La Messe et les Anciens Sacrifices par Un Missionnaire.

La messe est un sacrifice où la victime, produite par une opération d’alchimie spirituelle, est ensuite partagée entre tous les assistants. Elle est un holocauste, c’est-à-dire bien que la victime ne soit pas une créature terrestre, un sacrifice d’expiation par le sang. Voici quelles sont ses ressemblances avec les cérémonies des anciennes initiations :

  1. L’édifice où elle se célèbre, l’église est un pentacle ; Viollet-le-Duc indique les proportions numérales des sanctuaires du moyen âge ; ils sont orientés, consacrés, disposés en forme de croix, décorés de schémas ;
  2. Les vêtements des officiants sont aussi des pentacles ou des talismans ; on peut voir dans le Lévitique leur origine symbolique ;
  3. Les mouvements et les gestes des officiants sont pentaculaires ; ils sont édictés selon les mêmes lois qui président aujourd’hui encore aux gestes rituels des brahmanes et des bonzes ;
  4. Les instruments du culte sont des talismans solaires ou lunaires, ou androgynes (or, argent, vermeil) : ils comprennent, comme dans les vieilles religions, la lampe ou des cierges, par 3, 7 ou leurs multiples ; la coupe, l’autel, l’encensoir (l’ancien trépied), la baguette du pouvoir (les reliques). Il n’y a ni sceptre ni épée, parce qu’on n’y évoque ni on n’y commande d’esprits inférieurs ;
  5. Le Plain-chant représente l’incantation magique ;
  6. On y sanctifie les quatre formes de la vie terrestre l’élément terre, par l’hostie ; l’élément eau ; l’élément air, représenté par le vin, et l’élément feu, par l’encens ;
  7. La cérémonie étant solaire, céleste, est toujours diurne, de minuit à midi.
La Messe et les Anciens Sacrifices
La Messe et les Anciens Sacrifices

Première Partie : l’introduction

L’Introduction comprend trois phases :

  1. La purification du prêtre :
    1. Introït,
    2. Confiteor,
    3. Invocation des Saints,
    4. Kyrie,
    5. Gloria.
  2. La préparation de l’assistance par le prêtre, qui consiste en :
    1. La collecte : chaque jour de la semaine, chaque heure et chaque temps de l’année ecclésiastique a sa consécration spéciale (astrologie), résumant le sens moral de l’évangile et du saint ou de la fête du jour.
    2. L’épître : ou commentaire du jour, exhortation à l’assistance.
    3. Le graduel : réponse de l’assistance, qui commence à prendre des dispositions pieuses ; le graduel se nomme ainsi parce qu’il était lu, autrefois, sur les degrés de l’ambon, ou pupitre supportant le Livre des Épîtres.
  3. L’instruction des fidèles par le prêtre, comprenant :
    1. L’Évangile : lecture du fragment du jour du texte sacré,
    2. Le Sermon : commentaire du prêtre,
    3. Le Credo : réponse de l’assistance fervente, qui affirme sa foi.

Seconde Partie : le sacrifice

Le sacrifice proprement dit va commencer. Autrefois, on renvoyait à ce moment les pénitents et les catéchumènes ; encore aujourd’hui, l’Église grecque ferme le chœur par un rideau. Les assistants sont donc répartis en trois classes :

  1. Les pénitents dans la nef,
  2. Les catéchumènes, dans le transept,
  3. Les prêtres et leurs lévites, dans le chœur.

Dans les messes solennelles, le prêtre a deux aides (trois opérateurs, selon la vieille règle ésotérique). Le sacrifice proprement dit se subdivise en deux phases : l’offertoire et le canon.

L’offertoire comporte, comme préparation de l’athanor :

  1. La consécration de l’hostie (élément terre),
  2. La consécration du calice (vin : élément air, et eau mélangés),
  3. L’offrande du calice et de l’hostie, par l’encens (élément feu), avec appel aux intermédiaires supérieurs (saints et anges).
  4. Le lavement des mains, purification du pontife,
  5. Offertoire proprement dit et Secrète, prière variable avec le jour et les circonstances (astrologie), et réservée au seul pontife.
LIRE
Judas ou les Conditions de la Rédemption 1

Le Canon, accomplissement du Grand-œuvre spirituel, formation de la victime divine, qui va être un élixir de vie mystique, se subdivise en trois phases :

  1. La Préface et le Sanctus, invocation d’amour, hymne des séraphins, dite au nom des fidèles vivants, dans la communion des saints, pour unir l’Église militante et l’Église triomphante.
  2. La Consécration : tout le corps visible et l’invisible étant présents, le pontife opère la transmutation, en imposant les mains sur le calice ; les paroles qui effectuent le prodige ne sont pas de lui ; ce sont celles du Christ lui-même.
  3. L’Élévation : offrande de la victime au nom d’Abel, d’Abraham et de Melchisédech, représentant trois sortes de sacrifices : celui des agriculteurs, celui des pasteurs, celui des chefs de famille ou de sociétés. Cette offrande est dite pour les morts et pour les vivants, c’est-à-dire au bénéfice des deux églises inférieures, militante et souffrante.
  4. Le Pater, et le Libera reprennent toutes ces forces en faisceau pour les offrir au Dieu suprême.

Troisième Partie : le partage

Le Partage de la victime, du pain de vie, de l’élixir de vie, de l’eau de la vie éternelle, se fait par la Communion ; l’hostie est brisée, en signe de diffusion universelle (crucifixion).

La cérémonie se termine par des Actions de grâce, l’ite missa est et la bénédiction.

Quatrième Partie : la synthèse

La Synthèse est une exhortation par le récitatif du premier chapitre de l’Évangile de Jean, qui rappelle le mystère qui vient d’être célébré, son origine divine, son efficace universel.

Toute une science du rythme et du son serait à construire à propos du plain-chant. Les correspondances des jours des temps ; les sens mystérieux des paroles liturgiques, des fragments du texte sacré, seraient à analyser par le menu ; quant à la partie symbolique des objets, édifices, et vêtements du culte, il faudrait reprendre les dictionnaires spéciaux de la collection Migne, les travaux de Huysmans et de Merle ; un paragraphe de Saint-Yves dans la Mission des Juifs, les traités hindous et chinois d’architecture religieuse, la Symbolik der alten Vôlker de Creutzer, traduite et commentée par Guignault, le Catéchisme mystique de saint Cyrille seraient à étudier à fond et à utiliser.

Si d’aussi énormes travaux peuvent aider l’Église à se concilier quelques intelligences profondes, nous souhaitons vivement qu’ils soient prochainement entrepris.

Plus sur le sujet :

La Messe et les Anciens Sacrifices

UN MISSIONNAIRE.

Le Voile d’Isis, janvier 1911.
Image par Marek Studzinski de Pixabay

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