Chaos versus Thelema ? Par Alistair Livingston.
InspirĂ©, sans doute imprudemment, par la nouvelle lune et la « Psychedelic Jungle » de Cramp, jâai dĂ©cidĂ© de pĂ©nĂ©trer dans le dĂ©bat opposant la Chaos et Thelema. Câest, bien sĂ»r, une tĂąche impossible. Câest dâailleurs sans doute ce qui mâa poussĂ© Ă le faire.
Tout dâabord, quâest-ce qui diffĂ©rencie Thelema et Chaos ? Dans Starfire, Mick Staley essaye de distinguer la Thelema de la CrowleyanitĂ©. Thelema, nous suggĂšre-t-il, prĂ©existait Ă la formulation quâen fit de Crowley. Cela pose immĂ©diatement problĂšme, puisque pour la majoritĂ© des magiciens : Crowley = Thelema. Mais si lâon peut accepter que quelque chose ait existĂ© indĂ©pendamment des Ă©crits de Crowley, alors cela doit ĂȘtre cette chose (Thelema) qui doit ĂȘtre contrastĂ©e avec la Magick du Chaos. Le noyau de cette chose, je suggĂšre que câest la VolontĂ©. Cette idĂ©e de VolontĂ© est-elle dâune maniĂšre ou dâune autre opposĂ©e Ă la Chaos ?
Mais alors quâest-ce que le Chaos ?
Pour les besoins de cette argumentation, jâinterprĂ©terai le Chaos comme suit : le monde de lâexpĂ©rience journaliĂšre a ses racines dans le Chaos. Ainsi, toute tentative pour comprendre le monde via la raison atteint une limite dont lâautre versant rĂ©side dans le Chaos, un Ă©tat dâexistence / non-existence qui ne peut ĂȘtre compris par lâego rationnel. Cependant, au travers de techniques rituelles, cet Ă©tat peut ĂȘtre manifestĂ© dans le monde de tous les jours, suspendant les « lois » consensuelles du sens commun et permettant Ă la Magie de naĂźtre. Par ailleurs, et peut-ĂȘtre est-ce le rĂ©sultat de cette pratique de la Magie du Chaos, lâidĂ©e du Chaos pĂ©nĂštre lentement dans lâimagination populaire au travers de la science. Elle rĂ©fute la science classique basĂ©e sur cette idĂ©e : une fois la structure du monde physique correctement modĂ©lisĂ©e sous une forme mathĂ©matique, il est possible de prĂ©dire les Ă©tats futurs des systĂšmes divers (la mĂ©tĂ©o par exemple) qui constituent le monde physique.
Avec une rĂ©serve toutefois Ă©mise Ă contrecoeur : la dĂ©marche requerrait une prĂ©cision de mesure impossible Ă mettre en oeuvre. Les ingĂ©nieurs ont du depuis longtemps accepter cette incertitude â toutes les mesures Ă©tant limitĂ©es par la fiabilitĂ© de lâappareil de mesure. La prĂ©cision absolue est un but impossible Ă atteindre. Il demeure toujours un degrĂ© dâincertitude, une instabilitĂ© et, en concentrant sa VolontĂ© sur cela, le magicien peut exercer une influence sur le monde susceptible de produire un rĂ©sultat Voulu.
Puisque la Chaos est une forme de Magie â câest-Ă -dire quâelle cherche Ă exercer une influence sur notre conscience du monde de tous les jours â elle doit donc impliquer la VolontĂ©. Autrement, elle se situerait davantage du cĂŽtĂ© du mysticisme, qui constitue une tentative pour « suivre le courant » de lâexpĂ©rience du monde sans chercher Ă influencer la direction de ce courant. Dans cette perspective, la Chaos est plus proche dâune forme Ă©levĂ©e dâordre, dans laquelle le hasard apparent ou lâĂ©vĂ©nement impromptu intervenant dans lâexistence dâun individu ne serait en rĂ©alitĂ© que le fruit de quelque volontĂ© supĂ©rieure Ă cet individu. En se dĂ©livrant des dĂ©sirs de lâego, il est possible dâexpĂ©rimenter cette volontĂ© supĂ©rieure, en interprĂ©tant les obstacles et les Ă©checs de lâexistence comme un encouragement Ă dĂ©velopper une conscience « stoĂŻcienne », qui permettra Ă lâego de nager librement tel un poisson dans la riviĂšre du Tao â ou du Chaos.
