l’embrasement miraculeux de l’holocauste sur l’autel, signe visible de la rĂ©conciliation du peuple avec Dieu.

Ce feu sacrĂ© avait Ă©tĂ© cachĂ© lors de la destruction du premier Temple, cachĂ© mais conservĂ©, puis rĂ©installĂ© dans le Temple de Zorobabel, du cĂŽtĂ© gauche. Comment ne pas penser alors Ă  notre Dieu immanent, conservĂ© dans notre « cĂŽtĂ© gauche », au centre de notre cƓur et dont la lumiĂšre, malgrĂ© nos chutes successives, nos errements et nos faiblesses, continue pour autant Ă  briller secrĂštement !

Le chandelier Ă  7 branches rĂ©pĂšte le nombre de la lumiĂšre supĂ©rieure (celle du St.Esprit) qui Ă©claire et vivifie le sanctuaire mystĂ©rieux, le siĂšge de sa gloire… le cƓur de l’homme.

Sept symbolise le plan, le but idĂ©al vers lequel s’organisent les forces et tendent les Ă©volutions ; c’est le nombre de la plĂ©nitude.

La Table des Pains de Proposition

D’aprĂšs la Loi de MoĂŻse, on dĂ©posait 12 pains, chaque semaine, au nom des 12 tribus d’IsraĂ«l, dans le Sanctuaire. Seuls les prĂȘtres avaient le droit de toucher ces offrandes propitiatoires.

Ce pain prĂ©figure la manne cĂ©leste, le pain de VĂ©ritĂ©, le pain que JĂ©sus rompra le jour de la CĂšne et qu’Il partagera avec ses disciples en leur disant : ceci est mon corps. Selon ce sens, le pain reprĂ©sente l’invisible cause de tout.

Dans le temple de Zorobabel, le pain servait de « vĂ©hicule » par lequel la bĂ©nĂ©diction divine Ă©tait communiquĂ©e au peuple. Ce pain d’offrande Ă©tait placĂ© devant la face de JĂ©hovah, et, sĂ©journant dans le Sanctuaire, il se sacralisait ; aussi, seuls les prĂȘtres pouvaient-ils le consommer.

Ce rĂŽle premier fut renforcĂ© par l’institution christique de l’Eucharistie et depuis il est permis de penser que le Christ est rĂ©ellement prĂ©sent dans l’hostie consacrĂ©e. Mais cet aspect mĂ©rite un dĂ©veloppement qu’il n’est pas utile d’aborder maintenant.

Les douze pains sont rangĂ©s 6 par 6, pour nous peindre les deux lois sĂ©naires, sources de toutes les choses intellectuelles et temporelles. La loi du sĂ©naire est manifestĂ©e dans le rapport du rayon Ă  la circonfĂ©rence et c’est un nombre de 6 actions rĂ©unies qui a concouru Ă  la corporisation matĂ©rielle de l’univers (les 6 jours) ; que par consĂ©quent ce nombre de 6 doit diriger toutes les choses sensibles comme par exemple il dirige tout ce qui est relatif au temps : 1h = 60 mn, 1 mn = 60s, 4 pĂ©riodes de 6 heures durant une journĂ©e…

Les pains de prĂ©sentation sont des « objets sensibles », touchant nos sens, symbolisant tout ce que la terre peut produire de mieux, nourriture essentielle et indispensable. Ce seront donc les vertus les plus Ă©levĂ©es, les bĂ©nĂ©dictions les plus hautes qui se manifesteront « dans » et « par » ces pains. Dans les pains se produira l’union entre ce qui vient d’en-haut (bĂ©nĂ©dictions de l’Éternel) et ce qui vient d’en-bas (offrandes des hommes, pures et vitales).

VoilĂ  peut-ĂȘtre un sens se rapportant aux deux triangles qui s’entrelacent dans le Sceau de Salomon.

L’Autel des Parfums

La fumĂ©e d’encens est un puissant moyen de purification. L’encens est le symbole du culte des vertus actives, des priĂšres vraies, le parfum des actes sans cesse faits pour Dieu sans y songer mĂȘme.

