Cantique des cantiques chapitre 1, versets 5 EzoOccult

Article publié par EzoOccult le Webzine d'Hermès et mis à jour le : 23 janvier 2016

Cantique des cantiques chapitre 1, versets 5 par Spartakus FreeMann

[|Je suis noire mais belle…

ה שְׁחוֹרָה אֲנִי וְנָאוָה, בְּנוֹת יְרוּשָׁלִָם ; כְּאָהֳלֵי קֵדָר, כִּירִיעוֹת שְׁלֹמֹה.

Je suis noire, mais je suis agréable, filles de Jérusalem ! comme les tentes de Kédar, comme les tentures de Salomon.]

Tout d’abord, tâchons de relire à partir de l’hébreu afin de proposer notre propre traduction.

שְׁחוֹרָה : che’horah – noire, adjectif provenant de la racine שחר, être noir. Mais la même racine peut également signifier « chercher ». La Guématria de שחר est de 508, qui est la même valeur que « ‘hekh », « attends » ou « ‘hakhe », « palais de la bouche ». Ne lisons pas che’horah mais lisons sha’h raveh : שח, « pensée », רוה, « abreuvée ».

אֲנִי : ani – je, moi… Mais Ani peut se lire « aïn » אין, rien. Ani est 1.50.10 = 61.

וְנָאוָה : venawa, – et désirable de la racine נאוה, belle, désirable, convenable. Nawa mot peut signifier également « pâturage ». La Guématria de ce mot est 68 qui la numération de « kawlawl », « profané »

בְּנוֹת : benot – filles, pluriel de בת. C’est encore l’état construit de qal de בנה, construire, restaurer ou métaphoriquement construire une famille ou une maison, donc on pourrait traduire par « Fondation ». Ce mot a une valeur de 458 qui est identique à kawthan, חתן, « belle-fille ».

יְרוּשָׁלִָם : Jérusalem.

כְּאָהֳלֵי : ké’oholé – comme les tentes. כ, ki, comme, אהלי, pluriel construit de אהל אלהים, tente ou le sanctuaire de Élohim ! Et remarquons aussi dans le mot אהלים la présence de אלהים Élohim. Remarquons encore dans אהלי l’interpénétration du Nom divin Yah – יה – et du Nom divin El – אל – Et nous traduirions alors « comme Dieu ». La Guématria de ce mot : 1+5+30+10=46, 10, 1, l’Unité de la Divinité. 46 est la numération d’un nom de Dieu : אלהי. Une autre traduction peut être « brillance ».

קֵדָר : Qédar. Qui peut signifier aussi « assombrir » ou « sombre ».

כִּירִיעוֹת : ki, כ, comme. יריעות – yry’oth, pluriel de tenture par extension, ce mot, yry’oth, peut signifier « surplis » ou « plis ».

שְׁלֹמֹה : Salomon mais aussi salmah qui signifie « Manteau » ou « vêtement ».

Je traduis donc personnellement ce verset par :

« Moi, noire et belle fondation de Jérusalem, comme mon tabernacle d’Élohim, sombre comme les replis du Vêtement ».

Ou bien encore par :

« Moi, noire et belle fondation de Jérusalem, je suis, telle ma brillance sombre, pareille aux replis du Vêtement ».

Ces traductions hérétiques n’enlèvent en rien le respect avec lequel la lecture éclatée du texte fut opérée. Il s’agit juste d’essayer de lire au-delà des mots et de trouver son propre chemin dans la forêt de schèmes qu’offre l’alphabet hébraïque. Les objections et critiques sont toujours les bienvenues.

Le lecteur peut se référer aux commentaires zohariques pour ce qui tient du « noire et belle ». Le passage « fondation de Jérusalem » est expliqué par la qualité de la Shekhinah qui s’exprime : Dieu est avec le peuple d’Israël et en Jérusalem lorsque la Shekhinah est ici-bas et c’est pourquoi elle dit, avec Israël, de Jérusalem qu’elle est « comme mon tabernacle d’Élohim». Israël qui avait proclamé durant la fuite d’Égypte : « Il est mon Dieu et je lui préparerai une habitation » (Exode 15), la Shekhinah repose avec Dieu et s’unit à Lui au sein du Tabernacle.

