Zohar II 123b – 126a

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Zohar II 123b – 126a. 

« Et en tout ce que je vous ai commandĂ©, vous serez gardĂ©s (thischamerou). » Pourquoi « vous serez gardĂ©s », au lieu de « vous garderez (thischmorou) tout ce que je vous ai commandĂ© » ? Mais, quiconque observe les commandements de Dieu est rĂ©ellement gardĂ© par le ciel, pour qu’aucun mal ne lui arrive. Habbi Yehouda commença Ă  parler ainsi : il est Ă©crit : «Écoute, mon peuple, et je t’attesterai ma volontĂ©, etc. ; tu n’auras point un dieu Ă©tranger, etc., car je suis le Seigneur ton Dieu.» Ces paroles ont Ă©tĂ© inspirĂ©es Ă  David par l’Esprit-Saint, et elles mĂ©ritent par consĂ©quent qu’on s’y arrĂȘte. Le Saint, bĂ©ni soit-il, exhorte souvent l’homme et lui commande d’observer les prĂ©ceptes de l’Écriture. Quiconque [124a] observe les ordonnances de l’Écriture et la cultive est aussi mĂ©ritant que s’il avait cultivĂ© le Nom sacrĂ© lui-mĂȘme, le Nom suprĂȘme qui rĂ©sume tous les noms (attributs) ; car toute l’Écriture est formĂ©e du Nom sacrĂ©. Celui qui retranche une seule lettre de l’Écriture agit comme s’il diminuait le Nom sacrĂ©. « Que le nom des dieux Ă©trangers ne sorte jamais de ta bouche. » Ici est exprimĂ©e la dĂ©fense d’a jouter quelque chose Ă  l’Écriture ou d’en retrancher quelque chose. Habbi Biya dit : Ce verset renferme la dĂ©fense d’Ă©tudier les livres profanes qui n’Ă©manent pas de la mĂȘme source que l’Écriture. Il est mĂȘme dĂ©fendu de garder le contenu de ces livres dans la mĂ©moire et d’en former son esprit ; et Ă  plus forte raison est-il dĂ©fendu d’expliquer les paroles de l’Écriture avec l’aide d’arguments puisĂ©s dans ces livres. Rabbi Yehouda dit : la dĂ©fense de prononcer le nom des dieux Ă©trangers est placĂ©e, dans l’Écriture, immĂ©diatement avant le prĂ©cepte d’observer la fĂȘte des pains azymes, afin de nous apprendre que celui qui n’observe pas la fĂȘte des azymes, est considĂ©rĂ© comme s’il avait transgressĂ© la Foi du Saint, bĂ©ni soit-il. En effet cette fĂȘte est l’image de la Foi. Rabbi Isaac dit : Il en est de mĂȘme des autres fĂȘtes ; car toutes sont l’image du Nom sacrĂ© et suprĂȘme. C’est pourquoi l’Écriture dit : « Tous tes mĂąles viendront se prĂ©senter trois fois l’annĂ©e devant le Seigneur ton Dieu.» Il faut se prĂ©senter trois fois l’annĂ©e devant le Seigneur parce que ces « Trois » fĂȘtes sont l’image de la Foi. Pourquoi l’Ă©criture parle-t-elle de mĂąles ? Rabbi ÉlĂ©azar dit : L’Écriture dĂ©signe l’organe mĂąle, source de toutes les bĂ©nĂ©dictions. Tout israĂ©lite circoncis doit se prĂ©senter devant le Roi sacrĂ©, afin de puiser les bĂ©nĂ©dictions de la Source cĂ©leste ainsi qu’il est Ă©crit : « 
