Crowley Thelema Sexisme

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Crowley Thelema Sexisme Par NunTzaddi 950. La Magick de Crowley & Thelema traitent rarement dans les textes disponibles des relations hommes-femmes, sauf sous un jour purement technique des opĂ©rations de magie sexuelle. À la lecture de certaines Ɠuvres ou de certains rituels, il est Ă©vident que Crowley instrumentalisait la Femme, en la rĂ©duisant Ă  un Ă©lĂ©ment technique, Ă  un outil de la VolontĂ© du magicien. Ne voulant pas entrer dans un dĂ©bat « moral » sur le besoin de l’équilibre des Forces Soeurs, mĂąle & femme, il nous semble toutefois important d’analyser plus avant la vision qu’avait Crowley de la Femme. Le texte, inĂ©dit en français, de NunTzaddi 950 semble idĂ©al pour le but ainsi dĂ©fini.

Spartakus FreeMann.

Crowley Thelema Sexisme
Crowley Thelema Sexisme

Les dĂ©clarations faites ici sont destinĂ©es Ă  reflĂ©ter mon expĂ©rience d’Aleister Crowley, & ne doivent pas ĂȘtre comprises, de quelque maniĂšre que ce soit, comme une gĂ©nĂ©ralisation des personnes qui appartiennent aux organisations thĂ©lĂ©mites qui suivent les enseignements de Crowley. Il y a dĂ©jĂ  des preuves de critiques similaires au sein des Ă©chelons supĂ©rieurs de l’OTO, mais il demeure une poignĂ©e d’individus qui ou bien ne sont pas conscients de la mĂ©taphysique de Crowley ou bien qui dĂ©sirent perpĂ©tuer ce « metaphucking » absurde.

Liber AL verset 57 :

« Invoque-moi sous les Ă©toiles ! L’amour est la loi, l’amour sous la volontĂ©. Ni ne laisse les fous se mĂ©prendre sur l’amour ; car il y a amour et amour. Il y a la colombe, et il y a le serpent. Choisissez bien ! Lui, mon prophĂšte, a choisi, connaissant la loi de la forteresse, et le grand mystĂšre de la Maison de Dieu. Toutes ces vieilles lettres de mon Livre sont correctes ; mais ŚŠ n’est pas l’Étoile. Cela aussi est secret ; mon prophĂšte le rĂ©vĂ©lera aux sages ».

Je dĂ©bute cette sĂ©rie d’articles du « Centre de la Pestilence » avec cet extrait du Liber AL vel Legis. Remarquez le passage que j’ai mis en exergue. Saint Paul chanta la dithyrambe de l’agape dans I Corinthiens. Il existe plusieurs sortes d’amour si par ce mot français nous voulons signifier toutes sortes d’attraction, d’homologie, d’engagement, de copulation, etc. Pour nos besoins, nous avons besoin d’un mot plus spĂ©cifique – la distinction grecque entre Ă©ros & agape est trĂšs utile, bien qu’elle soit un peu obscurcie par les enseignements de Crowley.

Le terme agape est habituellement traduit par « charitĂ© » ou « amour spirituel ». Certains gnostiques licencieux le comprenaient comme se rĂ©fĂ©rant Ă  l’amour sexuel partagĂ© de leur Eucharistie orgiaque sans imprĂ©gnation – ils dĂ©veloppĂšrent une pratique de l’adoration & de la consommation du sperme en tant que corps du Christ & du sang menstruel comme le Sang du Christ. MircĂ©a Eliade discute de cela dans son essai « Esprit, LumiĂšre & Graine » dans Occultisme, Sorcellerie & Mode culturelle (UniversitĂ© de Chicago, 1976). C’était leur banquet de l’agape. Ces chrĂ©tiens non-orthodoxes & persĂ©cutĂ©s mangeaient ces excrĂ©tions & s’en enduisaient le corps, ou des talismans & des ex voti tandis qu’ils pratiquaient leur version de la Messe ChrĂ©tienne. C’est pour cette raison que l’instruction secrĂšte de Crowley au sujet de la magie sexuelle est Ă©crite sous la forme de la plus explicite rhĂ©torique chrĂ©tienne. Cela explique aussi la forme & le contenu gnostique chrĂ©tien Ă©vident de la Messe Gnostique ThĂ©lĂ©mite.

