Article publié par EzoOccult le Webzine d'Hermès et mis à jour le : 9 janvier 2016

Messe templière selon le rit johannite de Bernard-Raymond Fabré Palaprat, extraits du Levitikon, pages 102 et suivantes.

 

Sont jours de férie les dimanches et les fêtes solennelles prescrites par décision de la Cour Apostolique Patriarcale.

Dans les premiers temps du christianisme, le samedi était le jour principal de férie, et le premier service avait lieu le vendredi, après le coucher du soleil. Un second service d’actions de grâces était célébré le samedi avant le coucher du soleil.

Depuis longtemps on est dans l’usage de faire le service du Saint-Sacrifice le dimanche matin, et le service d’actions de grâces, ou vespéral, dans la soirée, aux heures qui conviennent au plus grand nombre.

Messe templière

1° Entrée des lévites au son d’une musique religieuse. De jeunes lévites, ou enfants de chœur, portent l’autel et ouvrent la marche.

2° Les lévites se placent en demi-cercle autour de l’autel, après l’avoir posé sur une estrade, vers la partie antérieure du sanctuaire.

(L’autel est en forme de table. On pose au milieu de la partie antérieure une croix orientale ; à la droite de l’officiant une cassolette en réchaud avec des charbons ardents, un porte-encens et une cuiller, et à sa gauche un vase contenant l’eau de l’aspersion et une branche de laurier. Une lampe est placée de chaque côté de la croix. La partie postérieure – du côté de l’officiant – est destinée à recevoir le pain et le vin du sacrifice. Pour aider la mémoire de l’officiant, on peut placer un pupitre sur l’autel avec le livre des prières, ou diurnal.)

3° Ici ont lieu, ainsi qu’il suit, les prières et cérémonies du Saint-Sacrifice, conformément au diurnal quotidien, avec les modifications dans le service des jours fériés, prescrites par décision des supérieurs de l’Église.

4° Le lévite-officiant, évêque ou prêtre, placé derrière l’autel, et constamment tourné vers le peuple, lève les mains au ciel, et fait la prière suivante :

« Grand Dieu, nous vous prions de daigner répandre votre bénédiction toute puissante sur notre patrie, notre souverain N… (ou bien sur le chef ou sur les chefs de l’État) ; [on ajoute, en France : et sur les mandataires de la nation], sur tous les peuples de la terre, sur votre Église, en général, sur chacun des frères qui la composent en particulier, et principalement sur la personne du Très-Saint-Père, Prince des Apôtres, Souverain Pontife et Patriarche, Grand-Maître du Temple N… qu’il a plu à votre sagesse de nous donner, pour transmettre à votre milice vos saints commandements. »

Tous répondent : « Gloire à Dieu ! »

5° Puis, étendant les mains sur les fidèles, il dit :

« Que le Dieu fort, puissant et invincible, nous donne force et puissance pour combattre nos passions, les vaincre, et accomplir, pour sa gloire, les vœux que noua avons faits au pied de son trône ! »

Tous répondent : « Gloire à Dieu ! Vive Dieu Saint Amour ! »

6° Après cela, l’officiant brûle de l’encens dans le réchaud-cassolette, et il asperge les fidèles en s’écriant : « Purifions nos cœurs en présence du Saint des Saints, et qu’ils restent à jamais exempts de toute souillure. »

7° Puis l’officiant dit, en s’inclinant sur l’autel :

« Je me présente devant vous, ô mon Dieu ! pour offrir à votre souveraine Majesté le symbole du sacrifice consacré par les paroles, trois fois saintes, du Christ, et prescrit par votre Église, afin de rappeler éternellement que votre Fils Jésus, notre Père et Seigneur, s’est offert en holocauste pour le soutien de votre loi.

C’est en commémoration de son amour pour nous, pour entretenir nos frères dans l’union et la charité qui doit régner entre eux, que je viens bénir et leur présenter le pain et le vin par lesquels nous marcherons à la vie éternelle, si nous avons le bonheur d’écouter vos paroles, d’où découlent l’esprit et la vie, et de pratiquer votre foi.