 Selon les bĂ©nĂ©dictions que le Seigneur ton Dieu t’a donnĂ©es. » Et, ici, l’Écriture se sert Ă©galement du mot « Seigneur » qui, ainsi que cela a Ă©tĂ© dĂ©jĂ  dit, est la source de toutes les bĂ©nĂ©dictions. Le sort d’IsraĂ«l est plus heureux que celui de tous les autres peuples. Les IsraĂ©lites se rendaient une fois Ă  JĂ©rusalem pour la cĂ©lĂ©bration d’une fĂȘte. Des paĂŻens s’Ă©tant furtivement mĂȘlĂ©s aux pĂšlerins israĂ©lites, les bĂ©nĂ©dictions cĂ©lestes ne furent pas rĂ©pandues dans le monde durant cette annĂ©e. Les IsraĂ©lites allĂšrent en demander la cause Ă  Rab Hammenouna le Vieillard : Celui-ci leur dit : Avez-vous remarquĂ© quelque chose d’anormal lors de votre pĂšlerinage au commencement de cette annĂ©e ? Ils lui rĂ©pondirent : À notre retour du pĂšlerinage, nous avons trouvĂ© tous les puits le long de la route bouchĂ©s, et des brouillards obscurcissaient tellement l’air que les pĂšlerins ne purent pas continuer leur route. Il y a plus : lors de notre entrĂ©e Ă  JĂ©rusalem, le ciel se couvrit de nuages, et un orage Ă©clata. Rab Hammenouna fut consternĂ© par ce rĂ©cit; il dit Ă  ses visiteurs : Il est certain qu’il y a parmi vous quelques individus qui ne sont pas circoncis, ou que quelques paĂŻens se sont mĂȘlĂ©s Ă  vous subrepticement; car Ă  cette Ă©poque de l’annĂ©e, les bĂ©nĂ©dictions ne sont rĂ©pandues dans le monde que par les IsraĂ©lites qui sont circoncis ; le Saint, bĂ©ni soit-il, aperçoit cette marque sainte et bĂ©nit ceux qui la portent. L’annĂ©e suivante, les paĂŻens se mĂȘlĂšrent de nouveau aux pĂšlerins. Pendant que tous les pĂšlerins Ă©taient rĂ©unis Ă  JĂ©rusalem et mangeaient gaĂźment les restes des sacrifices offerts, ils remarquĂšrent que quelques-uns parmi eux se cachaient la figure au moment de prendre les premiĂšres bouchĂ©es. On les examina alors plus attentivement et on constata que, tandis que tous les pĂšlerins rĂ©citaient la bĂ©nĂ©diction d’usage avant de manger, ces individus n’en faisaient pas autant. On avertit de cela le tribunal qui ordonna une enquĂȘte. On demanda Ă  ces individus quel genre de sacrifice Ă©tait celui dont ils mangeaient les restes. Ils ne savaient pas rĂ©pondre. Poursuivant l’enquĂȘte, on dĂ©couvrit qu’ils Ă©taient paĂŻens, et on les fit exĂ©cuter. Les IsraĂ©lites dirent alors: BĂ©ni soit le MisĂ©ricordieux qui choisit son peuple; car il n’y a des bĂ©nĂ©dictions que par IsraĂ«l, race sainte, fils de foi, fils de vĂ©ritĂ©. Cette annĂ©e les bĂ©nĂ©dictions se rĂ©pandirent avec abondance dans le monde ; et IsraĂ«l dit : « Mais les justes loueront ton nom~ et ceux qui ont le cƓur droit habiteront en ta prĂ©sence. » Rabbi HiyĂą dit: C’est par le mĂ©rite de la circoncision que les IsraĂ©lites ont subjuguĂ© les peuples ennemis et ont hĂ©ritĂ© de leur pays. Remarquez qu’immĂ©diatement aprĂšs le verset : « Tous les mĂąles, etc. », l’Écriture dit: «Je chasserai les peuples devant toi et j’Ă©tendrai les limites de ton pays.» Le Saint ; bĂ©ni soit-il, chasse les habitants d’un pays et y Ă©tablit d’autres habitants; et c’est pour lui en rendre grĂąces qu’il ordonna que tous les mĂąles se prĂ©sentassent devant le Seigneur (Adon). Rabbi Yehouda dit : Le mot « Adon » en ce verset dĂ©signe le mĂȘme dont parle IsaĂŻe: « Mais le Seigneur (Adon), le Dieu