Sepher Ha Bahir

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Sepher Ha-Bahir issu du Sepher ha-Zohar Folio 81b – 90b.

« Et tout le peuple voyait les bruits. » Pourquoi l’Écriture dit-elle : « … Voyait les bruits », alors qu’elle aurait dĂ» dire : « … Entendait les bruits » ? Une tradition nous apprend que les paroles qui sortaient de la bouche de Dieu s’imprimaient dans les tĂ©nĂšbres, de telle façon qu’elles prenaient corps, de maniĂšre qu’IsraĂ«l les entendait et les voyait Ă  la fois. Les hommes de cette gĂ©nĂ©ration ont vu une lumiĂšre si Ă©clatante qu’aucune des gĂ©nĂ©rations suivantes n’en verra de pareilles jusqu’au jour de l’avĂšnement du Messie. VoilĂ  pourquoi l’Écriture dit : « Tout le peuple voyait les bruits. » Il les a rĂ©ellement vus.

Rabbi ÉlĂ©azar dit : Les IsraĂ©lites virent en ce moment ce que jamais aucune gĂ©nĂ©ration ne verra. En mĂȘme temps que les IsraĂ©lites entendaient les bruits du tonnerre, ils entendaient aussi la voix puissante de Dieu. Ceci rĂ©sulte du mot « eth » ; or, le mot « eth » dĂ©signe toujours, dans l’Écriture, quelque chose de plus que ce qui y est expressĂ©ment mentionnĂ©, comme : « J’ai vu l’Éternel », et : « Tu as créé le ciel et la terre » ; « Honore ton pĂšre et ta mĂšre » ; « Honore Dieu. » IsraĂ«l pĂ©nĂ©tra en ce moment le mystĂšre de la Sagesse suprĂȘme, faveur qui n’a plus Ă©tĂ© accordĂ©e Ă  aucune autre gĂ©nĂ©ration, jus qu’au jour de l’arrivĂ©e du Roi Messie, ainsi qu’il est Ă©crit : « Ils verront de leurs propres yeux que le Seigneur retournera Ă  Sion. » Rabbi Isaac dit : II est Ă©crit : « Dieu a parlĂ© une fois et nous avons entendu deux. » Cela signifie que la parole de Dieu Ă©tait une et les IsraĂ©lites ont entendu les deux premiers commandements : « Je suis l’Éternel ton Dieu » et : « Tu n’auras pas un autre Dieu. »

De cette mĂȘme parole, Rabbi Yehouda dit : Le verset ne dit pas : la voix produite par le « schophar », mais « la voix schophar » ; c’est la voix appelĂ©e « Schophar », ainsi qu’il est Ă©crit : « Tu feras entendre le schophar. » Rabbi YossĂ© dit de mĂȘme que la trom pette imite le bruit provoquĂ© par le feu, l’air et l’eau ; de mĂȘme ici toutes les voix Ă©taient enfermĂ©es dans la voix appelĂ©e « Schophar » qui les produisait toutes. Rabbi ÉlĂ©azar dit : Le son de la trompette est en ce sens l’image de l’essence de Dieu que la voix qui sort de la trompette est autre chose que la trompette elle-mĂȘme ; et pourtant elle est insĂ©parable de la trompette et ne forme qu’une avec celle-ci. Rabbi Yehouda dit : Le mot « schophar « est Ă©crit sans Vav, parce que ce mot a aussi la signification d’« agrĂ©er » ainsi que cela rĂ©sulte du livre de Daniel. Rabbi SimĂ©on dit : C’est la rĂ©gion d’oĂč sort la voix qui est appelĂ©e « Schophar ». C’est Ă  cette voix que fait allusion l’Écriture :« Par tout ce qui sort de la bouche divine, l’homme vit. » « Ce qui sort de la bouche de Dieu » dĂ©signe « la voix du Schophar », voix plus puissante que toutes celles d’ici-bas, comme il est dit : « Et la voix du schophar Ă©tait puissante. » Elle est aussi appelĂ©e « la grande voix qui ne cesse point ». Il y en a une autre plus faible que l’Écriture dĂ©signe sous le nom de « voix faible et suave ». C’est une lumiĂšre trĂšs pure qui Ă©claire tout.

Que signifie le mot « demamah » ? Rabbi SimĂ©on dit : La signification de ce mot est celle-ci, que quiconque entend cette voix doit garder le silence et se recueillir, ainsi qu’il est Ă©crit : « Je me suis tu, je me suis humiliĂ© et j’ai gardĂ© le silence. » Une tradition nous apprend que le tourbillon de vent dont parle ÉzĂ©chiels dĂ©signe l’orage qui, Ă  la fin des temps, s’abattra sur les quatre grands empires du monde. L’orage viendra du Nord ; c’est l’empire du Nord qui vaincra et brisera les autres empires. Le mot « haschmal » dont parle ÉzĂ©chiel est composĂ© des mots : « Hayoth Ă©scha memalela » (Hayoth de feu qui parlent). Rabbi YossĂ© dit : « Haschmal » est au monde cĂ©leste ce que le cƓur est au corps. Rabbi YossĂ©, fils de Rabbi Yehouda, dit : IsraĂ«l a vu au mont SinaĂŻ des merveilles que mĂȘme le prophĂšte ÉzĂ©chiel n’a jamais vues. IsraĂ«l a pĂ©nĂ©trĂ© tous les cinq degrĂ©s du rĂšgne cĂ©leste dont le son de la trompette est le dernier ; et ce n’est qu’aprĂšs avoir pĂ©nĂ©trĂ© ces cinq degrĂ©s que la Loi lui a Ă©tĂ© confiĂ©e.

Rabbi ÉlĂ©azar dit : ÉzĂ©chiel a bien vu les mĂȘmes merveilles qu’IsraĂ«l a vues au mont SinaĂŻ ; seulement, la vision d’ÉzĂ©chiel n’était pas si claire que celle d’IsraĂ«l. Rabbi Yehouda dit : Aucun prophĂšte n’a vu ce qu’IsraĂ«l a contemplĂ© au mont SinaĂŻ ; Ă  plus forte raison nul prophĂšte n’a vu ce que MoĂŻse a vu, duquel l’Écriture dit : « Et Dieu est avec lui » ; et ailleurs : « C’est face Ă  face que je lui suis apparu et non en rĂȘve. » Rabbi YossĂ© dit en outre : Remarquez que l’Écriture dit : « La parole du Seigneur fut, fut adressĂ©e Ă  ÉzĂ©chiel (haĂŻoh haĂŻah). » Le double terme de « fut » indique que la prophĂ©tie d’ÉzĂ©chiel n’était qu’occasionnelle. Rabbi Yehouda dit : Le double emploi du mot « fut » indique que le Saint, bĂ©ni soit-il, n’abandonne jamais IsraĂ«l et qu’il est toujours avec lui, mĂȘme dans l’exil. Rabbi ÉlĂ©azar dit : La vision d’ÉzĂ©chiel Ă©tait obscure, tandis que la vision d’IsraĂ«l Ă©tait nette, ainsi qu’il est Ă©crit : « Et tout IsraĂ«l vit les voix. » Rabbi SimĂ©on dit : La Loi a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©e sĂ©parĂ©ment au peuple, sĂ©parĂ©ment aux chefs des tribus et sĂ©parĂ©ment aux femmes, ainsi qu’il est Ă©crit : « Vous vous tenez aujourd’hui devant l’Éternel votre Dieu : vos chefs, vos tribus, vos anciens, vos surveillants et tous les hommes. » Voici les cinq degrĂ©s du cĂŽtĂ© droit. Les cinq degrĂ©s du cĂŽtĂ© gauche sont : « … Vos enfants, vos femmes, l’étranger qui est dans ton camp, celui qui fend ton bois, et celui qui puise ton eau. » Ces dix degrĂ©s correspondent aux dix degrĂ©s d’en haut grĂące auxquels IsraĂ«l a reçu les dix commandements, synthĂšse de tous les autres. Une tradition nous apprend qu’au moment oĂč le Saint, bĂ©ni soit-il, se manifesta au mont SinaĂŻ, tout IsraĂ«l le vit aussi clairement que la lumiĂšre vue Ă  travers le verre ; IsraĂ«l vit plus de lumiĂšre qu’ÉzĂ©chiel ; car ce dernier n’a pas vu la Schekhina plus clairement qu’une lumiĂšre vue Ă  travers plusieurs murs. Rabbi Yehouda dit : Heureux le sort de MoĂŻse dont l’Écriture dit qu’il a Ă©tĂ© appelĂ© par le Seigneur. Heureuse la gĂ©nĂ©ration dont l’Écriture dit : « Et le Seigneur des­cendit devant tout le peuple sur le mont SinaĂŻ. » Remarquez que l’Écriture dit : « De sa droite une loi de foi a Ă©tĂ© donnĂ©e. » Cette rĂ©vĂ©lation venait de la droite. Quelle est la diffĂ©rence entre cette rĂ©vĂ©lation et celle d’ÉzĂ©chiel ?