Sous-jacente Ă cette conception, se profile lâimage de lâermite, du sage des forĂȘts de lâhindouisme, de lâadepte solitaire de la Haute Magie. Si cela Ă©tait encore possible Ă lâĂ©poque actuelle, expĂ©rimenter une telle existence impliquerait de se retirer du monde humain. Mais un tel modĂšle nâest plus valide depuis que le dĂ©veloppement de la conscience de lâhumanitĂ© est tel quâaucun lieu vierge ni sauvage nâexiste plus pour entreprendre une telle quĂȘte. Nous sommes donc obligĂ©s de faire avec les effets du dĂ©sir humain de connaissance, de puissance, de contrĂŽle et de sĂ©curitĂ©.
Câest peut-ĂȘtre lĂ la diffĂ©rence cruciale entre la Magie du Chaos et Thelema. Thelema, telle que dĂ©veloppĂ©e et adaptĂ©e par Crowley au 20e siĂšcle, contient tout lâhĂ©ritage des expĂ©riences et des pratiques remontant par la Golden Dawn, par lâHermĂ©tisme, jusquâĂ lâĂgypte et au Pays de Sumer, qui eux-mĂȘmes avaient puisĂ© leurs croyances dans la culture dâancĂȘtres anonymes qui sâĂ©taient battus pour crĂ©er des modĂšles de lâunivers, des cosmologies et des mythes de la crĂ©ation leur permettant de donner un sens Ă leur prĂ©sence en ce monde.
La tĂąche de Crowley, comme celle de Mathers et dâEliphas Levi avant lui, fut de synthĂ©tiser ce vaste corpus de connaissances conscientes / inconscientes et de le reprĂ©senter dâune maniĂšre comprĂ©hensible pour ses contemporains. Malheureusement, et cela est une question principalement linguistique, le langage magique est limitĂ© par lâemprise judĂ©o-chrĂ©tienne dâune part, et par la Raison dâautre part. Notre langage de tous les jours dĂ©rive de notre perception dâun monde constituĂ© dâobjets distincts et sâappuie essentiellement sur la vue. Mais, dĂšs que nous entrons dans la sphĂšre plus subjective de la Magie, les problĂšmes surviennent. JusquâĂ quel point partageons-nous la mĂȘme rĂ©alitĂ© magique et confĂ©rons-nous des significations identiques Ă des mots tels que « VolontĂ© » ? Le problĂšme nâest pas spĂ©cifique Ă la magie. Pendant un temps jâai travaillĂ© comme contrĂŽleur de qualitĂ© Ă la « London Rubber ». RĂ©guliĂšrement, je devais comparer mon travail avec celui des autres pour mâassurer que nous appliquions les mĂȘmes critĂšres et processus, afin par exemple de ne pas rejeter de capotes que dâautres laisseraient passer. En science, il est convenu que le travail dâune personne doive ĂȘtre examinĂ© de façon critique par lâensemble de ses pairs. Or, dĂšs que la crĂ©ativitĂ© entre en jeu, le processus est altĂ©rĂ©. LâĂ©preuve dĂ©cisive pour toute forme de Magie devrait ĂȘtre « est-ce que cela fonctionne ? » Mais comment peut-on en juger puisque les rĂ©sultats dâun rituel peuvent ne pas ĂȘtre visibles pendant un certain laps de temps ? Au dĂ©but des annĂ©es 80, un grand travail a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© afin de stopper lâexpansion des armes nuclĂ©aires. Mais ce nâest quâaujourdâhui quâun changement profond pouvant ĂȘtre considĂ©rĂ© comme un succĂšs se produit en Europe de lâEst. Mais ces changements peuvent ĂȘtre ignorĂ©s par un Ă©chec de lâimagination et par la difficultĂ© de dĂ©passer les parasites complexes militaro-industriels de lâEst et de lâOuest.