Cependant, je suis personnellement gĂȘnĂ© par le degrĂ© auquel les Ă©crits de Crowley manquent Ă  distinguer Ă©ros & agape.

Comme pour la Messe Gnostique ThĂ©lĂ©mite & sa racine essentielle dans la pratique de la relation magique hĂ©tĂ©rosexuelle connue sous le nom de IX°, je cite les passages suivants de l’instruction secrĂšte du IX°, Agape vel Liber C vel Azoth… pour l’édification des lecteurs. On trouve cette instruction dans « Rituels Secrets de l’OTO » 3 & j’ai Ă©galement en ma possession un petit livre de Kadath Press in England (Liber Agape & De Arte Magica). Comme consĂ©quence des copyrights & de la peur des membres de l’OTO, ce document existe dans un Ă©tat de prĂ©tendu secret alors qu’il est trĂšs facile d’en obtenir des copies. Ce secret est malheureux car il entrave toute discussion importante concernant les allĂ©gations de sexisme de la part de Crowley & du secret intĂ©rieur de l’OTO.

« Car ceci est l’Arcane des antiques HiĂ©rophantes qui, dans ce Culte du Soleil dans le Ciel & du Phallus sur la Terre, peut unir tous les hommes, car ces mystĂšres sont raisonnables & vrais, & aucun homme ne peut les nier. Comme il est Ă©crit : Paix aux hommes de bonne volontĂ© !

Et ceci est le vĂ©ritable & ultime secret de la Franc-Maçonnerie ; ce Soleil, n’est-Il pas le Grand Architecte de l’Univers, le PĂšre du SystĂšme, l’Eidolon du Macrocosme ? » (Liber Agape, section X).

« Maintenant le PÚre est Un, érigé, seul, éternel.

Et le Fils est Un, dans l’identitĂ© du PĂšre, et pourtant double en cette nature, Ă©tant Dieu-Homme. Et ici est un MystĂšre ; car Ă©tant le Verbe il est l’Esprit, descendant du PĂšre & crĂ©ant les mondes.

Et l’Esprit est Un, incréé mais procĂ©dant, la graine dont le PĂšre & le Fils sont en vĂ©ritĂ© des vĂ©hicules & des gardiens. Et la nature de l’Esprit est LibertĂ© & comme le vent, Il va & vient comme il Lui est donnĂ© d’imprĂ©gner les mondes.

Et comme le Fils est double ainsi l’Esprit est-il double ; car Il est Ă  la fois mĂąle & femelle. Car la Colombe est l’oiseau de VĂ©nus ; dĂ©jĂ  notre antique FrĂšre Marcus Valerius Martialis qui Ă©tait Grand Orateur de l’Empire Romain aux jours anciens avait cachĂ© le Phallus SacrĂ© dans cette image. Il est la MĂšre. Il est la Matrice. Est-Il le Sperme qui fertilise l’Ovule ? Non, mais il est cette chose fertile & vivante par elle-mĂȘme qui n’est ni le sperme ni l’ovule mais leur mariage, la Parfaite Teinture, la MĂ©decine MĂ©tallique, la Pierre Philosophale, la MĂ©decine Universelle, l’Élixir de Vie ».