Çebaoth, va briser la branche par son bras terrible: ceux qui Ă©taient les plus hauts seront coupĂ©s, etc. Il sortira un rejeton de la tige de JessĂ©, et une fleur naĂźtra de sa racine. » Dieu et « Adon » ne font qu’Un ; « Adon » chasse les indigĂšnes et Ă©tablit d’autres Ă  leur place. Rabbi Isaac dit: Il y a «Adon» et «Adon»; mais ils ne font qu’un. Rabbi Yehouda dit: « AdonaĂŻ » s’Ă©crit avec Aleph, Daleth, Noun et Yod ; en parlant d’ « AdonaĂŻ », le Saint, bĂ©ni soit-il, nomme (124b) Celui dont le Nom se prononce comme il s’Ă©crit: Et qui est-ce? Rabbi YossĂ© dit : « Et je vis le miroir du Seigneur (maroth Élohim). » L’Écriture ne dit pas « mareh » (vision), mais « maroth » (miroir), parce que « AdonaĂŻ » est le miroir de « JĂ©hovah ». « JĂ©hovah » ne peut pas se prononcer de la façon dont il s’Ă©crit, tandis qu’« AdonaĂŻ » se prononce de la façon dont il s’Ă©crit. Rabbi Yehouda dit : Parfois l’Écriture donne au SupĂ©rieur (JĂ©hovah) le nom de l’InfĂ©rieur (AdonaĂŻ); et parfois c’est le con traire qui arrive. «Adon JĂ©hovah», quand il dĂ©signe le nom SupĂ©rieur (JĂ©hovah), s’Ă©crit «Adonaï». La raison de ces diffĂ©rences de noms a Ă©tĂ© expliquĂ©e de diverses maniĂšres; mais toutes reviennent au mĂȘme. BĂ©ni soit le Dieu misĂ©ricordieux, bĂ©ni soit son Nom toujours et en toute Ă©ternitĂ©.

« Je vais envoyer mon ange afin qu’il marche devant toi.» Rabbi Isaac commença Ă  parler ainsi : « Qu’il me donne un baiser de sa bouche. Â» Pourquoi l’Écriture ne dit-elle pas: « Qu’il m’aime Â», au lieu de: « Qu’il me donne un baiser Â» ? Par le baiser, les amis Ă©changent leurs esprits ; et c’est pourquoi le baiser s’applique sur la bouche, source de l’esprit. Quand les esprits de deux amis se rencontrent par un baiser, bouche sur bouche, ces esprits ne se sĂ©parent plus l’un de l’autre. De lĂ  vient que la mort par un baiser est tant souhaitable ; l’Ăąme reçoit un baiser de Dieu, et elle s’unit ainsi Ă  l’Esprit-Saint pour ne plus s’en sĂ©parer. VoilĂ  pour quoi la « CommunautĂ© d’IsraĂ«l Â» dit : « Qu’il me donne un baiser de sa bouche Â», pour que notre esprit s’unisse au sien et ne s’en sĂ©pare jamais. L’Écriture ajoute : « … Car tes mamelles sont meilleures que le vin. Â» Le vin est-il donc si bon ? L’Écriture dit pourtant : « Et ceux-lĂ  aussi sont devenus fous par le vin… » Et ailleurs : « Vous ne boirez point de vin, etc. » Rabbi HiyĂą dit : Par le mot « vin », l’Écriture dĂ©signe la Loi. Habbi Hizqiya dit: L’Écriture nous apprend que le vin rĂ©jouit le cƓur de l’homme, et c’est pourquoi la « CommunautĂ© d’IsraĂ«l » dit Ă  Dieu que, mieux encore que le vin, sa Loi rĂ©jouit le cƓur. Rabbi Yehouda demanda: Pourquoi Jacob pleurait-il en baisant Rachel ? Lorsque leurs esprits se furent rencontrĂ©s dans le baiser, l’esprit de Jacob sentit toute l’amertume de celui de Rachel, et son cƓur s’attendrit et il se mit Ă  pleurer. Mais, objectera-t-on, l’Écriture dit Ă©galement qu’EsaĂŒ embrassa Jacob et pleura, et pourtant EsaĂŒ n’Ă©tait