Quelques considérations sur Elohim par Spartakus FreeMann.
(…) ELOHIM est Tout. Le nom dâELOHIM est formĂ© par le mot ELEH qui se rĂ©fĂšre Ă lâĂtre et par le pluriel IM dont la valeur numĂ©rique (iod 10 + mem 40 = 50) est la mĂȘme que celle du mot « tout », KOL (kaf 20 + lamed). Ălohim est CE QUI EST (Eleh) TOUT (kol). Ălohim est UN (Eleh) et MULTIPLE (im). Par ailleurs, Ălohim et la Nature ne sont pas sĂ©parĂ©s, puisque la valeur numĂ©rique de ELOHIM ( 1 + 30 + 5 + 10 + 40 = 86 ) est identique Ă celle de HA-THEVA, « La Nature » ( hĂ©, teth, beth, ayin = 5 + 9 + 2 + 70 = 86 ). On peut dire la mĂȘme chose concernant lâhomme car si nous prenons la premiĂšre et la derniĂšre lettre dâELOHIM, selon les procĂ©dĂ©s du Notarikon, nous obtenons le mot EM (aleph, mem) qui signifie « MĂšre » et constitue lâun des Noms traditionnels de la SchĂ©kinah. Or, les lettres restantes, lamed, hĂ©, iod, celles qui demeurent au sein de la MĂšre dans le Nom dâELOHIM, ont pour valeur numĂ©rique 45 ( 30 + 5 + 10 = 45 ) qui est identique Ă celle de lâhomme : ADAM ( aleph 1 + daleth 4 + mem 40 = 45 ). Au coeur de la PrĂ©sence Divine (SchĂ©kinah), lâhomme est Ălohim. « ELOHIM ATEM », dĂ©clare le Psaume 82 : « Vous ĂȘtes des Dieux ». Est-il possible de dire que le Dieu de la kabbale est Celui du thĂ©isme classique, du monothĂ©isme, du panthĂ©isme ?
La kabbale, chemin dâEveil (JLC-CEH), extrait du chapitre 10 : « La rĂ©ponse du Tsim-Tsoum »Â
Concernant « Elohim Atem » : Psaume LXXXII
Cantique dâAssaph : Ălohim se dresse dans la cour dâEl, il prĂ©side lâassemblĂ©e des juges.
JusquâĂ quand jugerez-vous dans lâiniquitĂ©, justifierez-vous le visage des rĂ©prouvĂ©s, sĂ©lah !
Jugez le pauvre, lâorphelin, libĂ©rez lâhumble, le gueux.
Délivrez le pauvre, le miséreux, sauvez de la main des réprouvés.
Ils ne connaissent rien, ils ne comprennent rien, ils errent dans les ténÚbres, tous les fondements de la terre chancellent.
Je disais « Vous ĂȘtes des Ălohim, vous ĂȘtes tous les fils du TrĂšs-Haut. »
Ouiche ! comme lâhomme vous pĂ©rirez, comme lâun des princes, vous tomberez.
LĂšve-toi, Ălohim, juge la terre, car tu es lâhĂ©ritier de tous les peuples.
Et pour ce faire, Ă titre dâexemple, redonnons la parole au Rabbi qui, dans lâĂcriture Sainte elle-mĂȘme, commente ce passage des Psaumes pour rĂ©futer des pharisiens. On notera quâĂ cette occasion, loin de renier ses racines, le Rabbi suit trĂšs scrupuleusement une rĂšgle halakique de lâexĂ©gĂšse rabbinique :
« Nâest-il pas Ă©crit dans votre Loi, vous ĂȘtes des dieux ? Si elle appelle dieux, ceux Ă qui la parole de Dieu a Ă©tĂ© adressĂ©e (et lâĂcriture ne peut ĂȘtre dĂ©truite), comment dites-vous Ă celui que le PĂšre a sanctifiĂ© et envoyĂ© dans le monde : tu blasphĂšmes ; parce que jâai dit : je suis le Fils de Dieu ? » (Jean X:34-36)
Câest donc en vertu de cette rĂšgle « kal ve homer » (inductio a minore ad majorem) que nous pouvons dire, comme le Rabbi : Anaâhnu Elohim !