Rabbi YossĂ© dit : Au mont SinaĂŻ, ce furent la tĂȘte et le corps du Roi cĂ©leste qui se sont rĂ©vĂ©lĂ©s, ainsi qu’il est Ă©crit : « II a abaissĂ© les cieux et il est descendu. » Or, partout oĂč il y a une tĂȘte, il y a aussi un corps, alors que, chez ÉzĂ©chiel, L’Écriture dit : « Et la main du Seigneur agit sur lui. » ÉzĂ©chiel n’a vu que la main du Roi cĂ©leste, mais il n’en a point vu le corps. Remarquez que l’Écriture dit : « Les cieux furent ouverts, et j’eus des visions (maroth) d’Élohim. » Le mot « maroth » est Ă©crit de façon incomplĂšte, parce qu’ÉzĂ©chiel n’a pas vu la divinitĂ© tout entiĂšre ; il n’a vu que la Schekhina. Rabbi Yessa objecta : La Schekhina ne constitue-t-elle donc pas toute la divi­nitĂ© ? Rabbi YossĂ© rĂ©pondit : II n’y a pas de comparaison entre la TĂȘte du Roi et les Pieds du Roi, bien que tous ces membres ne fassent qu’un seul et mĂȘme corps. Remarquez que, chez IsaĂŻe, l’Écriture dit : « Et j’ai vu JĂ©hovah », alors que, chez ÉzĂ©chiel, l’Écriture dit : « Et j’ai vu les visions d’Élohim. » Pourtant les deux prophĂštes ont vu la mĂȘme chose. Heureux le sort de MoĂŻse Ă  qui nul autre prophĂšte ne peut ĂȘtre comparĂ© en tant que fidĂ©litĂ©. IsaĂŻe et ÉzĂ©chiel Ă©taient sur le mĂȘme degrĂ©. S’il en est ainsi, pourquoi IsaĂŻe n’était-il pas aussi explicite qu’ÉzĂ©chiel ? Rabbi YossĂ© dit : ÉzĂ©chiel a complĂ©tĂ© et expliquĂ© la vision d’IsaĂŻe. Pour quoi ÉzĂ©chiel a-t-il complĂ©tĂ© la vision d’IsaĂŻe ? Parce qu’il Ă©tait indispensable qu’IsraĂ«l su que la Schekhina est avec lui, mĂŽme dans l’exil. Rabbi HiyĂą demanda : S’il en est ainsi, pourquoi la Schekhina ne s’est-elle pas manifestĂ©e en ChaldĂ©e ? – Parce que l’impuretĂ© rĂšgne dans ce pays. Cependant, le fleuve de Chobar, oĂč la Schekhina apparut Ă  ÉzĂ©chiel, est un des quatre fleuves qui sortent de l’Éden. C’est pourquoi il porte le nom de « C’bar », qui veut dire que la Schekhina s’était dĂ©jĂ  rĂ©vĂ©lĂ©e une autre fois prĂšs de ce fleuve. Une tradition nous apprend que, dans le palais sacrĂ©, il y a quatre Hayoth qui sont les plus sacrĂ©s de tous les anges et aussi les plus anciens ; ces Hayoth sont l’image du Nom sacrĂ©. La tradition nous apprend en outre qu’il y a Ă©galement des Hayoth ici-bas, et c’est par les Hayoth que le monde ici-bas est en rapport avec celui d’en haut. Mais une autre tradition nous apprend que la vision de MoĂŻse Ă©tait comparable Ă  une lumiĂšre de rĂ©verbĂ©ration, alors que la lumiĂšre entrevue par les autres pro­phĂštes n’était pas celle de rĂ©verbĂ©ration, ainsi qu’il est Ă©crit : « S’il se trouve parmi vous un prophĂšte du Seigneur, je lui apparaĂźtrai en vision, ou je lui parlerai en songe. Mais il n’en est pas ainsi de MoĂŻse, mon serviteur trĂšs fidĂšle dans toute ma maison. Je lui parle bouche Ă  bouche ; il voit le Seigneur clairement, et non sous des Ă©nigmes et sous des figures. » Rabbi YossĂ© dit : Tous les autres prophĂštes sont Ă  MoĂŻse ce qu’une femme est Ă  un homme. Heureuse la gĂ©nĂ©ration qui voit un tel prophĂšte.

Rabbi YossĂ©, fils de Yehouda, dit : Les IsraĂ©lites ont vu sur le mont SinaĂŻ la Gloire de leur Roi, face Ă  face, et il n’y avait parmi eux ni aveugles, ni boiteux, ni manchots, ni sourds. Nous savons qu’il n’y avait point d’aveugles parmi eux, puisque l’Écriture dit : « Et tout le peuple voyait, etc. » Nous savons qu’il n’y avait point de boiteux, puisque l’Écriture dit : « Et ils se tenaient debout au pied de la montagne. » Nous savons enfin qu’il n’y avait parmi eux, ni manchots, ni sourds, puisque l’Écriture dit : « Tout ce que le Seigneur a parlĂ© nous l’exĂ©cuterons et nous l’en tendrons. » A la fin des temps s’accompliront les paroles de l’Écriture : « Le boiteux bondira comme le cerf, et la langue des muets sera dĂ©liĂ©e. »

« Et le Seigneur prononça toutes ces paroles. » Rabbi Yehouda ouvrit une de ses confĂ©rences de la maniĂšre suivante : II est Ă©crit : « Qui racontera les Ɠuvres de la puissance du Seigneur, et qui fera entendre toutes ses louanges ? » La Loi offre Ă  l’homme plusieurs moyens d’échapper aux pĂ©chĂ©s contre son MaĂźtre ; elle lui donne de nombreux conseils propres Ă  le maintenir dans la bonne voie ; enfin elle lui indique de nombreux moyens pour obtenir le pardon de son MaĂźtre. Car une tradition nous apprend que la doctrine donne Ă  l’homme six cent treize conseils (prĂ©ceptes) pour arriver Ă  la perfection et pour plaire Ă  son MaĂźtre. Car le MaĂźtre dĂ©sire ardemment faire le bien Ă  l’homme, et dans ce monde et dans le monde futur ; mais c’est surtout dans le monde futur que Dieu dĂ©sire faire le bien Ă  l’homme ; car une tradition nous apprend que le Saint, bĂ©ni soit-il, rĂ©serve au monde futur la rĂ©compense de ceux qu’il aime. Pourquoi ? Parce que le monde futur est le monde du Saint, bĂ©ni soit-il ; et une tradition nous apprend Ă©galement que notre monde est au monde futur ce que le parvis est au palais ». Heureux l’homme qui est jugĂ© digne de l’hĂ©ritage cĂ©leste ! Heureux le juste Ă  qui il est donnĂ© de demeurer dans le palais du Roi ! Rabbi SimĂ©on dit : Heureux le sort du juste qui est jugĂ© digne des paroles de l’Écriture : « Alors tu trouveras les dĂ©lices dans le Seigneur. » L’Écriture dĂ©signĂ© la rĂ©gion suprĂȘme Ă  la quelle aspirent tous les mondes. C’est la rĂ©gion dont l’Écriture dit : « D’oĂč viendra mon salut. » Le dĂ©sir des justes est de contempler la splendeur suprĂȘme d’oĂč Ă©manent toutes les couronnes. Rabbi SimĂ©on dit en outre : L’Écriture ajoute : « Je t’élĂšverai au-dessus de ce qu’il y a de plus Ă©levĂ© dessus la terre. » Ces paroles dĂ©signent Ă©videmment le ciel.