Le Targum nous dit : « Et quand ils firent les rideaux pour le Tabernacle (et) la Shekhinah du Seigneur habita parmi eux », ce à quoi la Shekhinah répond « sombre comme les replis du vêtement », le vêtement est le rideau du Tabernacle, car la Shekhinah est un voile entre Dieu et les hommes. Sa couleur est le noir, la couleur du secret et des choses cachées ici-bas…

Dans notre traduction personnelle, nous disions donc :

« Moi, noire et belle fondation de Jérusalem, je suis, telle ma brillance sombre, pareille aux replis du Vêtement ».

Il est intéressant de regarder de plus près le lien entre le Feu et la Ténèbre…

Ténèbre en hébreu se dit choshekh, חשך, qui est la racine de she’orah, noire. La tradition nous dit que ce mot désigne le feu sacré qui n’est obscurci qu’au temps de la création. La Ténèbre dont il est question ici n’est donc pas celle du Côté du Mal, mais la Ténèbre issue de l’Aïn donc le Ani de ce verset nous fait le rappel. La Shekhinah est la noir ténèbre lumineuse car elle est le Tabernacle de Dieu enfermant ses Mystères. L’obscurité dont parle Genèse 1, 2 : « Et l’obscurité a la force de l’abîme (théhoum) » qui est le lieu secret où l’obscurité y est identique à Aïn Soph Aur. Le lieu est Maqôm, מאקום, dont la numération est 186. Et n’est-il pas dit par la tradition « l’amour est caché dans l’abîme obscur d’en haut et Malkhut est la Mère obscure d’en bas », or, Malkhut n’est-elle pas la Mère obscure Aima, אמה, qui est la résidence de Dieu, la Shekhinah.

Le lien entre la Shekhinah et la Présence de Dieu est encore révélé par le Cantique lorsque celui-ci la compare à l’aurore, schachar, שחר.

Le mot hébreu pour Tabernacle est « Mishkan » qui a une valeur numérique de 410 tout comme le Nom central du Shema Israël.

Le Tabernacle est ainsi relié à la prière qui permet de s’élever au sein des Palais (Hekhaloth) lors de la prière Barechu du matin.

En outre, le mot pour « alvéole » – se référant aux alvéoles du Tabernacle – est « aden » dont le pluriel est « adnei » qui s’écrit exactement comme Adonaï, c’est pourquoi le Ari nous dit : « Sache que les 100 alvéoles du Tabernacle sont les manifestations de la Sephira Malkhut, qui est synonyme du Nom divin d’Adonaï ».

Le Nom Adonaï, אדני, a, en fait, une valeur de 65, mais en milloui de milloui, sa valeur est de 100. Le nombre d’encoches dans le Tabernacle.

Voilà qui peut donner un peu plus de lumière au Tabernacle associé à la Shekhinah.

Cantique des cantiques chapitre 1, versets 5, Spartakus FreeMann, Nadir de Libertalia, mars 2007 e.v.

Annexes

Le Targum du Cantique des Cantiques

I,5 Je suis noire mais je suis belle, filles de Jérusalem, comme les tentes de Kédar, comme les rideaux de Salomon.

Quand le peuple de la maison d’Israël fit le veau d’or, leur visage s’obscurcit comme celui des fils de Kush qui habitent dans les tentes de Kédar. (Et) Quand ils eurent fait pénitence et que leur péché fut pardonné, la splendeur de la gloire de leur visage augmenta au point de devenir comme celui des anges. Et quand ils firent les rideaux pour le Tabernacle (et) la Shekhinah du Seigneur habita parmi eux. Et Moïse leur maître monta au firmament et mit la paix entre eux et leur roi.

