L’Arbre de Vie

Par Spartakus FreeMann

Le Livre Rouge page 63, Carl Gustav Jung, 1913.

Le jour où Adam fut créé par Dieu, il fut placé au Jardin d’Éden et Dieu lui dit alors : « Regarde mes oeuvres, combien belles et adorables elles sont, et tout ce que j’ai créé, Je l’ai créé pour ton bénéfice. Garde à l’esprit de ne jamais détruire mon monde, car si tu le faisais, personne ne le rétablira après toi » Kohelet Rabbah 7.13.

Nous avons déjà parlé ailleurs de l’Arbre de Vie, mais il nous semble opportun de nous détendre quelque peu tout en cherchant quelques pistes, au travers de quelques citations, métaphores et pensées, à nos questionnements sur la nature et l’essence du Etz ’Hayim.

1- L’Arbre de Vie est un support pour le Cosmos : « C’est Moi, Celui qui a planté cet Arbre afin que s’en réjouisse le monde tout entier, qui a tout affermi sur lui, qui l’a appelé de son nom : Tout, parce que tout est suspendu à lui, que tout se forme à partir de lui, que tout a besoin de lui, que sur lui se portent les regards des guetteurs, que c’est lui qu’on attend, et que c’est de là que s’envolent les âmes supérieures avec joie » Bahir 22.

2- L’Arbre de Vie est Dieu : « Et que signifie cet arbre dont tu as parlé ? Il leur dit : Ce sont les forces du Saint, béni soit-Il, superposées l’une au-dessus de l’autre et elles ressemblent à un Arbre. De même que cet arbre, grâce aux eaux produit des fruits, de même le Saint, béni soit-Il, grâce aux eaux fait croître les forces de l’Arbre. Et que signifient ces eaux du Saint, béni soit-Il ? C’est là Sagesse. Et ce sont là les âmes supérieures des justes qui prennent leur envol de la source vers le grand Canal. Et il monte et se lie à l’arbre. Et grâce à quoi fleurit-il ? Grâce à Israël. Lorsqu’ils sont justes et bons, la Schekinah demeure parmi eux. Et elle demeure dans leurs actions dans le sein du Saint, béni soit-Il. Et Il les fait fructifier et croître » Bahir 119.

3- L’Arbre de Vie est YHVH : Le Nom Divin YHVH est le pilier de toutes les Sephirot qui s’y accrochent et dont elles reçoivent l’influx supérieur. YHVH est le Nom qui est comme une image du corps de l’Arbre et tous les autres Noms Divins sont comme des images des branches de l’Arbre. Tout dépend de ce Nom, les créatures d’en haut comme d’en bas, et ce Nom est appelés selon les Chazal (Rabbis) « le Lieu » (Maqom) car il est le lieu du monde (Eden Miqedem, Ot Chet p. 118). « Sache que tous les Noms Divins sont liées à YHVH… Le Nom de Quatre Lettres est comme le tronc d’un arbre et le Nom EYEH est comme la racine qui nourrit les branches qui sont les autres Noms de Dieu, et chacune de ces branches porte un fruit différent. » Les Portes de la Lumière, Gikatila.

4- La Shekhinah est l’Arbre qui est la forme de notre corps : « Les bras de la Shekhinah sont dans le Nom de YHVH, comme la forme qui est dans la paume Y, dans les cinq doigts H, dans ses bras V, et dans son épaule H. Dans son épaule sont formées tant de tiges, comme les branches de l’Arbre de Vie… C’est pourquoi il est écrit : Elle est comme un Arbre de Vie pour ceux qui la portent, et ceux qui la supportent sont rendus heureux » Tiquney Zohar 146a.

5- L’Image de Dieu est l’Arbre : au travers du mot hébreu ’etz l’on découvre que le Nom YHVH se trouve dissimulé dans l’Arbre de Vie : (Y * H + H * Y) + (V * H + H * V) = 160, or ’etz = Ayin (70) + Tsaddé (90) = 160. À savoir que la Torah est également appelée ’etz et que l’homme est également une image de l’Arbre car il fut créé betselem (à l’image de Dieu), or tselem (Tsaddé, Lamed, Mem) vaut également 160.

6- « Ce corps (qomah) ressemble (damtah) au palmier (tomer) » (Cant des Cant. 7.8). La tradition nous enseigne que celui qui connaît la mesure du corps (qomah) de Dieu et du Palmier (tomer) hérite du monde à venir car le tomer est identifié à la lettre Vav semblable au tronc de l’arbre. La lettre Vav est elle-même le olam ha-ba.

7- L’Arbre parle : « Kol si’ach hasadeh/Toutes herbes des champs » (Gen 2) – Tous les arbres sont comme s’ils parlaient/m’sichin, ceux-ci avec ceux-là, et avec les créatures / `im hab’riyot » (Genèse Rabbah 13.1).

8- Rabbi Ishmael dit : « La Miséricorde du Lieu/Maqom (Dieu) est sur le fruit de l’arbre » Siphrei Deutéronome, Pisqa 203. Lorsque Rabbi Abba vit un arbre dont le fruit se transforma en oiseau qui prit son envol, il dit : « Si les hommes savaient seulement ce à quoi ces choses se réfèrent, ils ôteraient leurs vêtements » Zohar 2.15b.