« Et le Seigneur prononça toutes ces paroles. » Une tradition nous apprend que lorsque le Saint, bĂ©ni soit-il, s’est manifestĂ© au mont SinaĂŻ, tous les ĂȘtres d’en haut et d’en bas furent Ă©branlĂ©s ; et les Ăąmes des IsraĂ©lites se sĂ©parĂšrent de leur corps. Chaque parole sortie de la bouche de Dieu fit le tour des quatre points cardinaux, remonta en haut et s’imprĂ©gna des odeurs suaves et pures du Jardin cĂ©leste et retomba ensuite comme une rosĂ©e sur les IsraĂ©lites ; et c’est alors que les Ăąmes revinrent au corps. Rabbi SimĂ©on dit : Chaque parole sortie de la bouche de Dieu renfermait toutes les interprĂ©tations dont elle est susceptible, ainsi que tous les mystĂšres. Tel un arbre pourvu de soixante-dix branches, chaque mot sorti de la bouche de Dieu est susceptible de soixante-dix interprĂ©tations. Chaque mot reçut dĂšs le com­mencement cinquante moins une couronnes du cĂŽtĂ© droit, et au tant de couronnes du cĂŽtĂ© gauche. C’est prĂ©cisĂ©ment en raison de la diversitĂ© d’interprĂ©tations dont chaque parole de Dieu est susceptible que l’Écriture compare la parole de Dieu Ă  un marteau qui brise la pierre, ainsi qu’il est Ă©crit : « Car mes paroles sont comme du feu, dit le Seigneur, et comme un marteau qui brise la pierre. » Les Ăąmes de toutes les gĂ©nĂ©rations futures Ă©taient prĂ© sentes au mont SinaĂŻ et voyaient Dieu face Ă  face. Il rĂ©sulte du rapprochement qui existe dans l’Écriture entre les mots : « Et le Seigneur prononça toutes ces paroles », et les paroles : « Je suis le Seigneur ton Dieu », que, de mĂȘme que Dieu est cachĂ© aux hommes, de mĂȘme les mystĂšres contenus dans les paroles de l’Écriture doivent demeurer cachĂ©s pour les non-initiĂ©s. Rabbi Isaac dit : La Loi a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©e Ă  IsraĂ«l au milieu du feu et des fumĂ©es, pour nous indiquer que quiconque se consacre Ă  l’étude de la Loi sera prĂ©servĂ© du feu de l’enfer. Dieu disait Ă  Abraham : Si tes enfants se consacrent Ă  l’étude de la Loi, ils seront prĂ©servĂ©s du feu de l’enfer ; sinon, ils seront chĂątiĂ©s dans l’enfer et opprimĂ©s par les autres peuples. Abraham rĂ©pondit Ă  Dieu : C’est trop de leur infliger cette double punition ; s’ils en mĂ©ritent une, qu’ils soient opprimĂ©s par les autres peuples dans l’exil, mais qu’ils soient prĂ©servĂ©s de l’enfer. Le Saint, bĂ©ni soit-il, acquiesça au dĂ©sir d’Abraham. Rabbi Yehouda dit : Depuis la sortie de l’Egypte, jusqu’à la rĂ©vĂ©lation de la Loi, cinquante jours se sont passĂ©s. Pourquoi ? Pour correspondre Ă  l’annĂ©e jubilaire qui est au bout de cinquante ans, ainsi qu’il est Ă©crit : « Vous sanctifierez la cinquantiĂšme annĂ©e. » IsraĂ«l sortit de l’Egypte grĂące au mĂ©rite de la rĂ©gion dont l’annĂ©e jubilaire est l’image. C’est pour cette raison que la sortie d’Egypte se trouve rĂ©pĂ©tĂ©e cinquante fois dans l’Écriture, afin de nous indiquer que c’est grĂące au nombre cinquante qu’IsraĂ«l est sorti de l’Egypte. Une tradition nous apprend qu’au moment oĂč le Saint, bĂ©ni soit-il, se manifesta sur le mont SinaĂŻ, cette montagne fut Ă©branlĂ©e, et en mĂŽme temps qu’elle toutes les montagnes du monde. Le Saint, bĂ©ni soit-il, posa son bras sur elles et mit ainsi un terme Ă  leur oscillation ; et une voix retentit alors et fit entendre ces paroles : « Pourquoi, ĂŽ mer, t’es-tu enfuie ? et toi, ĂŽ Jourdain, pourquoi es-tu retournĂ© en arriĂšre ? Pourquoi, montagnes, avez-vous sautĂ© comme des bĂ©liers, et vous, collines, comme les agneaux des brebis ? » Et la terre, qui avait Ă©tĂ© Ă©branlĂ©e, rĂ©pondit : « … Devant le Seigneur, devant le CrĂ©ateur de la terre. » Rabbi Isaac dit : Les paroles : « … Devant le Seigneur » dĂ©signent la MĂšre cĂ©leste. « La terre » dĂ©signe la MĂšre d’ici-bas. « Le Dieu de Jacob » dĂ©signe le PĂšre, ainsi qu’il est Ă©crit : « Mon fils aĂźnĂ©, IsraĂ«l… » Rabbi Isaac dit en outre : La Loi rĂ©vĂ©lĂ©e Ă  IsraĂ«l sur le mont SinaĂŻ Ă©tait Ă©crite avec du feu noir sur du feu blanc, pour que la ClĂ©mence et la Rigueur se trouvassent unies dans la Loi. Rabbi HiyĂą dit : Les lettres gravĂ©es sur les tables de la Loi Ă©taient lisibles au recto et au verso des tables. Ces tables Ă©taient de saphir. Rabbi Abba dit : Les lettres gravĂ©es sur les tables se dĂ©tachaient de la pierre et volaient dans l’air, de sorte que tout le monde a pu voir les lettres de feu noir sur un fond de feu blanc suspendues dans l’air. Rabbi Yehouda dit : Le mot « ve-halouhoth » (les tables) est Ă©crit sans Vav, pour nous indiquer que, bien que deux, les tables de la Loi ne paraissaient former qu’une seule table. Rabbi Isaac dit : Les tables de la Loi ne formaient primitivement qu’un seul bloc de saphir. Le Saint, bĂ©ni soit-il, souffla sur ce bloc, et il se fendit en deux. Rabbi SimĂ©on dit en outre : Les tables de la Loi Ă©taient créées avant le monde ; le Saint, bĂ©ni soit-il, les fit le vendredi. De quoi Ă©taient-elles faites ? De la rosĂ©e cĂ© leste qui tombe sur le verger sacrĂ© de pommiers. Le Saint, bĂ©ni soit-il, fit congeler deux gouttes de cette rosĂ©e qui se transfor mĂšrent en deux pierres prĂ©cieuses. Dieu souffla sur ces deux pierres, et elles devinrent deux tables. Rabbi Yehouda dit : Les lettres gravĂ©es sur les tables Ă©taient lisibles au recto aussi bien qu’au verso. Rabbi Abba dit : On lisait au recto des tables ce qui Ă©tait Ă©crit sur leur verso, et on lisait sur leur verso ce qui Ă©tait Ă©crit sur leur recto. L’Écriture dit : « MoĂŻse descendit vers le peuple, et lui dit… » Mais elle n’ajoute pas ce qu’il lui dit. Rabbi Isaac dit : Remarquez que la joie autant que la douleur sont in supportables quand elles arrivent Ă  l’improviste. Mais si l’on est prĂ©venu d’avance, l’émotion de la joie ou de la douleur exerce moins d’influence sur l’homme. Craignant que l’émotion qu’ils allaient Ă©prouver au mont SinaĂŻ ne leur fĂ»t funeste, MoĂŻse a cru devoir les prĂ©venir d’avance. Tel est le sens des mots : « MoĂŻse descendit vers le peuple, et lui dit… » II l’a prĂ©venu. Pourtant, en dĂ©pit de la prĂ©caution prise par MoĂŻse, l’émotion Ă©prouvĂ©e par IsraĂ«l Ă©tait telle que les Ăąmes, se sĂ©parant des corps, montaient vers le trĂŽne glorieux de Dieu pour y rester toujours. Alors la Loi s’adressant au Saint, bĂ©ni soit-il, elle lui dit : Est-ce pour rien que tu m’as créée deux mille ans avant le monde ? Est-ce pour rien que l’Écriture contient des lois qui ne concernent qu’IsraĂ«l, telle que la loi : « Si un homme des enfants d’IsraĂ«l, ou des Ă©trangers qui sont venus demeurer parmi eux, ’mange du sang, etc. », et ailleurs : « Et tu diras aux enfants d’IsraĂ«l, etc. » ; et ailleurs encore : « Car les enfants d’IsraĂ«l sont mes esclaves. » Or, oĂč sont les enfants d’IsraĂ«l ? AussitĂŽt aprĂšs ce plaidoyer de la Loi, les Ăąmes retournĂšrent aux corps des IsraĂ©lites. Ainsi, le retourdes Ăąmes d’IsraĂ«l est dĂ» Ă  la Loi. Tel est le sens des paroles de l’Écriture : « La loi du Seigneur est parfaite ; elle fait revenir l’ñme. » Une tradition nous apprend que les paroles : « Et Salo mon fut mis sur le trĂŽne du Seigneur, pour rĂ©gner au lieu de David son pĂšre » ont la mĂȘme signification que les paroles sui vantes : « Les six degrĂ©s par lesquels on montait au trĂŽne… » Rabbi Abba dit : Ces paroles nous indiquent qu’à l’époque de Salo mon la lune Ă©tait pleine. De mĂȘme qu’au quinziĂšme jour du mois la lune est pleine, de mĂȘme la Lune cĂ©leste se trouve pleine toutes les fois que quinze gĂ©nĂ©rations se sont Ă©coulĂ©es. Ainsi, Ă  l’époque d’Abraham, la Lune cĂ©leste Ă©tait pleine ; Ă  l’époque de David ainsi qu’à l’époque de Salomon, la Lune Ă©tait Ă©galement pleine ; or, depuis Abraham jusqu’à David, il y a quatorze gĂ©nĂ©rations : Abraham, Isaac, Jacob, Juda, Phares, Esron, Ram. Aminadab, Naasson, Salmon, Booz, Obecl, JessĂ©, David et Salomon. De David jusqu’à la captivitĂ© de Babylone, il y a Ă©galement quatorze gĂ©nĂ©rations : Roboam, Abias, Asa, Josaphat, Joram, Ozias, Joas, Amazia, Joatham, Achaz, ÉzĂ©chias, Mariasse, Amon, Josias, SĂ©dĂ©cias.

