Article publié par EzoOccult le Webzine d'Hermès et mis à jour le : 23 juillet 2019

Les Mystères de Bérèshit par Spartakus FreeMann. 

Nous présentons ici une petite étude composite, qui ne se veut ni originale ni exhaustive, sur le Bérèshit. Le matériel de base nous a été donné par notre Ami Ben Nahas.

« eïn Haqqadoche baroukh Hou mossér mistorine chélo élla latsaddiqim chénéémar : sod Hachém liréave »

Le Saint béni soit-Il ne transmet Ses secrets à personne si ce n’est à ceux qui Le craignent comme il est dit : le secret de Hachém pour ceux qui Le craignent (Psaume 25, 14).

Bereshit bara Elohim Ete ha-chamayim ve-ete ha-arets : Au commencement, Dieu avait créé le ciel et la terre.

A – Bereshit bara Elohim

Questions :

1/ Pour quelle raison la Torah commence-t-elle par la lettre Beth (deuxième lettre de l’alphabet hébreu), et non Aleph (première lettre) ?

2/ Bérèchit, est à l’état construit, un génitif, autrement dit, au commencement de.. La Tora n’indique pas le nom qu’il complète. Comment donc comprendre l’emploi de cette forme ?

3/ Èlohim : plus tard Bérèchit 2, 4. le texte dira : l’Éternel Dieu, Pourquoi ce changement ? (Élohim est un pluriel – Dieu(x))

Réponses :

1/ La Torah commence par Beth, parce que le roi Salomon, dans son livre Qohèlète, compare la Tora au soleil qui éclaire la terre à partir de trois directions, Est, Sud, Ouest ; le Nord n’est jamais visité par le soleil. Tel le Beth, limité dans trois directions, mais la quatrième, toujours ouverte, que seule la Torah arrive à fermer, ainsi quiconque veut contester la Torah, s’expose aux tentations et aux attaques du Yètsèr ha-râ, appelé tséfoni, l’originaire du nord. Mais quiconque désire échapper à ces attaques, la Torah sera là pour l’aider.

Les Pirqè de Rabbi Èliêzèr, et le Zohar, rapportent comment le Créateur avait écarté chacune des lettres de l’alphabet pour débuter la Tora, invoquant pour chacune la raison de son refus. Le choix s’étant arrêté sur la lettre Beth, Aleph, avait marqué son mécontentement. Dieu le console en le gratifiant du privilège d’être placé en tête du décalogue. Anokhi, commence, en effet, par Aleph. Mais le choix divin s’était porté sur Beth parce qu’elle débute le mot Bérakha, bénédiction, alors qu’Aleph est le début de « arour », malédiction. La création du monde se situe donc au niveau de la bénédiction.

Zéqènim mi-Baâlè ha-tosséfot, font remarquer que le terme bérèchit, est composé de six lettres rappelant les six jours de création. Le verset se compose de sept mots correspondant aux sept jours de la semaine. Et le nombre total des lettres qui composent ce verset est de 28 faisant référence aux 28 jours du mois. Ce verset renferme six fois la lettre Aleph qui se lit Èlèf, millénaire, attirant l’attention sur la durée du monde de la création qui est de 6000 ans.

Longtemps le Beth se croyait la première parmi les lettres. Longtemps cette consonne resta convaincue que ce fut elle qui était la première à exister et que ce fut elle qui avait la charge d’initier le monde. Le Beth ignorait en effet qu’il était précédé par un autre caractère ; l’Aleph, car Aleph ne se manifestait point ! Aleph, lettre muette, n’était ni vue et -surtout- ni entendue ! (en effet, Aleph ne se prononce pas en hébreu) Même la Torah semblait confirmer la non-existence d’Aleph, car n’était ce pas par lui, le Beth, qu’elle commençait ? Bérèchit, premier mot de la Torah, s’écrit un Beth et non un Aleph.

Le verbe créer, « bara », commence également par cette consonne, et cela semble confirmer que c’est bien Beth qui est la première force créatrice de l’Univers ?

Le Talmud aussi d’ailleurs commence chacun de ses traités par le Beth Et, chaque tome du Talmud, ne commence-t-il pas mystérieusement par la page Beth, de valeur numérique 2 ?

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Enfin, le midrach, raconte : « l’Aleph finit par se présenter devant le trône céleste et déconcerté, frustré et brisé il interrogea le Ciel ; Comment, ce n’était donc pas lui, l’authentique premier, qui inaugurait ce monde ? N’était-ce pas par lui que la Torah aurait du commencer ? Il lui semblait que, figurer partout en tête, lui revenait de droit. Silencieusement Dieu écouta les revendications d’Aleph. Dieu ne s’expliqua point et ne justifia rien. Par contre, Dieu rassura Aleph. Si, en effet, le monde n’avait pas commencé par lui, plus tard, au moment glorieux du Don de la Torah, lorsque Dieu irait Se révéler au Peuple Juif, réuni au pied du Mont Sinaï, Dieu irait prononcer le Décalogue, les Dix Commandements, qui eux allaient commencer par la lettre Aleph, —Anokhi Hachem—, Je suis l’Éternel. À cette heure là ce serait le Aleph qui serait bien le tout premier ! »