certaine ment pas capable de tendresse ! Une tradition nous apprend que le mot « va-ischaqehou » (et il le baisa) porte des points sur chaque lettre, afin de nous indiquer que le baiser d’EsaĂŒ n’Ă©tait pas sincĂšre ; et un tel baiser ne provoque jamais la rencontre des esprits, parce qu’il n’est pas l’effet de l’affection. Un baiser sans affection est trop grossier pour pouvoir provoquer l’union de deux esprits, ainsi qu’il est Ă©crit : « Et les baisers de l’ennemi sont grossiers. »

Une tradition nous apprend que toutes les fois que le Saint, bĂ©ni soit-il, demeure au milieu d’IsraĂ«l, son Esprit – s’il est permis de s’exprimer ainsi, – s’unit Ă  celui d’IsraĂ«l; c’est pour quoi l’Écriture dit; « Et vous vous ĂȘtes attachĂ©s au Seigneur votre Dieu. » Lorsque Dieu lui dit : « Je vais envoyer mon ange afin qu’il marche devant toi », MoĂŻse comprit de suite que ces paroles Ă©quivalaient Ă  un congĂ©, Ă  une sĂ©paration, et il s’Ă©cria : «Si tu ne marches toi-mĂȘme devant nous, ne nous fais point sortir de ce lieu.» Rabbi Abba demanda: Quel rapport y a-t-il entre ce verset et celui qui le prĂ©cĂšde ; « Tu offriras en la maison de ton Dieu les prĂ©mices des fruits de la terre. Tu ne feras point cuire le chevreau dans le lait de sa mĂšre » ? L’Écriture nous apprend qu’il ne faut pas mĂȘler les choses d’ici-bas aux choses d’en haut, en d’autres termes qu’il ne faut pas ĂȘtre la cause que le cĂŽtĂ© extĂ©rieur tire ses aliments du cĂŽtĂ© intĂ©rieur. Quelle diffĂ©rence entre ces deux cĂŽtĂ©s ? Le cĂŽtĂ© extĂ©rieur est impur et le cĂŽtĂ© intĂ©rieur est saint. « MĂšre » dĂ©signe, dans ce verset, la « CommunautĂ© d’IsraĂ«l » ; et on doit Ă©viter que l’autre cĂŽtĂ© ne se nourrisse du lait de la MĂšre. Rabbi ÉlĂ©azar dit : Le cas est comparable Ă  celui d’un roi qui voulait avoir constamment son fils Ă  ses cĂŽtĂ©s et ne jamais s’en sĂ©parer. Lorsque ce fils vint un jour (125a) prier le roi de l’accompagner, le roi commença par lui dire : Je vais en voyer tel capitaine avec toi pour qu’il te serve de gardien pendant ton voyage. Ensuite il ajouta : Prends garde Ă  ton propre gardien; car cet homme n’est pas bien sĂ»r. Quand le fils entendit cela, il dit Ă  son pĂšre : S’il en est ainsi, je resterai Ă  la maison, ou tu viendras toi-mĂȘme m’accompagner. De mĂȘme, le Saint, bĂ©ni soit-il, commença par dire Ă  MoĂŻs : « Je vais envoyer mon ange afin qu’il marche devant toi et te garde pendant le chemin. » Ensuite il ajouta: «Garde-toi bien de lui; car il ne te pardonnera point lorsque tu pĂ©cheras.» Quand MoĂŻse entendit cela, il s’Ă©cria : «Si tu ne marches toi-mĂȘme devant nous, ne nous fais point sortir de ce lieu.» Rabbi SimĂ©on arriva juste au moment oĂč Rabbi ÉlĂ©azar prononçait les paroles mentionnĂ©es; et il lui dit: ÉlĂ©azar, mon fils, ce n’est point en rĂ©ponse aux paroles de Dieu que tu viens de citer, que MoĂŻse s’Ă©cria: « Si tu ne marches toi- mĂȘme, etc. », mais bien en rĂ©ponse aux paroles de Dieu : «Et j’enverrai un ange