« Je suis le Seigneur ton Dieu qui t’a tirĂ© de l’Egypte, de la maison de servitude. » Rabbi ÉlĂ©azar ouvrit une de se s confĂ©rences de la maniĂšre suivante : II est Ă©crit : « Écoute, mon fils, les instructions de ton pĂšre, et n’abandonne point la loi de ta mĂšre. » Les mots : « Écoute, mon fils, les instructions de ton pĂšre » dĂ©signent le Saint, bĂ©ni soit-il. Les mots : « … Et n’abandonne point la loi de ta mĂšre » dĂ©signent la « CommunautĂ© d’IsraĂ«l ». Qui est la « CommunautĂ© d’IsraĂ«l » ? C’est la SĂ©phirĂą « Bina » (Intelligence), ainsi qu’il est Ă©crit : « Pour comprendre les paroles de Bina… » Rabbi Yehouda dit : « Les instructions de ton pĂšre » dĂ©signent HocmĂą (Sagesse). Les paroles : « … Et n’abandonne point la loi de ta mĂšre » dĂ©signent « Bina ». D’aprĂšs Rabbi Isaac, la Loi pro cĂšde de la Sagesse suprĂȘme. Suivant Rabbi YossĂ©, elle procĂšde de l’Intelligence (Bina). Rabbi Yehouda dit : Elle procĂšde de la Sa gesse suprĂȘme et de l’Intelligence, Rabbi Abba dit : Elle procĂšde de la ClĂ©mence et de la Rigueur, du Roi et de sa Matrona. Rabbi YossĂ© dit : Les mots : « Je suis le Seigneur ton Dieu » dĂ©signent la Schekhina, ainsi qu’il est Ă©crit ; « J’irai avec toi en Egypte. » Rabbi Isaac dit : II y a entre le mot « anochi » (je suis) et le mot « JĂ©hovah » un accent disjonctif, pour nous indiquer que le premier mot dĂ©signe la Schekhina, et que « JĂ©hovah ton Dieu » dĂ© signe le Saint, bĂ©ni soit-il. L’Écriture ajoute : « … Qui t’a tirĂ© de l’Egypte. » L’Écriture nous indique que c’est grĂące Ă  la rĂ©gion cĂ©leste dont la pĂ©riode jubilaire est l’image qu’IsraĂ«l sortit de l’Egypte. C’est pour cette raison que la sortie d’Egypte se trouve rĂ©pĂ©tĂ©e cinquante fois dans l’Écriture. La Loi a Ă©tĂ© Ă©galement rĂ©vĂ©lĂ©e Ă  IsraĂ«l cinquante jours aprĂšs la sortie de l’Egypte, pour correspondre aux cinquante ans de la pĂ©riode jubilaire, au bout de laquelle rĂšgne la libertĂ©. Par les mots : « … De la maison de servitude », l’Écriture dĂ©signe les « couronnes infĂ©rieures », c’est-Ă -dire les puissances du dĂ©mon, en lesquelles les Égyptiens ont mis leur confiance. De mĂȘme qu’il y a une « Maison » de la Sa gesse Ă©ternelle en haut, ainsi qu’il est Ă©crit : « Par la Sagesse la maison se bĂątira », de mĂȘme il y a une maison du dĂ©mon ici-bas, ainsi qu’il est Ă©crit : « … De la maison de servitude. » Une tradi tion nous apprend qu’au moment oĂč Dieu prononça le mot « Je suis », toutes les lois et tous les commandements de l’Écriture ont pris corps et se sont identifiĂ©s, – s’il est permis de s’exprimer ainsi, – avec l’essence mĂȘme de Dieu ; certains commandements se sont identifiĂ©s avec la TĂšte du Roi sacrĂ©, d’autres avec le Tronc, d’autres encore avec les Bras du Roi, et enfin d’autres avec les Pieds ; aucun commandement ne voulut plus dĂšs ce moment se sĂ©parer du Corps du Roi cĂ©leste. Il en rĂ©sulte que celui qui trans gresse un commandement pĂšche contre le Corps mĂȘme du Roi, ainsi qu’il est Ă©crit : « Ils sortiront pourvoir les corps morts de ceux qui ont pĂ©chĂ© contre moi. » Ainsi le pĂ©cheur pĂȘche contre Dieu lui-mĂȘme. Malheur aux coupables qui transgressent les commandements de la Loi sans se douter de l’énormitĂ© de leurs crimes. Rabbi SimĂ©on dit : Le Saint, bĂ©ni soit-il, se charge lui-mĂȘme de rendre publics les pĂ©chĂ©s que l’homme commet en secret, ainsi qu’il est Ă©crit : « Les deux rĂ©vĂ©leront son iniquitĂ©, et la terre s’élĂšvera contre lui. « Les cieux rĂ©vĂ©leront son iniquitĂ© » : c’est Dieu. « La terre s’élĂšvera contre lui » : c’est la « CommunautĂ© d’IsraĂ«l ». Rabbi YossĂ© dit : Nous avons appris de Rabbi SimĂ©on qu’au moment oĂč la Loi a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©e, la MĂšre cĂ©leste et ses fils Ă©taient dans la joie, ainsi qu’il est Ă©crit : « La mĂšre des enfant est dans la joie. »

Calligraphie 8 Michel D'Anastasio.
Calligraphie de Michel D’Anastasio. Visiter son site.

« Je suis le Seigneur ton Dieu. » Une tradition nous apprend qu’Abraham notre pĂšre avait une fille. Les paroles de cette tradition dĂ©signent la Schekhina appelĂ©e « Fille ». Elle est la « Fille » de JĂ©hovah et la MĂšre des hommes. Tel est le sens des paroles de l’Écriture : « LaniĂšre des enfants est dans la joie. » Tant que la MĂšre reste prĂšs de ses enfants, la joie rĂšgne dans tous les mondes. Une tradition nous apprend que ce sont les pĂ©chĂ©s des hommes qui dĂ©terminent la MĂšre Ă  se sĂ©parer de ses enfants. Tel est le sens anagogique des paroles de l’Écriture : « N’enlĂšve pas la mĂšre Ă  ses petits. » Rabbi Isaac dit : Tout est Un, le Saint, bĂ©ni soit-il, et la MĂšre ne font qu’Un. Ce mystĂšre est connu des « Moissonneurs des champs ». Heureux le sort de ceux-ci et dans ce monde et dans le monde futur ! Rabbi ÉlĂ©azar dit : Une fois, l’Écriture s dit : « Au commencement, Élohim crĂ©a le ciel et la terre », et une autre fois l’Écriture dit : « Au jour oĂč JĂ©hovah Élohim crĂ©a la terre et le ciel… » Comment expliquer cette contradiction ? Une tradition nous apprend que le ciel et la terre ont Ă©tĂ© créés simultanĂ©ment ; le Saint, bĂ©ni soit-il, Ă©tendit sa main droite et crĂ©a le ciel ; et il Ă©tendit sa main gauche et crĂ©a la terre. Comme le ciel constitue le trĂŽne de Dieu, la terre en constitue l’escabeau, ainsi qu’il est Ă©crit’ : « Le ciel est mon trĂŽne, et la terre mon escabeau. » Le mot « terre » dans ce verset ne dĂ©signe pas notre terre ici-bas, mais la « Terre d’en haut », qui est unie au ciel par le degrĂ© appelĂ© « Juste », ainsi qu’il est Ă©crit : « Et le juste sera le fondement du monde. » Entre la tĂȘte du Roi cĂ©leste et la rĂ©gion oĂč rĂ©side le Juste, s’étend le grand fleuve cĂ©leste qui arrose toute la « Terre de vie » d’en haut. C’est de cette terre que se nourrissent tous les ĂȘtres d’en haut et d’en bas. Le dĂ©sir du mĂąle pour la femelle provoque l’écoulement du sperme qui Ă©mane de la cervelle, Ă©coulement qui fĂ©conde la femelle ; et c’est d’elle que tout dĂ©rive. C’est ainsi qu’on peut expliquer les paroles de la tradition suivant laquelle celui qui arrive Ă  la maison de priĂšre, pour complĂ©ter le nombre de dix personnes dont la prĂ©sence est nĂ©cessaire pour la rĂ©citation de certaines liturgies, reçoit une rĂ©compense Ă©gale Ă  celle des neuf autres personnes ensemble. Rabbi Isaac dit : II est Ă©crit : « II Ă©tendit les cieux et il est descendu. » Et ici il est Ă©crit : « II est descendu devant tout le peuple au-dessus de la montagne de SinaĂŻ. » OĂč est-il descendu ? Sur le SinaĂŻ ? Mais l’Écriture ne dit pas « sur la montagne », mais « au-dessus de la montagne ». Rabbi YossĂ© dit : II est descendu d’un degrĂ© Ă  l’autre, d’une couronne Ă  l’autre, jus qu’à ce qu’il se fĂ»t attachĂ© Ă  cette terre ; et la lune fut Ă©clairĂ©e dans sa plĂ©nitude. La Schekhina appelĂ©e « Terre cĂ©leste » se tenait au-dessus de la montagne de SinaĂŻ. Rabbi Abba dit : La Schekhina est appelĂ©e « Feu », ainsi que l’Écriture dit : « … A cause du feu dans lequel Dieu est descendu », et ailleurs : « Car Dieu est un feu dĂ©vorant. » Rabbi Isaac dit : La descente de Dieu sur le mont SinaĂŻ Ă©tait l’image de la descente de la Schekhina ici bas. C’est pourquoi l’Écriture dit : « Et Élohim prononça toutes ces paroles. » Or, Ëlohim dĂ©signe la Schekhina. Et l’Écriture ajoute : « Je suis JĂ©hovah ton Dieu. » Car Élohim et JĂ©hovah ne font qu’Un. « Tu n’auras point de dieux Ă©trangers devant moi. » Rabbi Isaac dit : Par les mots « dieux Ă©trangers », l’Écriture veut exclure la Schekhina » ; par les mots « devant moi », l’Écriture veut exclure les Noms sacrĂ©s du Roi cĂ©leste ; car les Noms du Roi sacrĂ© constituent le visage mĂȘme du Roi sacrĂ© ; car Dieu et ses Noms ne font qu’Un, ainsi qu’il est Ă©crit » : « Je suis JĂ©hovah ; c’est lĂ  le Nom qui m’est propre. » BĂ©ni soit le Seigneur et bĂ©ni soit son Nom en toute Ă©ternitĂ© ! Rabbi SimĂ©on dit : Heureux le sort d’IsraĂ«l Ă  qui le Saint, bĂ©ni soit-il, donne le nom d’ « homme », ainsi qu’il est Ă©crit : « Et vous, mes brebis, vous, les brebis de mon pĂąturage, vous ĂȘtes des hommes » ; et, ailleurs, il est Ă©crit : « Si un homme offre au Seigneur une hostie… » Pourquoi les appelle-t-il « hommes » ? Parce qu’ils se sont attachĂ©s Ă  lui, ainsi qu’il est Ă©crit : « Vous vous ĂȘtes attachĂ©s au Seigneur votre Dieu. » Seuls les IsraĂ©lites se sont attachĂ©s Ă  Dieu, mais non pas les peuples paĂŻens ; c’est pourquoi les IsraĂ©lites seuls sont appelĂ©s hommes, mais non pas les peuples paĂŻens. Rabbi SimĂ©on dit : DĂšs que l’IsraĂ©lite entre dans l’Alliance que le Saint, bĂ©ni soit-il, avait faite avec. Abraham, il porte le nom d’ « homme », et dĂšs qu’il est circoncis, il entre dans l’Alliance sus-mentionnĂ©e, ainsi qu’il est Ă©crit : « Et Dieu bĂ©nit Abraham en tout » ; et ailleurs : « La grĂące d’Abraham… » Cet homme a le droit d’entrer dans ce lieu et il s’attache au Corps du Roi ; et seule la postĂ©ritĂ© d’IsraĂ«l est appelĂ©e « homme ». Remarquez que, d’IsraĂ«l, l’Écriture dit : « Et il sera un homme sauvage. » Ainsi il s’appelle « homme sauvage », et non pas « homme ». Bien qu’Ismael ait Ă©tĂ© circoncis Ă  l’ñge de treize ans, il n’a cependant pas mĂ©ritĂ© le nom d’ « homme », par ce qu’il n’a pas reçu la Loi. Seule la race d’IsraĂ«l est appelĂ©e « homme », en raison de sa perfection en toutes choses, ainsi qu’il est Ă©crit : « Ce peuple est la part du Seigneur ; Jacob est le lot de son hĂ©ritage. » Rabbi YossĂ© dit : C’est pourquoi il est permis de reproduire toutes sortes d’images, Ă  l’exception de celle de l’homme. Rabbi Isaac dit : La reproduction de la figure humaine est dé­fendue, parce que l’homme ainsi reproduit semble ĂȘtre vivant. Rabbi Yehouda dit : C’est pourquoi le proverbe dit : On reconnaĂźt au moule la forme du vase qu’on y façonne. Rabbi Yehouda allait une fois de Cappadoce Ă  Lyda pour voir Rabbi SimĂ©on, qui se trouvait dans cette derniĂšre ville. Rabbi Hizqiya l’accompagna. Rabbi Yehouda dit Ă  Rabbi Hizqiya : Nous savons ce que Rabbi SimĂ©on a dit au sujet des mots « homme sauvage ». Mais que signifie la fin du mĂȘme verset : « Et il dressera ses pavillons vis-Ă -vis de tous ses frĂšres » ? Rabbi Hizqiya rĂ©pondit : Comme je n’ai jamais rien entendu Ă  ce sujet, je n’ose rien dire ; car nous avons appris que, par les mots : « Voici la loi que MoĂŻse exposa », l’Écriture veut nous apprendre que l’on ne doit rĂ©pĂ©ter que des choses qu’on a entendu exposer par son maĂźtre.