Dans le Midrash du Cantique des Cantiques nous lisons : « Je suis noire mais belle. Ainsi s’exprime la maison d’Israël : je suis, à ma connaissance, noire, cependant mon Dieu me considère comme belle. Je suis vraiment noire par mes actes, mais je suis belle si les actes de mes Patriarches me sont comptés. Et en Égypte j’étais noire mais belle. La même chose peut être dite concernant ma position à la Mer Rouge ; là aussi j’étais à la fois noire et belle. Noire, comme le dit le Psalmiste : « Nos pères ne comprenaient pas tes merveilles en Égypte, ils ne se souvenaient pas de la multitude de tes miséricordes, même à la Mer Rouge » (Psaumes 106). Mais j’étais belle à la Mer Rouge lorsque j’ai dit « Il est mon Dieu et je lui préparerai une habitation » (Exode 15). Les rois d’Israël me rendirent noire, mais les rois de Juda me firent belle. Et bien que je sois un mélange de noirceur et de beauté au travers des événements ici narrés, je suis parfaitement belle pour mes prophètes ».

Zohar et divers

Et Elle s’écrie « Je suis Noire » du côté du Prépuce, « et belle » du côté de ce fil de grâce célestielle qui s’épanche sur Moi. 1:5 Ezra de Gérone : « Je suis noire ». Paroles de la Présence qui est descendue en Égypte avec le patriarche Jacob (Gen. XLVI:4) : C’est moi qui descendrai avec toi en Égypte et qui a partagé l’exil d’Israël. Nos Sages l’enseignent (Megilla 29a) : « Lorsqu’ils s’exilèrent en Égypte la Présence était avec eux comme il est écrit (I Sam II:27) : ne me suis-je point exilé avec la famille de tes ancêtres lorsqu’ils se trouvaient en Égypte ? »

C’est ainsi que « Je suis noire et belle » (Cant. 1 :5), « je suis noire » du côté de l’en bas, « et belle » je le suis du côté du concentré de l’en haut « Je suis noire » lorsque je vois tant de pécheurs qui irritent le Seigneur de toute chose et que je les nourris par le côté de ce concentré d’en bas qui est en moi, [mais je suis] « belle » du côté de l’en haut « Filles de Jérusalem » : bien que Jérusalem et le Temple soient un, le Temple est doté de plus de saintetés, de plus de noblesses. Le Temple est une chose et Jérusalem est une chose, la maison du Saint des Saints se situe à l’Intérieur d’eux car elle est l’intimité d’eux tous. Ainsi, au moment où la Reine [Malkhut] se pare de bijoux et veut s’approcher de son Époux [Tiphereth], et qu’Elle s’est ornée, Elle dit à ses foules : « Je suis noire » du côté d’en bas, « et belle » du côté du concentré d’en bas au nom de l’en haut, parce qu’il est écrit -. « Vous qui êtes attachés à YHVH votre Dieu » (Deut. 4:4), les Israélites sont attachés à Elle par cette parure plus que quiconque.

« Je suis noire et belle » (Cant-1:5) – Élie lui dit : Rabbi, toutes ces paroles étaient inscrites dans les hauteurs en ton nom avant même que tu ne viennes au monde. À présent, toutes se trouvent renouvelées comme à l’origine et elles sont toutes scellées par le sceau de cire du Roi« [Le Zohar du Cant. Des Cant., éd. Verdier]. La Présence se plaint donc, elle déplore d’être en exil et de cheminer sombre, parmi les puissances angéliques préposées aux nations. Elle s’écrie : Je suis noire assombrie par l’exil et si je ne suis pas belle comme les tentures de Salomon – Ici encore c’est le nom du Saint béni soit-Il— c’est-à-dire comme (Ex. XXIV:10) le ciel même dans sa pureté, et, dans le même ordre d’idées (Ps. CIV:2) : il étend le ciel comme une tenture. » Et Elle dit : « Je suis noire et belle, filles de Jérusalem » (Cant. 1 :5) à l’adresse des foules angéliques qui ne faisaient pas partie de ses parures parmi les intimes.