Quelle que soit mon indignité, j’aborde, ô Seigneur ! Votre saint autel, plein de confiance dans votre infinie miséricorde. »

8° Levant les mains vers le ciel, il dit :

« Dieu éternel, Père, Fils et Saint-Esprit ! recevez nos hommages, exaucez nos vœux, et donnez-nous votre lumière ! Trinité Sainte, agréez nos louanges et nos Actions de grâces ! »

9° Il quitte l’autel, s’avance vers le peuple, et dit : « Mes frères, glorifions le Seigneur. »

Tous disent ensemble :

« Gloire à Dieu dans le ciel, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté. Grand Dieu nous vous louons, nous vous bénissons, nous vous adorons, nous vous glorifions, nous vous rendons grâces. »

L’officiant étend la main droite sur les fidèles, et dit :

« Que le Seigneur soit avec vous ! »

Tous répondent : « Gloire à Dieu ! »

10° L’officiant retourne à sa place derrière l’autel, et levant les mains vers le ciel, il dit :

« Que Dieu éclaire notre esprit, qu’il le pénètre des vérités éternelles, et nous donne la grâce de marcher dans la voie de la justice et de la charité. »

R : « Gloire à Dieu ! »

Puis il dit : « Seigneur, donnez-nous l’intelligence des vérités saintes que vous avez daigné révéler aux hommes par vos prophètes et par Jésus, votre Fils. »

R : « Gloire à Dieu ! »

11° Un diacre s’avançant vers le peuple, au côté droit de l’autel, lit un passage des Épîtres ou des Évangiles.

12° Les lévites entonnent un des cantiques consacrés par l’Église. Tous les fidèles prennent part au chant, et célèbrent en chœur le Dieu éternel.

13° Les lévites vont se placer sur leurs sièges, et un prêtre lit la profession de foi, en entier ou en abrégé.

 

SYMBOLE DE LA FOI APOSTOLIQUE

ou

PROFESSION DE FOI DES CHRÉTIENS DE L’ÉGLISE PRIMITIVE ou UNIVERSELLE

 

Je crois en Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit.

Je crois que Dieu existe de toute éternité, et que, de même qu’il remplit l’infinité du temps, il remplit aussi l’infinité de l’espace.

Je crois que Dieu, éternel, infini est un, immuable, souverainement grand, souverainement puissant, souverainement bon, et souverainement juste et parfait.

Je crois que tout ce qui existe n’existe que par Dieu, et en Dieu, et que toutes les parties de l’univers, créées, formées et constituées, dans le temps, par un acte de la volonté éternelle de la divine Providence sont destinées à subir aussi, dans le temps, après leur dissolution, d’autres modes d’existence selon ce qui est prescrit par l’intelligence, la volonté et la justice souveraines et éternelles de Dieu.

Conséquemment, je crois à une autre vie de l’homme, dont il n’est point donné à l’intelligence humaine de connaître la nature.

Je crois que Dieu, en donnant à l’homme le libre arbitre, lui a fait une loi de la charité, et qu’il a gravé dans son cœur ce précepte, trois fois saint : « Fais aux autres, autant que tu le pourras, ce que tu voudrais qui te fut fait : ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’on te fît. » Conséquemment, je crois que lorsque son organisation n’est pas altérée, l’homme a la faculté de faire le bien et d’éviter le mal.

Je crois que, dans la vie future, et au sein d’une nouvelle existence, une émanation de nous, l’âme ; ou ce qui perçoit les sensations, en dirige le résultat, et en conserve le souvenir chez tous les êtres doués du libre arbitre ; je crois que cette émanation, ou âme, sera récompensée ou punie, selon que l’homme ou l’être duquel elle émanera aura observé ou transgressé la loi de charité ; mais, attendu que la justice de Dieu est infinie, et que notre intelligence a des bornes, il ne nous est pas donné même de pressentir quelles seront la nature et la durée des récompenses et des peines.

Je crois que Jésus-le-Christ est Fils de Dieu ; qu’il est son Verbe et son Messie sur la terre ; qu’il est venu pour rétablir la loi sainte qui doit nous conduire à la connaissance de la vérité et du bonheur, et qu’il est mort, pour sceller de son sang la loi de Dieu, affermir notre croyance, et opérer ainsi notre salut.

Je crois qu’il n’existe qu’une religion vraie, celle qui a été révélée à notre raison par la volonté de Dieu, en son Prophète et Pontife Moïse, et par le Christ, notre divin législateur.