Rabbi Yehouda commença alors Ă  parler ainsi : II est Ă©crit : « Car elle est ta vie et ta longĂ©vitĂ©. » Celui qui s’attache Ă  la Loi et ne s’en sĂ©pare jamais est jugĂ© digne de deux vies, une dans ce monde et une autre dans le monde futur. Mais celui qui se sĂ©pare de la Loi se sĂ©pare de la vie, et celui qui se sĂ©pare de Rabbi SimĂ©on se sĂ©pare Ă©galement de la vie. VoilĂ  un verset dont il nous a expliquĂ© le commencement, et pourtant nous ignorons le sens de la fin ; Ă  plus forte raison sommes-nous dans l’incertitude pour l’interprĂ©tation de tous les versets dont il ne nous a jamais parlĂ© ! Malheur Ă  la gĂ©nĂ©ration Ă  laquelle Rabbi SimĂ©on sera enlevĂ© ! Tant que nous nous trouvons en prĂ©sence de Rabbi SimĂ©on, nous nous sentons le cƓur et l’esprit ouverts et nous saisissons tous les mystĂšres ; mais dĂšs que nous nous en sĂ©parons, nous ne savons plus rien ; et toutes les sources de notre esprit tarissent. Rabbi Hizqiya lui dit : C’est pourquoi l’Écriture dit : « Et il prit l’esprit qui Ă©tait en lui et le donna Ă  ces soixante-et-dix hommes. » MoĂŻse Ă©tait comparable Ă  une chandelle allumĂ©e.Ă  laquelle on allume de nombreuses autres chandelles, sans que la lumiĂšre de la premiĂšre diminue pour cela. De mĂŽme Rabbi SimĂ©on, fils de JochaĂŻ, est comparable aune chandelle allumĂ©e Ă  laquelle on allume de nombreuses autres chandelles, sans que sa lumiĂšre diminue pour cela. Ils continuĂšrent leur chemin. ArrivĂ©s chez Rabbi SimĂ©on, ils le trouvĂšrent occupĂ© Ă  l’interprĂ©tation de ce verset : « PriĂšre du pauvre, lorsqu’il est dans l’affliction et qu’il rĂ©pand sa priĂšre en la prĂ©sence du Seigneur. » La priĂšre du pauvre est au-dessus de celle des autres hommes, parce qu’elle monte jusqu’au trĂŽne glorieux du Roi ; et le Saint, bĂ©ni soit-il, en fait une couronne qu’il pose sur sa tĂȘte. Le mot « Atoph » ne veut pas dire « envelopper », mais « ĂȘtre dans l’affliction », ainsi que dans le verset : « Ceux qui sont affligĂ©s par la famine… » « … Et qu’il rĂ©pand sa priĂšre en lĂ  prĂ©sence du Seigneur. » Car.le MaĂźtre recevra sĂ»rement sa priĂšre. Quand mĂȘme il n’y aurait point d’autres justes, le monde subsiste rait par le mĂ©rite des pauvres. Malheur Ă  celui dont un pauvre se plaint devant son MaĂźtre ; car le pauvre est plus prĂšs du Roi que tous les autres hommes, ainsi qu’il est Ă©crit : « S’il crie vers moi, je l’exaucerai, car je suis compatissant. » Les plaintes des autres hommes sont parfois exaucĂ©es, et parfois non, alors que celles du pauvre sont toujours Ă©coutĂ©es, parce que le Roi choisit sa demeure parmi les tessons, ainsi qu’il est Ă©crit : « J’habite avec l’esprit humble et le cƓur brisĂ©. » Et ailleurs il est Ă©crit : « Le Seigneur est proche de ceux dont le cƓur est affligĂ©. » Et encore ailleurs il est Ă©crit : « Tune mĂ©prises pas, ĂŽ Dieu, un cƓur contrit et humiliĂ©. » Une tradition nous apprend que quiconque lĂšse un pauvre est aussi coupable que s’il lĂ©sait la Schekhina ; car la Schekhina est la tutrice des pauvres ; c’est elle qui dĂ©fend leur cause, ainsi qu’il est Ă©crit : « Car le Seigneur se rendra lui-mĂȘme le dĂ©fenseur de sa cause. » La Schekhina n’a besoin ni de tĂ©moins, ni de juges, pour chĂątier ceux qui lĂšsent les pauvres ; elle leur ĂŽte les Ăąmes. Rabbi SimĂ©on continua : « Tephila » dĂ©signe le phylactĂšre de la TĂȘte du Roi cĂ©leste. Ayant tournĂ© la tĂȘte, Rabbi SimĂ©on vit que Rabbi Yehouda et Rabbi Hizqiya se tenaient Ă  cĂŽtĂ© de lui. Il leur dit : Vous Ă©tiez possesseurs d’un trĂ©sor et vous l’avez perdu. Ils lui rĂ©pondirent : En e/fet, toi, notre MaĂźtre, tu avais ouvert la porte ; mais elle Ă©tait trop Ă©levĂ©e pour nous, de sorte que nous ne pouvions y entrer. Rabbi SimĂ©on leur ayant demandĂ© de quel verset il s’agissait, ils lui rĂ©pondirent : C’est la fin du verset : « II sera un homme sauvage. » Nous comprenons bien le commence ment du verset ; mais nous ne comprenons pas la suite ; « Et il dressera ses pavillons vis-Ă -vis de tous ses frĂšres. » Rabbi SimĂ©on leur rĂ©pondit : Je jure Ă  votre vie que le mystĂšre cachĂ© dans les paroles de la fin du verset est le mĂȘme que celui que renferme le commencement du verset. Une tradition nous apprend que le Saint, bĂ©ni soit-il, a plusieurs faces ; il aune face lumineuse, et une autre qui ne l’est pas ; il a une face qui semble Ă©loignĂ©e, et une face qui semble proche ; il a une face intĂ©rieure, et une face extĂ©rieure ; et enfin il a une face Ă  droite, et une face Ă  gauche. Remarquez combien est heureux le sort d’IsraĂ«l qui contemple la Face suprĂȘme du Roi, alors que tous les autres peuples n’en voient que les faces infĂ©rieures, la face qui semble Ă©loignĂ©e ; et c’est pour cette raison qu’ils sont les plus Ă©loignĂ©s du Corps du Roi. Mais comme IsmaĂ«l avait Ă©tĂ© circoncis, il avait cet avantage sur les autres peuples qu’il voyait la face de Dieu qui Ă©tait la plus proche de toutes celles que voyaient les autres peuples. Tel est le sens des mots : « Et il dressera ses pavillons au-dessus de la face de tous ses frĂšres. » Rabbi Yehouda et Rabbi Uizqiya baisĂšrent la main de Rabbi SimĂ©on ; et Rabbi Yehouda lui dit : Le proverbe dit que le vin est bon tant qu’il repose sur la lie. La Loi prospĂšre Ă©gale ment tant que tu la propages. Malheur au monde lorsque toi, le MaĂźtre, lui seras enlevĂ©, et malheur Ă  la gĂ©nĂ©ration qui vivra Ă  cette Ă©poque ! Mais heureuse la gĂ©nĂ©ration qui connaĂźt le MaĂźtre ! Rabbi Hizqiya ayant demandĂ© si IsmaĂ«l, aprĂšs sa circoncision, avait le nom de « .converti », Rabbi SimĂ©on lui rĂ©pondit qu’IsmaĂ«l n’était pas un converti, attendu qu’il Ă©tait le fils d’Abraham et, partant, issu d’une race sacrĂ©e. Rabbi Yehouda dit : C’est pour cette raison que Dieu ordonna : « Tu n’auras pas d’autres dieux au-dessus de ma face. » L’Écriture indique par ce terme qu’IsraĂ«l voit la Face suprĂȘme du Roi, et qu’il n’y a point d’autres au-dessus de cette Face ; et voici sa foi. « Tu ne te feras point d’image taillĂ©e, ni aucune figure. » Rabbi YossĂ© dit : II est permis de reproduire toutes sortes d’images, exceptĂ© celle de l’homme, parce que celle-ci est au-dessus de toutes les images. Rabbi Isaac commença Ă  parler ainsi : iI est Ă©crit : « Que la lĂ©gĂšretĂ© de ta bouche ne soit pas Ă  ta chair une occasion de tomber dans le pĂ©chĂ©. » Ces paroles nous indiquent que l’homme ne doit jamais prononcer des choses relatives Ă  la Loi s’il ne les a pas entendues de son maĂźtre. C’est ce prĂ©cepte que l’Ecriture nous donne par l’expression : « Tu ne te feras point d’image taillĂ©e. » Le Saint, bĂ©ni soit-il, punira l’homme qui transgresse ce prĂ©cepte, et dans ce monde et dans le monde futur ; lors que l’ñme voudra retourner Ă  la rĂ©gion d’oĂč elle Ă©mane, elle en sera chassĂ©e et rejetĂ©e de la communautĂ© des autres Ăąmes. Tel est Ă©galement le sens des paroles suivantes : « … De crainte que Dieu ne s’irrite contre ta voix. » La « voix » dĂ©signe l’ñme de l’homme. Enfin l’Écriture ajoute : « Car le Seigneur ton Dieu est un Dieu jaloux, qui venge l’iniquitĂ©. » Ces paroles s’appliquent aussi bien Ă  celui qui reproduit des images qu’à celui qui avance des opinions relatives Ă  la Loi qu’il n’a pas entendues de son maĂźtre. L’un et l’autre nient la vĂ©ritĂ© du Nom sacrĂ© ; or, celui qui nie l’existence du Roi suprĂȘme n’entrera pas dans le palais du Roi et sera exclu du monde futur. Rabbi Abba dit : Ici l’Écriture se sert du terme « pesel » (taillĂ©e) ; et ailleurs il est Ă©crit : « Taille deux tables de pierre (pesai). » Par cette similitude d’expressions, l’Écriture nous indique que l’homme ne doit pas former une loi nouvelle qu’il n’a pas entendue de son maĂźtre ; car Dieu punira une pareille action en prĂ©cipitant l’ñme dans l’enfer. Rabbi Isaac applique ces paroles Ă  la circoncision ; car quiconque nĂ©glige cet acte nie l’Alliance du Saint, bĂ©ni soit-il ; car la circoncision est le premier acte par lequel IsraĂ«l a contractĂ© l’Alliance avec Dieu. Il faut ĂȘtre fidĂšle Ă  cette Alliance ; l’infidĂ©litĂ© consiste Ă  entretenir des relations avec des femmes paĂŻennes, ainsi qu’il est Ă©crit : « Car Juda a profanĂ© la saintetĂ© de Dieu … ; il a eu des relations avec les filles des dieux Ă©trangers. » Rabbi Yehouda dit : Celui qui trahit l’Alliance trahit Dieu, parce que c’est par elle qu’on est attachĂ© Ă  Dieu, comme dit l’Écriture : « Ils ont trahi Dieu ; car ils ont eu des enfants Ă©trangers. »