Liber Agape, section XII

Chaque fois que je lis ces passages, je me demande pourquoi j’ai commencĂ© Ă  lire Crowley comme s’il Ă©tait sĂ©rieux plutĂŽt que sous la lumiĂšre de l’analyse freudienne. Il parle au sujet de la prĂ©sence de l’Étoile (Hadit) dans le Sperme. Il dit trĂšs clairement que les femmes sont des navires vides (Nuit) qui contiennent cette semence. À un niveau moins spirituel, il implique que les hommes, en tant que gardiens de cet Esprit-Sperme sacrĂ©, peuvent copuler sans aucune distinction puisque cet Esprit-Sperme-VolontĂ© est libre, « Et la nature de l’Esprit est LibertĂ©, & comme le vent, Il souffle lĂ  oĂč Il le dĂ©sire afin d’imprĂ©gner les mondes ». Il m’apparaĂźt qu’il veut signifier une notion trĂšs objectivĂ©e de la femme en tant que « mondes ». Cette admonestation Ă  laisser les hommes semer leurs graines est rĂ©percutĂ©e dans le Livre des Mensonges.

Revenant au verset 57 du premier chapitre du Liber AL, je suggĂšre au lecteur que Tzaddi est en vĂ©ritĂ© l’Étoile, mais que ce qu’il signifie est que la Lame du Tarot « L’Étoile » n’est pas l’Étoile. Il dĂ©sirait usurper cette interprĂ©tation de l’association traditionnelle avec la femme dans l’Arcane du Tarot « L’Étoile ». En l’attribuant Ă  l’Empereur & au signe martial du BĂ©lier, il dĂ©roba magiquement (& rhĂ©toriquement) aux femmes leur puissance & leur Ăąme. Remarquez que la carte prĂ©cĂ©dente est « La Tour », un symbole d’éjaculation, & la carte suivante est « La Lune » que mĂȘme Crowley accepte comme un symbole de la menstruation. Crowley, un vĂ©hĂ©ment anti-avortement (qui a prĂ©tendu dans son essai « Le Devoir de la Femme » que l’obligation & la fonction de la femme dans la vie sont la reproduction) rend tout cela trĂšs clair pour moi & pour quelques autres, au travers de ces passages, qu’il souffre d’une envie d’utĂ©rus.

Dans plusieurs autres instructions, comme De Arte Magica, il dĂ©clare que les partenaires magiques fĂ©minins doivent ĂȘtre soit infĂ©rieurs soit inconscients de l’intention rĂ©elle afin d’assurer une imprĂ©gnation magique efficace de la volontĂ© du magicien sur l’enfant magique. Comme le Docteur Frankenstein, Monsieur Crowley dĂ©sire crĂ©er un homunculus sans avoir recours aux femmes. Le passage suivant est une apologie sibylline de la sodomie :

« … si (le rapport anal avec les hommes)… Ă©vite tout contact avec des plans infĂ©rieurs (les femmes) ; qu’il se suffit Ă  soi-mĂȘme, qu’il n’implique aucune responsabilitĂ©, & qu’il laisse ses maĂźtres non seulement plus forts en eux-mĂȘmes, mais totalement libres de remplir leur Nature essentielle ».

Magie en Théorie & en Pratique, chapitre IV, page 27

Ensuite, dans le Liber Aleph, il parle de Charles Stansfield Jones comme de son enfant magique, tel que prophétisé dans le Liber AL :

« Ici, j’élĂšve haut mes Mains vers toi dans le Signe de l’Entrant, ĂŽ Fils de mes Tripes, car avec toute ma puissance magique je ferai en sorte que tu te battes vaillamment & que tu Ɠuvres avec Diligence (avec l’ÉpĂ©e & la Truelle) dans cette Ɠuvre ».

Liber Aleph, chapitre 76

« Mais tu n’es pas le rejeton des Couilles d’un Esclave ; tu te tiens ferme & droit, tu fais ta VolontĂ© ; & tu es l’Élu, & en fait, pour cette ƒuvre tu fus conçu dans la Couche Magicke, afin que tu puisses rendre l’Homme libre ».