Je crois qu’après avoir rétabli dans sa pureté primitive, et rendue à la sanctification la loi divine, dont Moïse fut le conservateur et le ministre, Jésus-le-Christ a constitué douze Apôtres, ou Évêques supérieurs, ainsi que des Évêques soumis à la juridiction desdits Apôtres, et qu’il a aussi institué des prêtres docteurs de la loi, et autres Disciples lévites, afin que, sous l’autorité du chef des Apôtres que, dans la personne de son Disciple bien-aimé Jean, il a qualifiés de Pères de l’Église, ces Apôtres, Évêques et autres, fussent les pasteurs de cette même Église, et les successeurs légitimes de lui, le Christ, pour la dispensation de la parole divine.

Je crois que la transmission des pouvoirs aux Apôtres et autres Évêques, ainsi qu’aux prêtres, consiste essentiellement et radicalement dans l’onction sainte et le prononcé des paroles : « Reçois l’Esprit-Saint ; et ceux auxquels tu auras remis les fautes, elles seront remises, et ceux auxquels tu les auras retenues, elles seront retenues. » Paroles proférées par le Christ, lorsqu’il institua le Sacrement de l’Ordre, ou Sacerdoce, etc., qu’il invoqua la descente de l’Esprit de Dieu sur les lévites, qu’il les oignit en le Paraclet, et qu’il les établit pour être les ministres de son Église.

Je crois que les Apôtres et les Évêques, sous la direction desdits Apôtres, ont reçu du Christ la puissance de transmettre successivement, jusqu’à la fin des siècles de l’homme, leurs pouvoirs à d’autres lévites ; et que c’est en vertu de cette puissance que, depuis Saint-Jean, le Disciple le plus intime du Christ, l’ami de son cœur, l’Apôtre de l’amour fraternel, et le régulateur de l’apostolat, il a existé constamment, et sans aucune interruption sur la terre, une transmission successive des mêmes pouvoirs pour assurer la perpétuité du gouvernement légitime de l’Église, une et indivisible de notre divin maître, le Christ.

Je crois que, l’Église étant soumise à l’ordre hiérarchique de pouvoirs lévitiques, nous sommes tenus d’obéir aux décisions légalement émanées de ces mêmes pouvoirs, en tout ce qui n’est pas contraire à la loi da Christ, loi qui est une, et inaltérable, et que l’Église primitive a su conserver pure, sans mélange, et toujours sainte, telle que le Christ la lui a transmise, et que les Apôtres, premiers disciples du Christ, et les Apôtres leurs successeurs, réunis en assemblée ou Cour apostolique, sous le haut épiscopat du Prince des Apôtres, le Souverain Pontife et Patriarche, Père de l’Église, ont transmis et transmettront aux diverses générations des fidèles, par le moyen de l’Écriture Sainte et de la tradition évangélique et apostolique.

Je crois que la véritable doctrine religieuse ou dogmatique se trouvant absolument, et textuellement dans ladite Écriture et dans ladite tradition apostolique, conservées précieusement dans le sein de l’Église primitive, nulle puissance sur la terre n’a le droit de faire subir à cette doctrine, émanée de Dieu, aucune modification ; et que le pouvoir dont sont investis les Apôtres et autres Évêques, ainsi que les prêtres ou docteurs de la loi, ne s’étend que sur les objets de discipline, la liturgie et le gouvernement de l’Église et de ses fidèles.

Je crois que les Écritures, et la tradition, étant l’expression claire et formelle de la religion de Dieu éternel, ne peuvent contenir aucun sens, aucune expression qui pourraient être considérés comme ambigus, absurdes, immoraux, impies ; conséquemment que tout ce qui, dans la lettre et l’esprit de l’Écriture, et l’exposé de la tradition, pourrait avoir un caractère d’ambiguïté, qui ne serait pas clair, précis, positif, et qui blesserait la raison que nous tenons de Dieu, la pureté des mœurs évangéliques et sociales, et le saint amour de Dieu et du prochain, n’est qu’une œuvre d’iniquité, et que ces passages doivent être rejetés.