devant toi, afin d’en chasser les ChananĂ©ens, etc. » Quoi qu’il en soit, ajouta Rabbi SimĂ©on, ce qui est certain, c’est que MoĂŻse ne voulait pas entendre parler de l’envoi d’un ange, ainsi qu’il est Ă©crite: « Seigneur, si j’ai trouvĂ© grĂące devant toi, qu’AdonaĂŻ marche lui-mĂȘme avec nous. » À l’interprĂ©tation donnĂ©e prĂ©cĂ©demment par Rabbi Abba, Rabbi Yehouda objecta: Si «chevreau» dĂ©signe le cĂŽtĂ© impur, et « mĂšre » la « CommunautĂ© d’IsraĂ«l », pourquoi l’Écriture dit-elle : « 
 Dans le lait de sa mĂšre », au lieu de : « 
 Dans le lait de la mĂšre »? La « CommunautĂ© d’IsraĂ«l » est-elle donc la mĂšre du cĂŽtĂ© impur ? Ceci ne peut pas ĂȘtre, puisque Rabbi SimĂ©on nous a appris que la « CommunautĂ© d’IsraĂ«l », la mĂšre sainte, n’a de contact qu’avec IsraĂ«l, ainsi qu’il est Ă©crit : « Et il a choisi son peuple pour ĂȘtre particuliĂšrement Ă  lui. » Rabbi SimĂ©on dit Ă  Rabbi Yehouda : Tu as raison ; mais Rabbi Abba n’a pas tort non plus. Sache que les cĂŽtĂ©s, le saint et l’impur entourent la MĂšre d’en haut, la MĂšre sacrĂ©e ; un de ces cĂŽtĂ©s se tient Ă  droite, l’autre Ă  gauche. L’un comme l’autre tirent leur nourriture de la MĂšre. Et pour repousser le cĂŽtĂ© impur du sein de la MĂšre, l’Écriture commande d’offrir les prĂ©mices au Seigneur ; Ă  l’occasion de cette cĂ©rĂ©monie, on doit rĂ©citer les persĂ©cutions de Laban, qui voulait dominer sur Jacob et sur la race sainte. De mĂȘme, le puissant serpent veut imposer sa domination. Mais il incombe aux IsraĂ©lites de repousser le cĂŽtĂ© impur et de l’empĂȘcher de s’approcher du lait de la MĂšre. VoilĂ  pourquoi l’Écriture dĂ©fend de cuire un chevreau dans le lait ; car tout se fait en haut suivant les actes symboliques que les hommes exĂ©cutent ici-bas. Le sort d’IsraĂ«l est plus enviable que celui de tous les peuples paĂŻens ; car leur MaĂźtre dit d’eux (des IsraĂ©lites): « Car tu es un saint peuple, et le Seigneur ton Dieu t’a choisi, etc. » Remarquez que, lorsque les Ɠuvres d’IsraĂ«l ne sont pas dignes, l’Écriture dit de lui : « Mon peuple a Ă©tĂ© dĂ©pouillĂ© par ses exacteurs, et les femmes les ont dominĂ©s. » En pareil cas, les hommes sont rĂ©ellement dominĂ©s par les femmes. Ce qui prĂ©cĂšde, nous l’avons trouvĂ© (125b) dans le livre des mystĂšres du roi Salomon. Nous avons trouvĂ© en outre, dans ce mĂȘme livre, que, lorsqu’un homme mange, dans la mĂȘme heure ou pendant le mĂȘme repas, un chevreau et du lait, il porte ensuite durant quarante jours l’empreinte d’un chevreau rĂŽti ; cette empreinte n’est visible qu’aux ĂȘtres d’en haut. Les dĂ©mons, reconnaissant l’homme Ă  cette empreinte, s’approchent de lui et le souillent. S’il procrĂ©e durant ces quarante jours, l’enfant recevra une Ăąme de l’« autre cĂŽtĂ© ». Il doit en outre se garder des bĂȘtes fauves, auxquelles il paraĂźt sous la forme d’un chevreau, car il perd les traits de visage humain. Rabbi Yessa permit de manger une poule avec du fromage ou avec du lait, puisque l’Écriture ne parle que