Article publié par EzoOccult le Webzine d'Hermès et mis à jour le : 26 décembre 2015

 

Jérusalem

Descriptio Terrae Sanctae, 1283. Extrait de Jerusalem, par Michel Join-Lambert. Elek Books, 1958.

Par Spartakus FreeMann

2. Histoire occulte

Sont réunis ici des hypothèses et des éléments de l’occultisme lié au Temple. Les Templiers ont toujours excité l’imagination de nombreux chercheurs professionnels ou non. Ainsi, il y a ceux qui défendent l’idée d’un ésotérisme templier et tentent de relier tous les événements mondiaux à l’intervention directe ou indirecte des Templiers. Le but de cette partie n’est pas de défendre ou de récuser telle ou telle hypothèse.

1- Le Sceau de l’Ordre : il représente deux chevaliers montés ensemble sur un cheval. Ce sceau peut alors symboliser la pauvreté de l’Ordre, mais aussi un niveau plus profond, il peut symboliser :

• La double nature de l’Ordre, exotérique et ésotérique, guerrière et monastique

• La double nature de l’homme, divine et humaine

• La tripartition de l’être en spiritus (esprit), animus (âme) et corpus (corps)

2- Le nombre trois apparaît souvent dans la vie de l’Ordre (aumône trois fois par semaine, accepter trois assauts avant de répliquer…)

3- Le Baphomet : il faut tout d’abord savoir que le terme « Baphomet » n’a jamais été prononcé par les accusateurs ni par les Templiers eux-mêmes. On ne retrouve, en réalité que la forme adjectivale « baphométique » ou « bafométique ». Ainsi, un frère occitan de l’Ordre à Montpezat, Gaucerant, avoua avoir adoré une « image bafométique » ce qui, en langue d’oc, pourrait être une déformation du nom du prophète de l’Islam Mahomet. Selon les occultistes, le Baphomet serait une idole d’origine islamique alors que l’Islam interdit toute représentation humaine, ou bien symbolisation des deux Saint-Jean sous la forme de Janus, un symbole du baptême et de l’initiation ? Voici, tout d’abord, les termes précis d’un article de la première enquête (articulo super quibus inquiretur contra ordinem Templi) : « Que les chevaliers, dans les diverses provinces, avaient des idoles, à savoir des têtes, dont quelques-unes à trois faces et d’autres à une seule ; d’autres possédaient un crâne humain. Ces idoles ou cette idole étaient adorées… Les chevaliers disaient que cette tête pouvait les sauver, les rendre riches, qu’elle fait fleurir les arbres, qu’elle fait germer les moissons ; les chevaliers ceignaient ou touchaient avec des cordelettes une certaine tête de ces idoles et ensuite ils se ceignaient avec cette cordelette, soit au-dessus de la chemise, soit sur la peau ». L’historien danois Münter, comme d’autres, a émis l’hypothèse que les prétendues têtes adorées par les Templiers étaient de simples chefs reliquaires, comme on en trouve encore dans beaucoup de musées et de trésors d’églises.

4- Le Beaucéant : de couleur noire et blanche ou rouge et or, il pourrait symboliser les Ténèbres et la Lumière. Se reporter à l’ouvrage de Gérard de Sède quant aux autres implications de ce drapeau.

5- Les nombres Neuf et Trois : en effet, l’Ordre fut fondé par neuf chevaliers le 27 décembre 1118 (2+7=9, 12=9+3…), la Règle latine comporte 72 articles (7+2=9), il y a neuf ans entre 1118 et 1127 et les années 18 et 27 sont des multiples de neuf, l’Ordre comptait neuf provinces, le Beaucéant était parfois un composé de 81 cases noires et blanches (carré de 9, 8+1=9).

1. Dante et les Templiers

En 1318, Dante termine sa Divine Comédie où il fait allusion à plusieurs reprises aux Templiers. Dans le Paradis (Chant XXX), Béatrice est entourée et protégée par « une assemblée de blancs manteaux » (nom sous lequel on connaissait les chevaliers du Temple). Toujours dans les cercles du Paradis, Dante choisit Saint Bernard comme guide (Chant XXXII) en raison de son rôle dans la fondation de l’Ordre du Temple. Saint Bernard dans son De laude novae militiae expose, comme nous l’avons vu, la mission et l’idéal de la chevalerie chrétienne, de la « milice de Dieu », terme que l’on retrouve souvent dans les écrits des Fidèles d’Amour, dont Dante était un membre éminent.

Dans le Purgatoire (Chant XXVII), Dante se souvient avoir assisté au supplice de Jacques de Molay et de Geoffroy de Charnay sur le bûcher, le 18 mars 1314, à Paris : « Je tendis en avant les mains jointes, et m’allongeai, regardant le feu, et vivement me représentant les corps humains que déjà j’avais vu brûler ».