Liber Aleph, chapitre 77

Le Jardin ParfumĂ© de Crowley est dĂ©diĂ© presque entiĂšrement Ă  ce thĂšme du mysticisme anal. Il n’y a certainement rien de mauvais dans tout acte sexuel. C’est plutĂŽt l’interprĂ©tation obsessionnelle de la spiritualitĂ© comme Ă©tant sexuelle, & de la suprĂȘme manipulation d’imposer ses « gĂšnes » spirituels sur une autre personne lors de la relation sexuelle – d’engendrer une personne dĂ©jĂ  vivante, je crois que vous voyez trĂšs bien qu’il s’agit lĂ  de vampirisme, bien qu’opposĂ© dans son modus operandi (la force de vie & la VolontĂ© s’introduisent ici dans le corps de la victime).

Crowley dĂ©crit Ă©galement le vampirisme comme un digne hobby au sein du IX° OTO (De Arte Magica, XVIII). Il apparaĂźt, grĂące Ă  la prĂ©fĂ©rence de Crowley pour la sodomie passive, qu’il est trĂšs probable qu’il utilisait le vampirisme.

Il y a aussi le simple fait que des changements consĂ©quents observables suivant l’interaction sexuelle ne sont pas facilement empreints de la « qualitĂ© » de la dĂ©charge sexuelle. Les journaux de Crowley enregistrant scientifiquement les opĂ©rations de magie sexuelle consistent, plus ou moins, en une brĂšve description des qualitĂ©s sexuelles de ses partenaires, une brusque description de ce qui s’est passĂ© lorsqu’il eut son orgasme (avait-il peur d’écrire en anglais que son partenaire l’amenait Ă  l’extase avec ses mains ?) & quelques adjectifs dĂ©crivant l’« Élixir ». Crowley ne parvient pas Ă  en imposer par ses minables procĂ©dures de laboratoire ou par son approche dĂ©tachĂ©e, priapique des relations humaines. Pire, il n’y a absolument aucune analyse psychologique ou scientifique des conditions ou des variables de ces opĂ©rations.

Peut-ĂȘtre encore plus insidieuse est l’imposition de ses obsessions sexuelles sur les autres. Il apparaĂźt que Crowley dĂ©sirait crĂ©er une Église de sodomites hĂ©mophages dĂ©sireux de consommer leurs propres excrĂ©ments & sĂ©crĂ©tions sexuelles. J’ai une aversion personnelle par rapport Ă  quelques-unes de ces pratiques, mais je suis sĂ»r de moi lorsque j’insulte Crowley parce qu’il sature ses textes « inspirĂ©s » de ses propres prĂ©dilections & de les faire passer pour une technologie universelle & pour la loi suprĂȘme du Nouvel Éon d’Horus.

La notion assez victorienne des poisons & de l’amour de Crowley soutient qu’il est nĂ©cessaire pour nous de tendre vers ce qui nous rĂ©vulse & ce qui nous fait mal. Dans le Liber Aleph, nous le retrouvons sans cesse dĂ©crivant les femmes par des gĂ©nĂ©ralisations nĂ©gatives. Il les appelle SirĂšnes & Vampires cherchant Ă  dĂ©truire l’initiĂ© en le distrayant de la voie (Liber Aleph, 100, 103). Les implications sexuelles sont assez claires & il est Ă©vident qu’il envisageait cette rencontre comme une Ă©preuve essentielle pour le NĂ©ophyte. Afin d’entrer dans l’A.’.A.’., un compagnon ne peut vous retenir. L’amour ne peut pas vous arrĂȘter. Cela semble normal pour la plupart des magiciens, mais je vous demande de vous arrĂȘter un instant. Est-ce une attitude digne de soumettre des partenaires sexuels & magiques ? Retrancher toute romance peut rendre la vie plus facile & moins douloureuse, mais cela empĂȘche les profonds changements de notre caractĂšre. Les partenaires magiques/sexuels sont trĂšs rares & prĂ©cieux. Il me semble que le meilleur traitement serait le meilleur traitement qui soit. J’hĂ©site Ă©galement Ă  attribuer une grande valeur Ă  l’initiation spirituelle offerte par l’abandon de l’intimitĂ© en faveur de la concupiscence &/ou de l’« initiation ».