9- Rabbi Yehudah dit : « Pourquoi est-il écrit : Dieu fit celui-ci correspondant à celui-là ? (Ecc. 7 14) Comme toutes les étoiles du firmament, le Saint fit tout sur terre, et tout cela se réfère à ce qui est en haut. Ceci est comparable à ce que dit Rabbi Yosi : Ces arbres au travers desquels la sagesse se dévoile, tels le caroubier, le palmier, le pistachier, sont tous une seule et unique construction. Et tous ceux qui donnent des fruits, sauf les pommes, sont un unique mystère… Toutes les plantes de la terre, chacune est un mystère singulier comme le schéma supérieur » Zohar 2.15b.

10- Dans Prov. 3:18, la sagesse est comparée à l’arbre de vie. Rabbi Brakhya dit au nom de Rabbi Shimon ben Lakish : « Tout ce que le Saint a créé en l’homme, Il l’a créé dans sur la terre comme un modèle pour lui. Une personne a une tête et ainsi en est-il de la terre, comme il est dit : « et la tête de la terre du monde » (Ps. 8.26) »… Et le Bahir 98 de continuer : « Et toutes ces saintes formes sont préposées auprès des peuples. Mais le saint Israël a pris le corps de l’Arbre et son coeur. Et de même que le coeur est le fruit splendide du corps, de même Israël a pris le fruit de l’Arbre de la splendeur, le cédratier De même que le palmier a ses branches qui l’entourent et que son loubab est au milieu, de même Israël a pris le tronc de cet Arbre qui est son Coeur. Au tronc correspond la colonne vertébrale dans l’homme, qui est la quintessence du corps. Et de même que « loulab » s’écrit lo leb , à lui le coeur, de même le coeur fut remis à lui (lo leb). Et qu’en est-il de Lamed Beth ? Ce sont les trente-deux sentiers merveilleux de la Sagesse. En lui comme en chacun de ses sentiers une forme garde, ainsi qu’il est écrit : « …pour garder le chemin de l’Arbre de vie » (Genèse 3, 24) ».

11- Rabbi Abba enseignait : « Il n’y a pas de plus grande révélation de la rédemption que celle qui se trouve en ce verset : « Et vous, montagnes d’Israël, vous pousserez vos rameaux, Et vous porterez vos fruits pour mon peuple d’Israël ; Car ces choses sont près d’arriver » (Ez. 36.8) » (Talmud Sanhédrin 98a). « … Le Saint va rendre la face du fruit de l’arbre comme celle de la face des étoiles, et la face des fruits des fruits du sol comme la face des constellations, et rendre leurs parfums doux comme celui du Gan Eden. Chaque arbre prendra des proportions fantastiques, chaque vigne, chaque figue, chaque olive, chaque date, chaque pomme, chaque noix. Tous les arbres sont destinés à donner des fruits dans le monde à venir… » (Midrash Alpha Beta, Batey Midrashot p. 430).

Les 4 Mondes et la symbolique des arbres :

1- Noix – Asiyah : « Je descendis au Jardin des Noyers… Avec les noix (egoz), si vous en prenez une de la pile, toutes les autres chutent et roulent, l’une après l’autre. Et ainsi en va-t-il avec Israël : frappez-en un et tous le sentent » Cant. des Cant. Rabbah 6.11

2- Olives – Yetsirah : « Et la colombe descendit vers l’arche le soir, et là, une feuille d’olivier était dans sa bouche » (Gen 8.9). De quel endroit l’apporta-t-elle ? Rabbi Bibi dit : « Les Portes du Gan Eden furent ouvertes pour elle ». Rabbi Abahu dit : « Si elle l’avait apportée du Jardin d’Éden, n’aurait-elle pas apporté quelque chose de spécial ? Mais elle dit à Noé : L’amertume de ceci est préférable aux douceurs du dessous de ta main » Genèse Rabbah 33.6

3- Figues – Briah : Rabbi Yochanan dit : « Pourquoi est-il écrit »Celui qui garde le figuier en mangera les fruits« (Prov 27.18) ? Les mots de la Torah sont ainsi comparés aux figues et chaque fois que quelqu’un la cherche (la Torah), il y trouve des figues en elle. Il en va ainsi de la Torah, chaque fois qu’une personne médite sur elle, il y trouve de nouvelles significations (ta’am) » Talmud Eruvin 54a-b.

4- Cèdre – Atziluth : Rabbi Yochanan dit : « Le monde n’était pas digne d’utiliser les cèdres, car ils ne furent créés que pour les besoins du beith haMiqdash (Temple) ». Genèse Rabbah 15:1. « Durant 120 ans, Noé planta des cèdres et les coupa afin de construire l’arche sans couper les arbres existants » Genèse Rabbah 30:7.

Les 4 lettres du mot « PaRDeS » représentent – comme nous l’avons expliqué ailleurs – les 4 modes d’interprétation de la Torah. Si nous retirons le Sod, interprétation mystique, il ne reste que le mot PRD, racine de nifrad, qui signifie « séparé » ou « détaché », donc, la Torah sans le Sod est comme un fruit séparé de l’arbre…

Spartakus FreeMann, Nadir de Libertalia, janvier 2005 e.v.

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