Article publié par EzoOccult le Webzine d'Hermès et mis à jour le : 29 juillet 2019

La Kabbale de la Lettre Zaïn par Spartakus FreeMann. 

« Souviens-toi du jour du Shabbat pour le sanctifier » – Exode 20.8

ז

• Valeur : 7

• Valeur développée : 717

• AtBash : 119

Nous allons pénétrer à présent dans le monde de la lettre Zaïn, septième lettre de l’alephbeth. Nous l’étudions aujourd’hui, car c’est sans doute celle qui nous est la moins familière, et pourtant sa valeur est sans conteste comme nous le découvrirons dans les lignes qui suivent.

Avec le Zaïn, nous quittons les 6 jours de la Création active et entrons dans la plénitude du 7 du Shabbat qui en est l’achèvement. Shabbat de Dieu mais également Shabbat des hommes, « Dieu conduit Adam dans les ténèbres de ses différents champs de conscience afin qu’il se souvienne que, fait de chacun d’eux, il a désormais à les intégrer, les devenir » (A. de Souzenelle, La lettre, chemin de vie). Le jour de Shabbat, ce septième jour est le jour du souvenir de Dieu, l’homme se souvient dans le repos de son Élohim. Et le verbe hébreu du souvenir est « zeker », dont l’initiale est le Zaïn.

Par sa graphie, le Zaïn (ז) se rapproche du Vav (ו) ou du Noun final (ן). Habituellement on le lit comme formé à partir d’un Yod (י) horizontal et d’un Vav vertical (ו), ce qui porterait alors sa valeur numérique à 16, de réduction 7 ! La valeur 16 est celle du mot Hava (הוה) « désir », du verbe hébreu Hava qui signifie vivre, exister et cela se réfère parfaitement à la position du Yod qui « enfonce » le Vav, le lien, qui relie l’En haut et l’en bas. Cela nous enseigne que pour exister véritablement, il faut se relier au monde d’en haut et ne par rester dans la verticalité du serpent, mangeant la poussière chaque jour de son existence.

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La valeur numérique de la lettre Zaïn est d’importance dans le milieu de la judaïté et de la Kabbale : les 7 branches du Chandelier, les 7 jours de la semaine, les 7 Palais Célestes du Zohar, les 7 couleurs du spectre de l’arc-en-ciel…

Le 7 selon le Sepher Yetsirah est l’emblème du centre conjoint des 6 directions de l’espace (4 points cardinaux, le zénith et le nadir). Cela nous indique que l’homme méditant sur le Zaïn doit comprendre sa place au sein de l’univers et des hommes, mais également sa propre place par rapport à lui-même. Au centre, il peut maîtriser et maintenir son identité véritable. « S’y placer et s’y maintenir nécessite le retrait des forces contraires. S’y placer et s’y maintenir nécessite le retrait en soi-même, mais de façon positive et active et non en une expression de rejet. C’est là encore une fonction de ce 7e jour, jour consacré » (Roland Bermann, Voie des Lettres, Voie de Sagesse, éditions Dervy).

La valeur pleine de Zaïn est de 67 qui est identique à la valeur de la Sephirah Binah (בינה) qui représente le discernement. 67 est aussi la valeur de Zadon (זדון) qui signifie orgueil ce qui nous est une mise en garde pour l’homme qui se situe sur le sentier entre Tiphereth et Guebourah — 7e sentier — c’est-à-dire entre la Force et la Rigueur. L’homme ne doit pas vouloir avancer trop vite vers le discernement (Binah) ou la victoire (Netzach), mais il doit opérer auparavant une teshouvah et relier ce qui est en haut avec ce qui est en bas.

La graphie du Zaïn suggère également la forme d’une dague ou d’une épée et le nom même de la lettre signifie arme en général (« Le Zaïn signifie les armes de guerre : l’épée aiguisée et la lance de combat », Zohar I:3a). Cette guerre qu’introduit le Zaïn, nous aimons à l’interpréter comme la guerre que doit se livrer l’homme à lui-même afin de se dégager des pulsions illusoires de ce monde inférieur. Cette guerre intérieure ressemble au Grand Jihad de l’Islam, cette guerre sacrée que le croyant doit se livrer afin d’affiner son âme et son esprit. D’ailleurs, si nous regardons le Etz Haïm, l’Arbre de Vie, la septième Sephirah est Netzach, dont les noms sont Victoire et Éternité ! Celui qui combat par le Zaïn son être intérieur et les pulsions animales obtiendra la victoire et donc la vie éternelle.

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Le Zohar dans son prologue nous raconte la présentation des lettres devant le Saint béni soit-Il : « La lettre Zaïn se présenta et dit : qu’il Te plaise, ô Maître du monde, de créer le monde avec moi, car Tes enfants veillent au Shabbat grâce à moi : Souviens-toi (Zekor — זכר) du jour du Shabbat pour le sanctifier (Exode 20.8). Le Saint, béni soit-Il, répondit : Je ne créerai pas non plus le monde à partir de toi, car tu loges la guerre, le glaive aiguisé, la lance de combat. Tu ressembles au Noun (final) ».

La lettre suggère également la hampe d’un drapeau ou un sceptre, cela nous est dit dans « … car personne ne portait sa couronne sur lui » (Exode 33.4), dont la traduction araméenne pour « couronne » est « zineï » qui s’apparente au Zaïn. Cette possibilité d’interprétation nous est donnée par un texte de la Mishnah « Un bâton dont le sommet a été fait en clous… reçoit l’impureté… mais tous ceux qui ont été faits comme des ornements sont purs » (Kélim Mishna 2.14). Le bâton dont on nous parle ici peut être interprété comme étant la lettre Vav et la masse serait le Yod. L’ensemble formerait donc le Zaïn. Dans cette interprétation, nous entrons également dans le domaine de la teshouvah ou du retour vers Dieu.

Le mot « zaïn » (זין) signifie arme ou armure. Il évoque aussi l’idée d’ornement. Ce mot est contenu dans החינז qui signifie « l’abandon ». Il contient la racine נז qui signifie « espèce » et qui figure dans le mot « semence » (היזן).

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Rapprocher la lettre Zaïn de l’attribut de Malkhuth qui est le septième attribut, c’est comparer Zaïn à une couronne. Or Zaïn, comme sept autres lettres, doit recevoir lorsqu’elle est écrite une couronne à son sommet. À noter que ces sept lettres sont toutes constituées à partir du Zaïn. Le sens de ces couronnes placées au-dessus de ces lettres est de tempérer la rigueur particulière de ces 7 lettres.

La lettre zaïn est en étroite relation avec le mythe de Caïn.

Si l’on compare : ZAÏN זין – 7.10.50

et : CAÏN 100.10.50 – קין

La valeur numérique de Caïn et d’Abel est de 197 (קין – הבל). Or, il s’agit des lettres Zaïn (זין — 67) et Ayin (עין — 130) écrites en plénitude.

Par ces passages, nous voyons donc que la signification guerrière de la lettre Zaïn est bien éloignée de la simple et triste guerre que les hommes se livrent entre eux. Mais, le Zaïn est par sa valeur numérique et sa place dans l’alephbeth, le signal de la transformation, de la mort avant le passage vers l’infini du 8. Le 7 est mutation qui se réalise dans le 8.