Aux intimes qui l’ont ornée Elle ne dit pas cela, mais quand Elle se rend au dehors Elle parle en ces termes au reste des foules. Aux intimes qui connaissent ses parures et qui l’ont ornée de multiples embellissements sublimes, Elle leur dit : « Qu’il me baise » (Cant. 1:1), comme je me suis convenablement arrangée pour recevoir des baisers du Roi ! À ceux du dehors qui ignorent ses parures Elle dit qu’Elle est noire du côté des êtres d’en bas, du côté du concentré de l’en bas, pour qu’ils ne la regardent pas d’un mauvais oeil en portant accusation sur ces êtres inférieurs. Ces anges n’éprouvent en effet de jalousie qu’à l’égard des êtres d’en bas ; lorsque les êtres d’en bas occupent une haute position, ils les jalousent plus que tout, et si tu dis qu’il n’y a pas de jalousie parmi eux, entre eux effectivement il n’est pas de jalousie, mais envers les autres il y en a ! Et parce qu’Elle est comme une mère sur ses fils à l’égard d’Israël, le parement le plus beau et le plus ravissant de tous, qui relève du côté du concentré de l’en bas et grâce auquel Elle monte dans l’en haut, Elle le retire face à ses foules du dehors pour qu’elles ne jalousent ni n’ accusent Israël. C’est pourquoi « Ne me regardez pas car je suis noirâtre » (Cant 1:6), ne regardez pas ce parement parce que « je suis noirâtre ». Mais parmi tous ses parements, il n’en est point de plus beau ni de plus ravissant en éminence, qui la fasse monter auprès du Saint, que ce parement issu du côté du concentré de l’en bas. Tout cela Elle le dit à ses foules et non à son Bien-aimé, c’est ainsi qu’Elle leur dit : « Je suis noire et belle » (Cant. 1:5).

Encore une explication : « Je suis noire » du côté de l’en bas, et « belle » de votre côté, vous « filles de Jérusalem », car mon embellissement dépend de vous, vous qui êtes les saintes foules angéliques. Pour cette raison ne regardez pas cet embellissement venant du côté des êtres d’en bas. Il en va en tout point comme d’une mère auprès de ses fils, car nombreux sont les accusateurs qui se dressent là, et s’ils venaient à regarder cet embellissement issu du concentré de l’en bas et voyaient combien il est ravissant et combien il convient pour s’élever grâce à lui vers l’en haut, ces foules angéliques en arriveraient à accuser et à rappeler les péchés d’Israël ; elles les accuseraient et empêcheraient de monter dans l’en haut s’unir à son Époux. C’est pourquoi [Je suis] « comme les tentes de Qédar » (Cant. 1:5), du côté des êtres d’en bas, « comme les toiles de Salma » de votre côté. Aussi, « ne me regardez pas car je suis noirâtre, ne me regardez pas du tout à cause de mes parures qui proviennent des êtres d’en bas. En effet, [69d] à cause d’eux le Soleil [Tiphereth ou Yessod] s’est irrité contre Moi, et pas seulement lui mais aussi »les fils de ma mère se sont irrités contre moi« , les pères du monde [Hessed, Gebourah et Tiphereth], quand ils virent ma noirceur du côté des êtres d’en bas. Si tu demandes : est-il convenable de s’exprimer ainsi Eh bien oui, c’est convenable pour deux raisons : la première à cause du chemin de paix, afin qu’elles n’accusent pas Israël ses fils ; la seconde pour qu’elles ne l’empêchent pas de monter, de s’unir à son Époux et d’en retirer du contentement. En effet, tout cela concerne la Lune, car à l’époque où 1’Autre côté couvre la lumière de la Lune, le Soleil ne s’approche plus d’Elle, à l’exception d’un unique fil de grâce célestielle qui s’épanche sur Elle, perçant cette coquille et brisant sa puissance et lui donnant beauté et magnificence. Et Elle dit : « Je suis noire » (Cant. 1 :5) du côté du Prépuce, « et belle du côté de ce fil qui s’épanche sur Moi » [Zohar du Cant. des Cant.].

La symbolique du noir

La mauvaise réputation de la Lune noire vient-elle de ce sombre qualificatif ? C’est vrai, le noir fait peur. Mircea Eliade nous dit du temps qu’il est « noire, parce qu’irrationnel et sans pitié ». Selon Peter Mohr « la valorisation du noir signifierait : péché, angoisse, révolte et jugement ». Selon Bachelard « une seule tache noire, intimement complexe, dès qu’elle est rêvée dans ses profondeurs, suffit à nous mettre en situation de ténèbres ».

Les ténèbres c’est aussi la nuit : Leïla ou Lavlah. Le nom même de Lilith viendrait d’elle. Et la nuit, c’est l’obscurité, le noir. Mais le noir n’est il pas la couleur la plus foncée due à l’absence de rayons lumineux ou, tout au contraire, à leur absorption totale ?