« Tu ne les adoreras point, et tu ne leur rendras point le culte. » Rabbi ÉlĂ©azar fit une fois un voyage en compagnie de Rabbi HiyĂą. Ce dernier parla ainsi : II est Ă©crit : « Si tu vois parmi les prisonniers de guerre une femme d’une grande beautĂ©, et que tu veuilles l’épouser … » Comment l’Écriture peut-elle parler d’un pareil cas, alors que le mariage entre IsraĂ©lites et paĂŻens est dĂ©fendu ? Rabbi ÉlĂ©azar lui rĂ©pondit : Le mariage Ă©tait permis tant que les paĂŻens Ă©taient maĂźtres de leur pays. Remarque en outre qu’il n’y a point parmi les peuples paĂŻens une seule femme qui ’soit absolument pure. Une tradition nous apprend que le rapprochement immĂ©diat de la section concernant le mariage avec une paĂŻenne Ă  la section relative au fils rebelle a pour but de nous apprendre que celui qui se mariera avec une paĂŻenne engen­drera certainement un fils rebelle. Pourquoi ? Parce qu’il est difficile d’épurer une paĂŻenne de la pollution ; cela est d’autant plus difficile que cette femme a dĂ©jĂ  connu un homme, car, dans ce cas, la souillure adhĂšre si solidement, qu’il est difficile de l’éliminer. C’est pourquoi MoĂŻse a dit au sujet des femmes Madianites : « Faites mourir toutes les femmes qui ont connu des hommes. » Heureux l’homme qui garde le patrimoine de puretĂ© qu’il a hĂ©ritĂ© de ses ancĂȘtres ; grĂące Ă  cette .puretĂ© l’homme s’unit au Saint, bĂ©ni soit-il, surtout s’il a le bonheur de connaĂźtre les commandements de la Loi. Le Roi cĂ©leste tend sa droite Ă  un tel homme, l’attire Ă  lui et l’unit Ă  son Corps sacrĂ©. C’est pourquoi l’Écriture dit d’IsraĂ«l : « Vous vous ĂȘtes attachĂ©s au Seigneur votre Dieu », et. ailleurs : « Vous ĂȘtes les enfants du Seigneur votre Dieu. » Les IsraĂ©lites sont rĂ©ellement et littĂ©ralement les enfants de Dieu. Et ailleurs’ il est Ă©crit : « IsraĂ«l est mon fils aĂźnĂ© », et encore ailleurs.) : « IsraĂ«l, je me glorifierai en toi. » « Tu ne prendras point en vain le nom du Seigneur ton Dieu. » Rabbi SimĂ©on commença Ă  parler ainsi : II est Ă©crit : « ElisĂ©e lui dit : Que veux-tu que je fasse ? Dis-moi, qu’as-tu dans ta mai son ? » ElisĂ©e dit Ă  la Sulamite : Dis-moi ce que tu as dans ta maison, sur quoi la bĂ©nĂ©diction du Saint, bĂ©ni soit-il, pourrait se rĂ©pandre. Car une tradition nous apprend qu’il est dĂ©fendu Ă  l’homme de rĂ©citer la bĂ©nĂ©diction prescrite pour les repas quand la table est desservie et qu’il n’y a aucun aliment dessus ; car la bĂ©nĂ©diction de Dieu ne peut se rĂ©pandre que sur quelque chose, mais elle ne peut pas s’exercer lĂ  oĂč il n’y a rien. C’est pour cette raison qu’on doit avoir un ou plusieurs pains sur la table lors qu’on prononce la bĂ©nĂ©diction ; car ce n’est qu’alors que les bĂ©nĂ©dictions du ciel peuvent se rĂ©pandre. Tel est le sens des paroles : « Tu ne prendras point en vain le nom du Seigneur ton Dieu. » Car il est dĂ©fendu de prononcer le Nom du Saint, bĂ©ni soit-il, inutilement, et il aurait mieux valu pour l’homme qui agit ainsi qu’il ne fĂ»t pas nĂ©. Rabbi ÉlĂ©azar dit : On ne doit prononcer le Nom sacrĂ© que suivi d’un autre mot, attendu que, dans l’Ecriture, le Nom sacrĂ© n’est mentionnĂ© qu’à la suite de deux mots : « Au commencement crĂ©a Elohim… » Rabbi SimĂ©on dit : Le Nom sacrĂ© ne fut prononcĂ© de maniĂšre complĂšte qu’aprĂšs que le monde a Ă©tĂ© achevĂ©, ainsi qu’il est Ă©crit : « Au jour oĂč JĂ©hovah Elohim avait créé le ciel et la terre… »