Il se peut que Thelema soit souillĂ©e par la terminologie hĂ©ritĂ©e de la Golden Dawn via Crowley, mais en son sein repose un dĂ©tecteur de conneries imparable. Jâai dĂ©couvert que la question « quelle est ta VolontĂ© ? » posĂ©e Ă nâimporte quel groupe qui prĂ©tend dĂ©sirer des changements est un dĂ©fi efficace. Ce qui est dĂ©rangeant par contre câest de rĂ©aliser que dans la plupart des cas cette question nâĂ©voque que le silence ou, au mieux, la fuite.
La critique la plus dommageable pour Thelema est quâelle Ă©choue Ă passer de la Magie Ă des croyances alternatives diverses susceptibles de modifier la sociĂ©tĂ©. Ce nâest pas une simple question rhĂ©torique, le courant nĂ©opaĂŻen parvenant, lui, Ă prendre progressivement le contrĂŽle de la conscience et des structures alternatives.
La Magie du Chaos peut-elle rĂ©ussir lĂ oĂč Thelema nâest pas (encore) parvenue ? Jâen doute au vu de la rĂ©action du citoyen lambda qui pense que câest « trop sombre ». Le simple mot de « Chaos » tendant Ă provoquer un Ă©tiquetage « anarchiste » et Ă©voque des visions de cauchemars dâhommes monstres parcourant les rues afin de tout faire pĂ©ter. Bien sĂ»r, pour certains, cela peut dĂ©clencher une vocation, puisquâune chose aussi mauvaise doit, en dĂ©finitive, ĂȘtre bonne.
Non, dâune maniĂšre ou dâune autre nous devons accomplir une tĂąche de Sisyphe en appliquant la notion de VolontĂ© comme rasoir dâOccam contre les conceptions dualistes de la conscience â ou de lâinconscience â du New Age. En termes pratiques, cela signifie diriger nos VolontĂ©s contre et avec le mouvement Vert en pleine croissance, afin quâau lieu de disparaĂźtre dans un brouillard de « bonnes intentions », il devienne une vĂ©ritable et Ă©nergique critique de la culture consumĂ©riste. Tout comme le marxisme a Ă©chouĂ© Ă rĂ©aliser ses voies, du fait que la classe laborieuse avait dĂ©jĂ Ă©tĂ© « mobilisĂ©e » par les capitalistes, ainsi la Magie Ă©choue-t-elle du fait que les Ă©nergies de la masse inconsciente ont dĂ©jĂ Ă©tĂ© exploitĂ©es par la pub, via les mass media.
LâĂ©nergie destinĂ©e au changement de conscience a Ă©tĂ© convertie par la culture consumĂ©riste en un dĂ©sir de possĂ©der un flux sans fin de merdasses inutiles. Lâaffluence de la pub a pour vocation de dĂ©passer nos circuits logiques pour atteindre directement nos dĂ©sirs dâaccĂ©der Ă un statut et Ă la sĂ©curitĂ©. Nous ne faisons pas quâacheter le produit, nous achetons le rĂȘve, lâillusion de Maya. Cela est, comme nous pouvons le deviner, une forme de Magie. Je peux ĂȘtre un pauvre squatteur dâun bidonville du tiers monde, si je peux acheter une bouteille de Coca, je pense possĂ©der alors le rĂȘve du plus riche des multimillionnaires amĂ©ricains. Je peux ĂȘtre le possesseur dâune vieille Trabant de lâAllemagne de lâEst, mais en traversant le Mur je deviens le possesseur potentiel dâune Porsche.
Mais si vous observez ceux qui possĂšdent dĂ©jĂ de tels rĂȘves, que trouvez-vous ? Que ce sont, comme en Californie, ces mĂȘmes personnes qui se tournent vers les conneries New Age les plus ridicules afin de satisfaire leur appĂ©tit dâen avoir toujours plus ; de dĂ©couvrir quelque chose susceptible de remplir le vide douloureux quâils devinent ramper et qui les ronge Ă la façon dâun Charles Manson cauchemardesque guettant derriĂšre les murs de leur maison de Beverly Hills.