Symboliquement, cette double hypothèse influencera notre recherche. Nous faisons du noir la couleur du deuil (alors que ce sera le blanc en Orient ; et là encore on verra à quel point s’impose cette dialectique du noir et du blanc, du jour et de l’ombre, à propos de toute étude sur la Lune Noire). Nous sommes dans le monde du mal. Le noir, c’est ce qui reflète l’erreur et le néant. Mais, écrit Jean-Pierre Bayard, « une couleur ne peut valoir par elle -même ; elle ne vit qu’au contact d’une autre lumière. Et la représentation d’Osiris, dieu suprême égyptien, n’était révélée qu’au stade de la plus haute initiation, sans doute comme le symbole hermétique de la pierre primitive. Comment comprendre autrement ce culte de la pierre noire de la Mecque adorée dans la Kaabah ?, ailleurs associée à Cybèle. Tout nous autorise à affirmer que le noir est certainement l’emblème d’une science secrète et la couleur du grand oeuvre alchimique ».

Le nom même de l’Égypte, d’ailleurs, n’est autre qu’El Kemit, la Noire mais aussi l’Alchimie. Osiris est noir lorsqu’il juge les âmes et devient Époux de la vie universelle. Le noir serait en quelque sorte le degré qui précède la régénération.

J. Portal pense que le noir est consacré aux dieux parce que « ces divinités bienfaisantes descendent dans le royaume des ténèbres pour ramener à elles les hommes qu se régénèrent ». En Chine, le noir est emblème de souveraineté, couleur de délivrance, terminaison d’un cycle.

Et les nombreuses Vierges Noires, toujours situées sur l’emplacement d’anciens sites initiatiques, nous disent aussi le rôle du noir, symbole de vie, lien avec les anciennes déesses de vie et de mort, de fécondité et de forces telluriques, bien antérieures au christianisme et même au patriarcat triomphant.

Ce noir, on le retrouve encore dans le culte chtonien du « feu pétrifié dans la roche », dans les rites éleusiens ou il fallait descendre dans la crypte souterraine pour y renaître, après être passé par une mort symbolique.

Ce noir invisible est pour nous évocateur des trous noirs chers aux astrophysiciens modernes. Il s’agirait d’astres dont les champs gravitationnels est tel qu’aucun rayonnement ne peut en sortir et qui se manifeste à l’observation par son seul champ gravitationnel ou par des rayonnements de matière qu’il capture. Ils représenteraient l’ultime stade d’évolution des étoiles massives.

Le noir, couleur maléfique ?

« Ce noir, materia prima, couleur de la potentialité mais aussi de la puissance, contient tout, il est porteur du principe fécondant et féminin, donc morte, qui veut que la nuit – inquiète – car elle amplifie tout, les bruits, les sensations, les angoisses, -les ténèbres soient associés au culte du diable…Dans le piège tendu par Lilith, puissance de l’ombre, plus d’un est tombé, qui en fait « la mère obscure », « la part maléfique », « la femme phallique » ou cette « sorcière au vagin denté » qui hante l’inconscient masculin depuis le commencement des temps.

Pour peu qu’à propos de la Lune Noire on évoque le complexe du glaive, les jeux de couteaux et de poignards, la coupure ou la castration, on éveille aussitôt l’angoisse.

Pourtant, nul ne peut se passer d’elle qui désire abandonner en route ses oripeaux inutiles, accéder au coeur de l’essentiel, passer de l’autre côté, sur le versant de la plus intense lumière, se dépasser lui-même, accéder à la conscience pure.

Comment cela se ferait-il sans souffrance, sans sacrifice, sans douleur ?

Comment ferions-nous l’économie de cette déchirure qui nous fait passer de l’existentiel à l’essentiel ?

Et, précisément, c’est la Lune Noire et au Soleil Noire, luminaires métaphysiques selon Jean Carteret, que nous devons comprendre la différence entre l’Existence et l’Essence, entre l’Inconscience et l’Hyperconscience » (extrait de Le retour de Lilith de Joëlle de Gravelaine).

Cantique des cantiques chapitre 1, versets 5

Pierre Puvis de Chavannes, Jeunes Filles au bord de la mer, 1879.