Un autre passage du Liber Aleph, que je pense assez important, est le suivant. Notez que ce livre fut Ă©crit au sommet de l’expĂ©rimentation de Crowley au sein du IX° OTO.

« Mon Fils, je te charge de ne jamais rĂ©vĂ©ler la VĂ©ritĂ© aux Femmes. Car c’est ce qui est Ă©crit : Ne jette pas les Perles aux Cochons, Ă  moins qu’ils ne se retournent contre toi & te dĂ©chirent. Vois, dans la Nature de la Femme il n’y a pas de VĂ©ritĂ©, ou d’ApprĂ©hension de la VĂ©ritĂ©, ou de PossibilitĂ© pour la VĂ©ritĂ©… Maintenant, pour une Femme tout Mensonge suffit & ne pense pas que la VĂ©ritĂ© est puissante & dominera comme Elle le fait avec l’Homme… ».

Liber Aleph, 133

J’ai appris Ă  me mĂ©fier des personnes qui se prĂ©occupent & qui sont obsĂ©dĂ©es par les vampires – psychiques ou autres. Surtout depuis que nous avons des indications claires que Crowley Ă©tait assez capable de commettre de telles nĂ©gations machiavĂ©liques des volontĂ©s des autres humains. Un vieux proverbe espagnol dit que « Les voleurs imaginent que tous les autres sont comme eux ».

Un aperçu plus profond de l’aveuglement & de la faiblesse de Crowley peut ĂȘtre obtenu en lisant ses journaux magiques rĂ©digĂ©s lors de ses pĂ©riodes frĂ©nĂ©tiques de magie sexuelle aprĂšs son initiation au IX° de l’OTO. Dans l’exemple qui suit de ses enregistrements scientifiques dans le « Compte-rendu magicke de la Grande BĂȘte 666 », nous le retrouvons modelant une description inhabituellement romantique d’une nouvelle amante :

« 26 janvier, 9h15. Temps froid, proche de O°C.

Lola Auguste Grumbacker, nĂ©e Oliviera. Para, BrĂ©sil. Veuve du TrĂšs Illustre Sire Chevalier Mauricia Grumbacker, 33°. « Amour Ă  la premiĂšre vision ». De type musculaire & masculin. Je pense d’ascendant scorpion. Profile de Dante. Admet 37 ans ; ce qui est probablement vrai. Étonnamment passionnĂ©e.

Objet : Un riche mariage (suggĂ©rĂ© par une rencontre de Madame Schlessinger) Le retour d’Aleister Crowley ; aucun autre commentaire n’est nĂ©cessaire. La conscience doit avoir Ă©tĂ© totalement perdue ; ce n’est qu’au dernier moment que la VolontĂ© s’est manifestĂ©e elle-mĂȘme avec le cri appropriĂ©.

Résultat (plus de sexe encore pendant une heure & ensuite encore trois jours plus tard) ».