Bien que l’écriture hébraïque ne connaisse pas de majuscule, ici la première lettre de la Torah, le Beth de Bérèchit, est écrite avec un grand Beth, comme si c’était pour faire ressortir un caractère tout exceptionnel de ce premier Beth ! En sachant que la valeur numérique de la lettre Beth est 2, nous pourrons en effet traduire ce premier Beth par ce 2, pour lire ainsi dans ce texte : – « 2 réchit bara Elokim », « 2 débuts créa l’Éternel, le ciel et la terre »… (À noter que la forme graphique du chiffre 2, chiffre arabe, dérive directement de la graphie de la lettre hébraïque Beth, qui possède cette même valeur numérique)

Ainsi, on peut remarquer que dès le tout premier verset, dans son premier mot et dès sa première lettre, la Torah nous annonce qu’il existe DEUX débuts, DEUX points de départ, DEUX commencements pour chaque chose ! Le premier commencement est celui qui est le plus terrestre ; c’est le commencement tangible où la perception de l’univers est limitée et mesurable. C’est ce commencement qui est cristallisé par la lettre Beth, cette lettre qui elle aussi est terrestre, audible et mesurable. Le second commencement est celui du monde du Ciel. Le monde du Ciel ne connaît pas les distances physiques, dans son univers tout s’exprime en langage métaphysique ! Cet univers est évidemment celui de la lettre Aleph, qui elle non plus ne se laisse pas exprimer tangiblement et vocalement. Et au début, tout au début, Dieu créa ces deux notions, de sorte que c’est à l’homme de savoir dans lequel des deux mondes il désire évoluer. À remarquer aussi que le mot hébreu pour choisir, « boher », commence par cette même lettre ?

Le premier caractère de la Torah est donc de grand format pour rappeler que lui, le Beth, qui représente le monde matériel de la terre, n’est pas seul dans l’existence mais que, encore bien antérieur à lui se trouve l’Aleph, la seule lettre à être vraiment autonome et indépendante et qui elle est l’exponant et le point de départ du monde du Ciel.

Dans le monde physique, le monde de la terre, toute valeur, sans exception, est double aussi ; c’est la vie et la mort, le jour et la nuit ; le bien et le mal, la masculinité et la féminité… Par conséquent, cette lettre de la dualité, le Beth, exprime simultanément la notion de l’intérieur, le fait de se trouver à l’intérieur de cette dualité et le signe Beth, en tant que préfixe, veut justement dire « dans ».

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Ainsi du Beth sont issus tous les contrastes et extrémités et ce sont à leur tour ces contrastes et ces extrémités qui constituent le cadre et le contentant de la vie !

Nous comprenons maintenant mieux que le sens même de cette lettre est « maison », (bayit), endroit de l’intérieur par excellence. La notion de « maison » est suggérée par le « beth », tant par son nom, tant par sa valeur numérique, tant par sa forme ( !) et tant par sa philosophie ! Bayit, la construction qui fait émerger l’intérieur, il en est de même pour le mot « beged », qui signifie vêtement. L’habit aussi recouvre pour être le contenant de l’homme.

Le « Beth » est encore la lettre de « bina », l’intelligence qui elle assure la construction intellectuelle. En tant que lettre de contrastes elle exprime donc le désir de l’expansion, de la recherche de joindre les limites dans lesquelles ce monde évolue. « Ben », c’est « fils » et « bat » c’est la fille, l’extension et la construction humaine.

Enfin, c’est avant tout la lettre de la « bera’ha », de la bénédiction. La Torah nous montre cela, la « bera’ha », n’est que la première lettre du récit de son livre, un point de départ, une extrémité, un démarrage. Si toutefois le Beth par l’intermédiaire de sa « bera’ha » sait nous conduire au pied du Mont Sinaï pour y entendre le « Anokhi », le « Je », majestueux de Dieu, c’est que nous avons pleinement vécu et assumé cette deuxième lettre de l’alphabet hébreu, cette première lettre de la Torah.

Voici maintenant quelques passages du Sepher ha-Bahir (traduction Virya) :

§ 3. Pourquoi la Torah commence-t-elle avec la lettre Beith ? Pour qu’elle commence comme une bénédiction (Berakah). Comment savons-nous que la Torah est appelé « bénédiction » ? Parce qu’il est écrit Deutéronome 33:23), « et rempli de bénédiction de Yhwh, possède la Mer et le Sud. » La Mer n’est rien d’autre que la Torah, comme il est écrit (Job 11:9), « Elle est plus large que la mer. » Quelle est la signification du verset, « et rempli de bénédiction de Yhwh ? » Cela signifie que chaque fois que nous trouvons la lettre Beith cela indique une bénédiction. Il est écrit (Genèse 1:1), « au commencement (BeReshit) [Dieu créa le ciel et la terre . »BeReshit est Beth Reshit.] Le mot « commencement » (Reshit) n’est rien d’autre que la Sagesse. Il est écrit (Psaume 111:10), « Le commencement de la sagesse, la crainte de Yhwh. » La sagesse est une bénédiction. Il est écrit, « Et Dieu bénit Salomon. » Il est aussi écrit (I Rois 5:26), « Et Dieu donna la Sagesse à Salomon. » Cela ressemble à un roi qui marie sa fille à son fils. Il la lui donne en mariage et lui dit, « Fais avec elle selon ton désir ».