Je crois que le chrétien doit pratiquer essentiellement les trois vertus théologales, ou de la religion, la foi, espérance et la charité ; mais que la foi et l’espérance ne servant de rien sans la charité, il est nécessaire qu’un vrai chrétien n’existe que pour la charité, et que la foi, l’espérance, et toutes nos actions soient dirigées par cette même charité.

Je crois que, puisqu’il nous est imposé de pratiquer, en tout et par tout, la charité, tous les hommes, sans exception, ont des droits égaux à notre bienveillance ; conséquemment, qu’il ne nous appartient pas de juger si un homme qui n’aurait pas le bonheur de marcher dans la route de la vraie religion, révélée par le Seigneur-le-Christ, mérite les anathèmes de ses semblables, qui sont tous les enfants de Dieu et égaux en droits devant Dieu et devant les hommes, et surtout s’il mérite les anathèmes de Dieu son Père.

Je crois, au contraire, que ce serait offenser Dieu, dans sa justice et sa bonté infinies, que de penser que l’homme qui ne marche pas dans le sentier de la vérité révélée par le Christ, ne peut être sauvé, s’il est de bonne foi dans son erreur, et si, d’ailleurs, il se conforme à la loi éternelle émanée de l’amour de Dieu : « Ne fais pas, etc., fais ; etc. »

Je crois qu’il existe dans la Sainte Église catholique primitive, ou universelle, des sacrements institués pour la plus grande édification des fidèles, sans exception, et que nous sommes tenus de vénérer ces sacrements, et, quand il y a lieu, de les recevoir avec piété et reconnaissance.

Je crois que, l’homme étant doué du libre arbitre, il doit ne faire profession de foi religieuse qu’après s’être livré à une étude attentive et approfondie de la doctrine ; qu’après l’avoir soumise aux témoignages réunis de sa raison, de son cœur, de ses Inspirations et de sa conscience ; enfin, qu’après avoir invoqué avec ardeur l’assistance de Dieu, Père et Fils, et les lumières du Saint-Esprit, et avoir acquis, au sein du recueillement et de la méditation, une pleine et entière conviction.

Je crois que tout acte de foi qui ne serait pas le résultat d’une conviction raisonnée, pleine et entière, ne saurait être agréable à Dieu, parce qu’un tel acte n’aurait pas pour soutien la foi et l’espérance, qu’il n’aurait pas reçu l’impulsion de la charité, et qu’il serait appuyé que sur l’hypocrisie et le mensonge.

Je crois que Jésus-le-Christ ayant dit : « Rendez à César ce qui appartient à César », l’Église, d’après ce précepte de rigueur, doit, en général, et ses ministres et ses fidèles doivent, en particulier, soumission entière aux Puissances temporelles, quelles qu’elles soient ; mais je crois aussi que Jésus-le-Christ ayant ajouté : « Rendu à Dieu ce qui est à Dieu », et ce qui est à Dieu étant du domaine de la religion ou de la Puissance Universelle, et l’Église étant établie par Jésus-le-Christ pour régir et gouverner ce qui est du domaine de la religion, je crois aussi que nul autre que ses ministres, successeurs légitimes des Apôtres et Disciples du Christ, n’a le droit de prendre part au saint gouvernement de l’Église.

En un mot, je crois et professe, sans exception aucune, tout ce que croit, professe et enseigne l’Église catholique primitive, ou Universelle, telle qu’elle a été établie par Jésus-le-Christ, notre Père et Seigneur ; telle que ledit notre Seigneur l’a placée sous l’autorité des Apôtres ; telle enfin qu’elle a été depuis, qu’elle est encore et qu’elle sera toujours, sous l’autorité des successeurs légitimes desdits Apôtres, seuls dépositaires de la vraie tradition dogmatiques, et seuls chargés de gouverner la sainte Église du Christ, soit par eux-mêmes, soit par les autres évêques, les prêtres, les diacres et les lévites des six ordres inférieurs, sous la direction suprême du Prince, ou Père des Apôtres, institués par le Christ pour maintenir l’harmonie, l’unité et la charité dans le sein des pasteurs et du troupeau que ledit Christ leur a confiées.

Telle est la foi de l’Eglise de Jésus-le-Christ, dont je déclare que j’ai le bonheur de faire partie, et dont je suis et serai jusqu’à la mort le fidèle serviteur.