Mais, bien sĂ»r, la derniĂšre chose quâils veulent entendre est la « vĂ©ritĂ© ». Ils prĂ©fĂšrent crĂ©er une industrie New Age richissime plutĂŽt que dâaccepter quâau sein mĂȘme des plus riches maisons se tient la rĂ©alitĂ© du Chaos, ce Vide qui se drape des voiles de Maya, la danse de lâIllusion, dans lequel nous sommes tous, ce clodo affamĂ© comme cette voluptueuse starlette de cinĂ©ma. « Quelle est ta VolontĂ© ? »
Bien sĂ»r, je suis quelque peu prĂ©disposĂ© grĂące Ă tout ce que jâai chantĂ© avec Bowie sur Ziggy Stardust, jâai choisi la Magie comme Voie. Par le biais dâexpĂ©riences Ă la fois belles et terrifiantes, je suis arrivĂ© Ă la comprĂ©hension que la condition humaine nâest quâun aspect dâun continuum de conscience. Pour moi, tout lâunivers est une entitĂ© vivante avec laquelle jâinteragis par les fugaces courants dâĂ©nergies qui inspirent ma prise de conscience. Rationnellement comme poĂ©tiquement, je perçois mon cerveau, mon corps comme une partie de la substance de lâunivers et non comme un Ă©lĂ©ment distinct. Pour moi, la condition humaine est en partie une tragĂ©die, en partie une farce. Nous sommes des singes semi-intelligents qui ont Ă©tĂ© conduits, par la vision fugace de ce qui pourrait ĂȘtre, Ă crĂ©er ce monde, notre rĂ©alitĂ©. Mais en notre ignorance, nous avons pris la vision pour lâensemble, lâego pour le soi. Nous nous battons pour lâordre et crĂ©ons le chaos, puis nous reconnaissons dans le chaos une « forme plus Ă©levĂ©e dâordre ».
« La Connaissance est le pouvoir, le pouvoir est le contrĂŽle, le contrĂŽle est la sĂ©curitĂ© ». Ah oui ? Mais la connaissance est aussi le plaisir, un plaisir plus intense que nâimporte quel autre créé par la sĂ©curitĂ©. La sĂ©curitĂ© est la stĂ©rilitĂ©, la stĂ©rilitĂ© est la mort. Nous courons aprĂšs lâĂ©volution, mais ne pouvons accepter que lâĂ©volution implique des changements et que ces changements dĂ©nient toute notion de sĂ©curitĂ©. Que voulons-nous ?
Si notre VolontĂ© est dâavoir la sĂ©curitĂ©, la stabilitĂ©, alors que cela soit â comme autant de fossiles. Embrasser la Chaos (Thelema) câest renoncer aux faux dieux et accepter que nos actions en tant que magiciens puissent changer non seulement nous-mĂȘmes, mais Ă©galement notre monde. Pour autant que la Chaos et Thelema soient des voies valides, alors elles nous changeront. Sâaccrocher Ă une identitĂ©, bien que cela soit plaisant ou gratifiant, est une nĂ©gation de la Magie. La Magie est changements, le seul facteur constant Ă©tant la rĂ©vĂ©lation de lâexistence de lâordre / du chaos de lâunivers.
Outre Thelema et la Chaos, je pratique Ă©galement la Magie de Maat. Pour les Ăgyptiens, Maat Ă©tait « lâordre juste de lâunivers ». La nuance se place entre le concept hindou familier de « karma », qui concerne nos existences humaines et le concept moins familier de « rta », qui concerne nos façons dâĂȘtre en tant que formes de la conscience universelle.
La Magie sâest dĂ©tachĂ©e de la Science il y a 300 ans. La science cherchait Ă dĂ©couvrir la « main de Dieu » dans le monde naturel ; la Magie ambitionner de devenir lâĂ©gale des dieux. Aujourdâhui nous sommes les tĂ©moins du chevauchement de ces deux voies. Nous ne sommes plus la crĂ©ation de quelque dieu distant, mais les produits naturels de lâunivers. Nous avons « Ă©voluĂ© » Ă partir de composĂ©s chimiques organiques. Aujourdâhui, nous avons la capacitĂ©, par le biais de la rĂ©plication de lâADN, de nous faire Ă©voluer nous-mĂȘmes. Nous avons, littĂ©ralement, les pouvoirs des dieux. Ce dont nous manquons, et ce que la Magie doit essayer de nous fournir, câest lâintelligence dâutiliser un tel pouvoir. Le moyen pour parvenir Ă cela est de poser la question « Quelle est ta VolontĂ© ? » Nos gĂšnes sont-ils notre force motivante, ou existe-t-il autre chose que je puisse appeler « Conscience » ? Cette conscience je la tiens pour implicite au sein de la structure de lâunivers et cela a Ă©tĂ© prouvĂ© comme tel par la physique quantique. Il se peut que cela soit improuvable / indĂ©niable et par consĂ©quent a-scientifique, mais je suggĂšre que notre soi-disant conscience est un phĂ©nomĂšne quantique.