. . .« par participation » ou « par essence » ? Câest une toute autre histoire. Voici une partie de ce quâen dit Gikatila ;
« Ălohim, entends ma priĂšre, Ă©coute les paroles de ma bouche ! » (Psaumes 54 : 4 )
« Le sixiĂšme des Saints Noms, dans lâordre croissant, est ELHYM. Le nom appelĂ© Ălohim est le Nom dĂ©signant le Jugement â Din. Cela est signalĂ© par « car lâĂ©quitĂ© est Ă Ălohim» (DeutĂ©ronome 1 :17). LorsquâIl, bĂ©ni soit-Il, exĂ©cute un acte du cotĂ© du jugement, il sâappelle Ălohim. Ce nom juge tout ce qui touche au monde avec des jugements appropriĂ©s, que cela soit favorable ou bien dĂ©favorable, entraĂźnant la vie ou la mort. Tout est jugĂ© dans le tribunal dâĂlohim, si le jugement est favorable, le Nom sera Yhvh ou El, si le jugement implique une punition le Nom sâappelle Ălohim. Nulle crĂ©ature, dans toute la crĂ©ation, nâest exempte de se prĂ©senter devant le Tribunal, appelĂ© Ălohim, câest alors quâest dĂ©cidĂ© sa dimension, son poids, la forme de ses membres, sa longĂ©vitĂ©, son type de nourriture. Ainsi procĂšde Din dans toute la MaassĂ©h BerĂ©shith ».
Ălohim a, en guĂ©matria, une valeur de 86 qui est la valeur de la nature (hatĂ©va, en hĂ©breu), et lâon peut dire Ă la suite de Spinoza « Deus sive natura » (Dieu ou la nature).
En entrant plus avant dans le Nom Ălohim, nous voyons que la premiĂšre lettre est ALEPH et la derniĂšre est MEM, qui forment le mot ama (mĂšre) et les trois lettres au coeur du Nom totalisent une valeur de 45, qui est la valeur numĂ©rique dâAdam ! Ainsi, Ălohim nous renseigne que D. est la mĂšre de lâhomme, annonce qui apparaĂźt dĂšs le troisiĂšme mot de la Torah ! En outre, le nombre 45 est 40 + 5 soit Mem et HĂ© qui forment le mot « ma » (quoi) et ainsi, « Le Nom Ălohim ne signifie pas seulement la matricialitĂ©, il est aussi la question par excellence. Il porte lâhomme-question, question sur lui-mĂȘme et sur Dieu Ălohim… » (M-A Ouaknin, Les Dix Commandements).
(Extrait de Le MystĂšre du nom divin Ălohim, prĂ©cĂ©dĂ© de la kabbale de la lettre HĂ©, par Emmanuel LĂ©vyne, Ă©ditions Tsedek, 1980)
En hĂ©breu, Dieu = E-Lo-H-Y-M : YM = MY (qui ?) = le Sujet, E-L-H (lire Ă©lĂšh, ceux-lĂ ) = lâObjet. Le nom de Dieu en hĂ©breu dĂ©signe donc le CrĂ©ateur + la CrĂ©ation. On peut encore lire E-Lo-H-Y-M = E-Lo-Ha-Ya-M = Dieu + Mer (lâĂ©lĂ©ment primordial) ou Dieu + Tout, car la valeur numĂ©rique des lettres Y-M (qui marquent grammaticalement le pluriel, la multiplicitĂ©) est de 40 + 10 = 50 qui est aussi la valeur numĂ©rique du mot Ko-L (Tout). De plus Y-M dĂ©signant le pluriel, nous pouvons encore lire E-Lo-H-Y-M : E-Lo-Ha = UnitĂ© (Dieu) + MultiplicitĂ© (le Monde). Toutes ces lectures concourent Ă montrer que le Dieu hĂ©braĂŻque ne peut se concevoir en dehors de ses rapports avec les CrĂ©atures, avec lâHomme en particulier ( car le nombre 50 des lettres finales Y-M est Ă©galement celui celui de lâHomme (Ha-Adam) qui fait donc aussi partie de lâĂtre de Dieu et de sa nature CrĂ©atrice). Le philosophe russe Simon Frank a Ă©crit : « Il est impossible de concevoir la DivinitĂ© en dehors de sa relation Ă moi-mĂȘme, et cette relation comparticipe Ă lâessence et Ă lâĂtre mĂȘme de Dieu » et « Dieu nâest pas seulement Dieu, et rien dâautre ; il est, par essence, Dieu et moi ». (…)
En crĂ©ant lâHomme, Dieu sâengendre lui-mĂȘme, si lâon peut dire.