Entrée XXVII, page 16

Toutes ces Ɠuvres sexuelles de 1914 Ă  1924 ont eu pour objets : plus de sexe, plus d’argent, plus de membres pour l’OTO & la publication de ces opĂ©rations. Ses commentaires dĂ©montraient un intĂ©rĂȘt dans les seules rĂ©actions physiologiques & poĂ©tiques procurĂ©es par les femmes & dans la qualitĂ© de l’élixir. Il ne montre jamais la moindre considĂ©ration pour les sentiments de ses amant(e)s. Que je sois ou non supĂ©rieur Ă  Crowley est trĂšs certainement une considĂ©ration subjective & esthĂ©tique mais des dires comme ceux-ci m’enseignent que je suis trĂšs diffĂ©rent de Crowley & que je n’ai aucun dĂ©sir de perdre mon propre cĂŽtĂ© romantique, interpersonnel, intime & Ă©motionnel. Je ne pourrais pas non plus trouver un moyen de rĂ©soudre ces remarques avec mon propre intĂ©rĂȘt dans le fĂ©minisme & les problĂšmes des femmes. Je dois ĂȘtre trĂšs clair ici pour ceux qui ne sont pas familiers que le contexte des citations qui prĂ©cĂšdent est spirituellement trĂšs sĂ©rieux. Le IX° est le cƓur & l’ñme de l’OTO. Sa pratique est l’adoration la plus sainte & la plus sacrĂ©e de ce systĂšme. On doit Ă©galement la considĂ©rer comme trĂšs dangereuse – comme l’Arche d’Alliance des juifs. Je ne pense pas qu’il soit nĂ©cessaire de souligner que les comptes-rendus ne font aucunement montre du sĂ©rieux de cette instruction secrĂšte.

Remarquez qu’il commence son introduction de Lola avec son pedigree maçonnique, & qu’il dit, je cite « amour Ă  la premiĂšre vision ». Cela apparaĂźt que sa richesse & son prestige firent plus que tout pour inspirer cet amour. Il est aussi clair qu’il pratiqua du sexe magique avec elle avec l’intention magique de la persuader de l’épouser & de lui offrir l’argent qui lui fut laissĂ© par son mari. Que ressentait-il pour elle ? Nous ne le saurons jamais. Elle disparaĂźt comme une ombre. Ensuite, quatre ans plus tard, elle revient dans ses pensĂ©es dans un moment d’introspection :

« Certainement, ma rĂ©cente poĂ©sie est un imbĂ©cile Concerto ; … Je n’ai plus Ă©tĂ© amoureux depuis 1915, lorsque Jane Foster (Hilarion) m’inspira The Golden Rose. A-t-elle rĂ©ellement brisĂ© mon cƓur ? … NĂ©glige-la : quand fus-je amoureux au point d’ĂȘtre inspirĂ© ? Leila Waddell, pour ses tripotages ; Jane Cheron, pour son Ăąme d’opium ; et ainsi de suite. La Mona Lise de Ida Nelidoff – et plus ! … Kathleen Bruce que j’ai mĂ©prisĂ©… Lola ! Oui, mais Ă  nouveau elle fut un de mes rĂȘves & non une femme rĂ©elle… » (pages 137-139).

Ensuite, il nous soumet le temps d’un paragraphe Ă  ses lamentations sur le fait qu’un seul dĂ©faut « empĂȘche la rĂ©alisation de l’idĂ©al romantique » (c’est-Ă -dire qu’il s’ennuya avec toutes ces femmes), il poursuit en donnant une longue liste de partenaires sexuels – chacun avec un dĂ©faut fatal qui l’empĂȘchait de devenir sa Babalon idĂ©alisĂ©e, la putain parfaite. Ensuite, enfin, il semble arriver Ă  une vision utile :

« TĂŽt ou tard, la thĂ©orie de l’Amour rate, mĂȘme lĂ  oĂč la pratique a perdurĂ© ; non, mĂȘme lorsque ma passion s’est fatiguĂ©e de la femme, & s’est terminĂ©e par une chanson, un poĂšme ou une histoire, ce n’était pas d’elles que je parlais. Ah ! mais j’ai un secret ! DĂšs que l’on cesse de m’étonner, de m’adorer, d’ĂȘtre mon esclave, la chanson prend fin. Car, toute chanson est une douleur, une attente, un cri de l’ñme pour quelque chose de plus grand que soi-mĂȘme, que cette grandeur soit rĂ©elle ou simplement une propre projection & fantasme… Je doute que je puisse aimer car l’Amour se contente de servir & d’adorer lĂ  oĂč mon Ăąme dĂ©sire s’emparer, gagner la maĂźtrise sur ses propres faiblesses, la preuve de la victoire Ă©tant la soumission de la femme, ou son rejet, & ainsi la mort de l’amour. Je note que les plus grands poĂštes-amants de l’histoire furent toujours faibles par leur humanitĂ©, Dante & PĂ©trarche, Shakespear, tous semblent serviles, ou vantards. Mais, je suis de Catulle, de son Ă©cole : je peux adorer mon propre idĂ©al & habiller une femme des atours de la Fille du Roi ; mais, hĂ©las ! » (pages 138, 139).