L’encens Ă©lĂšve l’état de conscience de l’homme vers les plans de l’intuition et procure Ă  celui qui sait prier dans de telles circonstances, une indescriptible paix intĂ©rieure. L’autel des parfums Ă©tait « cubique long » et recouvert d’or pour accentuer la puretĂ© et l’inaltĂ©rabilitĂ© du parfum.

Le Tétragramme Sacré

Ce sujet, dĂ©jĂ  abordĂ© au dĂ©but de cet exposĂ©, mĂ©rite une Ă©tude particuliĂšre dĂ©passant le cadre de cette planche. Je renvoie Ă  l’excellent travail fait par une de nos SƓurs, M.B., et qui figure dans le Bulletin de Liaison N° 4 de l’O.M.L. ainsi qu’à un extrait de l’Ɠuvre de Louis-Claude de Saint-Martin intitulĂ© « À propos du NOM sacrĂ© » paru dans le Bulletin N° 7.

L’Arche d’Alliance

De mĂȘme que le grade de MaĂźtre Écossais de Saint-AndrĂ© est un grade pivot autour duquel s’articulent l’Ancien et le Nouveau Testament, de mĂȘme, me semble-t-il, le Nom sacrĂ© IEOVAH, est le pivot qui permet de basculer du Sanctuaire dans le Saint des Saints, oĂč se trouve prĂ©cisĂ©ment l’arche au-dessus de laquelle se tient l’Éternel.

La connaissance du NOM sacrĂ© et de sa prononciation permet d’accĂ©der, par la troisiĂšme naissance, au monde divin, d’ĂȘtre reçu « dans le Ciel » en prĂ©sence de l’Éternel.

L’arche est le tabernacle des VĂ©ritĂ©s rĂ©vĂ©lĂ©es, le dĂ©pĂŽt de toutes les ordonnances que le peuple devait observer. GrĂące Ă  la conformitĂ© de la rĂ©alisation de l’arche, l’homme peut y trouver le modĂšle de sa gloire ancienne et de ses connaissances primitives. L’arche servait « d’organe » aux vertus supĂ©rieures qui y descendaient

Dans Exode XXV, 22, nous lisons : « C’est lĂ  que je me rencontrerai avec toi. Du haut du propitiatoire (couvercle de l’arche), entre les deux chĂ©rubins placĂ©s sur l’arche du tĂ©moignage, je te donnerai tous mes ordres pour les enfants d’IsraĂ«l ».

LĂ , donc, oĂč est l’arche, lĂ  aussi est Élohim.

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Conclusion

Notre visite nous trace un cheminement indispensable dans la carriĂšre de notre rĂ©gĂ©nĂ©ration spirituelle et il est indispensable d’en parcourir toutes les Ă©tapes. Il s’agit pour nous de réédifier mystiquement le temple intĂ©rieur et de relever les ornements dans le sanctuaire de notre cƓur. Il s’agit, en l’occurrence, de purifier nos dĂ©sirs, nos sentiments, nos idĂ©es, nos aspirations et de les Ă©lever gratuitement, en don Ă  l’Éternel.

Pour parvenir au Paradis, au Saint des Saints, en ce lieu oĂč coulent le miel et le lait, que de sacrifices sont nĂ©cessaires ! Il faut sacrifier nos penchants, brĂ»ler nos passions et nos prĂ©jugĂ©s sur l’autel des holocaustes, enterrer notre orgueil, fuir la paresse et, Ă  chaque fois, il nous faudra plonger dans l’eau purificatrice de la mer d’airain, nous laver de tout ce qui dĂ©grade, qui avilit… Ensuite seulement notre esprit nourri par les pains sacrĂ©s peut pĂ©nĂ©trer dans un monde supĂ©rieur, c’est-Ă -dire passer le voile tendu Ă  l’entrĂ©e du tabernacle et bĂ©nĂ©ficier des secours nouveaux qui s’y trouvent, accĂ©der en somme Ă  un nouvel Ă©tat spirituel, sur-naturel. Le but ultime est d’approcher de l’arche sainte, d’entrer en contact avec la « lueur » de l’Esprit et se laisser transfigurer.

Plus sur le sujet :

Le Temple, par Jean-Baptiste Willermoz.

Image par Peter H de Pixabay

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