« Souviens-toi de sanctifier le jour du sabbat. » Rabbi Isaac dit : il est Ă©crit : « Elohim bĂ©nit le septiĂšme jour. » Or, dans le chapitre relatif Ă  la manne, l’Écriture dit : « Recueillez pendant les six jours la manne ; car, le septiĂšme jour, c’est le sabbat ; et vous n’en trouverez point. » Est-ce lĂ  l’effet de la bĂ©nĂ©diction ? Si on ne trouve pas de nourriture en ce jour, en quoi consiste donc la bĂ©nĂ©diction qu’Élohim lui accorda ? Mais voici ce qu’une tradition nous apprend Ă  ce sujet : Toutes les bĂ©nĂ©dictions d’en haut et d’en bas dĂ©pendent du septiĂšme jour. Si on ne trouvait point de manne en ce jour, c’est parce que, tous les six autres jours de la semaine n’étant bĂ©nis que par le septiĂšme, il Ă©tait naturel que chaque jour de la semaine cĂ©dĂąt une part de bĂ©nĂ©dictions au septiĂšme. Aussi un homme de foi doit-il servir la table et prĂ©parer le repas pour le soir du sabbat, afin que sa table soit bĂ©nie pendant les six jours suivants de la semaine ; car c’est le jour de sabbat qui attire les bĂ©nĂ©dictions pour tous les autres jours de la semaine. Rabbi Yehouda dit : II faut se rĂ©jouir le jour du sabbat et manger trois repas pendant ce jour. Rabbi Abba dit : II convient d’attirer, en ce jour, les bĂ©nĂ©dictions d’en haut ; car c’est pendant ce jour que l’Ancien sacrĂ©, le plus mystĂ©rieux de tout, verse la RosĂ©e sacrĂ©e sur la table de la « Petite Figure », laquelle visite en ce jour trois fois le verger sacrĂ© des pommiers. C’est pourquoi un homme de foi doit faire trois repas en ce jour, dont le premier doit ĂȘtre pris Ă  l’entrĂ©e du sabbat. Grande sera la punition de l’homme qui manque un des ces repas. DĂšs le commencement du sabbat, le repas doit ĂȘtre servi sur la table, afin que la bĂ©nĂ©diction puisse s’y rĂ©pandre, attendu qu’elle ne peut se rĂ©pandre lĂ  oĂč il n’y a rien. C’est en agissant ainsi que l’homme donne la preuve de sa foi. Rabbi SimĂ©on dit : Une voix cĂ©leste retentit et fait entendre les paroles suivantes qui s’appliquent Ă  celui qui fait trois repas le jour du sabbat : « Alors tu trouveras tes dĂ©lices dans le Seigneur ; je t’élĂšverai au-dessus de ce qu’il y a de plus Ă©levĂ© sur la terre ; je te donnerai pour te nourrir l’hĂ©ritage de Jacob. » Les trois phrases contenues dans ce verset font allusion au trois repas du jour de sabbat- Rabbi HiyĂą dit : C’est Ă©galement pour cette raison que l’Écriture rĂ©pĂšte trois fois les mots « septiĂšme jour » clans le verset suivant : « Et le Seigneur termina au septiĂšme jour l’ouvrage qu’il avait fait ; il se reposa le septiĂšme jour, aprĂšs avoir achevĂ© tous ses ouvrages ; et il bĂ©nit le septiĂšme jour. » Rabbi Abba avait coutume de dire Ă  chacun des repas du sabbat : Ce repas est en l’honneur de l’Ancien sacrĂ© et mystĂ©rieux, en l’honneur du Saint, bĂ©ni soit-il. Et Ă  la fin de chaque repas il avait coutume de dire : Nous avons fini le repas qui est l’emblĂšme de la Foi. Rabbi SimĂ©on avait coutume de dire avant chaque repas du sabbat : Approchez le repas qui est l’emblĂšme de la Foi suprĂȘme, apportez le repas prĂ©parĂ© en l’honneur du Roi cĂ©leste. Rabbi ÉlĂ©azar dit une fois Ă  son pĂšre : Quelle est la raison de ces trois repas ? Rabbi SimĂ©on lui rĂ©pondit : Le repas qu’on fait pendant la nuit au commencement du sabbat est en l’honneur de la Matrona ; et c’est par ce repas que l’homme s’attire pour tout le jour du sabbat l’ñme supplĂ©mentaire. Le matin du jour du sabbat, on prend le deuxiĂšme repas en l’honneur de l’Ancien sacrĂ©. Et le troisiĂšme repas est en l’honneur de la « Petite Figure ». C’est par ces trois repas qu’IsraĂ«l se distingue des peuples paĂŻens. C’est par ces repas qu’IsraĂ«l donne la preuve qu’il est le fils du Roi sacrĂ©. Celui qui manque un de ces repas s’attire les chĂątiments d’en haut et donne la preuve qu’il ne fait pas partie des membres du palais royal. Remarquez en outre que, pendant toutes les autres fĂȘtes, tout homme est obligĂ© de donner une part de rĂ©jouissance aux pauvres ; et si l’on se rĂ©jouit seul sans y faire participer les pauvres, on est sĂ©vĂšrement puni ; c’est Ă  un tel homme que s’appliquent les paroles de l’Écriture : « Je te jetterai sur le visage les ordures de tes repas solennels des fĂȘtes. » Mais il n’en est pas de mĂȘme le jour du sabbat ; car, alors mĂŽme qu’on ne fait pas participer le pauvre aux rĂ©jouissances de ce jour, on n’est pas puni pour cela, attendu que l’Écriture ne parle que de « repas solennels des fĂȘtes », mais non pas des repas du sabbat. C’est par la foi que l’homme obtient pour le jour du sabbat une Ăąme supplĂ©mentaire, une Ăąme supĂ©rieure qui a toutes les perfections, Ă  l’exemple du monde d’en haut. C’est pour cela que ce jour est appelĂ© « Sabbat » ; car Sabbat est le nom du Saint, bĂ©ni soit-il, qui est la perfection mĂȘme. Malheur Ă  l’homme qui ne se rĂ©jouit pas en l’honneur du Roi sacrĂ©. Les trois repas du sabbat rĂ©pondent aux trois patriarches qui plaident en ce jour en faveur d’IsraĂ«l, ce qui n’est pas le cas pendant les fĂȘtes. Pendant ce jour, on accorde du repos aux damnĂ©s de l’en fer ; pendant ce jour, la Rigueur est domptĂ©e et ne sĂ©vit point dans le monde ; pendant ce jour, la Loi sert de couronne Ă  Dieu ; pendant ce jour, la joie rĂšgne dans deux cent cinquante mondes. Remarquez que, pendant les autres jours de la .semaine, l’heure des vĂȘpres est l’instant oĂč la Rigueur sĂ©vit dans le monde, alors que, pendant le jour du sabbat, l’heure des vĂȘpres est l’heure de la ClĂ©mence. C’est Ă  l’heure des vĂȘpres du jour de sabbat que MoĂŻse, le prophĂšte fidĂšle et sacrĂ©, fut enlevĂ© de ce monde, afin d’indiquer que sa mort n’était pas due Ă  la Rigueur, mais uniquement Ă  la.volontĂ© de l’Ancien sacrĂ© qui prit l’ñme de MoĂŻse et la cacha. C’est pourquoi l’Écriture dit : « Et nul homme jusqu’à aujourd’hui … « Car, de mĂȘme que l’Ancien sacrĂ© est cachĂ© et invisible aux ĂȘtres d’en haut aussi bien qu’à ceux d’en bas, de mĂȘme l’ñme de MoĂŻse, qui fut enlevĂ©e le jour du sabbat Ă  l’heure des vĂȘpres, est cachĂ©e dans le monde d’en haut, de maniĂšre que la Rigueur ne peut avoir aucune prise sur elle- Une tradition nous apprend que le jour de sabbat est le plus propice Ă  l’étude de la Loi ; en se consacrant ce jour-lĂ  Ă  l’étude de la Loi on dĂ©couvre les soixante-dix interprĂ©tations dont chacune de ses paroles est susceptible. Heureux le sort d’IsraĂ«l et dans ce monde et dans le monde futur ! Il a cet avantage sur les peuples paĂŻens de sanctifier le jour du sabbat.

Calligraphie 8 Michel D'Anastasio.
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Une tradition nous apprend en outre que, durant le jour du sabbat, les Ăąmes des justes se dĂ©lectent en prĂ©sence de l’Ancien sacrĂ© et mystĂ©rieux et sont Ă  l’abri de toutes les attaques de la Rigueur, ainsi qu’il est Ă©crit : « Lorsque le Seigneur te fera reposer de tes douleurs, de tes fatigues et de ton dur travail… » La sanctification du sabbat vaut Ă  elle seule toutes les autres lois, ainsi qu’il est Ă©crit : « Heureux l’homme qui fait cela, et le fils de l’homme qui observe le sabbat et s’abstient dĂ©faire le mal. » Donc celui qui observe le sabbat est considĂ©rĂ© comme s’il a observĂ© toute la Loi. Rabbi Yehouda ayant rencontrĂ© un jour Rabbi SimĂ©on en voyage lui dit : MaĂźtre, quel est le sens des paroles qui suivent : « Voici ce que le Seigneur dit aux eunuques, Ă  ceux qui gardent mes jours de sabbat. » Rabbi SimĂ©on lui dit : Cappadocien, descends de ton Ăąne ; car les paroles de la Loi exigent du recueille ment et de la mĂ©ditation, ce que tu ne saurais faire montĂ© Ă  dos d’ñne. Rabbi Yehouda lui rĂ©pliqua : C’est pour apprendre de toi cette chose que je t’ai suivi ; car, en te suivant, je crois suivre la Schekhina. Rabbi SimĂ©on lui dit : Ces paroles ont Ă©tĂ© dĂ©jĂ  expliquĂ©es par les collĂšgues ; mais leur explication n’est pas suffisamment connue. Ces paroles s’appliquent aux maĂźtres de la Loi qui s’abstiennent des relations conjugales pendant tous les six jours de la semaine et qui ne s’y livrent que pendant la nuit du sabbat, nuit pendant laquelle a lieu le MystĂšre suprĂȘme de l’union de la Matrona avec le Roi. Tel est le sens des paroles : « Voici ce que le Seigneur dit aux eunuques, Ă  ceux qui attendent (ischmerou) mes jours de sabbat. » Car le mot « ischmerou » ne signifie pas en cet endroit « qui gardent », mais« qui attendent », de mĂȘme que dans le verset suivant : « Et son pĂšre attendait la chose. » L’Écriture dĂ©signe ainsi ceux qui attendent toute la semaine le jour de sabbat pour les relations conjugales. Heureux le sort de ceux qui sanctifient le jour du sabbat de cette maniĂšre ! Remarquez que l’Écriture dit : « Tu travailleras pendant six jours, et tu y feras tout ton ouvrage ; mais le septiĂšme jour est le jour de repos consacrĂ© au Seigneur ton Dieu. » Comme les six jours sont jours de travail, et comme l’union avec leurs femmes n’est pas pour eux un travail profane, mais une Ɠuvre consacrĂ©e au Saint, bĂ©ni soit-il, ils rĂ©servent cet acte au jour du Seigneur. Comme d’autre part, l’union de la Matrona avec le Roi cĂ©leste a pour but de faire descendre les Ăąmes saintes en ce monde, les collĂšgues consacrent ce moment aux relations conjugales, afin d’attirer pour leurs enfants de ces Ăąmes sacrĂ©es. Rabbi Yehouda s’écria : BĂ©nie soit la misĂ©ricorde divine qui m’a favorisĂ© de me trouver ici et d’entendre ces paroles ! Rabbi Yehouda se mit Ă  pleurer. Rabbi SimĂ©on lui dit : Pourquoi pleures-tu ? Rabbi Yehouda lui rĂ©pondit : Je pleure sur le sort des hommes qui vivent comme des bĂȘtes et qui ignorent qu’il aurait mieux valu pour eux de ne pas naĂźtre. Malheur au monde lorsque toi, mon MaĂźtre, lui seras enlevĂ© ; car il n’y aura plus personne pour divulguer les mystĂšres et pour les expliquer ! Rabbi SimĂ©on lui rĂ©pondit : Je jure par ta vie que le monde n’a Ă©tĂ© créé que pour les collĂšgues qui se consacrent Ă  l’étude de la Loi et en connaissent les mystĂšres. C’est avec raison que les collĂšgues ont comparĂ© les ignorants qui marchent dans la mauvaise voie, Ă  des bĂȘtes, qu’ils ont permis de les chĂątier, mĂȘme pendant le jour du grand pardon, et enfin qu’ils ont qualifiĂ© leurs enfants de bĂątards. Rabbi SimĂ©on dit en outre : L’Écriture dit : « Vous n’allumerez point de feu dans toutes vos maisons au jour du sabbat. » Pourquoi cette dĂ©fense ? Pour que la Rigueur ne sĂ©visse pas en ce jour ; or, le feu est l’emblĂšme de la Rigueur. Mais, pourquoi fait-on du feu le jour du sabbat au temple ? Parce que le feu allumĂ© pour Dieu ne reprĂ©sente pas la Rigueur, mais la ClĂ©mence. Le feu de l’autel est un feu qui consume l’autre feu. C’est parce que l’Ancien sacrĂ© se manifeste en ce jour que la Rigueur n’a aucune prise sur le monde. Le sort d’IsraĂ«l est plus heureux que celui de tous les autres peuples paĂŻens ; car c’est de lui que l’Écriture dit : « Vous vous ĂȘtes attachĂ©s au Seigneur votre Dieu, etc. »