Que Dieu m’accorde sa grâce !

Ainsi soit-il !

Bénissons le Seigneur.

Ainsi soit-il !

14° Prédication ou conférence.

15° Recueillement, méditation.

16° Les lévites vont prendre l’officiant, et le conduisent à l’autel sur lequel a brûlé de nouveau de l’encens ; puis il s’assoit. Musique.

17° Deux diacres apportent l’un le pain, l’autre le vin de la communion, qu’ils posent sur l’autel ; le pain est sur une patène, et le vin dans un calice. Un enfant de chœur les précède en portant une aiguière remplie d’eau, un bassin et une serviette.

18° L’officiant se lave les mains, et dit :

« Purifiez-moi, ô mon Dieu ! afin que je puisse vous offrir avec des mains pures, le sacrifice de l’Eucharistie de notre Seigneur le Christ. »

19° Puis, plaçant la main droite sur la patène et l’autre sur le calice, il dit :

« Nous vous offrons, Dieu éternel, le pain et le vin, selon les paroles de notre Seigneur Jésus-le-Christ, comme étant le sacrifice le plus digne de vous pour l’expiation de nos fautes, pour l’édification de votre sainte Église, et pour le bonheur de tous les hommes vivants et morts, afin qu’il soit pour eux et pour nous le gage du salut éternel. »

« Amen. »

20° Le prêtre continuant dit :

« Ô Jésus ! notre divin maître, qui avez consacré la loi Sainte en donnant votre corps, et en répandant votre sang, rendez-nous dignes du bonheur éternel, et que votre mort devienne la vie pour nous. »

« Gloire à Dieu ! »

Préparant la patène et le calice, il dit :

« Dieu infini ! avec ce pain et ce vin nous vous offrons, par les paroles de Jésus-le-Christ, qui seules sont l’esprit et la vie, le sacrifice symbolique de sa chair et de son sang, qu’il vous offrit lui-même, et qui doivent nourrir de la vie éternelle ceux qui en mangent et en boivent. »

21° S’adressant aux fidèles, il dit :

« Priez, mes frères, afin que le sacrifice que je vais offrir ; et qui est aussi le vôtre, soit agréable à Dieu notre Père, et qu’il le reçoive de mes mains pour la gloire de son nom, et pour le bien de toute son Église. »

« Amen. »

22° Se mettant à genoux (les assistants se mettent aussi à genoux), et levant les mains au ciel, l’officiant dit :

« Dieu Tout-Puissant qui nous avez créés à votre image, et qui nous avez faits capables de vous aimer et de vous posséder éternellement, nous vous adorons en toute humilité comme souverain Seigneur de toutes choses ; nous espérons en vous, et nous vous aimons de tout notre cœur, parce que vous êtes notre Père, et que nous ne sommes qu’en vous et par vous, et que votre miséricorde, votre bonté, et votre justice, n’ont point de bornes. »

« Grand Dieu, à qui tout est soumis, nous reconnaissons que nous n’avons rien qui ne vienne de vous ; nous ne cesserons de publier vos perfections infinies, et de vous remercier de tous vos bienfaits, surtout de ce que vous nous avez éclairé de la vraie foi, en nous plaçant dans le sein de l’Église pure, catholique et apostolique de votre Fils Jésus-le-christ, et en nous inspirant la plus grande tolérance pour ceux qui ont le malheur de ne point marcher selon la foi de cette même Église. »

Puis se levant il dit :

« Mon Dieu ! tous les hommes sont vos enfants ! Daignez les illuminer de votre Esprit-Saint, et les faire vivre en frères. »

Ensuite il prend la croix placée sur l’autel, et dit, en l’élevant sur le peuple :

« Seigneur, par la croix sainte, symbole et témoignage de votre bonté infinie, permettez que nous vous adressions nos prières pour les bienfaiteurs de cette Eglise, pour nos parents, nos amis, nos ennemis, et généralement pour tous nos frères présents et absents qui vivent dans la vie humaine ou dans toute autre vie. Bénissez-les, purifiez-les, éclairez-les, et conduisez-les dans les voies du salut éternel par les mérites de notre Seigneur Jésus-le-Christ. »

Puis s’adressant au peuple, il dit :

« Mes frères, Dieu, notre Seigneur, a fait entendre ses paroles par la bouche de Jésus son Fils ; adorons le Seigneur, et préparons-nous pour le Saint-Sacrifice de son autel. »

23° L’officiant, ou un des prêtres assistants, rappelle l’origine de la cène et le motif de sa célébration dans l’Église chrétienne. Il prévient que nul ne peut y participer, si son âme n’est pure de toute atteinte à la loi éternelle gravée dans le cœur de l’homme : « Ne fais pas à autrui, etc. »

Il invite ses frères à expier leurs fautes par le repentir, et la ferme volonté de les réparer par la pratique du bien et du juste.