d’un chevreau. Rabbi SimĂ©on lui dit : Tu fais mal de le permettre ; car si tu commences Ă  permettre la poule avec du lait, les gens en feront autant avec la viande de boucherie. On dit Ă  un NazarĂ©en abstĂšme : N’approche point de la vigne. Une tradition nous apprend que si Daniel, Ananias, MisaĂ«l et Azarias ont Ă©tĂ© jugĂ©s dignes de sortir miraculeusement indemnes de tant d’Ă©preuves, c’est parce qu’ils ne se sont pas souillĂ©s des mets des paĂŻens. Rabbi Yehouda dit : Il est Ă©crit : « Et Daniel rĂ©solut dans son cƓur de ne se point souiller en mangeant de ce qui venait de la table du roi. » Une Mischna Ă©sotĂ©rique nous apprend que le mets favori et quotidien de cet impie (Nabuchodonosor) Ă©tait la viande prĂ© parĂ©e au lait et au fromage. Comme Daniel s’est gardĂ© de toucher Ă  ces mets, il a conservĂ© les traits de son MaĂźtre (Dieu) et sa figure n’a pas changĂ© lorsqu’on l’eut jetĂ© dans la fosse aux lions; aussi ces fauves le craignaient-ils et ne le blessĂšrent point. Et cet impie (Nabuchodonosor), lorsque la royautĂ© lui fut ĂŽtĂ©e et qu’il habitait avec les bĂȘtes fauves, perdit les traits de son visage, et il n’avait plus figure humaine. Il apparaissait aux fauves comme un animal congĂ©nĂšre et comme femelle, et il leur servit pour l’accouplement. Il fut plus d’une fois exposĂ© Ă  ĂȘtre dĂ©vorĂ© par les fauves; mais le chĂątiment qui lui Ă©tait destinĂ© Ă©tait d’une autre nature. L’Écritured dit : «Et il se riait des rois.» Son chĂątiment Ă©tait donc d’ĂȘtre mis dans un Ă©tat oĂč tout le monde riait de lui. Remarquez que l’Écriture dit : « Et aprĂšs les dix jours, leur visage parut meilleur que celui de tous les jeunes hommes qui mangeaient des mets du roi. » Leur visage parut meilleur, parce qu’ils avaient conservĂ© sur leur visage l’empreinte de leur MaĂźtre (Dieu), alors que les autres l’avaient perdue. Et d’oĂč venait cela ? De ce qu’ils ne s’Ă©taient pas souillĂ©s en mangeant les mets des paĂŻens. Heureux le sort d’IsraĂ«l, dont l’Écriturea dit: « Vous serez des hommes saints Ă  moi. »

« Et il dit Ă  MoĂŻse : Monte vers JĂ©hovah. Â» Qui dit Ă  Moise ? C’Ă©tait la Schekhina qui lui dit : « Monte vers JĂ©hovah. Â» Car, vers Élohim, il Ă©tait dĂ©jĂ  montĂ©, ainsi qu’il est Ă©crit : « Et MoĂŻse monta vers Élohim.» À leur sortie d’Égypte, les IsraĂ©lites ont seulement accompli le devoir de la circoncision, mais non pas aussi celui de la mise Ă  nu du gland (perouĂą). VoilĂ  pourquoi MoĂŻse commença par monter vers la Schekhina seulement, et ne monta vers JĂ©hovah que plus tard. Pourquoi la Schekhina dit-elle Ă  MoĂŻse : « Monte vers JĂ©hovah Â» ? Elle lui dit : C’est toi qui as Ă©tabli la base de mon union avec IsraĂ«l ; mais maintenant je n’ai plus besoin de toi ; tu peux monter en haut ; car je me mettrai directement en rapport avec IsraĂ«l. VoilĂ  pourquoi MoĂŻse divisa le sang, en en mettant la moitiĂ© dans des coupes, et en rĂ©pandant l’autre moitiĂ© sur l’autel [126a]. C’Ă©tait le symbole de l’Alliance.