« Honore ton pĂšre et ta mĂšre. » Rabbi HiyĂą commença Ă  parler ainsi : II est Ă©crit : « De l’Éden sortait un fleuve pour arroser le Jardin. » Ces paroles dĂ©signent la Source cĂ©leste qui donne naissance au fleuve qui arrose le paradis. Cette Source porte le nom de « PĂšre ». C’est ce « PĂšre » que l’Écriture commande d’honorer. Rabbi ÉlĂ©azar dit : Les mots : « Honore ton pĂšre » dĂ© signent le Saint, bĂ©ni soit-il. Les mots : « … Et ta mĂšre » dĂ© signent la « CommunautĂ© d’IsraĂ«l » ; le mot « eth » nous indique qu’il faut Ă©galement honorer la Schekhina. Rabbi Yehouda dit : Les mots « pĂšre » et « mĂšre » dĂ©signent rĂ©ellement le pĂšre et la mĂšre d’aprĂšs la chair. Quant au mot « eth » il dĂ©signe les ĂȘtres d’en haut, que l’homme doit Ă©galement honorer. Rabbi Isaac dit : Le mot « eth » dĂ©signe le maĂźtre que l’homme est Ă©galement tenu d’honorer, attendu que c’est grĂące au maĂźtre qu’on parvient Ă  par­ticiper au monde futur. Une tradition nous apprend que les cinq premiers commandements sont en rapport direct et intime avec les cinq derniers commandements. Ainsi, le premier commande ment : « Je suis le Seigneur ton Dieu » est en rapport direct avec le sixiĂšme commandement : « Tune tueras point », attendu que celui qui tue son prochain offense l’Image sacrĂ©e de son MaĂźtre, puisque l’homme est créé Ă  l’image de Dieu, ainsi qu’il est Ă©crit : « Car l’homme est créé Ă  l’image de Dieu » et : « Au-dessus, trĂŽnait une image qui avait la figure d’homme. » En disant donc : « Je suis ton Dieu », il en rĂ©sultait nĂ©cessairement l’autre commandement : « Tu ne tueras point. » Le deuxiĂšme commande ment : « Tu n’auras point de dieux Ă©trangers devant moi » est en rapport direct avec le septiĂšme commandement : « Tu ne com­mettras point de fornications », ainsi qu’il est Ă©crit : « Ils ont trahi Dieu, car ils ont eu des enfants Ă©trangers. » En effet, ces deux commandements ont pour but que l’homme n’efface pas la marque sacrĂ©e que le Saint, bĂ©ni soit-il, a imprimĂ©e sur chaque corps. Le commandement : « Tu ne prendras point en vain le nom du Seigneur » est en rapport avec le commandement : « Tu ne voleras point », puisque chaque voleur est amenĂ© Ă  faire des faux serments, ainsi qu’il est Ă©crit : « Celui qui s’associe Ă  un voleur est ennemi de sa propre vie ; il l’entend abjurer et ne le dĂ©nonce pas. » Le commandement : « Souviens-toi de sanctifier le jour du sabbat » est en rapport avec le commandement : « Tu ne porteras point faux tĂ©moignage », puisque le jour de sabbat est appelĂ© « tĂ©moignage », ainsi qu’il est Ă©crit » : « Et il est une marque entre moi et les enfants d’IsraĂ«l, etc. » Le commandement : « Honore ton pĂšre » est en rapport avec le commandement : « Tu ne dĂ©sireras point la femme de ton prochain » ; car celui qui, au moment de son union avec son Ă©pouse, pense Ă  une autre femme, attire l’ñme que cette autre femme Ă©tait destinĂ©e Ă  attirer ici-bas, de sorte que l’enfant qui naĂźt d’une telle union ne doit nullement l’honorer, attendu qu’il n’est pas son pĂšre. Ainsi les cinq premiers commandements ont un rapport intime avec les cinq autres commandements. C’est pour cette raison que le mot « voix » est rĂ©pĂ©tĂ© cinq fois dans le rĂ©cit de la rĂ©vĂ©lation au mont SinaĂŻ ; et c’est Ă©galement Ă  cause de cela que les livres du Pentateuque sont au nombre de cinq. Rabbi ËlĂ©azar dit : Les dix commandements renferment toutes les autres lois. C’est par la Loi que tout a Ă©tĂ© créé : les arbres, les plantes, le ciel et la terre, l’ocĂ©an et les ondes. Car la Loi est le Nom du Saint, bĂ©ni soit-il. De mĂȘme que la crĂ©ation a Ă©tĂ© faite par les dix noms du Saint, bĂ©ni soit-il, de mĂȘme la Loi a Ă©tĂ© donnĂ©e par le DĂ©calogue. Heureux la part de celui qui s’occupe de la Loi ! Il rĂ©ussit Ă  connaĂźtre le nom du Saint, bĂ©ni soit-il. Rabbi YossĂ© dit : Cet homme arrive Ă  la connaissance de Dieu lui-mĂȘme, car Dieu et son Nom ne forment qu’Un.

Sepher Ha-Bahir
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« Vous ne ferez point de dieux d’argent, ni de dieux d’or. » Rabbi YossĂ© dit : Bien que l’argent et l’or appartiennent Ă  Dieu, ainsi qu’il est Ă©crit : « L’argent est Ă  moi, et l’or est aussi Ă  moi, dit le Seigneur des armĂ©es », cependant il est dĂ©fendu d’employer ces mĂ©taux pour reprĂ©senter l’image de Dieu. Rabbi Isaac dit : La rĂ©pĂ©tition du mot » grand » dans le verset suivant : « Seigneur, il n’y a point de Dieu qui te soit semblable ; tu es grand, et ton nom est grand en puissance » dĂ©signe les deux couleurs de l’ar gent et de l’or, symbole de la ClĂ©mence et de la Rigueur, qu’on retrouve en IsraĂ«l. Car voici ce que Rabbi Yehouda nous apprend Ă  ce sujet : L’Écriture dit : « Je me rĂ©jouirai dans le Seigneur (JĂ©hovah), et mon Ăąme se dĂ©lectera dans mon Dieu. (ÉlohaĂŻ). » Pourquoi cette rĂ©pĂ©tition (JĂ©hovah et ÉlohaĂŻ) ? IsraĂ«l parla ainsi : Nous reconnaissons Dieu Ă  ses couleurs ; s’il se rĂ©vĂšle Ă  nous sous la couleur de ClĂ©mence (JĂ©hovah), nous nous rĂ©jouissons en JĂ©hovah ; et s’il se rĂ©vĂšle Ă  nous sous la couleur de la Rigueur (ÉlohĂ©nou), nous nous dĂ©lectons en ËlohaĂŻ. Et l’Ecriture ajoute : « …Parce qu’il m’a revĂȘtu des vĂȘtements de salut. » Ces « vĂȘtements de salut » dĂ©signent les diverses couleurs sous lesquelles Dieu se rĂ©vĂšle aux hommes pour leur salut. De mĂȘme les paroles suivantes : « … Comme un Ă©poux qui a la couronne sur la tĂȘte, et comme une Ă©pouse parĂ©e de toutes ses pierreries » dĂ©signent les deux couleurs : celle de la ClĂ©mence et celle de la Rigueur, sous lesquelles Dieu se rĂ©vĂšle Ă  IsraĂ«l. Dans le verset citĂ©, l’Écriture emploie deux fois le terme de « joie ». Mais la joie qu’IsraĂ«l Ă©prouvera Ă  l’époque oĂč le Saint, bĂ©ni soit-il, le dĂ©livrera de l’exil sera beaucoup plus grande, puisque l’Écriture rĂ©pĂšte Ă  cette occasion plusieurs fois le terme « joie », ainsi qu’il est Ă©crit : « Ceux que le Seigneur aura rachetĂ©s retourneront et viendront Ă  Sion chanter ses louanges ; ils seront couronnĂ©s d’une allĂ©gresse Ă©ternelle ; le ravissement de leur joie ne les quittera point, etc. » Le terme « joie » se trouve rĂ©pĂ©tĂ© quatre fois dans ce verset pour correspondre aux quatre exils d’IsraĂ«l. Et c’est Ă  la dĂ©livrance du dernier exil que s’appliquent les paroles du verset suivant : « Et vous direz en ce jour-lĂ  : Chantez les louanges du Seigneur, et invoquez son nom, etc. »

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Sepher Ha-Bahir.

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