Ălohim est le mystĂšre de la thĂ©oandrie, de la divino-humanitĂ©, de lâhomme qui naĂźt par et en Dieu et de Dieu qui naĂźt par et en lâhomme.
Ălohim nous dit que :
Dieu comprend lâhomme, Dieu, câest Dieu-et-lâhomme Dieu nâest pas Dieu sans lâhomme.
Ălohim est au pluriel non parce quâil dĂ©signe plusieurs dieux, mais parce que Dieu nâest pas lui-mĂȘme sans union intime avec lâhomme, sans participation de lâhomme Ă sa vie crĂ©atrice.

Ălohim est encore au pluriel pour indiquer que cette union de Dieu et de lâhomme nâest pas une fusion, une identification. Cette union est assez intime pour quâon les rĂ©unisse sous un seul nom – câest un mariage – ; mais elle nâest pas une fusion de deux personnes en une pour que ce nom soit au singulier. Dieu et lâhomme sont insĂ©parables mais inconfusibles. Ils forment une communautĂ© de personnes distinctes. (…)
Comme les Ă©poux, comme les membres dâune mĂȘme famille : le mari donne son nom Ă sa femme et Ă ses enfants. Ainsi le nom « LĂ©vi » peut dĂ©signer plusieurs personnes, câest pourquoi on dira « Les LĂ©vi ». Le mot Ălohim – les Eloh – dĂ©signe Dieu-et-lâHomme, Dieu-et-lâHumanitĂ©, Dieu-et-ses enfants, Dieu-et-la Chekinah, Dieu-et-son Ăpouse, Dieu-et-la Nature. Ălohim est le nom de la famille cĂ©leste, dont lâhomme transcendantal – Israel – fait partie, et avec lui et par lui, toutes les crĂ©atures. (…)
Bereshit bara Elohim : Ălohim peut ĂȘtre aussi bien considĂ©rĂ© comme le sujet de bara que comme son complĂ©ment : Bereshit a créé Elohim ou Elohim a créé Bereshit. Ălohim peut ĂȘtre compris Ă la fois comme le crĂ©ateur ou comme un ĂȘtre créé.
Sans la connaissance du mystĂšre de la divino-humanitĂ© contenu dans le mot Elohim, la syntaxe hĂ©braĂŻque de la GenĂšse et de la Bible apparaĂźt confuse, Ă©quivoque, primaire, alors quâelle est en vĂ©ritĂ© dâune prĂ©cision extraordinaire, quâon ne retrouve dans aucune autre langue.(…)
Dieu crĂ©e lâhomme pour que lâhomme crĂ©e Dieu (…).
Par exemple, Le Zohar montre que lâhomme crĂ©e Dieu par lâacte de justice et de charitĂ© (Zohar III:113b) :
« Il est Ă©crit : » Et ils observeront la voie de lâĂternel en faisant la charitĂ© (tsedaka) et la justice (michpat) (Gen. 18, 19.) Puisquâil est Ă©crit : « Et ils observeront la voie de lâĂternel », « pourquoi ajouter en faisant la charitĂ© » ? Mais celui qui observe les voies de la Tora, câest, si lâon peut dire, comme sâil faisait la charitĂ©. Et quâest-ce que la charitĂ© et la justice ? Câest le Saint, bĂ©ni soit-il.
Il est encore écrit :
« Heureux celui qui garde la justice, qui fait la charitĂ© en tout temps » (Ps. 106, 3). « Qui fait la charitĂ© », câest le Saint, bĂ©ni soit-il. Il le fait, si lâon peut dire. »
Plus sur le sujet :
Quelques considérations sur « Elohim », Spartakus FreeMann.