Le poÚme de Catulle extrait de « Odi et Amo » (cité pour votre édification) :

« Je vous donnerai des preuves de ma virilitĂ©, giton d’AurĂ©lius et complaisant Furius, vous qui, pour quelques versiculets un peu libres, m’avez accusĂ© de manquer Ă  la pudeur. Sans doute le poĂšte pieux doit ĂȘtre chaste dans sa vie ; dans des versiculets, ce n’est pas nĂ©cessaire, car enfin ils n’ont sel ni charme que s’ils sont un peu libres, s’ils manquent Ă  la pudeur, et s’ils peuvent exciter le prurit, je ne dis pas chez les petits garçons, mais chez les vieillards velus qui ne peuvent plus mouvoir leurs reins engourdis. Vous avez lu ces vers oĂč je parle de plusieurs milliers de baisers, et vous me croyez incapable d’ĂȘtre mĂąle : je vous donnerai des preuves de ma virilitĂ© ».

AprĂšs avoir repoussĂ© sa digression introspective comme n’étant que « 17 pages de boniments », il revient finalement Ă  la raison de cette digression : quand les muses rempliront-elles sa bouche de chants Ă  nouveau ? La seule raison de son besoin & de sa mĂ©ditation sur l’amour Ă©tait qu’il ne pouvait plus Ă©crire de bons poĂšmes. Il avait besoin d’une amante afin de pouvoir Ă©crire de la meilleure poĂ©sie. C’est la seule signification au fait que Crowley dĂ©sirait plus que tout que l’on se souvienne de lui tout d’abord comme d’un poĂšte. J’ai une suspicion que l’A.’.A.’. n’était qu’un moyen d’attirer plus d’attention sur sa poĂ©sie & sur son pĂ©nis au travers du scandale & de la vogue fin de siĂšcle pour la spiritualitĂ© alternative. Un regard sur ses amis & fantĂŽmes devrait affirmer cette dĂ©votion au programme avant-gardiste & Ă  une campagne de relations publiques ambiguĂ« & ambitieuse qui fait que Salvador Dali lui-mĂȘme semble sage & apprivoisĂ© en comparaison.

À nouveau, j’ai rĂ©alisĂ© qu’en dĂ©pit des nombreux talents & des nombreuses rĂ©ussites de Crowley, qu’il ne savait rien de l’agape. Je vis & respire agape, ceci explique facilement pourquoi je me sens si diffĂ©rent de Crowley. J’ai rĂ©alisĂ© Ă©galement que c’est exactement ce dont manquent les rituels de l’OTO (& la maçonnerie Ă©galement) – du moins, selon mon expĂ©rience & mes rĂ©flexions Ă  leur sujet. Leur ton est inexplicablement sĂ©rieux & formel. Peu reste Ă  dire sur la nature impersonnelle, lĂ©galiste d’un rituel formel oĂč la logique est plus en jeu que les individus. Virginia Held, Alison Jaggar & Carol Gilligan ont offert des critiques d’une telle sociĂ©tĂ© rationaliste dominĂ©e par les mĂąles. Par exemple, dans l’OTO, le processus d’initiation qu’ils prĂ©tendent universel, objectif & rĂ©el, est impermĂ©able aux individus & aux particularitĂ©s. Par-dessus tout, il se sĂ©pare de l’irrationalitĂ© du cƓur humain. Les leçons que j’ai apprises dans les initiations & par mes expĂ©riences sont totalement vides de tout ce qui se rapporte Ă  la confiance, l’intimitĂ©, l’émotion ou l’amour (comme je les conçois). Je trouve que l’OTO est plutĂŽt une fantaisie dominĂ©e par des mĂąles, & dĂ©sĂ©quilibrĂ©e au sens le plus profond. C’est sans doute la seule raison pour laquelle j’ai quittĂ© l’OTO. Je ne pouvais ignorer les passages & les dogmes comme ceux que j’ai citĂ©s ci-avant.