« MoĂŻse seul montera vers JĂ©hovah. Â» Heureux le sort de MoĂŻse d’avoir Ă©tĂ© jugĂ© digne d’une faveur qui n’a Ă©tĂ© accordĂ©e Ă  aucun autre homme! À cette heure, les IsraĂ©lites, eux aussi, ont Ă©tĂ© favorisĂ©s plus que jamais, parce qu’ils avaient atteint le suprĂȘme degrĂ© de saintetĂ©. Dieu leur annonça en ce moment la bonne nouvelle qu’il ferait bĂątir un temple, ainsi qu’il est Ă©crit : «Ils me dresseront un sanctuaire et j’habiterai au milieu d’eux. Â»

« Et ils virent le Dieu d’IsraĂ«l; et son marche-pied paraissait comme un ouvrage fait de saphir, etc. » Rabbi Yehouda commença Ă  parler ainsi : « Ta taille est semblable Ă  un palmier, etc. » Combien grand est l’amour du Saint, bĂ©ni soit-il, pour la « CommunautĂ© d’IsraĂ«l» dont il ne se sĂ©pare jamais, comme le mĂąle du palmier n’est jamais sĂ©parĂ© de la femelle! Remarquez que Nadab, Abiu et les soixante-dix anciens d’IsraĂ«l ont vu, en ce moment, la Schekhina. Tel est le sens des mots : « Et ils virent le Dieu d’IsraĂ«l.» Rabbi Isaac objecta : L’Écriture dit Ă©galement : « C’Ă©tait le HayĂą que j’ai vu au-dessous du Dieu d’IsraĂ«l prĂšs du fleuve de C’bar. » Or, nous savons de ce verset qu’au-dessous de la Schekhina se trouve un HayĂą ; pourquoi donc l’Écriture dit-elle ici qu’ils virent au-dessous de la Schekhina comme un ouvrage fait de saphir? Rabbi YossĂ© dit au nom de Rabbi HiyĂą : Le HayĂą dont parle l’Écriture est le petit HayĂą. Y a-t-il un petit HayĂą? Oui, il y a un HayĂą infĂ©rieur et un HayĂą supĂ©rieur, et il y en a encore un troisiĂšme, qui est le plus petit des trois. Par cette vue de la couleur du saphir, le Saint, bĂ©ni soit-il, Leur annonça qu’il Ă©lĂšvera le temple, ainsi qu’il est Ă©crit  : « Et vos fondements seront de saphir.»

« La main de Dieu ne frappa point les princes d’IsraĂ«l. Â» « Les princes d’IsraĂ«l Â» dĂ©signent Nadab et Abiu, dont Dieu remit le chĂątiment Ă  plus tard. « Et ils virent le Seigneur, et ils mangĂšrent et burent. Â» Rabbi YossĂ© dit: Ces paroles font l’Ă©loge des princes d’IsraĂ«l ; car, par les mots: « Ils mangĂšrent et burent Â», l’Écriture entend qu’ils rassasiĂšrent leurs yeux de cette lumiĂšre cĂ©leste. Rabbi Yehouda dit: Ils ont rĂ©ellement mangĂ© et bu; et, par cette nourriture, ils se sont attachĂ©s au monde d’en haut ; leur sort eĂ»t Ă©tĂ© heureux, s’ils n’avaient pas quittĂ© la bonne voie plus tard, ainsi que nous l’avons dĂ©jĂ  dit. Rabbi ÉlĂ©azar dit: IsraĂ«l Ă©tait digne en ce moment-lĂ , et il s’attacha Ă  la Schekhina ; jamais IsraĂ«l n’a vu des choses si sublimes qu’en ce moment-lĂ . Mais, dans le temps futur, le Saint, bĂ©ni soit-il, se rĂ©vĂ©lera Ă  ses enfants de telle façon que tous verront sa gloire de leurs propres yeux, ainsi qu’il est Ă©crite : « Car ils verront de leurs propres yeux que le Seigneur aura ramenĂ© Sion Â», et ailleurs : « Et la gloire du Seigneur se manifestera, et toute chair verra en mĂȘme temps que c’est la bouche du Seigneur qui a parlĂ©. Â»

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