Câest cela que Crowley a expĂ©rimentĂ© par lâinteraction de Nuit et de Hadit dans le Livre de la Loi. Câest Ă©galement la racine de la Chaos. Ainsi, Thelema et la Chaos ne sont que deux aspects diffĂ©rents dâune expĂ©rience unique, exprimĂ©e dans un langage particulier Ă des Ă©poques diffĂ©rentes et dans des cultures diffĂ©rentes.
Seul, je ne puis exprimer totalement la complexitĂ© de ces possibilitĂ©s et cependant nous devons tous essayer de les mettre en Ćuvres. En les plaçant au cĆur de nos expĂ©riences dâĂȘtre au monde, nous pouvons espĂ©rer crĂ©er une sociĂ©tĂ© qui survivra plutĂŽt que pĂ©rira sous lâeffet de ses contradictions inconscientes. Nous ne sommes que des « singes nus », mais nous sommes des singes possĂ©dant des cerveaux suffisamment complexes que pour apprĂ©hender lâĂ©ventualitĂ© dâĂȘtre plus que ce que nous sommes et pour devenir « homo veritas », un homme vĂ©ritable Ă tout le moins.
Tels que nous sommes, nous ne pouvons entiĂšrement percevoir la vĂ©ritĂ© de tout cela, seule notre imagination peut en apprĂ©hender le potentiel. Câest ma VolontĂ© de faire que cela soit, voilĂ pourquoi jâĂ©cris ces mots, afin quâils touchent et stimulent ceux qui les lisent. Quâil en soit ainsi !
En me relisant, je comprends la nĂ©cessitĂ© dâen dĂ©velopper lâargumentation. Les Ă©vĂ©nements en Europe de lâEst de ces derniĂšres annĂ©es me frappent par leurs consĂ©quences. Lâessence du « rideau de fer » Ă©tait de permettre Ă lâEst de dĂ©velopper son propre systĂšme Ă©conomique alternatif tel quâĂ©dictĂ© par Marx. Ce qui a lieu actuellement correspond Ă lâincorporation de ce systĂšme Ă©conomique dans lâĂ©conomie globale, ce qui implique un Ă©chec du marxisme. Cet Ă©chec laisse un vacuum de pouvoir. La majoritĂ© des critiques portant que les structures des puissances de lâOuest viennent du marxisme. Mais si celui-ci a Ă©chouĂ©, une nouvelle critique peut voir le jour.
DâoĂč Ă©mergera cette critique ? De la Magie. Bien sĂ»r, cela requiert des magiciens quâils adoptent une approche intellectuelle plus rigoureuse quant Ă leurs croyances, et câest assurĂ©ment ce dont il est question dans la Chaos ou Thelema, chacune accuse lâautre de se pervertir par rapport Ă la « vraie nature » de la Magie. Je suggĂšre que les magiciens commencent Ă considĂ©rer sĂ©rieusement la Magie comme une Ă©nergie dirigĂ©e vers le changement, plutĂŽt que comme systĂšme parasite de croyances et ce, afin dâĂ©chapper au succĂšs Ă©conomique du capitalisme. Pour pratiquer la Magie, nous devons croire assurĂ©ment que nous habitons un univers magique, plutĂŽt quâĂ©conomique. Combien plus efficace serait notre Magique si nous remplacions le systĂšme de croyances de la sociĂ©tĂ© Ă©conomique par celui dâune sociĂ©tĂ© enracinĂ©e dans la conception magique de la rĂ©alitĂ©.
Voici la pomme avec laquelle je dĂ©sire vous tenter â oserez-vous goĂ»ter au fruit dĂ©fendu ?
Plus sur le sujet :
Chaos versus Thelema ? Alistair Livingston. Traduction française par Spartakus FreeMann, Nadir de Libertalia, Anno iv13 Sol 25° Aries, Luna 15° Cancer Dies Veneris.
Publié sur KAosphOruS.