Pour rendre encore plus sainte la résolution des frères de marcher dans le chemin de la vertu, il annonce qu’il va mettre le sceau à leur repentir, en les absolvant au nom du Seigneur le Christ ; mais il déclare que toute absolution est inutile, sans le regret le plus sincère d’avoir failli, et sans la volonté positive de se tenir constamment dans les voies de la charité chrétienne.

Ensuite, étendant ses bras sur l’assemblée, dont tous les membres sont à genoux, il prononce les paroles suivantes de l’absolution : « Que les fautes soient pardonnées à ceux qui, par leur repentir, sont dignes de pardon ; qu’elles soient retenues à ceux qui n’ont pas su, par un repentir sincère, se rendre dignes de pardon. »

24° L’officiant rapproche le calice de la patène, étend ses mains dessus, et fait avec ses mains un signe de croix sur le pain et le vin, puis il dit, d’un ton solennel :

« Voici le pain et le vin qui sont descendus du Ciel…. Si quelqu’un en mange et en boit, il vivra éternellement… C’est ma chair et mon sang. En vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l’Homme, et ne buvez son sang, vous n’aurez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et je demeure en lui… Mais c’est l’esprit qui vivifie, la chair ne sert de rien ; mes paroles seules sont l’esprit et la vie. » (Sixième Évangile de l’Apôtre Jean).

25° Ensuite il prend la patène de la main droite, et le calice de la main gauche. Il les présente au peuple, et entonne en même temps un cantique sur l’amour de Dieu et du prochain. Ce cantique est chanté par tous les assistants.

26° S’adressant au peuple, sur lequel il étend ses mains, l’officiant dit :

« Que notre âme se recueille, que nos vœux et nos prières s’élèvent vers le grand Dieu vivant, comme la fumée de cet encens ! (Ici le prêtre brûle de l’encens). Que l’Éternel daigne recevoir cet holocauste sacramentel, en hommage de notre reconnaissance, de notre vénération, et de notre amour ! »

Puis il dit, en levant les mains vers le Ciel :

« Seigneur, purifiez nos cœurs, détruisez en nous tous les mouvements de la concupiscence chamelle, afin que nous soyons plus dignes de proclamer vos bienfaits, et de chanter vos louanges. »

« Dieu suprême ! Créateur, source et principe de tous les êtres, vous qui réunissez tout ce qui est et le nom de toutes les créatures, sans que les hommes aient pu exprimer vos infinies perfections ; vous, par lequel et dans lequel existe cet univers suspendu sur nos têtes, et qui semble rouler autour de la terre ; c’est à vous seul qu’il obéit. Il marche et il observe en silence la loi éternelle que vous lui avez imposée. Être infini ! nous aussi, nous reconnaissons votre loi, nous vous adorons et nous vous adressons nos vœux et nos prières, car vous daignez nous permettre de vous invoquer. Vous serez, grand Dieu ! l’universel objet de nos louanges, et votre souveraine puissance sera le sujet de nos cantiques ; votre empire est éternel, rien n’a pu se faire, rien ne se fait, rien ne se fera dans la nature sans vous, qu’en vous, par vous et pour vous ; les destinées du monde, et celles des nations, s’accomplissent selon les lois éternelles et immuables de ce qui est, ou de vous, ô mon Dieu ! Ces lois dominent à jamais le ciel, la terre, et toutes les parties de l’univers, et conséquemment la nature humaine qu’a daigné visiter votre Esprit. En un mot, elles dominent tous les êtres qui remplissent par vous l’infinité du temps et de l’espace, et qui, selon les paroles remarquables) de l’Apôtre Paul (dans lesquelles se trouve renfermé le mystère de votre Trinité), ne vivent, ne se meuvent et n’existent qu’en vous, qui êtes notre Dieu. »