§ 4. Comment savons-nous que le mot Berakhah [ traduit habituellement par bénédiction] vient du mot Baroukh Hou [signifiant soit bénit-Il] ? Peut-être cela vient-il du mot Berek [ signifiant genou]. Il est écrit (Isaiah 44:23), « Pour moi chaque genou plie . » [Berakah peut donc signifier] sur le Lieu où chaque genou fléchit. À quoi cela est-il comparable ? Les gens veulent voir le roi, mais ne savent pas où trouver sa maison (Bayit). Ils demandent « Où est la maison du roi ? » Alors, seulement, ils peuvent demander, « Où est le roi ? » Il est écrit, « Pour moi chaque genou plie »— même le plus haut— « chaque langue jurera. »

§ 14 : Pourquoi la lettre Beith est-elle fermée de tous côtés et ouverte vers l’avant ? Cela nous enseigne qu’il s’agit de la Maison du monde, Le Saint, béni soit-il, est le lieu du monde, et le monde n’est pas Son lieu. Ne lis pas Beith, mais Bayit (maison). Il est écrit (Proverbes 24:3), « C’est par la sagesse qu’une maison s’élève, Et par l’intelligence qu’elle s’affermit ».

§ 15 : À quoi le Beth ressemble-t-il ? Il est semblable à un homme formé par la sagesse. Il est fermé de tous côtés, mais ouvert vers l’avant. Le Alef, cependant, est ouvert vers l’arrière. Cela nous enseigne que la queue du Beith est ouverte derrière. Sans cela l’homme ne pourrait exister. Pareillement, s’il n’y avait pas de Beith sur la queue du Alef, le monde ne pourrait exister.

Voici, en complément, un extrait de l’introduction à la traduction anglaise de Samuel Mathers de la Kabbalah Denudata de Knorr von Rosenroth (traduction française de Spartakus FreeMann) :

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« On doit, en outre, noter au regard du premier mot de la Bible, BRAShITh, Berashith, que les trois premières lettres, BRA, sont les initiales du nom des trois personnes de la Trinité : BN, Ben, le fils ; RVCh, Ruach, l’Esprit ; et AB, Ab, le Père. De plus, la première lettre de la Bible est B, qui est l’initiale de BRKH, Barakhah, bénir ; et non pas A, qui est l’initiale de ARR, Arar, maudire. De nouveau, en prenant la valeur numérique des lettres de Berashith, on obtient le nombre d’années entre la Création et la naissance du Christ : B=2000, R=200, A=1000, SH=3000, I=10 et TH=400, donc un total de 3910 années. Pic de la Mirandole donne ce qui suit en travaillant sur BRAShITh. En reliant la troisième lettre, A, à la première lettre B, on obtient AB, Ab, le Père. Si, on double la première lettre B et qu’on ajoute la seconde R, cela donne BBR, Bebar, dans ou au travers du Fils. Si on lit toutes les lettres sauf la première, cela donne RAShITh, Rashith, le commencement. Si on relie la quatrième lettre, Sh, la première B et la dernière Th, cela donne ShBTh, Shkebeth, la fin ou le repos. Si on prend les trois premières lettres, cela fait BRA, Bera, créé. Si l’on omet la première, les trois suivantes donnent RASh, Rash, tête. Si on omet les deux premières, les deux suivantes donnent ASh, Ash, feu. Si on prend la quatrième et la dernière, cela donne ShTh, Sheth, fondation. Si on met la deuxième lettre avant la première, cela donne RB, Rab, grand. Si après la troisième on place la cinquième et la quatrième, cela fait AISh, Aish, homme. Si aux deux premières lettres on joint les deux dernières, elles donnent BRITh, Berith, alliance. Et si la première est unie à la dernière, cela donne ThB, Theb, qui est parfois utilisé pour TVB, Thob, bon.

En prenant l’ensemble de ces anagrammes mystiques dans l’ordre adéquat, Pic constitue la phrase suivante à partir du mot BRAShTh : Pater in filio (aut per filium) principium et finem (sive quietum) creavit caput, ignem, et fundamentum magni hominis foedere bono : « Au travers de son fils le Père a créé cette Tête qui est le commencement et la fin, le feu-vie et la fondation de l’homme Supernel (l’Adam Qadmon) par Son Alliance bénéfique. Cette note sur la Qabalah littérale s’est déjà étendue au-delà de ses propres limites. Il était toutefois nécessaire d’être explicite sur le raisonnement métaphysique d’autant que le reste de ce travail tourne autour de ses applications. »