Dante, enfin, compare le pape Clément V à l’Antéchrist, et, il lui assigna une place dans son Enfer (Chant XIX) : « Viendra du couchant un pasteur sans loi […] Il sera un nouveau Jason duquel parlent les Machabées, et comme à celui-là flexible fut son roi, à celui-ci le sera le roi qui régit la France ». Il assimile plus loin le roi de France, Philippe le Bel à Pilate dans son Purgatoire (Chant XX) : « Je vois le nouveau Pilate si cruel que cela ne le rassasie, mais sans décret il pousse dans le Temple ses voiles cupides ».

Dante et les Fidèles d’Amour, auxquels appartenait Dante, ont parsemé leurs œuvres de divers symboles ésotériques afin de rappeler leur filiation avec l’esprit chevaleresque de l’Ordre du Temple. Ainsi, Dante se sert souvent du chiffre 9 comme chiffre sacré, symbolisme de la trinité : esprit, âme, corps, chacun ayant 3 aspects et 3 principes. Ce chiffre, également très symbolique pour les Templiers, rappelle les 9 fondateurs traditionnels de l’Ordre, ainsi que les 9 provinces du Temple d’Occident ; par la signification des « Cieux » donnée par Dante dans sa Divine Comédie – les 9 « Cieux » sont les degrés de la hiérarchie initiatique qui mènent à la « Terre Sainte ».

2. Godefroi de Bouillon

Avoué du Saint-Sépulcre en 1099, il aurait fondé l’Ordre du Prieuré de Sion établi à l’abbaye Notre-Dame du Mont de Sion qui serait à l’origine de la fondation de l’Ordre du Temple. Selon certaines sources, le Prieuré de Sion était la structure ésotérique tandis que le Temple était la structure visible exotérique. Le Prieuré aurait survécu sous diverses formes jusqu’à nos jours. En réalité, et au grand dam des fans du Da Vinci Code et autres fariboles mystico-mystérieuses, le Prieuré de Sion ne sera mentionné pour la première fois qu’en 1956, invention du mystificateur français Pierre Plantard. Dans une série de faux documents déposés à la Bibliothèque nationale au milieu des années 1960 et intitulés « Dossiers secrets d’Henri Lobineau », Plantard présente le Prieuré comme une confrérie remontant à 1099, liée à l’Ordre du Temple et dont la mission aurait été de préserver le secret d’une descendance cachée des Mérovingiens pour la restauration d’une monarchie mérovingienne en France.

3. Contacts avec les communautés musulmanes et les autres ordres initiatiques

3.1. Les Assassins : secte shi’ite fondée au XIe siècle par Hassan Ibn Sabbah, les Assassins sont des chevaliers principalement basés en Syrie et en Perse qui obéissent aveuglément à leur chef, le « Vieux de la Montagne ».

Il existe un certain parallélisme entre l’ordre des Assassins et celui des Templiers :

• chevaliers – refiks

• écuyers – fedavi

• sergents – lassiks

• prieurs – daîkebir

• grand maître – sheik el djebel

Bien qu’opposés au point de vue religieux, il n’est pas à écarter une certaine collaboration entre les deux ordres. De plus, les Templiers ont entretenu des relations diplomatiques et même militaires avec les Assassins de Syrie. Il est à noter aussi une certaine communauté d’esprit dans la lignée des ordres de chevalerie.

3.2. Ordre des Frères d’Orient : fondé dans la seconde moitié du XIe siècle par Michel Psellos, cet ordre est empreint de doctrines hermétiques néo-pythagoriciennes.

3.3. Ordre des Saints (ou Kaddosh) : cet ordre était d’inspiration essénienne, gnostique et johannique. Un certain Arnaud de Toulouse serait parti en Palestine vers le début du IXe siècle pour étudier et pénétrer les mystères de cette société. Il accéda à l’initiation des trois grades et obtint l’autorisation de fonder une émanation de l’Ordre en Europe. La première loge fut fondée en 804 à Toulouse par Arnaud sous le nomen d’Amus. L’ordre aurait compté parmi ses membres des personnages tels que : Gerber d’Aurillac (futur pape Sylvestre II), Raymond de Saint-Gilles (comte de Toulouse), Godefroi de Bouillon et les neuf chevaliers fondateurs de l’Ordre des Templiers. Au musée de Vienne est exposée une médaille à l’effigie de Dante réalisée par Pisanello. Au revers de la médaille, qui représente Dante, on peut lire l’étrange suite de lettres suivante : « F.S.K.I.P.F.T. ». Selon René Guénon, ces lettres signifient « Fidei Sanctae Kadosh Imperialis Principatus Frater Templarius ».

Spartakus FreeMann, août 2008

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