« Être infini ! qui êtes tout ce qui est, et en lequel nous sommes, nous agissons et nous possédons la vie intellectuelle, daignez nous éclairer de plus en plus ! Qu’un rayon de votre lumière se répande plus abondamment sur notre intelligence, si tels sont les décrets de votre justice, pour éloigner de vos enfants les ténèbres qui les environnent, et dans lesquelles ils ne pourraient que s’égarer ; donnez-leur une portion de cette sagesse avec laquelle vous gouvernez le monde, et vous vous gouvernez vous-même. Alors ils sauront que le bonheur qu’ils cherchent avec tant d’ardeur et de sollicitude ne peut se

trouver que dans l’accomplissement des devoirs que vous avez si bien assortis à leur nature ; et leur occupation la plus chère sera de chanter, pleine de vénération et de gratitude, vos sublimes perfections, et les bienfaits que vous répandez journellement sur vos enfants, hélas ! trop souvent ingrats et trop souvent eux-mêmes la cause des maux qu’ils éprouvent. »

27° Le Pontife brûle de l’encens : puis il prononce l’invocation suivante, en élevant les mains vers le Ciel :

« Dieu éternel et Tout-Puissant ! père de tous les hommes, votre règne s’étend sur l’univers, visible et invisible ; votre miséricorde est infinie. Que votre nom soit sanctifié, que votre volonté soit faite en tout pour tout et partout ; donnez-nous la nourriture spirituelle et corporelle dont nous avons besoin ; pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ; que toute mauvaise tentation s’éloigne de nous, et délivrez-nous du mal. Amen. »

28° Puis l’officiant, croisant les mains sur la poitrine, et levant la tête vers le Ciel dit :

« Seigneur, qui avez dit à vos Apôtres : Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix, n’ayez point égard à nos péchés, mais à la foi de votre Église, et donnez-nous la paix et l’union ! »

Puis élevant les mains vers le Ciel, il dit :

« Seigneur, Fils du Dieu vivant, qui êtes la lumière du monde, et avez rendu la vie aux hommes ! délivrez-moi, par le sacrement eucharistique, de tous mes péchés et de tous autres maux ; faites que je demeure toujours attaché à vos commandements, et ne permettez pas que je me sépare jamais de vous. »

29° Puis l’officiant communie, en prenant d’abord le pain et ensuite le vin (dont il conserve une part pour en faire la distribution aux fidèles, s’il y a lieu) : dans ce cas, il répand sur le pain la partie du vin qu’il a réservé. Musique pendant la communion.

30° Après la cène, l’officiant dit :

« Recevez, Trinité sainte ! l’hommage et l’aveu de ma dépendance, ayez pour agréable le sacrifice eucharistique que j’ai offert à votre Divine Majesté ; faites qu’il devienne un sacrifice de propitiation pour moi, et pour tous ceux pour qui je l’ai offert. »

« Mes frères, que le Seigneur soit avec nous. Amen. »

31° Après cette prière, l’officiant brûle de l’encens, et entonne un cantique d’Actions de grâces, qui est chanté en chœur par tous les assistants.

32° Un diacre recommande les pauvres à la charité des fidèles.

33° Les dames hospitalières, chevalières ou chanoinesses, font la quête.

34° L’officiant fait la prière finale, et dit :

« Seigneur, Dieu de bonté et de miséricorde, créateur et conservateur de l’univers ! vous connaissez les besoins de vos créatures ; veuillez soutenir notre existence et perfectionner notre entendement, et daignez nous accorder la paix du corps et de l’âme, avec tous les biens nécessaires pour remplir dignement la destinée à laquelle nous sommes appelés par vos décrets impénétrables, et pour pouvoir obtenir dans les demeures célestes l’éternité bienheureuse. Amen. »

35° Après la quête, l’officiant donne la bénédiction au peuple, sur lequel il étend les mains, en disant :

36° « Que l’Éternel daigne nous donner ses grâces et sa bénédiction ! Allez en paix. »

Tous répondent : « Gloire à Dieu ! Vive Dieu-Saint-Amour ! »

37° Sortie des lévites conformément au cérémonial.