L’intimitĂ© Ă©motionnelle est un Ă©lĂ©ment trĂšs important de l’expĂ©rience humaine. En dĂ©pit de la vie sauvage de Crowley, il se sentait clairement insatisfait & sans amour. Je ne sais rien de son Ă©tat d’esprit. Je suis heureusement mariĂ© Ă  une merveilleuse femme & j’ai une vie sexuelle pleine & amusante ainsi qu’une saine relation depuis le 4 juillet 1980. Crowley peut critiquer beaucoup de choses telles l’Ancien Éon, mais son traitement de l’amour romantique est indicatif d’un cƓur froid comme la glace & d’une incapacitĂ© Ă  communiquer. Au travers de mes propres mĂ©ditations sur la DĂ©esse Maat, associĂ©e Ă  Netzach/VĂ©nus aussi bien qu’à Hessed/Jupiter dans le SystĂšme 868, j’ai rĂ©alisĂ© que cet amour serait la clĂ© de l’Éon qui suivrait celui de Crowley – la force civilisatrice qui assagira l’Éon Guerrier d’Horus. Maat est l’équivalent Ă©gyptien de la dĂ©esse romaine de la Justice & de la Lame du Tarot du mĂȘme nom. Thelema n’a pas besoin de chevaucher rudement Agape. Agape guide la bĂȘte de la VolontĂ©. Agape AU-DESSUS de Thelema ! L’amour est la volontĂ©, l’amour SUR la volontĂ©.

Dans l’Éon de Maat, Tzaddi est reliĂ©e Ă  « L’Empereur » (Horus) & Ă  « L’Étoile » (Babalon). Elle est l’Étoile ou l’ovule que la mĂšre passe Ă  l’enfant. PlutĂŽt que de retourner la sĂ©quence de ces deux cartes sur l’Arbre de Vie comme le fait Crowley, je suggĂšre qu’un rĂ©sultat plus satisfaisant serait obtenu en les mĂȘlant ensemble. On devrait alors comprendre que « L’Empereur » & « L’Étoile » connectent ensemble Tiphereth Ă  Hokhmah & Netzach Ă  Tiphereth. Il n’y a aucune primautĂ© du Phallus ou de la Matrice. L’un est un tube creux & l’autre est un vase vide. La lumiĂšre vient Ă  tous selon sa propre voie. Tzaddi (ŚŠ) est cette lumiĂšre. He (Ś”) est la fenĂȘtre qui la reçoit.

Plus sur le sujet :

Crowley Thelema Sexisme Par NunTzaddi 950, extrait de Mystery of Mystery : Tractatus Magico-Agnosticus, ouvrage inspirĂ© de l’oeuvre de Wittgenstein, Tractatus Logico-Philosophicus & du Liber Oz de Crowley. Il se prĂ©sente comme le manifeste mĂ©taphysique de NunTzaddi 950. Traduction française par Spartakus FreeMann, nadir de Libertalia, septembre 2007 e.v.

En complĂ©ment Ă  cet article, vous pouvez visiter le site Thelemic Union qui traite de l’OTO et de Thelema hors des cadres dogmatiques de l’OTO dit « califal ».

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